Le Picot

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ANNÉE 2008

N°20 - N°22

samedi 16 juillet 2011, par Le Picot




MARS 2008 (N°20)




LE NAUFRAGE DU DOMAINE DE NOE :

Y aurait-il un lézard sous les pierres ?

Un port fantôme qui a coûté 2 millions d’euros d’argent public, terminé depuis plus de deux ans et qui reste vide. Un site archéologique unique massacré en grande partie, grâce à des permis de construire considérés irréguliers par la justice, même en appel. Bref un dossier mal ficelé et mal géré par nos responsables (en premier lieu Jean-Louis Lebeau), qui ont déroulé le tapis rouge et offert un pont d’or à des investisseurs qui pourraient aussi bien être des margoulins ou des arcandiers ! Et rappelons que la Communauté de Communes a investi au bas mot 650 000 euros dans ce projet au point mort depuis des années. On attend d’ailleurs toujours de voir apparaître ces chiffres dans le bulletin d’information de la CCVY ! Et pour finir, ON veut nous faire croire que le blocage persistant est toujours dû à l’action de l’ADEDN ! Alors que celle-ci a signé un protocole d’accord à l’automne 2006, il y a un an et demi ! On se demande quel rideau de fumée vont pouvoir utiliser les partisans du projet pour masquer le fait qu’ils n’ont même pas su garantir de manière certaine l’engagement des investisseurs. Et qu’apparemment depuis 18 mois rien ne se passe. La presse, d’habitude si loquace sur ce dossier, ne moufte pas non plus. Y aurait-il un lézard valant plus de 2,5 millions d’€ sous les pierres de Chevroches ?

Le Picot.





POURQUOI LES TRAVAUX N’ONT-ILS PAS REPRIS ?

Les procédures engagées par l’Association de Défense de l’Environnement du Nivernais (ADEDN) contre les autorisations de construire accordées à la SCI du canal, se sont toutes soldées par des annulations de celles-ci (Jugements du Tribunal Administratif de DIJON des 17/07/2004 et 7/06/05, confirmés par la Cour d’Appel de LYON le 21/06/07). C’est dire que les fondements juridiques du projet étaient hasardeux… Néanmoins l’ADEDN a souhaité trouver une issue amiable au litige afin notamment de sauver ce qui pouvait encore l’être des vestiges de la nécropole mérovingienne et d’obtenir certaines compensations environnementales. Un accord a été signé en ce sens le 26 Septembre 2006. Curieusement, les travaux n’ont jamais repris depuis cette date ? Cette situation semble confirmer les craintes que l’on peut avoir quant à la capacité financière des investisseurs du projet et donc quant à son avenir économique. On aimerait pouvoir être optimiste.

Henri Gerphagnon.




DÉCEMBRE 2008 (N°22)




Ca y est, le domaine de Noé a enfin reçu son premier visiteur.

Interview, en exclusivité pour Le PICOT, de ce touriste.


- Le Picot. Ainsi, vous êtes le premier à passer la nuit sur ce site. Quelles sont vos premières impressions ?


- T. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la liberté qu’on ressent, lorsqu’on s’installe au Domaine de Noé : pas de guides importuns, pas de vendeurs de pacotille d’origine chinoise, c’est vraiment agréable et cela change des sites touristiques habituels.


- Le Picot. Comment avez-vous eu connaissance de l’existence du Domaine ?


- T. Il faut bien dire que, plus que la presse ou les agences de voyage, c’est mon instinct de voyageur qui me dicte mes destinations. Je sentais que j’allais me plaire ici et je ne me suis pas trompé.


- Le Picot. Que pensez-vous de l’hébergement ?


- T. A vrai dire, j’ai été sidéré par l’intégration des chalets dans le paysage. Je n’en crois toujours pas mes yeux, d’ailleurs. Pas de murs aux couleurs criardes, pas de toits disgracieux, pas d’allées incongrues dans cet ensemble forestier. Je n’avais jamais vu auparavant d’ensemble plus discret ! Et pourtant, j’ai un point de vue imprenable. Il semble qu’à mon arrivée tout était occupé puisque j’ai dû me " contenter " de la Suite, au sommet du phare. La climatisation en est exceptionnelle : une brise constante baigne la pièce. L’éclairage lui-même est somptueux, cette idée de calquer l’intensité lumineuse intérieure sur celle qui prévaut à l’extérieur est vraiment géniale.


-  Le Picot. Et qu’en est-il des sanitaires ?


- T. Ah là, comme souvent en France, je dois dire que ce n’est pas parfait. Certes la moquette est épaisse mais j’aurais tendance à la trouver un peu fraîche au lever et par trop caressante au soleil de midi, d’autant que d’ingénues bestioles s’y croient autorisées à déambuler, sautiller, ramper et même striduler, à toute heure du jour et de la nuit. Et puis l’ascenseur du phare n’est guère utilisable et trois étages d’escalier métallique à parcourir dignement quand la transe vous saisit, ce n’est pas si facile.


- Le Picot. Et les activités culturelles ?


- T. Très très bien. Le matin, je commence par une petite zieutée par-dessus la rambarde. C’est bien le diable si ne passe pas quelque accorte voire décolletée touriste allant chasser la baguette croustillante depuis Chevroches jusques à Clamecy. C’est plaisir d’ouïr la douce musique des pneus sur le chemin. Parfois un concert de pinsons polyphoniques ou de rouges- gorges déployés nous est offert à l’apéritif. Souvent, du théâtre moineau japonais ou une pièce de corneille. Rien à dire, j’ai connu pie (ah ah ah !)


- Le Picot. La nourriture ?


- T. Ah bien là, c’est vraiment comme chez soi. Et pas de chichis comme ailleurs. J’ouvre une boite de pâté, je débouche un kill de rouge. Pas un groom pour renâcler, pas un maître sommelier pour discuter l’harmonie gustative. Ca on apprécie beaucoup, Rex et moi.


- Le Picot. Rex ?


- T. Ben oui, mon garde du corps. C’est avec lui que je voyage. Il garde mon duvet quand je batifole aux sanitaires et m’avertit dès qu’un importun s’approche. Tiens, pas plus tard qu’hier, un gars venu en vélo avec trois gamins. Ils venaient pour profiter du spectacle, c’était " Colvert et les deux poules d’eau ". Je les ai laissés monter dans la suite. Rex s’est tenu tranquille mais j’ai bien vu que le quidam n’était pas à l’aise, pas habitué au luxe, sûrement ! Ce ne serait pas lui qui vous aurait averti de mon arrivée, par hasard ?


- Le Picot. Eh oui ! Alors, en résumé, conseilleriez-vous le lieu à nos lecteurs ?


- T. Je le ferais volontiers mais je crains qu’à la date où vous publierez ce reportage, les conditions ne soient plus aussi idylliques. Nous reviendrons sûrement, Rex et moi, quand la belle saison sera de retour...

De notre envoyé spécial D.G.