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ANNÉE 2008

N°20 - N°22

dimanche 17 juillet 2011, par Le Picot




MARS 2008 (N°20)




EXPULSIONS DES ETRANGERS.

Le syndrome de SARKOZY ou comment vider l’océan

à la petite cuillère !


Résumé des épisodes précédents : pour accéder à la présidence, Sarkozy a dû racoler les voix de 5 millions d’électeurs sensibles aux thèses du Front National. L’idée principale de ce parti étant de se servir des étrangers résidant sur notre sol comme " boucs émissaires " et de leur coller sur le dos la responsabilité de tous les problèmes que rencontre notre vieux pays ! Et de croire que la haine des étrangers peut suffire à régler un problème social !

Bien entendu, aucun de ces arguments ne résiste à la moindre analyse et c’est là que devrait se dessiner la différence entre la droite et la gauche. Un homme politique véritablement de gauche ferait appel à des arguments rationnels pour démontrer que les étrangers pauvres sont victimes du système libéral, comme leurs semblables les Français pauvres (6 millions de personnes). On se souviendra ici de la malheureuse déclaration de Michel Rocard (si souvent reprise), alors Premier Ministre (1988) : " la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ". Rocard, s’il avait été fidèle aux idéaux humanistes de sa jeunesse plutôt qu’à la raison d’Etat qui est toujours celle du plus fort (et non pas la meilleure), aurait dû déclarer : " la France ne peut pas se contenter de simplement claquer la porte sur les doigts de tous les miséreux du monde…" Et cela aurait tout de même eu plus de gueule, pour la postérité, non ? De plus la lutte sur le terrain des idées a été totalement abandonnée par le Parti Socialiste qui s’aligne sur les positions de la droite dure, après s’être contenté durant des décennies de cette attitude ridicule du " tout le-monde-il-est-beau-il-est-gentil ". Si durant ces 15 ans de pouvoir entre 1981 et 2002, la gauche avait su prendre à bras le corps la question du social en général (logement, intégration, immigration…) elle aurait encore des arguments à faire valoir ! Mais la tactique suivie depuis 1984 a été de faire mousser le FN pour tenter de diviser la droite, en se contentant de faire la morale aux électeurs de ce parti. Cette politique a porté ses fruits (pourris), avec le résultat que l’on sait, en 2002 comme en 2007 ! Quant à la politique menée par Sarkozy depuis des années, elle est extrêmement choquante à plusieurs titres. On a vu que pour éviter une grave crise juste avant la campagne présidentielle, les préfets avaient reçu des directives pour régulariser la situation de certains étrangers, " au cas par cas ". Ce qui fut fait pour plusieurs milliers d’entre eux, mais force était de constater que ce processus se révélait totalement arbitraire, se réalisant " à la tête du client ". L’égalité de tous devant la loi républicaine n’était plus qu’un souvenir ! Avec la mise en place du " Ministère de l’immigration et de l’identité nationale " en mai 2007, on apprend qu’un objectif annuel de 25 000 expulsions d’étrangers doit impérativement être réalisé. Personne n’expose clairement le but d’une telle politique. De quoi s’agit-il en réalité ? De faire croire qu’on va régler les problèmes économiques et sociaux du pays en expulsant de pauvres gens qui sont prêts à effectuer tous les sales boulots pour des salaires de misère ? On oublie alors de préciser que des pans entiers de notre économie ne pourraient fonctionner sans l’apport de main d’œuvre étrangère, illégale ou pas : l’hôtellerie et la restauration, le bâtiment et les travaux publics, l’hôpital public, les travaux saisonniers dans l’agriculture… D’après l’INSEE, la main d’œuvre étrangère hors Union Européenne représentait 3,5 % de la population active en 2003 dans notre pays. Pas de quoi résorber le chômage ! Par ailleurs, avez-vous déjà entendu parler de poursuites judiciaires contre de grosses entreprises pour " travail clandestin ? " D’opérations de police importantes contre le trafic de main d’œuvre ou contre les " passeurs " ? Les patrons qui profitent de ce système ne sont jamais inquiétés ! De plus, chacun a bien pu voir, en lisant la presse, qu’il ne s’agit nullement de cibler d’éventuels délinquants ou criminels pour les inviter à quitter le territoire, mais de rafler des gens ordinaires qui travaillent, qui sont père et mère de famille et dont les enfants sont scolarisés ! Portraits des expulsés du jour : là, ce sont des parents d’enfants français ou en passe de le devenir, ici un couple d’épiciers dans un quartier sensible où il n’y a plus de commerce ; ailleurs, un éboueur qui travaille depuis 4 ans et paie ses impôts ; un autre qui travaille dans le soutien scolaire. Bref, chacun connaît un cas concret où l’inhumanité des mesures prises ne trouve aucune justification cohérente.

Les bonnes vieilles méthodes de la police française.

Le fait de " rafler " une population désignée pour la mise en " rétention " évoque inévitablement de peu glorieux souvenirs. C’est bien la police française qui organisa la déportation des juifs de France dans les années 1940. C’est encore elle qui massacra par centaine des Algériens en 1961… Le temps passe, mais les méthodes ne sont-elles pas les mêmes, toutes proportions gardées quant au résultat final ? Attirer un étranger à la préfecture sous un faux prétexte, pour que la police puisse le cueillir ; aller chercher les parents à la sortie des écoles primaires, demander aux fonctionnaires (ANPE) de pratiquer la délation sous peine de sanction ou aux directeurs d’écoles de remplir des fichiers d’enfants de" sans-papiers " : ce sont vraiment des méthodes dignes de la " patrie des droits de l’homme " ? Sans oublier de mentionner la violence utilisée pour embarquer de force les clandestins dans des avions .
Il convient encore de préciser qu’il n’est pas rassurant de voir une administration d’Etat bafouer les lois et règlements, sans aucune retenue. Car nombre de " mises en rétention " d’étrangers sont ensuite annulées par la justice car la loi et les procédures n’ont pas été respectées.
Quand il n’y a plus d’Etat de Droit et que les forces de l’ordre pratiquent l’arbitraire, chacun peut craindre d’être la prochaine victime d’un tel système.

S’agit-il de vider l’océan à la petite cuillère ?

Ainsi l’objectif gouvernemental affiché est d’expulser 25 000 personnes par an, soit 125 000 sur les 5 ans de mandature de l’actuel président de la République. Pour mettre en relief ce chiffre, on peut rappeler que l’Italie vient de régulariser en décembre 2007, 170 000 personnes vivant sur son sol. On peut aussi rappeler que sur les 6,5 milliards d’habitants de notre planète, seuls 18,7 % (1,2 milliard) vivent dans des pays développés. Ce qui veut dire qu’il reste 5,3 milliards de pauvres susceptibles d’émigrer pour chercher de meilleures conditions de vie. Au sud, près d’un milliard d’Africains ; à l’Est, pas loin de 4 milliards d’Asiatiques !
Alors, Monsieur Sarkozy, si vous voulez des chiffres, soyons sérieux : dites nous combien d’étrangers rentrent par la fenêtre, tandis que vous en raccompagnez 25 000 par la porte, chaque année ? A ce compte là, vous n’en serez qu’à 2,5 millions d’expulsions, au bout de 100 ans de règne ! Donc, vous voulez vraiment nous faire croire qu’il vous est possible de vider l’océan à la petite cuillère ? Ou ne s’agit-il que de pure propagande destinée à faire croire à votre électorat que vous traitez le problème de l’immigration. Alors que chacun voit bien qu’il n’en est rien. Vous piétinez l’Etat de Droit et les valeurs humanitaires, attisez les haines et les souffrances, sans aucun résultat concret en retour, vue l’ampleur et la complexité de la tâche : empêcher toute la misère du monde de s’afficher chez nous !

Le trompe l’œil de l’aide au développement.

En 1970, les pays riches avaient pris l’engagement devant l’ONU de consacrer 0,7 % de leur Produit National Brut à l’aide publique au développement des pays pauvres. La promesse n’est toujours pas tenue, pas plus que la promesse de Chirac d’arriver à 0,5 % en 2007. La France consacre 0,47 % de sa richesse à l’aide au développement en 2007 (contre 0,36 % pour l’Allemagne ; 0,20 % pour l’Italie ; 1,02 % pour la suède et 0,18 % pour les USA).
L’autre gros inconvénient de ce chiffre modeste est qu’en plus, il résulte d’une véritable manipulation statistique. En effet, dans cette ligne budgétaire on retrouve aussi bien des subventions versées à des Territoires d’Outre-Mer, que des frais de scolarisations d’étudiants étrangers sur notre sol, que la subvention aux Maisons de l’Alliance Française, que la remise de la dette de certains pays africains, que les frais entraînés par les réfugiés politiques accueillis en France, etc. Ce n’est plus un trompe-l’œil, c’est une véritable escroquerie ! Chacun peut ainsi réaliser que ce n’est pas avec une " aide au développement " aussi ridiculement réduite que la France arrivera à inciter les miséreux à rester chez eux ! Par contre le nord pourra poursuivre le pillage des richesses du sud.

Le syndrome de Sarkozy.

Comme on l’a vu, l’ensemble de cette politique d’expulsions en plus d’être choquante par sa brutalité et son inhumanité, se révèle totalement irrationnelle et inefficace à long terme, sans aucun fondement économique ou autre, et ne règle aucunement le problème de l’immigration clandestine, dont une partie de notre économie a besoin. Au niveau de l’Europe, les démographes soulignent que dans les 20 ans à venir, nous aurons besoin d’une immigration massive (par dizaines de millions), pour simplement arriver à maintenir notre population au niveau actuel. Il conviendrait donc de réfléchir à un dispositif cohérent et intelligent, capable de répondre à nos besoins économiques tout en respectant des conditions humanitaires satisfaisantes.
Comme nos frontières sont désormais celles de l’Union Européenne avec l’extérieur, il semblerait évident que ce problème se traite au niveau des 27 pays. Nous ne prenons pas ce chemin, car Sarko, qui prend la présidence de l’UE dans 6 mois rêve déjà d’imposer ses vues à tous. Et sa politique " d’immigration choisie " a déjà été tentée par l’Allemagne, en 2005, sans aucun succès : les " cerveaux " diplômés du Tiers Monde ne se laissent pas piéger et appâter bêtement, comme le premier " traîne-savate " venu ! Cette politique est donc totalement vouée à l’échec.

Vous avez dit " droite décomplexée ? "

Comment qualifier une politique où la fascination de l’action, de la force et de la précipitation prime sur la réflexion ? Une politique décidée par un seul homme, sans aucune concertation, qui se plaît à employer un langage populaire, utilise tous les moyens de propagande à sa portée et cherche des boucs émissaires " à sacrifier ou expulser ? Un jour, il promet aux braves gens " de les débarrasser de la racaille, un autre, il baise les pieds du pape en se prenant pour le roi de France, nommé " par la grâce de Dieu ", au mépris de 60 millions de citoyens français. Certains voudraient que cette politique soit simplement celle de la " droite décomplexée "
(Mais ne voyez-vous pas défiler en arrière plan ces images en noir et blanc, ces fantômes de Mussolini, Hitler, Franco, Doriot, Déat…) Car toutes ces caractéristiques définissent proprement une politique nationale-populiste, qu’on a vu à l’œuvre dans les années 1930 et qui porte un nom précis : il s’agit d’une politique authentiquement fasciste ! Qui surfe sur les vagues du racisme et de la xénophobie pour se maintenir au pouvoir, piétinant peu à peu les droits de chacun ! En digne fils de Pétain, il veut renouer l’union du sabre et du goupillon !
Le seul nègre qu’il tolère sur ce territoire, bien entendu, c’est celui qui écrit tous ses discours, truffés d’énormités qu’il profère avec son aplomb coutumier, comme tout satrape qui se respecte, sans oublier la poupée Barbie noire soi-disant chargée des Droits de l’Homme !
Il veut à tout prix que les enfants de pauvres n’aient plus qu’une école publique privée de moyens à leur service, tandis que les gosses de riches pourront choisir leurs établissements.
Mais comment peut-il être sûr que seuls les fils à papa seront capables de devenir ingénieurs, pour concevoir ces superbes centrales nucléaires qu’il veut s’empresser de vendre à tous les dictateurs de la planète ?
Souvenez-vous ! Si tu ne t’occupes pas du sort de ton prochain, tu pourrais bien être le prochain sur la liste !

Jansen René.




DÉCEMBRE 2008 (N°22)




Courrier du lecteur d’un autre journal à

son directeur de publication, M. François Patriat.


Monsieur le Directeur de publication, Monsieur le Président du conseil régional, je suis un lecteur passionné de " Bourgogne, notre région ", magazine d’information régional et un fervent admirateur de Monsieur son Directeur de publication et de toute l’équipe d’élus qui l’anime en même temps que la région.
Monsieur Patriat, vous vous inquiétiez, il y a quelques temps, lors de votre passage à Clamecy, de l’appartenance politique à gauche, d’un Clamecycois opposant à l’arche de Noé de Chevroches.
Notre maire, Mme Boisorieux, radiée du PS suite à son élection à Clamecy, figure sur le trombinoscope de votre périodique sous l’appellation " groupe socialiste et radical de gauche ". Comme elle s’était présentée en tant que dissidente PS et ténor d’une " Nouvelle gauche ", j’aimerais savoir :
- Combien il existe de gauches socialistes et apparentées. Sont-elles dénombrables ?
- A l’intérieur du PS, tous courants et tendances fratricides confondus ? Au millier près.
- A l’intérieur/extérieur/avant/après du PS que révèle cette dynamique proche d’une rupture du continuum espace-temps faisant coïncider les temps, passé de l’exclusion, présent du photomaton et future de la réintégration ?
- A l’extérieur du PS sous diverses appellations qui en sont, sans en être, tout en y étant ? L’ubiquité spatiale et temporelle des militants du PS, de la nouvelle gauche etc., etc., me laisse perplexe, sachant que je me remets à peine de la traversée spatio-temporelle du sieur Lebeau, quelques années auparavant. Comme il se trouve que Jean-Pierre Soisson, que l’opportunisme carriériste caractérise, figure au même trombinoscope dans le flacon UMP. Sachant qu’il a réussi, lui, à franchir en feugeant les frontières de la droite extrême à votre " gauche ", la méritocratie n’exigerait-elle pas qu’il retrouve la direction de la région à votre place ? Et, de même, occupe tous les postes et tous les sièges de gens, qui s’y sentent peut-être bien, mais qui bougent trop vite pour permettre à la photo d’être nette ou même lisible ? Qu’en pensez-vous ? Maintenu en place par une camisole de force, cet élu, ou un autre cher à votre cœur ne finirait-il pas par être net faute d’être stable ? Enfin, un seul opportuniste ne peut-il pas figurer tous les autres ? Je vous remercie, M. le directeur de publication, pour l’attention que vous porterez à ce courrier et pour votre réponse que vous pouvez adresser au Picot qui transmettra.

Votre dévoué Antoine Tagada de Clamecy