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ANNÉE 2008

N°20 - N°21 - N°22

samedi 16 juillet 2011, par Le Picot




MARS 2008 (N°20)




La couche brûle !

L’échéance de fermeture approche. L’initiative des maires du Brinonnais est largement reprise par les autres élus des cantons couverts par la Maternité. Cette initiative a, fort à propos, déclenché une tempête médiatique nationale. On voit mal comment le gouvernement ne serait pas prévenu de la colère de la population locale. Bachelot qui devait venir à Auxerre se défile, de peur sans doute, que les habitants, le personnel hospitalier et les maires ne soient trop véhéments. Elle est soutenue dans cette voie par le député UMP d’Auxerre qui souhaite interdire l’accès de son fief aux Nivernais. Quand on vous dit que l’UMP est féodale… D’autres élus, de gauche ceux-là, essaient de récupérer le mouvement à la veille des élections municipales. Bertrand, qui ne s’est jamais manifesté, entre en résistance épistolaire et médiatique ! Quel courage ! Qui donc sera dupe ?



Le poing (de l’ARH) sur la Maternité

Deux rencontres récentes ont eu lieu, le 28 janvier à l’Hôpital de Clamecy et le 8 février à l’ARH de Dijon.
Que se passe-t-il dans ces réunions ? On ne discute pas de la qualité des services de l’Hôpital pour les améliorer, mais des expertises truquées de l’ARH qui prétend à la dangerosité de la Maternité pour la fermer. Elle devrait fermer, sous prétexte que le décret qui fait état de l’obligation d’avoir un pédiatre sur place est rendu impossible par une réelle carence de ces spécialistes. Les facs de médecine n’en forment pas suffisamment et c’est bien le gouvernement qui décide du nombre de médecins diplômés. De ce fait, dans les années à venir, beaucoup de services de pédiatrie et de maternités devront fermer si la loi ou les quorums ne changent pas. Par ailleurs, il est important de préciser qu’une convention entre les hôpitaux de Nevers et de Clamecy permet de disposer d’un pédiatre quand c’est nécessaire. Ce n’est donc pas le nombre de médecins à former qui préoccupe l’ARH, mais la liquidation du service public grâce à cet argument spécieux. Si l’absence de pédiatre, sur place, mettait réellement les enfants en danger, l’ARH aurait déjà fermé la maternité sans préavis, et contrairement à ce qu’elle veut faire croire, la sécurité des nouveaux-nés est assurée. Dans les cas exceptionnels où un nouveau-né a besoin de réanimation, c’est le médecin anesthésiste réanimateur de l’hôpital, d’astreinte 24 heures sur 24, qui s’en charge. Pour la pédiatrie courante en maternité, elle est assurée par une généraliste qui est médecin de PMI (Protection Maternelle et Infantile) chargée de la consultation des nourrissons et elle détient un Diplôme Universitaire de Pédiatrie. Elle est donc parfaitement apte à examiner les nouveau-nés et à prendre toutes les mesures nécessaires. Le choix de l’ARH est de fermer la maternité sans tenir compte de l’appréciation des usagers et du fait qu’elle constitue le pôle d’excellence de l’Hôpital.

L’ARH préfère privilégier :

- un SMUR qui ne peut-être mis en place à temps car le personnel n’est pas formé et pas assez nombreux, la première pierre des locaux vient à peine d’être posée, quant au véhicule et au matériel, personne ne les a vus…
- une " Chirurgie Programmée ", sans chirurgien présent sur place 24 H sur 24, puisqu’ils viendront d’Auxerre où le poste serait publié plutôt qu’à Clamecy. Pour toute urgence chirurgicale, la destination restera inconnue, elle dépendra des places disponibles dans les hôpitaux et cliniques alentour. Relèvera-t-elle du tirage au sort ?
Ce jeu de roulette n’est pas dangereux suivant l’ARH.
- un service de Médecine,
- un Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) aujourd’hui à moitié vide,
- un Centre Périnatal de Proximité (CPP) avec une sage-femme 5 jours par semaine aux heures de bureau et un gynécologue deux demi-journées par semaine,
- un service de Radiologie, duquel on ignore s’il fonctionnera ou non.
Le mieux c’est que les Clamecycois s’abstiennent de faire des enfants, qu’ils restent en bonne santé et qu’ils oublient de vieillir. Dans ce cas, il est vrai que nous n’avons rien à faire d’un hôpital.
Dans le cas contraire c’est l’ARH qu’il faut dissoudre immédiatement…

Propos recueillis auprès du personnel de l’Hôpital.





ARH : Génèse d’un monstre

Mise au point :

Quelles sont les mesures qui ont mené à la situation actuelle de la maternité ?


- 1) La création de l’ARH, par ordonnance, le 24 avril 1996 est signée MM. Chirac et Juppé. L’ARH vient doubler la DRASS qui jusqu’à présent gère régionalement le système hospitalier français. " Les Agences Régionales d’Hospitalisation ont pour mission de définir et de mettre en œuvre la politique régionale d’offre de soins hospitaliers, d’analyser et de coordonner l’activité des établissements de santé publics et privés et de déterminer leurs ressources" (art. L6115-1 du code de la santé publique). Cette mesure structurelle coûteuse est justifiée par le désir de l’Etat de " rentabiliser " le système hospitalier sur le mode capitaliste en mêlant habilement " public et privé " et, là encore, de fermer le public pour favoriser l’émergence du privé.
- 2) L’arrivée de Jospin à Matignon ne change en rien l’orientation. Rappelons à ce propos l’affirmation du député " socialiste " Gaétan Gorce " Tous les hôpitaux faisant moins de 300 interventions par an seront appelés à fermer ". Ces propos de VRP du privé ont été tenus à un dîner débat à Brinon-sur-Beuvron. Il y a une dizaine d’années.
- 3) En dépit du fait qu’elle ne fait pas 300 accouchements par an, la maternité est maintenue à titre dérogatoire par une décision de la Commission Exécutive de l’ARH du 10 janvier 2001 jusqu’au 31 août 2011 pour une autorisation de 7 lits (SROS : Schéma Régional d’Organisation Sanitaire). La même commission délivre le 13 juin 2001 une autorisation d’activité obstétrique pour 5 ans. Ces décisions n’affranchissent pas la maternité de la nécessité de se conformer à la législation en vigueur.
- 4) La demande d’inspection de la maternité, qui n’a pas été faite par la directrice de l’hôpital, aurait permis, dans la mesure où les inspecteurs auraient délivré un rapport faisant état des manquements aux règlements, de se conformer aux normes. Cela aurait évité d’avoir à formuler une demande de prolongation aujourd’hui refusée par l’ARH après sa décision de fermeture pour non-conformité le 25 juin 2007 en s’appuyant principalement sur deux manquements : l’absence d’une cinquième sage-femme et l’absence d’un pédiatre.
- 5) C’est l’ARH qui a décidé après que cinq années se soient écoulées, sans création du cinquième poste de sage-femme, de fermer la maternité. Est-elle intervenue pour rappeler ces règles de fonctionnement et dans ce cas, la directrice ou le CA en ont-il tenu compte ? A-t-elle donné les moyens financiers pour recruter une cinquième sage-femme ? Non, Non et Non !
- 6) Les directions successives de l’hôpital n’ont pas créé ce cinquième poste pour se mettre en conformité. Ceci, en dépit des demandes réitérées du personnel. Elles ont donc accepté de fonctionner dans l’illégalité en s’appuyant sur le manque d’argent. Le seul argument visiblement pris en compte est purement financier.
- 7) Depuis 7 ans, le Conseil d’Administration est présidé par Bernard Bardin. Les conseillers municipaux, Boisorieux, Coulpier, Cadena, Fresneau, Chamoin, deux représentants des usagers, des représentants de la DDASS et un de la DRASS participent aux assemblées. Cependant, on n’a plus vu, depuis trois ans, date de suppression du rince cochons de fin de séance, la DDASS, la DRASS et le représentant de l’ARH, convié de droit. L’hôpital est dirigé par la directrice, embauchée par le président du Conseil d’Administration, donc Bernard Bardin, sur proposition de l’ARH en janvier 2005. Proposition qu’il aurait mieux fait de décliner.
- 8) C’est finalement sous la pression des sages-femmes et des représentants du personnel auprès du Conseil d’Administration qu’une cinquième sage-femme contractuelle est embauchée en juillet 2007. Malheureusement, après la décision de fermeture définitive et sans financement de l’ARH.
- 9) L’ARH maintient, en dépit des recours, sa décision de fermeture. Qui de l’ARH, de la directrice, du Conseil d’Administration est responsable de ces faits ? Pour le moment, ils se renvoient la balle, mais tous le sont. Il y a addition de négligence, d’inconséquence et de mauvaise foi. En effet, comment un Conseil d’Administration, composé de personnalités politiques qui passent leur temps devant les médias enrubannés de leurs écharpes tricolores à assurer qu’ils veulent sauver l’Hôpital, peut-il ignorer et négliger ses règles les plus élémentaires de fonctionnement ? Comment une directrice peut-elle ignorer les textes qui régissent les maternités du pays ? Quant à l’ARH, elle justifierait à elle seule une grève de l’impôt.
- 10) Le salaire avec charges d’une sage-femme débutante est de 43 500 € annuel. On peut estimer le coût des structures et des personnes impliquées dans la fermeture au prix de plusieurs dizaines de sages-femmes, sans crainte de se tromper. Laquelle de toutes ces personnes est indispensable à notre société ?
- 11) Enfin, la directrice ne peut-être congédiée que par le Conseil d’Administration. Le nouveau maire entrera en fonction le 16 mars, si les élections ont lieu. Il aura exactement jusqu’au 31 mars 23H59 pour remercier la directrice, en trouver un(e) autre et établir un nouveau plan d’établissement pour sauver la maternité et donc l’hôpital. Il aura 15 jours pour réunir le Conseil d’Administration et prendre des décisions fortes. Il devra réactiver la convention existante avec Nevers pour obtenir la présence du pédiatre. Il devra également s’assurer du recrutement d’un second chirurgien d’astreinte 24 H sur 24 afin d’intervenir en cas de complication exceptionnelle.
La population a, elle, intérêt à rester mobilisée.

Yves Pupulin.





Liberté, Egalité, Fraternité ?

Nous sommes dans un état de non-droit. Si l’ARH était une personne privée, elle serait mise en examen judiciaire pour " mise en danger de la vie d’autrui ". Mais à l’Etat tout est permis. L’hôpital d’Auxerre se trouvant à 45 mn de Clamecy, et plus pour les bourgs avoisinants, que se passera-t-il en cas d’accouchement prématuré ? Un accouchement dans l’ambulance et le nouveau-né enrobé dans du coton comme au début du XXe siècle ?

Quid d’un accouchement avec l’enfant se présentant mal ? Est-ce que l’on devra choisir entre la mère et l’enfant dans l’ambulance ? Sans compter les accouchements multiples les soirs de pleine lune, y aura-t-il assez d’ambulances de garde ? Pour justifier cette fermeture, des études ont évalué l’économie réalisée. Les pertes en vies humaines ont-elles été calculées ? En divisant l’économie par le nombre de pertes humaines prévisibles, on pourrait savoir à combien l’ARH estime le prix d’une vie humaine. La bataille des usagers de Clamecy est une bataille pour la survie, au sens propre et figuré du terme. Nous sommes considérés comme des citoyens de seconde zone bénéficiant d’une décentralisation bidon. La suppression des services publics entraîne la désertification des campagnes. Pourtant, si, comme le disait Aragon, " la femme est l’avenir de l’homme ", la campagne pourrait bien être l’avenir de la ville. Il n’y a qu’à constater le nombre croissant de citadins s’installant aux alentours de Clamecy alors que leurs activités professionnelles sont situées à Paris. Voudrait-on se débarrasser des ruraux, hommes jugés un peu trop libres, non encore totalement abrutis par leur mode de vie, ni par la vanité du look et des people ? Seraient-ils gênants ? Même pas ! Ils sont tout simplement ignorés ! Des " ploucs " en somme.

Sylvie Bretaudeau.

Le bal des faux-culs en période électorale :

Christian Paul, après le coup médiatique réussi des maires… " n’exclut pas de mettre son écharpe en jeu ".
Chiche !!! Les électeurs se chargeront peut-être de l’aider à conserver la Une des médias à propos d’une vraie déculottée électorale…





Hôpital : un rapport accablant !

Le Picot s’est procuré un rapport de la chambre régionale des comptes. Accessible à tous*, daté du 24 août 2000, ce rapport a été communiqué à Bernard Bardin, au préfet de la Nièvre, au directeur de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation et au trésorier-payeur général. Les observations définitives, devaient également être communiquées au conseil d’administration, avec inscription à l’ordre du jour " dès sa plus proche réunion ".

Au-delà de commentaires qui pourraient apparaître comme " déplacés " à quelques semaines de la fermeture de la maternité, nous invitons la population à en prendre connaissance, afin qu’elle puisse obtenir un éclairage sur ce qui nous a mené à un tel désastre.

Extraits :

Observations définitives formulées à la suite du contrôle des comptes (1995 à 1998) et de l’examen de la gestion du centre hospitalier.

- 1 " Une situation financière très dégradée ".

- " Estimant que le budget pour l’exercice 2000 était impossible à établir, eu égard aux charges inhérentes à la structure existante et à l’obligation de présenter un budget sincère, le directeur n’a pas présenté de propositions pour la section d’exploitation du budget principal au conseil d’administration, réuni le 12 novembre 1999 ".
- " En l’état des choses, le déficit prévisionnel pour l’exercice 2000 devrait donc se situer aux alentours de 10,8 millions de francs, traduisant ainsi l’impasse financière dans laquelle se trouve le centre hospitalier de Clamecy ".

- 2 " Une pratique condamnable : le report de charges ".

- " La gravité de la situation financière de l’établissement est en partie masquée par les reports de charges de plus en plus importants opérés d’un exercice sur l’autre ".
- " La chambre appelle l’attention des responsables de l’établissement sur cette pratique, qui tend à se généraliser, consistant à dissimuler la situation réelle de l’hôpital, et donc à repousser année après année la résolution des difficultés, contribuant ainsi à l’aggravation de la situation financière ".
- " Elle note, par ailleurs, que ce mode de gestion ne peut être ignoré du conseil d’administration, qui approuve chaque année les décisions budgétaires d’inscription des crédits nécessaires au sein du groupe IV-Amortissements, provisions, charges financières et exceptionnelles ".

- 3 " Une répartition des charges entre les budgets qui ne satisfait pas aux critères mis en place ".

- " Les charges propres à chaque budget (budget principal et budgets annexes) lui sont affectées directement. Les charges communes sont, dans un premier temps, inscrites au budget principal puis réparties entre les différents budgets d’affectation, par refacturation interne en fin d’année ".

- 4 " Une activité en baisse ".

- " L’activité de l’établissement, qui, évaluée en nombre de journées réalisées, a globalement diminué de 14 % sur la même période, est caractérisée par la baisse importante de l’activité des services hébergement (- 19 %) et surtout de celle de la maison de retraite (- 28 %) ".

- 5 " Des services de court séjour dont le maintien n’est pas acquis ".

- " Malgré une augmentation de 18 % entre 1995 et 1999, le nombre d’accouchements, soit 182 en 1999, reste nettement inférieur au seuil de 300 fixé, depuis le 9 octobre 1998 par l’article R. 712-88 du Code de la santé publique, en-deçà duquel l’autorisation d’un service d’obstétrique ne peut être accordée ou renouvelée ".
- " Bien que le même article dudit Code prévoie la possibilité d’accorder une autorisation exceptionnelle et à titre dérogatoire " lorsque l’éloignement des établissements pratiquant l’obstétrique impose des temps de trajet excessifs à une partie significative de la population ", l’existence même de ce service est remise en cause depuis plusieurs années ".
- " La Chambre remarque que les solutions envisagées par les responsables du centre hospitalier pour l’établissement d’un projet de réseau des urgences en lien notamment avec le centre hospitalier de Nevers, ne respectent pas les dispositions de l’arrêté précité du 12 octobre 1999 ".

- 6 " L’urgence d’un nouveau projet d’établissement ".

- " Or, la chambre constate que si le dernier projet d’établissement - et premier en date - présenté pour la période 1998-2002, a été approuvé par le conseil d’administration le 29 juin 1998, il n’a jamais été traduit dans un contrat d’objectifs et de moyens avec l’Agence Régionale de l’Hospitalisation ".
- " Dans ce contexte de blocage et de déséquilibre financier structurel, la chambre souligne l’urgence, pour les responsables du centre hospitalier de Clamecy, de concevoir un nouveau projet d’établissement qui, établi en concertation avec les autorités sanitaires, puisse servir de base aux mesures qui devront être prises rapidement dans le cadre du contrat d’objectifs et de moyens prévu par le Code de la santé publique dans son article L. 710-16 ".

- 7 " La restructuration de la maison de retraite : une opération opaque et un financement inadapté "

- " Les marchés de travaux ont été attribués le 4 septembre 1998 pour un montant total de 14,1 millions de francs TTC (valeur janvier 96). Ils ont été achevés durant le premier trimestre 2000. Selon le décompte définitif fourni par le centre hospitalier, leur montant s’élève à 14,8 millions de francs TTC, révisions de prix comprises, l’opération globale pouvant alors être estimée entre 20 et 22 millions de francs ".
- " La chambre formule les remarques suivantes sur le déroulement de cette opération " :
- " Le choix de ne pas recourir à la procédure du concours d’architecte et à la mise au point du cahier des charges par des études préalables, mais d’élaborer ce dernier avec le maître d’oeuvre, préalablement choisi, a conduit à des modifications successives des estimations prévisionnelles, qui, revues en permanence à la hausse, ont rendu le déroulement de l’opération peu lisible pour les autorités de tutelle comme pour le conseil d’administration ".
- " Le coût de la restructuration aura finalement été pris en charge, à près de 95% et par recours à l’emprunt, par le centre hospitalier. En effet, cette opération n’a bénéficié, ni des aides publiques pouvant être obtenues dans le cadre du contrat de plan Etat-région 1995-1999, auquel elle n’a pas été inscrite, ni des prêts sans intérêt susceptibles d’être accordés par la caisse régionale d’assurance maladie pour ce type d’investissement. Les subventions, accordées par le conseil général, auront été de 1,1 million de francs ".
*http://www.ccomptes.fr/CRC05/docume...

Tempête dans les écharpes

Le 23 janvier a eu lieu une réunion à Brinon-sur-Beuvron organisée par l’Association des Usagers et la Coordination, venues demander l’aide des maires des petites communes. Certains d’entre eux proposent le boycott de l’organisation des élections qui est accueilli favorablement par leurs confrères et les deux organisations de défense de l’hôpital. Cette décision qui passe pour " idiote " voir entièrement " farfelue " auprès de certains maires de la zone couverte par l’hôpital s’imposera progressivement.
Le 26 janvier, une nouvelle réunion dans le canton de Brinon confirme le mouvement de boycott par la communauté de communes.
Le 11 février, l’une des trois élus est convoquée par le sous-préfet qui la met en garde contre cette idée. Elle est accompagnée d’une dizaine de maires et d’adjoints ainsi que du représentant de la Coordination. Mais le remontage de bretelles ne change rien à leur conviction.
Les autres maires qui observent depuis quelque temps la position des uns et des autres se rallient progressivement au mouvement.
La plupart le font pour sauver l’hôpital et quelques autres pour rattraper le train médiatique en marche… Mais la seule chose importante, c’est que les médias nationaux s’emparent de l’affaire.
Une publicité dont se serait sûrement passée l’ARH…





La révolte des cabots

Pour quelqu’un qui n’a " aucune ambition personnelle ", Régis Bertrand semble prêt à tout. Lui, qui n’a jamais participé, ni de près, ni de loin à la lutte pour sauver la maternité monte au créneau. Il devient chef autoproclamé de la résistance avec son ami Christian Paul.

1) En distribuant une lettre aux habitants, à renvoyer à Mme Bachelot, M. Régis Bertrand soigne sa pub et fractionne la mobilisation des citoyens pour une action non concertée avec les deux organisations de défense, le personnel hospitalier et les habitants qui se battent depuis longtemps pour la maternité. Les citoyens ne doivent pas mener des actions dans tous les sens, mais des actions coordonnées pour vaincre l’ARH et le gouvernement. Si demain, les usagers font une pétition, la coordination une lettre à Sarko et que chacune des listes mène sa petite initiative pour soigner sa publicité, de quoi ça aura l’air ? On ne se bat pas pour des chapelles, qui ont déjà prouvé leurs capacités de nuisance, mais pour l’Hôpital !

2) L’initiative de boycott de l’organisation des élections municipales, lancée par les maires du Brinonnais et reprise par l’ensemble des élus, est récupérée par Bertrand et Paul qui posent pour la photo. Dans un entretien à Rue 89, Bertrand déclare que " ce n’est pas une bonne politique que d’avoir une politique de la chaise vide… pour valider les élections, il suffit qu’il y ait un candidat et un électeur ". Par conséquent il suggère que " la seule ressource pour organiser matériellement un référendum auprès de la population contre la fermeture de l’hôpital pour gripper les rouages administratifs… c’est de démissionner du conseil municipal ". À la suite de quoi il assure, grandiloquent, " qu’il démissionnera dès qu’il sera élu ". Cette légende se passe à Clamecy et à notre époque, mais le père Noël devrait savoir qu’il ne sera pas élu. Le référendum auprès de la population a déjà eu lieu dans les manifestations et ceci à plusieurs reprises. Tout le monde est unanime pour empêcher la fermeture ! Que cherche donc Régis Bertrand ? A part, se faire mousser. Et de quels rouages administratifs " à gripper " parle ce cabotin ? Aujourd’hui, les habitants doivent songer à bloquer la vie économique et politique de la région s’ils veulent sauver la maternité et non pas à écouter les bonimenteurs.

Yves Pupulin.




JUILLET 2008 (N°21)




Manifeste des Nivernaises - Pour l’ouverture d’un débat

sur les conditions dans lesquelles nous donnons la vie.


Qui sommes nous ? De simples citoyennes des champs. Que voulons-nous ? Que notre parole soit enfin prise en compte. Pourquoi ? Parce qu’il nous semble qu’aujourd’hui, en France, les vaches sont mieux traitées que nous lorsqu’il s’agit de donner la vie. Parce que nous pensons que la fermeture des maternités de proximité et la transformation des petits hôpitaux en coquilles vides privent une grande partie des Françaises et de leurs familles d’un accès à la sécurité, à la qualité, au confort nécessaires, sous prétexte du contraire.

Malgré notre opposition, la maternité de Clamecy a fermé, sans qu’aucune alternative sérieuse soit proposée aux femmes, lesquelles sont priées de s’habituer aux nouvelles conditions qui leurs sont faites sans qu’on leur demande leur avis. Or qu’est-ce qui attend aujourd’hui, en France, une femme enceinte qui a la malchance de vivre dans un de ces fameux déserts médicaux qui se créent un peu partout sur notre territoire, et par voie de conséquence aussi celle qui réside près d’un grand hôpital ? Pour toutes, un accouchement programmé, qui évitera les embouteillages en salle d’accouchement, garantira d’avoir une chambre à sa disposition, mais à quel prix ?
- Programmer, c’est prendre le risque de perturber le travail naturel et d’aboutir à une césarienne, donc à plus d’inconfort, d’insécurité, et à un coût plus élevé pour la collectivité, ce qui est absurde.
- Programmer, c’est faire passer des considérations de pure gestion, en privilégiant la rentabilité au détriment de la qualité, avant l’intérêt de la mère et de l’enfant, ce qui est inacceptable : mais un accouchement naturel prend plus de temps et ne rapporte rien à l’hôpital car il ne nécessite pas ou peu d’actes médicaux…
Et pour celles qui refuseront la programmation, un risque accru d’accoucher dans l’ambulance ou le camion des pompiers… et peut-être prématurément, car elles auront aussi dû faire de longs trajets pour aller passer loin de chez elles divers examens au cours de la grossesse. Oui, les vaches sont mieux traitées que nous : elles ont droit à toute l’attention de l’éleveur, à un environnement familier et confortable, à des visites régulières pour vérifier le bon déroulement du vélage, mais sans intervention intempestive pour accélérer les choses. Pour elles, on respecte la règle d’or afin que tout se passe au mieux : du calme, pas de précipitation, pas de stress pouvant contrarier l’enchaînement des mécanismes hormonaux conditionnant la bonne sortie du petit, la délivrance, la montée de lait… Ce n’est qu’en cas de nécessité qu’on fait appel au spécialiste, au vétérinaire, lequel bien sûr se déplace à domicile… Pourquoi ne serait-il pas possible d’offrir des conditions pareilles aux femmes, en n’importe quel point du territoire, afin que la majorité des accouchements, qui ne posent aucun problème particulier, se passent dans la sérénité, garantissant ainsi à nos enfants un bon départ dans la vie ? A l’heure où le développement durable et le respect de l’environnement sont des valeurs consensuelles, est-ce trop demander qu’elles s’appliquent aussi à l’être humain ? Qui accepterait d’être obligé de manger au fast food parce que tout autre choix de restauration a été supprimé ? Pourquoi alors les femmes devraient-elles accepter la fast birth, une naissance standardisée pour cause de rentabilité des hôpitaux ? Une telle atteinte à la liberté est-elle acceptable ? D’autres pays sont capables de proposer un réel choix aux femmes, alors pourquoi pas la France ? Si vous pensez comme nous qu’il est temps qu’un véritable débat sur ces questions s’ouvre en France, pourquoi pas sous la forme d’un référendum d’initiative populaire, exprimez-vous sur notre blog, apportez-y vos témoignages afin que notre parole gagne en force et que nous soyons, citoyennes et citoyens des villes et des champs, enfin entendus. Communiqué par A.S.
Blog : Manifeste des Nivernaises, http:// nonoko.unblog.fr





Hôpital :

Mis en place au début des années 90, le réseau de périnatalité, association loi 1901, est une expérience pilote et une réussite avec 15 ans d’avance. Son statut indépendant lui a permis de prendre les initiatives les plus favorables pour la population. Le ministère qui veut reproduire ce modèle, partout en France, ne souhaite pas le même statut juridique. En effet, les autres réseaux dépendent soit de l’ARH soit d’un hôpital. C’est plus pratique !

Le réseau et les personnes qui l’ont animé sont considérés par la population locale comme irréprochables, disponibles et compétents. L’assemblée générale du réseau avait pris la décision de dissoudre la branche périnatalité en cas de fermeture de la maternité qui est effective depuis le 31 mars 2008. Fin avril, une autre assemblée générale a pris la décision de le rouvrir, soit exactement un mois après la fermeture de la maternité. Les employés du réseau en allant dans ce sens, voulaient-ils préserver leurs emplois ? Ce serait compréhensible. Aujourd’hui la branche périnatalité du " Réseau de santé du Haut Nivernais " est donc en reconstruction.

Que deviendra-t-elle ?

Pourtant, la réorganisation de l’Hôpital de Clamecy donne entière satisfaction aux élus. Se rapporter à la photo ci-jointe où ils sont tout sourires. Pourquoi ces sourires pour un avenir si incertain ? L’état des lieux n’est pourtant pas brillant : pas de radiologue, un appareil d’échographie, mais pas d’échographiste, toujours pas de scanner, un anesthésiste s’en irait… Dans ces conditions, comment les urgences et le SMUR pourront-ils fonctionner ? Comme le prévoit l’accord entre l’ARH, l’Hôpital d’Auxerre et celui de Clamecy, " un bilan sera effectué le 31 décembre en vue de pérenniser ou non " l’organisation actuelle. Bravo !

Rapide bilan de la lutte pour le sauvetage de la maternité.

Le CA présidé par Bardin et auquel participaient Boisorieux, Lebeau etc. n’a pas agi à temps face à l’absence d’un pédiatre et d’une cinquième sage-femme obtenue avec 15 jours de retard grâce à la mobilisation insistante des sages-femmes. La directrice n’a pris aucune mesure allant vers la conservation de la maternité et c’est un euphémisme !
Encore bravo !
Comment les élus pourraient-ils ne pas se réjouir ?
- Après avoir annoncé leur démission qu’ils n’ont pas tenue, Christian Paul en tête ?
- Après avoir déclaré qu’ils n’organiseraient pas les élections, ce qui n’a pas tenu plus d’un tour ?
- Après avoir libéré les directeurs et secrétaires de l’ARH, retenus par le personnel et des Clamecycois, devant les caméras de télévision et avec l’aide de certain(e)s militant(e)s anti-fermeture qui s’étaient fort judicieusement porté(e)s à la direction du mouvement ?
- Après avoir manipulé copieusement moult manifestations qui se terminaient toujours par des poses avantageuses devant les médias ?
- Après avoir participé au jeûne de quelques heures ? Ce qui, nous l’espérons, n’a pas mis en danger la survie de M. Paul et consorts… Entre deux banquets !
- Après avoir brandi leurs écharpes à tous vents ?

Recueilli par Yves Pupulin.




DÉCEMBRE 2008 (N°22)




De la couche à la camisole !

Une grande nouvelle pour la population, les dingues qui s’activent à nous faire prendre des vessies cancéreuses pour les lanternes des lumières trouveront bientôt une camisole. Le Picot, soucieux d’apporter un brin d’illumination dans ce monde de brutes financières lance un appel à la mutualisation des moyens de santé psychiatriques.

Il suffit de lire la presse locale pour se rendre compte à quel point les gens sont pris pour de doux crétins par nos sommités médicales, académiques, politiques, " tique tique " ou plutôt " toc toc " à qui nous devons passer rapidement une camisole. Une réunion s’est tenue à Auxerre, à l’issue de laquelle la presse locale a relayé la révolution en marche et l’apport de bienfaits dus à la mutualisation des moyens de santé du sud de l’Yonne. Les titres sont éloquents, " Une coopération pour assurer l’avenir " dans le J.d.C du 5 décembre 2008 ou " Hôpitaux : l’union fait la force " dans l’Yonne Républicaine du 4 décembre 2008. Et la surenchère des auto-satisfaits du désastre ne l’est pas moins. Dans le J.d.C, Mme le maire de Clamecy déclare : " Je crois à la vie et à l’avenir de cet établissement et je pense que la convention qui vient d’être signée nous y aidera ." Mme le maire, nous vous rappelons que la gestion des affaires publiques ne relève pas de la croyance qu’il faut laisser aux moines mais de la pensée rationnelle. Que vous vous régaliez de foi et d’opinions ne nous convainc pas de la justesse de votre refus de communiquer ce qui se trame aux personnels et usagers de l’hôpital de Clamecy lors des conseils d’administration et encore moins des espoirs fous que vous énoncez alors que la chirurgie va fermer après que l’on ait bouclé la meilleure maternité du secteur. Nous y reviendrons. Comme nous reviendrons sur le fait que les courriers du C.M.E. (Centre Médical d’Etablissement) au C.A. ne soient pas lus en assemblée, et les décisions non débattues. Le C.M.E. a saisi l’ARH qui doit pouffer de joie. " Sur un territoire comme le nôtre, il ne faut pas rêver inutilement. Il ne peut y avoir trois ou quatre pôles d’excellence en cancérologie ", déclare Guy Férez président du C.A. de l’Hôpital d’Auxerre. Ce monsieur gavé de cette excellence que nous étendrons à sa maternité et au remplissage des couloirs de l’hôpital d’Auxerre de parturientes venues de loin, quand elles ne regrettent pas la maternité de Clamecy au point d’y accoucher aux urgences, oublie que la maternité et la santé ne se gèrent pas comme les têtes de gondoles de carrouf. Quant à l’excellence de la cancérologie, je n’en doute pas, mais si l’on veut soigner le cancer, il faut avant tout empêcher Sarkozy de détruire la recherche, et surtout arrêter de produire de la merde et d’en bouffer, comme vient de le préconiser la directive européenne qui autorise le soja transgénique de Monsanto. Les syndicalistes CGT sont " satisfaits et vigilants ", la CFDT émet " une petite réserve " et FO reste vigilant " sur les questions de mobilité, d’horaires et d’évolution de carrière ". On aura compris que les auteurs de ces analyses pertinentes, ces petits chefs syndicaux, sont d’Auxerre et qu’ils se fichent bien de la qualité des soins, c’est le plan de carrière qui compte, comme pour ces médecins qui voient pousser des services gériatriques dans tous les coins, où il leur suffit de passer avec la machine à composter les cartes Vitale à la vitesse de l’éclair et sans consultation. Regardez autour de vous… Qu’ils soient de gauche ou de droite, tous ces médecins avides, protégés par l’Ordre des médecins datant de Pétain qui refuse l’élargissement du recrutement universitaire, tous les fabricants de drogues organisent la destruction de la médecine pour tous, au service de la rentabilité qui comme on le sait en sert surtout quelques-uns. Nous sommes ravis de découvrir que les services de santé dépendant de la sécurité sociale n’étaient pas mutualisés et que tous les hôpitaux se livraient une concurrence acharnée. " Jusqu’à maintenant les hôpitaux étaient en concurrence avec la crainte que l’hôpital d’Auxerre vienne bouffer les plus petits ". Tiens donc, nous devrions être rassurés par la fermeture de services permettant cette mutualisation des maisons de retraite médicalisées que vante le délégué CGT d’Auxerre. Comme si le tri des patients, camouflé derrière cette organisation, ne visait pas à bénéficier aux gros hôpitaux et aux cliniques privées. Nous sommes ravis d’apprendre que le serment d’Hippocrate devient pour certains le serment d’hypocrites. La question de la santé est définitivement plombée par la civilisation de l’avidité marchande et des parvenus comme tout le reste des activités humaines. On n’a réalisé aucune économie en fermant la maternité de Clamecy, l’Hôpital est toujours aussi déficitaire. Le chiffrage que nous avions demandé, quelques Picot plus tôt du coût des diverses hiérarchies du système de santé, un ramassis d’énarques et de technocrates va s’aggraver par cette mutualisation qui permet de diminuer le personnel médical en le remplaçant par des gestionnaires, des organisateurs, des planificateurs et des contrôleurs. Ce qui intéresse visiblement les hiérarchies de la santé, c’est qu’elle fonctionne comme une usine d’embouteillage où des cadrans lumineux répertorient les mobilités sur des écrans clignotants. Ceux de la bêtise et de l’avidité clignotent depuis trop longtemps pour que ça ne disjoncte pas gravement sous peu. L’organisation de toute la société dans une pensée unique du rentable déborde le contexte de la banque en crise. L’être humain ne sait plus faire de l’agriculture qui nourrit, des biens utiles qui protègent, des métiers au service de tous. Elle sait gérer et l’ENA, d’où nous viennent nos députés et les boss des ARH, est son seigneur. Les bandits de grand chemin ne se tiennent plus à l’orée du bois, ils tiennent le haut du pavé et mentent, mentent sans fin à aux idiots que nous sommes de supporter encore longtemps cet ordre de cinglés.

Yves Pupulin.







Poussez pas, c’est fermé !

Dans le numéro 21 du Picot, les mines réjouies du directeur de l’A.R.H. (Agence régionale de l’Hospitalisation), de Jean-Louis Lebeau, de Christian Paul et de Claudine Boisorieux lors de la signature de l’accord entre les hôpitaux de Clamecy et d’Auxerre, nous avaient fait réagir. L’affiche pour annoncer le n° 17 de ce même Picot, en juillet 2007 et le titre de l’article sur la maternité " Allez vous faire naître ailleurs " auguraient d’un fait qui aurait pu être dramatique.

Dans le Journal du Centre du 19 septembre 2008, dans la rubrique Etat civil, figure une naissance à Clamecy. Est-ce un accouchement à domicile, une pratique longtemps abandonnée, mais en vogue aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves et qui fait un retour marginal dans notre pays ? Non. Après nous être renseignés, il s’avère que la naissance a bien eu lieu au Centre hospitalier de Clamecy. Une jeune femme habitant dans un village, à quelques kilomètres de Clamecy devant accoucher à Auxerre puisque la maternité de Clamecy a fermé le 31 mars, a ressenti de violentes douleurs le mardi 16 septembre vers 15 heures (la veille, le gynécologue d’Auxerrre qu’elle avait consulté lui avait dit que l’accouchement aurait lieu en fin de semaine…). Sa mère, prévenue, l’emmène pour la conduire à Auxerre. A la sortie du village, la jeune femme perd les eaux. Voyant cela, elles se rendent aux Urgences de Clamecy pour savoir si elles peuvent aller jusqu’à Auxerre. Les médecins urgentistes constatent son état et lui signifient qu’il est hors de question qu’elle reprenne la route. Peu après, elle accouche sur le " brancard " dans ce service. Et ce dans la douleur (à Auxerre, une péridurale était prévue). De plus, les urgentistes doivent pratiquer une épisiotomie. L’équipe de médecins et d’infirmières, aidée des conseils d’une sage-femme, n’étant pas habitués à ce genre d’intervention, a été sans reproches.

Le bébé emmené en couveuse à Auxerre

Plus de maternité, plus de chambre pour accueillir la parturiente, c’est le Samu de Nevers qui a transporté l’enfant, en couveuse, au Centre Hospitalier d’Auxerre.
Une ambulance privée a emmené la maman. La grand mère a suivi dans sa voiture. A son arrivée, faute de place en maternité, la maman a été placée dans le service gynécologie dans une chambre où se sont succédées deux patientes. L’accueil n’a pas été très chaleureux mais vu le manque de place, on ne garde pas très longtemps les femmes qui ont accouché. La mère a été très heureuse de retrouver son village, et la famille contente de cesser les allers-retours. Et surtout de ne pas penser à ce qui serait arrivé si l’accouchement avait eu lieu sur la route entre Clamecy et Auxerre. Ce cas n’a pas été le seul. Au total quatre parturientes ont déjà accouché aux urgences entourées par les urgentistes car la sage-femme du CPP (Centre Périnatal de Proximité) n’a ni le droit d’intervenir ni celui d’aller aux urgences. Sachant que les praticiens aiment suivre les parturientes sur la durée de la grossesse, il s’agit de se décider au plus tôt de l’endroit où l’on souhaite accoucher : Nevers, Auxerre, Decize, Cosne, Saumur ou Autun.

Monique Cogan.



Pas de question qui fâche !

Le Journal du Centre nous apprend que le 6 octobre dernier, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative a rencontré, à Nevers, les agents de la DDASS et leur a présenté, en un temps record, les grandes lignes de sa loi. Peu après, toujours aussi pressée, elle a rencontré, pendant trois minutes, la presse. Qui avait reçu une consigne : pas de questions sur les problèmes de santé dans le département. Sinon, Mme la ministre quittait la salle ! La com, oui ! Les questions embarrassantes, non ! Circulez, y a rien à voir !

Nombre d’accouchements multiplié par deux à Auxerre

La maternité d’Auxerre prévue pour 1 000 accouchements, " bricolée " selon les termes d’un syndicaliste pour 1 500 en effectue actuellement 2 200. Ce doublement du nombre des naissances est dû à la fermeture de cinq maternités : Migennes et Tonnerre en 1995, Avallon en 2003, celle de la polyclinique Sainte Marguerite d’Auxerre en 2004 et Clamecy le 31 mars dernier.







APPEL à TEMOIN

PAROLES DE FEMMES


Notre maternité a fermé il y a déjà 6 mois. Nous souhaitons, au Picot, donner la parole aux femmes du Haut Nivernais qui ont accouché à Auxerre ou Nevers. Cette rubrique leur appartient pour faire part de leur expérience. Qu’elles nous disent comment cela se passe. Quelle prise en charge avant, pendant et après l’accouchement. On sait tous qu’à la maternité de Clamecy, les parturientes étaient un peu comme à la maison. Quelles que soient les difficultés rencontrées, il y avait toujours quelqu’un pour vous soutenir. On imagine que dans ces hôpitaux plus grands, le personnel, même s’il le souhaite, ne peut être aussi proche du patient qu’à Clamecy, puisque leur charge de travail a forcément augmenté. Notre ennemi n’est pas le personnel de ces centres hospitaliers qui subissent comme nous les choix idiots de l’administration. Notre ennemi c’est bien l’A.R.H. et personne d’autre. Notre maternité est fermée, il nous reste la parole et elle n’est pas près de s’éteindre. N’hésitez pas à nous contacter, votre anonymat sera préservé. Il y a quelque temps, une jeune maman d’une vingtaine d’années accouche au Centre Hospitalier d’Auxerre. La prise en charge est bonne, l’accouchement se passe sans problème. Cette jeune maman souhaite allaiter son enfant, mais rencontre des difficultés. Après quelques appels à l’aide, on lui fait comprendre que la prise du sein est un acte inné et que d’autres personnes attendent. Elle reste seule face à ses interrogations. Une fois au domicile, le désir d’allaiter ne l’emporte pas face aux difficultés rencontrées. Cette jeune maman ne se sent pas la force de livrer seule ce combat et abandonne à regret l’allaitement. Autre histoire… Magdeleine, qui a accouché de son premier enfant à Clamecy, s’est inscrite à Decize pour le second afin de retrouver une structure à taille humaine. Malgré une grossesse parfaite, elle rompt la poche des eaux un mois et demi avant terme. Elle se rend au C.P.P. (Centre Périnatal de Proximité) de Clamecy pour se faire examiner. Le sage-femme contacte alors Auxerre pour un transfert sans urgence en ambulance. La prise en charge se fait rapidement, elle est transférée en hélicoptère pour être admise en U.G.R. (Unité de Grossesses à Risque). Petite anecdote, le transport s’est fait en hélicoptère car celui-ci est beaucoup plus rentable qu’une ambulance. C’est l’hôpital demandeur qui paye la facture… donc Clamecy. Arrivée à Auxerre, on lui administre un traitement anti-contractant afin de retarder au maximum l’accouchement. Cinq jours plus tard, le bout de chou pointe son nez, l’accouchement très médicalisé se passe très bien. Le nouveau-né est amené au service de Néonatalogie, après avoir été présenté à ses parents. Dès lors, la maman est totalement libre d’aller voir son fils quand elle le souhaite, à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. De plus cette jeune mère qui veut de nouveau allaiter a été complètement soutenue et accompagnée par l’équipe médicale. L’enfant restera vingt jours en Néonat, la maman sera obligée de rentrer à son domicile au bout de quatre jours afin de libérer une chambre. Il est à noter que ce service travaille en flux tendu. D’ailleurs au moment de quitter sa chambre, une autre future maman attendait dans le couloir qu’une chambre veuille bien se libérer. Ce service est une unité particulière de la maternité, d’une dizaine de chambres, où le personnel hospitalier est beaucoup plus disponible. Il est regrettable de ne pas avoir le même accompagnement que l’on soit en grossesse à risque ou pas. Finalement le fait d’avoir un enfant prématuré lui a permis de retrouver le même sentiment d’humanité qu’à Clamecy.

Stéphane Lessire.