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ARMES

jeudi 26 mai 2011, par Le Picot




FÉVRIER 2003 (N°6)


SAUVAGE, PAS MÉCHANT !

Il est le témoin du lieu depuis la nuit des temps, avant même que nos lointains ancêtres ne s’installent dans ce qui deviendra, au bord de l’Yonne, le petit village d’Armes. Les habitants l’appellent " L’homme sauvage ", une dent de calcaire trouée au beau milieu de la mâchoire du " Vau ", vallon central parmi les trois qui convergent sur le bourg avec ceux de " La forge " et du " Vau tournant ".

L’origine du nom, sans explication fiable, laisse la part belle à l’imagination : lieu de vie d’hommes préhistoriques, d’un ermite irascible, d’un dangereux repris de justice ou tout simplement d’un original qui n’aimait pas qu’on vienne lui casser les couilles etc...
Sauvage, le lieu ne l’était pas il y a peu, sinon dans son approche, le sentier grimpant à travers les buissons d’épineux, succédant aux jardins potagers avec, au fond, incrustée dans la colline, une modeste carrière et la barre de son chemin d’accès. Au dessus de la dent de calcaire, un petit bois à gravir en pente et en soufflant pour accéder à un plateau baptisé " La mère au Duc ". Là encore, pas d’explications claires au nom, mais des vergers et des vignes, de petites habitations et des murets en pierre sèche longeant le chemin et séparant les parcelles. J’écris ça en rêvant. Cette description n’a plus lieu d’être, sinon dans la mémoire de ceux qui pourront encore y reconnaître ce qu’ils ont vu et vécu comme moi.
Aujourd’hui, la vallée de " L’homme sauvage " et plus encore " La mère au Duc " ont subi les outrages d’un temps accéléré jusqu’à vomir. Comme un mal de mer en pleine terre.
La vallée, ou plutôt le vallon, propriété communale, a été aménagé par un maire (pas l’actuel !) amoureux des résineux et autres sapins auxquels il devait une bonne partie de son aisance financière. Finis les buissons, plus possible, par exemple, d’aller baiser joyeusement en discrétion presque absolue. Les sapins sont chétifs et haut perchés. Va te planquer, tu peux pas.
La carrière : abandonnée (cédée ?) à un club de tir. Faire pan-pan dans la carrière revient à prendre du plomb dans le cul !
Et la " Mère au Duc " ? Misère ! Plus une de ces petites bâtisses de vignerons, des murets qui s’effondrent quand ils n’ont pas été rasés par remembrement , des champs et encore des champs, devenus friches parce que c’est maintenant plus rémunérateur de ne pas les exploiter. Chers agriculteurs qui devenez, par invocation de votre FNSEA, des " jardiniers du paysage ", vous avez du boulot pour rattraper les conneries productivistes de votre chère et corporatiste Fédération !
Et encore, allez donc sur le sentier qui rejoint la défunte " Mère au Duc " à la " Vallée de la Forge ". Vous n’y remarquerez même pas la cahute de berger en contrebas, à votre droite. Le couvert de lauzes s’est effondré. Mais le chemin est entretenu, comme on entretient, chez les bourgeois, une maîtresse qui a fait son temps mais qui peut encore servir.
Ne nous laissons pas aller à la colère, elle est mauvaise conseillère. Car en fin de compte(s), " L’homme sauvage " n’est pas méchant. Il aimerait juste qu’on s’occupe de lui. Et, pour être poli, qu’on arrête de lui gâcher le paysage.

Charles Bonnotte.




NOVEMBRE 2004 (N°11)


Armes

" Je ne connais pas tous les villages de la Nièvre ; cependant, je parierais bien que le plus joli de tous ces villages c’est Armes. Armes est sur la route de Clamecy à Avallon, à huit lieues d’Avallon, et à deux pas de Clamecy, qui l’attire vers lui incessamment et finira par
l’absorber comme la terre absorbe une imprudente aérolithe qui vient tourner trop près d’elle. Si vous allumez votre cigare aux dernières maisons du faubourg de Bethléem, il ne sera pas éteint que vous serez arrivé à Armes. "

Claude Tillier 1801-1844
(Belle-Plante et Cornélius)

Claude Tillier aurait-il les mêmes écrits aujourd’hui ?

Aujourd’hui quand on passe la limite entre la commune de Clamecy et celle d’Armes, on le sait, ou plutôt on le sent. A pied comme en voiture… A Armes, les trottoirs sont défoncés, les fortes pluies ont remplacé le 0.30 par des sillons. Il vaut mieux éviter les chaussures à talons mais préférer celles de randonnées qui vous maintiennent la cheville ! Quant à la chaussée, c’est assez simple, des trous, des bosses, des gravillons dans les caniveaux et cela même après la fin des travaux d’assainissement.
Il vaut mieux oublier la route et passer par le chemin qui borde l’Yonne. Mais là, c’est le manque de travaux qui se fait sentir. Les crues de l’Yonne emportent à chaque fois un peu plus du pertuis, (une partie de la passerelle n’existe plus). Quant au passage sous le rempart de la route, lui, il menace par endroit de s’effondrer. Superbe mise en valeur du pays pour le touriste. Superbe bras d’honneur à ceux qui sont attachés à leur histoire commune. Merci ! Enfin !!! Sorti de ce chemin on trouve un lavoir qui a eu droit à une remise en état il y a quelques années. Mais c’est tout et c’est déjà pas mal vu l’état du reste. Le lavoir sauvé pour quelques dizaines d’années attend tranquillement que le temps refasse son œuvre de destruction. Déjà les escaliers en rondins de bois ont disparu, tout comme la signalétique. A l’intérieur, il n’y a pas d’eau, mais des déchets. Il est tout le temps fermé…
Le meilleur c’est toujours à la fin… Le long du chemin qui monte à la carrière de tir, on a entassé les gravats des travaux d’assainissement de ce printemps. Jusque là pas de problèmes. Ensuite on a commencé à mettre des déchets verts. Ce qui n’est pas non plus très grave sauf que c’est de la matière en moins pour la plate-forme de compostage de la Bussière. Non ! là ou les choses commencent à me faire sortir de ma culotte, c’est quand je vois que maintenant on jette des sacs poubelles, des convecteurs électriques, des plaques de fibrociment, des plastiques… Va-t-on vers un nouveau Sembert sauvage ou monsieur le maire va-t-il enfin mandater une société pour pousser ces tas de gravats ? Fera t-il enlever les polluants avant ?

Stéphane Lessire.




JUIN 2006 (N°15)


Le perthuis d’Armes attendra…

Depuis l’an passé (voir Picot 11), le perthuis s’est encore dégradé. Monsieur le Maire de la commune d’Armes nous a appris (Picot 12) que cet ouvrage se situe sur le territoire de Chevroches et que son entretien incombe " au Service de la Navigation ". Il avait fait estimer, en 1995, la réparation à 3 millions de francs. On peut penser qu’il en coûterait le double, en 2006. Mais M. Lebeau nous a promis, parmi autres monts et merveilles, " la restauration de ce formidable patrimoine qu’est le perthuis d’Armes " (Picot 3, 02/2002 p.5). A condition, bien sûr, que la résidence de vacances se réalise… et que chacun tienne ses promesses !

Jansen René.





Un piège à touristes ?

Non loin du perthuis, se trouve cet escalier devenu bancal, qui permet de rejoindre la route Armes/Clamecy. Il y a un sentier avec panneaux explicatif en 3 langues," La balade de Colas Breugnon". Le jour proche où tout ceci s’écroulera sur un touriste ou un enfant, qui sera responsable ? Toujours d’après M. Wendehenne, c’est la DDE Service Navigation ou Voies Navigables de France. A quelques centaines de mètres, se dresse le nouveau port bidon qui a coûté 2 millions d’euros à la collectivité. Vaux d’Yonne, terre de contrastes…

Jansen René.





Et à Armes…

Le Maire nous avait indiqué que la DDE allait faire une étude en 2005 sur la réhabilitation de la route qui traverse le village. Rien à l’horizon, il va falloir patienter encore et encore. Pour sûr que si certains habitaient au pied de la route, la DDE irait plus vite. En revanche les trottoirs sont à la charge de la commune et là rien en vue non plus. Aucun plan sur plusieurs années n’est prévu pour les remettre en état. On ne demande pas le luxe de ceux de Clamecy. Juste qu’ils soient de niveau, sans trou ni pierre qui ressorte, et avec une légère couche de gravier/goudron. On doit bien pouvoir se payer ça non ?

Stéphane Lessire.




NOVEMBRE 2007 (N°19)


Enfin

La route départementale 951 qui traverse Armes est enfin refaite (au moins dans sa partie la plus abîmée). Après des années de bruit permanent dû à un revêtement dégradé, les Armésiens vont enfin avoir droit à un sommeil plus léger. Espérons que le réseau d’eau tiendra encore quelque temps, afin de ne pas la transformer, à nouveau, en gruyère. Un habitant du pays me disait il y a encore quelques semaines que c’était dommage que le Tour de France ne passe pas à Armes vu l’argent que le conseil général de la Nièvre a investi pour refaire les routes pour le passage du Tour. On en reste baba. Et de rajouter, “...des routes qui étaient en bon état. ”

Stéphane Lessire.