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ANNÉE 2009

N°23 - N°24 - N°25

jeudi 21 juillet 2011, par Le Picot




AVRIL 2009 (N°23)




DES ILLUSIONS, désillusions...

Certes, le combat politique est connu pour sa rudesse. Certains coups ont un... coût et, s’il me semble que, dans ce domaine, toute vérité est bonne à dire, elle n’est pas forcément bonne à entendre.

On avait tant parlé de changement, de part et d’autre et surtout de la part de l’équipe gagnante, qu’on avait fini naïvement par y croire. Il est vrai qu’on avait lu aussi que cette équipe était constituée de conseillers expérimentés (pas dans le changement, aurions-nous dû comprendre). Ainsi l’habitude du partage des tâches et des compétences et de la délégation de pouvoirs n’est point éclose en Vaux d’Yonne et le cumul des fonctions n’a cessé de prospérer. Comme naguère, le pouvoir est concentré entre quelques mains. Un grand nombre de décisions, même lorsqu’elles arrivent en discussion dans les commissions, paraissent déjà prises, les objections et remarques éventuelles sont à peine notées et... oubliées (ou effacées ?) ; Je ne parle pas de la réunion plénière du Conseil municipal où le même phénomène se reproduit sous un aspect beaucoup plus tendu, lié à la présence de la presse et éventuellement d’un toujours maigre public. L’élu poseur de questions et saboteur d’évidences est, au mieux écouté avec une visible impatience, voire condescendance, au pire, remis sèchement à sa place.
Les Clamecycois peuvent d’ailleurs être fiers de leur Conseil : hormis deux ou trois éléments plus défavorisés, dont votre serviteur, l’ensemble des conseillers notamment dans la majorité actuelle paraît maîtriser parfaitement l’ensemble des données traitées, puisque jamais aucune explication n’est sollicitée. Dès lors, chaque vote possède la légèreté du rouleau compresseur. Même si le système majoritaire accorde à l’équipe dirigeante une supériorité numérique démesurée par rapport aux chétives trois voix qui lui permirent de triompher et donc la certitude de l’adoption de ses projets, pas une voix de conseiller ne manque et même s’y ajoute quasiment toujours celle du leader de la liste " Ouverture et développement de Clamecy ", Dominique Méchin. Ce n’est pas, en tout cas ouverture de débats et développement de contre-propositions !
On nage en pleine schizophrénie. Sous prétexte sans doute que la Communauté de Communes des Vaux d’Yonne (CCVY) possède ses propres domaines de compétence, aucune des décisions prises par les délégués à la Communauté (parmi lesquels aucune place n’a été accordée aux oppositions) n’est discutée en Conseil municipal ou en commission, quand bien même elle engagerait l’avenir et les finances de la commune de loin la plus peuplée de la CCVY. Ainsi, on fait l’économie et des critiques et des idées des autres groupes (j’ose espérer qu’il y ait eu débat au sein de la majorité).
Deuxième type de schizophrénie : aux récriminations de la liste " Clamecy agir maintenant " (P.S-P.C), le maire et chef de la liste " Une gauche nouvelle pour Clamecy " (donc supposée ni P.S ni P.C) répond volontiers qu’elle a agi " comme d’habitude ", que " c’est la tradition ", qu’ " on faisait déjà comme ça avant ". En face d’elle, " Clamecy agir maintenant " se met à voter contre des finalisations ou des financements d’études ou de projets que ce groupe avait initiés conjointement avec les rebelles de " gauche nouvelle " sous la direction de Bernard Bardin. Les mêmes posent parfois la question d’une gestion responsable, après avoir entériné d’un seul mouvement mille gabegies urbaines dans la précédente mandature. Réduite à ses cinq conseillers (pour environ 36 % des voix) contre les dix-neuf de la liste majoritaire (pour environ 36 % des voix), elle n’en peut mais... Quant aux commissions, elles fonctionnent elles aussi au mieux comme des chambres d’enregistrement, au pire comme des instances où les techniciens sont rois, qu’ils soient présents physiquement ou pas. Objections et propositions sont balayées d’un revers de main, aucun vote n’a lieu sur les décisions, quand du moins elles se réunissent. Mais comme l’a dit Daniel Wittmer, lors de la première réunion de la commission urbanisme et environnement : " Nous ne verrons pas les résultats des décisions que nous prendrons, ni nos enfants, ni nos petits-enfants " Effectivement ! Cette commission n’a plus discuté par la suite d’aucun projet d’aménagement urbain. Si une telle détermination l’anime depuis qu’il est conseiller municipal (1983), lui qui est porte-parole du groupe majoritaire comme il l’était déjà il y a quelques décennies, il n’est pas étonnant que Clamecy en soit où elle en est. Bref, un an plus tard, l’attente continue : la " méthode " de " la participation et [de] la concertation " (tract du 2ème tour) a du mal à s’épanouir, " l’esprit d’initiative " semble hiberner encore tandis que " la simplicité " pâtit de l’absence d’objectifs clairs. Pour ce qui est " d’aider [nos villes] à se projeter dans la nouveauté " et que " notre ville s’ouvre et rayonne sur tout son territoire (sic) " (tract du 1er tour), nous risquons d’attendre encore un peu...

Dominique Girault.






La fission du noyau social

“ Vous voyez les enfants, de la radioactivité il y en a partout, dans le sol, dans les vieux réveils... Mais nous, nous rejetons très peu de déchets radioactifs, très peu d’uranium… “

Voilà la messe servie par la responsable des relations publiques de la centrale de Belleville-sur-Loire à de jeunes lycéens de Varzy. On recrute dur dans le nucléaire. Faut-il croire comme indiqué dans le dernier Siné Hebdo qu’il est de plus en plus difficile de trouver des volontaires. Heureusement, l’espace social veille. Il guidera, le 22 avril, les enfants vers la lumière de l’emploi, les bienfaits du nucléaire et ceci pour seulement 7 euros (enfants jusqu’à 16 ans), pique-nique compris sur la pelouse sous les tours où loge la fée électricité suivi d’une buggalie (serait-ce un jeu de piste pour trouver des béquerels ???).
Merci Magnien l’enchanteur.




Développement de la Cité.

Il serait de bon ton que la dégringolade économique de notre cité ait atteint son solstice et que les commerces du centre ville se développent de nouveau. Il semble que ce souci soit partagé par la municipalité.

Cependant, avant de payer des cabinets d’études, dont on connaît largement les résultats, ne vaut-il pas mieux s’appuyer sur l’existant et favoriser son maintien, voire, sa redynamisation en mobilisant la population. Pour ceci, il faut d’abord que les dépenses liées au fonctionnement de la cité aident les commerces de Clamecy en leur demandant, par exemple, des devis comparatifs avec les fournisseurs extérieurs. S’il s’avère qu’ils sont plus chers, il reste la solution qui consiste à leur demander un réajustement.

Trois exemples :

- La bibliothèque achetait ses ouvrages à Avallon. Le prix du livre est fixé et il n’y a aucune raison valable pour que les librairies clamecycoises ne soient sollicitées à tour de rôle. Seulement voilà, si les commandes de livres, sont revenues aujourd’hui dans Clamecy, il semble cependant que ce soit au bénéfice d’une seule des quatre librairies existantes. Pourquoi ?


- Le 14 juillet, il est d’usage de tirer un feu d’artifice. En 2008, il y en a eu un second pour la fête du flottage. L’armurerie locale n’a été sollicitée pour aucun de ces deux événements. Est-ce logique ?


- Rappelons comme il avait été dit dans un Picot précédent que les portes du cimetière avaient été rénovées aux Pays-Bas.

Il est vrai que grâce à une analyse simpliste, le commerçant a souvent été désigné par les ouvriéristes comme l’ennemi des ouvriers.
Il est également vrai que la population ouvrière de notre ville était, avant la généralisation de l’automobile, captive des commerces locaux et que certains en abusaient.
Il est toujours vrai que certains commerçants n’ont ni créé d’emploi, ni investi localement alors que leur situation le permettait. Ceux qui l’on fait étant plutôt artisans commerçants que seuls commerçants. Il y avait à côté de ceux-ci, un nombre important de commerces tenus par des braves gens que l’on ne peut décemment pas traiter de voleurs. Je ne citerai personne, mais une dizaine d’entre eux me viennent spontanément à l’esprit.
La décision d’implanter deux grandes surfaces a fait disparaître, au-delà du commerce, nombre d’emplois qualifiés. Le supermarché n’a pas, non plus favorisé, les ouvriers ou les producteurs qui les fournissent et on sait que les prix d’appel ne durent que le temps de constitution des monopoles. L’un d’entre eux, présent à Clamecy, vient de se faire une réputation d’enfer en préservant ses bénéfices et en faisant payer le « pas cher » généreux aux fournisseurs. Et nous ne parlerons pas de la malbouffe.
La politique de redéploiement du commerce dans le centre ville doit donc répondre à certains objectifs qui ne peuvent relever que des choix des Clamecycois. Mais là encore, nos flèches locales vont régaler des experts qui, après les avoir écoutés, leur renverront la rédaction de leur descriptif du problème formulé différemment et agrémenté de quelques lieux communs. C’est vrai que Christian Paul aime « les spécialistes des questions » et qu’ils nichent souvent dans les cabinets d’experts où ses affidés locaux n’auront pas trop de travail pour les débusquer.
Il est plus facile de faire appel à eux que de rechercher des solutions économiques et inventives auprès de la population. Mais pour cela il faut aimer la démocratie...

Yves Pupulin.






C’est, c’est, c’est lumen !

A l’heure où l’on commence (enfin !) à agir pour les économies d’énergie, il est un domaine dont les communes du Haut-Nivernais ne parlent jamais et où il est facile d’intervenir, c’est celui de l’éclairage public.

Depuis quelques années, sans doute sous la pression d’habiles vendeurs d’ampoules (je n’ose croire qu’il s’agisse de commerciaux d’EDF), la plupart des petites communes ont entrepris d’illuminer le clocher d’églises le plus souvent fermées, même pour l’office dominical. Probablement leur a-t-on fait miroiter - c’est le cas de le dire - l’arrivée de hordes de touristes, aux poches pleines de billets, qu’ils rêvent de dépenser dans la dernière boulangerie ou l’ultime café du coin, ou, à défaut de déverser dans les cheminées des habitants. Clamecy même, outre la collégiale, éclaire le moindre recoin des impasses, des artères sur fréquentées comme celle qui relie La Galette à Pressures, où la plus petite touffe d’herbe (il n’y a guère de maisons en bordure de route) reçoit une dose maximale de lumens, du coucher du soleil à l’aube. C’est merveille de tourner et retourner aux giratoires illuminés. Devant tant de magnificence, des privés s’y sont mis : non loin de Pressures encore, une société de transport inonde le paysage de lumière, dans l’espoir vain de voir les semi-remorques entamer une partie de football, quitte à éblouir efficacement les usagers de la route toute proche, mais la DDE semble n’avoir rien vu ! Or cette débauche lumineuse n’est pas sans incidence sur ceux qui la subissent. Au premier chef, les végétaux, dont le développement est lié spécifiquement à ce qu’on appelle la photosynthèse, sont par essence très sensibles à la lumière artificielle. Nuit et jour se confondent, créant stress et sénilité précoce. Les plantes sans repos finissent par voir leurs rythmes biologiques tellement perturbés qu’elles peuvent en mourir ; en tout cas, elles sont affaiblies et peut-être a-t-on là, avec la pollution, un élément d’explication de la fragilisation des végétaux en milieu urbain. La faune nocturne souffre également de la diminution des espaces sombres. Les insectes, inéluctablement attirés, ne cessent de virevolter autour des lampadaires, ce dont peuvent se réjouir les chauves-souris qui savent où les trouver, mais ce qui provoque l’effondrement de leurs populations. J’ai entendu des merles et des rouges-gorges chanter en pleine nuit (de l’horloge) qui ne leur semblait guère qu’un crépuscule. Nous-mêmes sommes touchés par ces excès lumineux. Les astronomes les premiers ont réagi car ils sont désormais obligés de s’installer loin des zones urbanisées pour espérer observer les étoiles avec quelque chance de succès. Des études ont montré aussi que la sécrétion nocturne de l’hormone qui régule certains de nos rythmes, impliquée également dans la régénération cellulaire et le fonctionnement immunitaire, la mélatonine, était diminuée lorsque le dormeur était soumis à une source lumineuse, même aussi faible que celle d’un radioréveil. C’est peut-être ce qui explique la mauvaise qualité d’un sommeil qui ne se déroule pas dans l’obscurité complète, avec le développement d’insomnies, de fatigue, d’irritabilité. Certains évoquent même un effet cancérogène de l’abus de lumière artificielle, par exemple pour les travailleurs postés. Alors, quelles solutions adopter ? Réétudier le plan de l’éclairage nocturne en définissant des zones à éclairer toute la nuit, des zones où on pourrait interrompre l’éclairage, de minuit à cinq heures du matin, par exemple. Vérifier que les lampadaires éclairent bien ce qu’ils doivent éclairer et seulement cela. Changer ceux qui dispensent leur lumière tous azimuts. Opter pour des ampoules à consommation réduite ou pour des éclairages " à la demande " dans les rues peu fréquentées. Mettre en place des arrêtés municipaux pour contrôler les pratiques des particuliers ou des entreprises, notamment dans l’usage de néons signalétiques pour des commerces... fermés ! La consommation totale de l’éclairage public français est estimée équivalente à la production d’une à deux centrales nucléaires, selon la saison. Les économies d’éclairage devraient donc être la priorité de tous les citoyens et des communes qui refusent l’implantation d’éoliennes (ce sont les mêmes qui lutteraient contre l’ouverture de mines d’uranium, de stockages de déchets radioactifs, de centrales nucléaires qui auraient lieu " chez eux "). Voilà bien l’exemple d’une action locale qui aura un effet global !

Dominique Girault.


N.B. Le lumen est l’unité de mesure du flux lumineux.

L’éclosion de l’estudiantis impudicus

Au printemps refleurissent les études, annonciatrices de jouvances financières pour les cabinets d’experts. Outre celle de la Tambourinette à 15 000 euros, une autre, portant sur la redynamisation du centre ville est prévue. D’un coût de 80 000 euros, elle concernera en particulier la réhabilitation de la halle et du marché. Pourquoi ne pas consulter les Clamecycois et les intéressés qui ont obligatoirement un point de vue sur la question, sans verser de l’argent à des officines conseil qui servent principalement à alimenter les caisses noires et les dessous de table dont bénéficient fréquemment les partis politiques et intérêts qu’ils représentent ?

Le Picot.






Graphs

Vous avez dit graphs ? A la suite de mon petit article sur les graphs dans le dernier Picot, je me suis apercue que la plupart des Clamecycois de mon entourage ignoraient ce que sont les graphs .

Leur excuse est que justement les graphs n’ont pas droit de cité à Clamecy, ce qui était l’objet de mon article, alors que dans de nombreuses villes, la municipalité leur réserve les murs défavorisés, encouragées à l’origine par Jack Lang. Donc les graphs ne datent pas d’hier : ce sont des peintures à la bombe, généralement peintes en à-plat avec fondus ou dégradés, dont les motifs figuratifs ou non sont souvent cernés de noir, d’où la filiation avec Toulouse-Lautrec (référence citée dans l’article précédent).

Où ça ?

Ce mois de février à Joigny, les graphs s’exposent. Eh oui ! Deux grapheurs font l’objet d’une exposition très officielle, l’un peint sur de la toile, l’autre sur des planches, mais pour ne pas perdre le caractère éphémère de leurs œuvres, ces supports sont ensuite réutilisés. Vous pouvez également en admirer à Guérigny, où la municipalité a confié quelques murs aux grapheurs. Dans une ville de notre « pays » - ne pas rire - on m’a confié à Cosne en 1993 le bâtiment de l’association socio-culturelle cosnoise comprenant des locaux pour les ados des quartiers nord. Le budget ne permettant pas de traiter les murs béton des clôtures, ils leur ont été confiés pour qu’ils s’expriment et se sentent chez eux. L’inauguration s’est faite avec rap sur fond de graphs. Les officiels présents : député, conseiller général, maire, sous-préfet, d’abord surpris, se sont montrés intéressés, électoralisme oblige. Mais ces graphs anciens n’existent sans doute plus.

A la mode de chez nous, le graphisme « tendance » ou la récupération du graph.

A Corbigny, c’est plus près, la DRAC(1) qui finance la restauration de l’ancienne abbaye a lancé un appel d’offres pour « animer » la façade sur rue. Un Américain a décroché le cocotier en proposant de peindre sous les allèges de fenêtres des médaillons allongés comportant chacun un mot, nom commun français issu de son imagination ou plus vraisemblablement pêché au hasard dans un dictionnaire tant on en cherche le sens. A moins que cet artiste en mal d’inspiration et voulant satisfaire aux coutumes locales ne soit venu nous voir en train et soit tombé en admiration devant les inscriptions de localités sur le pignon de nos charmantes petites gares car le graphisme est en « bâton ». Nous sommes vraiment touchés par cet hommage à notre art ferroviaire.

Les artistes locaux(2) qui n’ont pas été retenus pour concevoir ce prestigieux projet, ont cependant été contactés pour sa réalisation, car à Dijon on ne manque pas d’air, et on veut quand même en faire profiter un peu les lontains cousins bourguignons perdus dans leur campagne au milieu des charolais. Pour un Américain, se déplacer à Corbigny, c’est trop loin même très cher payé, et peindre sur un enduit à la chaux, c’est bon pour des artistes autochtones qui sauraient encore peindre sur un enduit à la chaux, matériau datant de l’Antiquité.

Et Clamecy… ?

Au-delà de ces historiettes culturelles qui pourraient sembler anecdotiques par les temps qui courent, se pose en fait la question de savoir quelle est la place des jeunes à Clamecy. Quels sont les lieux qui leur sont adaptés et qu’ils peuvent s’approprier ? Pas de terrains de sports actuels en usage chez les jeunes : urban basket, free roller etc…, pas de lieu de rencontre autonome et gratuit, pas de salle de jeux (vidéo etc…), pas de boîte de nuit, seuls restent la piste de skate un peu passée de mode et le local « musique » de l’ACL encore d’actualité, créé par des bénévoles il y a longtemps déjà. Malgré l’usage, il ne s’agit pas seulement de distractions mais avant tout de territoires, marques matérielles d’une existence sociale.
Les jeunes pourraient se croire la cinquième roue de la charrette (pour le carrosse, nous n’avons pas les moyens) s’il n’y avait déjà les vieux, exilés dans la maison de retraite en périphérie de ville, les femmes enceintes renvoyées à Auxerre ou ailleurs, les entreprises coupées du centre ville donc sans contact avec la population, les commerçants de ce même centre recroquevillés dans leur magasin, et il y a aussi les paysans en voie de disparition, et j’en oublie sans doute, qu’ils veuillent bien m’excuser. C’est le résultat d’années d’une politique urbaine irréfléchie globalement, que ce soit dans les implantations d’équipements ou dans l’aménagement des espaces urbains qui ne prennent pas en compte les besoins de la population. Le résultat : une ville sans vie, ce qui étonne nos visiteurs.
Quel est l’avenir d’une ville qui ne se soucie pas de ses jeunes ? Corrélativement quel est l’avenir des jeunes à Clamecy ? Il faudrait déjà se questionner sur leur présent et sur celui des « autres ». Et le terme de « fossilisation » que j’avais employé dans un précédent article ne s’appliquerait pas seulement à l’urbanisme et la culture chers aux municipalités clamecycoises successives qui seraient peut-être aussi concernées par le terme.

Sylvie Bretaudeau.


(1) DRAC : Direction Régionale des Affaires Culturelles
(2) Il y a au moins une dizaine d’artistes plasticiens professionnels d’excellent niveau dans un rayon de 30 km autour de Corbigny.


JUILLET 2009 (N°24)




Hallali à la Halle

Dans le numéro précédent du Picot, nous avions évoqué l’étude (coût : 80 000 euros) lancée par la municipalité portant sur la redynamisation du centre ville avec en particulier la réhabilitation de la halle qui accueille une partie du marché chaque samedi matin. Le Picot a joué, à titre gracieux, au cabinet d’études et interrogé les commerçants. S’ils sont favorables à la mise aux normes avec notamment l’installation de points d’eau, tous souhaitent que la halle conserve son cachet actuel et notamment son sol en pavés. “ Il n’est pas question de transformer cette halle sympa, ce marché qui a de la gueule en un truc ultramoderne qui casserait l’ambiance, en un linéaire de grande surface, d’y aménager des « cases », d’y apporter inox, verrières, portes automatiques, chauffage, etc. ” Autre souhait unanime, que le marché continue à se tenir qu’un seul jour par semaine : le samedi.

Le marché va-t-il devenir super ?

Ancienne halle aux grains aménagée en 1864, après la construction (de 1859 à 1860) de l’Hôtel de Ville inauguré en 1861, la halle actuelle accueille une vingtaine de commerçants dont certains sont présents depuis plusieurs décennies tels Yves Paillard, le marchand de primeurs de Clamecy, ancien boucher chevalin qui avait tenu le magasin « Au cours des Halles », rue du Grand Marché, M. Delin de Couloutre, le marchand de fromages de chèvre qui tient son étal depuis 1981, la famille Martin, des maraîchers, de Pourrain (dans l’Yonne) présente depuis soixante-dix ans. Une autre avait battu un record de longévité, la famille Galmard, des maraîchers installés route de Pressures, à proximité du cinéma « le Casino » dont cinq générations se sont succédé sous la halle, d’Antoine en 1843 à Pierre jusqu‘en 2008 en passant par Emeri, Eugène, Albert.

Il y a peu de turn over sur ce marché traditionnel considéré par certains comme l’un des meilleurs de la Nièvre. Géré depuis sept ans par la municipalité après l’avoir été par un concessionnaire privé, sous forme de délégation de service public. Clamecy reste dans ce domaine une exception. Le prix des emplacements est modique (allant de 5 à 15 euros mensuel). Sous la halle, on trouve des marchands de légumes, de volailles, de fromages, de miel, de foie gras, de macarons, de vin, d’huîtres, de fruits, de paniers (depuis peu), de produits culinaires marocains. Il y a une vingtaine d’années, le marché alimentaire était coupé en deux, les marchands de légumes vendaient à l’extérieur de la halle. Suite à une pétition lancée par les anciens, tous les commerces alimentaires ont été regroupés sous la halle. En revanche, depuis trois ans les petits producteurs qui vendent lait, œufs et volailles rencontrent des difficultés, les directives européennes, prises sous la pression des lobbies agro-alimentaires, leur imposant des normes d’hygiène, de transport et de maintien de la chaîne du froid incompatible avec la taille des petites exploitations. “ Nous sommes contents de venir, on s’y sent bien “. “ On se complète avec les clients qui sont très attentifs à la qualité “. “ Il y règne une très bonne atmosphère “. L’hiver, les clients dont bon nombre sont munis de paniers n’hésitent pas à pousser les lourdes portes métalliques avant de faire leurs emplettes. Le marché enregistre depuis plusieurs années une hausse de fréquentation de la clientèle locale, amplifiée à partir de Pâques par les résidents secondaires et étrangers qui très souvent sortent leurs appareils photos pour immortaliser le lieu, les étals et les camelots. Toutes les tranches d’âge sont représentées en particulier les 30-40 ans. Un marché lieu de rencontres, ou les gens échangent des idées, confrontent leurs points de vue, débattent parfois de façon animée, un lieu où l’on vient pour acheter autant que pour se promener, un marché où le rapport habituel client/marchand est largement dépassé, bref un lieu de convivialité précieux car de plus en plus rare. En période électorale, les politiques de tous bords n’oublient pas de faire le détour, distribuant des tracts, engageant la conversation pour tenter de convaincre le chaland. Pourtant, lorsqu’une municipalité engage près de 54 000 euros pour s’octroyer les services d’un assistant à maîtrise d’ouvrage et d’un urbaniste, on peut être inquiet, ce n’est certainement pas pour mettre un coup de peinture, ôter les toiles d’araignées et faire quelques installations du type laves-mains, que ces professionnels ont été mandatés ! Il faut espérer que l’avis des commerçants non sédentaires, consultés par le bureau d’étude Transprest, sera pris en compte, et il serait souhaitable que les usagers de la halle le soient aussi ! Clamecy a trop souvent, été « victime » d’embellissements pharaoniques, laisser la seule décision de l’aménagement du cadre de vie, bien commun s’il en est, uniquement à des « spécialistes » est un acte anti démocratique. Gageons que les responsables municipaux auront le courage de laisser s’exprimer les Clameçycois, et d’écouter leurs propositions, leurs critiques. En un mot d’associer les principaux intéressés ! Il ne faut pas avoir peur de la démocratie directe...

Dernières nouvelles !

Dans le JdC du 3 juillet, une somme est avancée. Elle est pharaonique comme nous l’avions bien pressenti ! Quant à l’argumentation des « appareils réfrigérés », des « lavabos au normes » et « d’empêcher que la peinture ne tombe du plafond », pourquoi pas, mais ce qui semble inquiéter le plus les commerçants non sédentaires, c’est la disparition de places de stationnement devant la mairie, l’ampleur (compte tenu des sommes avancées) des transformations annoncées et la sensation que leur avis ne restera que consultatif !
Aussi, ont-ils décidé de se constituer en une association des commerçants non sédentaires de Clamecy, avec pour but, le dialogue, la proposition, la concertation mais aussi l’écoute ! Par cette décision, ils entendent bien se faire entendre comme cela devrait être le cas lors de la commission paritaire des marchés. Encore faudrait-il qu’elle existe...

Michel Melka.

Parmi les marchands qui installent leur étal chaque samedi matin, Jocelyne Martin et son fils Jean-Marc, des maraîchers de Pourrain dans l’Yonne. Ils exploitent 2,5 ha dont les 3/4 consacrés à la production de légumes et 1/4 à celle de fruits (poires, pommes, prunes). Cette famille est présente sous la halle depuis trois générations. Une présence qui a débuté il y a soixante dix ans avec Antoine et Irène. Leur fils Claude qui a rencontré sa future épouse Jocelyne, native de la Maison-Dieu, au début des années 60 à Tannay prend la succession. Les époux Martin étaient à l’origine de la pétition lancée il y a une vingtaine d’années demandant que les nouveaux marchands rejoignent les anciens sous la halle. Une arrivée qui a permis de donner une nouvelle vitalité au marché couvert. Jocelyne et Jean-Marc, qui vendent deux fois par semaine au marché d’Auxerre sont favorables à des améliorations sous la halle mais souhaitent que celle-ci conserve son âme et son cachet.

Rumeurs

Sur le projet de réhabilitation, Claudine Boisorieux distille des infos au compte-gouttes. Ainsi dans le JdC du 03/07, elle annonce des démolitions afin de libérer de l’espace et la mise au même niveau de la halle et de l’extèrieur. Devant ce peu d’informations (le projet n’a jamais été présenté en détail au conseil municipal), les rumeurs commencent à circuler et évoquent la construction, devant la mairie, d’une esplanade surélevée et d’une verrière recouvrant la rue de la Halle.

L’Hôtel de Ville fut construit à l’emplacement d’un groupe de bâtiments (château, prison, tribunal et un vaste immeuble où logeaient les Sœurs de la Providence) qui faisaient face à la collégiale. L’ensemble englobait l’hôtel de ville actuel, une partie de la rue du grand Marché et la grosse maison dont le rez-de-chaussée est un magasin de chaussures.
(Source : les Traînes-Bûches du Morvan “ D’Urbs Clementi au Clamecy du XXIe siècle. ”)

MARCHÉ, MECONNAISSANCE DU TERRAIN

Dans “ Vivre à Clamecy “, le “ bulletin municipal “ qui vient d’être distribué, dans l’article “ Notre centre ville se dynamise “ au paragraphe “ la halle ; quelques mots sur ce grand projet “, on peut lire “ cette belle bâtisse redeviendra l’endroit où il fait bon se rencontrer et parler… “. Dans l’enquête, et non l’étude, que nous avons menée, marchands et clients soulignent la convivialité qui règne dans ce lieu de rencontres, d’échanges d’idées. Donner comme argument que des travaux, certains nécessaires, qui auraient pu être détaillés dans l’article du bulletin est spécieux, malhonnête et dénote une profonde méconnaissance du terrain.




DOUBLE CASQUETTE OU TRIPLE BERET ?

Ces derniers mois, les élus n’ont cessé de se lamenter sur la crise prétendue (par eux) " sans précédent " et sur ses effets délétères sur les finances locales. Pourtant, pas un n’a jugé bon de remettre en question son propre comportement. En effet, comment espérer des idées neuves lorsque les cerveaux qui les engendreraient sont au nombre de deux pour l’ensemble du secteur : un conseiller général, maire, président de la Communauté de Communes et du Syndicat du Canal du Nivernais et accessoirement instituteur et une conseillère régionale, maire et vice-présidente de la Communauté de Communes, chargée, excusez du peu, des affaires économiques, tous les deux en dissidence (électorale, du moins) du Parti socialiste et unis dans la critique du troisième personnage important : le député P.S. Christian Paul, qu’ils accusent, mais toujours à mots couverts, de favoriser Lormes ou Corbigny, c’est selon. Outre la pauvreté du débat entre le conseiller général et le président de la Communauté de communes ou entre la conseillère régionale et le maire de Clamecy, il y a quelque scandale à considérer que leurs indemnités- cumulables, elles aussi-servent en partie à rémunérer du temps de travail qui consiste surtout à se déplacer de Dijon à Clamecy ou de Nevers à Chevroches, sans compter que beaucoup de réunions de part et d’autre sont écourtées pour cause d’arrivée tardive ou de départ imminent. Ainsi au lieu d’avoir sept acteurs politiques se consacrant à leur mandat, au moins à la hauteur des possibilités de subsistance qu’autorise son défraiement, au lieu d’avoir un partage des ressources économiques apportées par les indemnités, on se retrouve avec deux politiques exténués, débordés par les événements. Il est un autre cumul détestable, c’est celui de la durée. Les journaux ne cessent de porter aux nues des maires qui sont aux commandes depuis des dizaines d’années, on les médaille même pour cela. En dehors de la désagréable prétention qui consiste à se croire à jamais indispensable et donc irremplaçable, on peut se demander comment un développement durable, pour parler d’une rengaine du vocabulaire politique actuel et d’une nécessité de l’action citoyenne, peut être mis en place par un élu arrivé au pouvoir sous la Quatrième République et qui a largement contribué à construire le monde qui nous entoure... Exigeons donc la véritable fin du cumul de différents mandats dans une période donnée et d’un même mandat sur la durée d’une vie. Ainsi apparaîtront de nouveaux politiques, plus proches de la vie de leurs concitoyens, moins tentés par la démagogie (un ou deux mandats, puis au revoir ! Ils agiront pour le bien public et non pour être réélus.), plus enclins à former des successeurs et donc à partager savoirs, expérience et prises de décision. Le nombre plus élevé de cerveaux au travail aura pour conséquence une énergie plus forte, de réels débats, d’où émergeront par la force des choses des solutions originales et nuancées aux problèmes contemporains.

Dominique Girault.






Le “ BULLETIN MUNICIPAL “ NOUVEAU EST ARRIVÉ !

Il s’est fait attendre. Le premier bulletin municipal de l’ère Boisorieux qui s’intitule désormais “ Vivre à Clamecy “ est arrivé.

Après s’être appelé “ Clamecy Information “ du numéro 1, sorti en septembre 71 à l’époque de la liste de l’Union de la Gauche sur laquelle figurait l’actuelle maire, au numéro 43 (décembre 86) puis “ Clamecy notre Ville “ du numéro 44 au 57 (juin 93) et enfin “ Clamecy : bulletin municipal “ du numéro 58 (janvier 94) au numéro 84 (janvier 08), le bulletin municipal change de titre et ne porte plus la mention bulletin municipal ni de numéro. Autres changements que l’on constate dans l’ours : plus de direction de publication, fonction occupée par le maire, de direction de rédaction (un maire-adjoint), plus de textes rédigés par la Ville et des collaborateurs locaux mais un éditeur, la Ville de Clamecy, “ Vivre à Clamecy “ est réalisé par une agence. La rubrique “ services “ où étaient répertoriés les services d’urgence, les administrations, les organismes municipaux, etc, avec leurs adresses, numéros de téléphone, horaires d’ouverture a disparu. A l’heure d’Internet, cette page est sans doute obsolète. En revanche, l’édito du maire se trouve toujours dans les premières pages. Dans son premier, Claudine Boisorieux donne quelques coups de griffes à l’équipe précédente à laquelle elle appartenait tels “ instauration d’un nouveau climat de confiance “ (ce “ problème crucial “ concerne-t-il le centre Hospitalier ou la Ville, pas clair), “ les élus présents sur le terrain vivent à Clamecy “. Sur la double page centrale, sous le titre “ les équipes et leurs attributions “, sont présentées la composition de l’équipe dirigeante (maire et adjoints) et celle des différentes commissions. Le tout illustré par une photo de groupe. Non pas celle de tout le conseil municipal mais uniquement celle des membres de la liste qui a remporté les élections (par trois voix d’avance). Ceux des trois autres groupes sont absents. En 2001, dans le bulletin sorti après les élections, sur la photo étaient regroupés le maire Bernard Bardin et ses adjoints. En revanche, dans le bulletin, sorti après les élections de 95, tous les membres du conseil municipal appartenant à la liste de la majorité socialo-communiste et les deux de l’opposition figuraient sur la photo. Partisane comme on le voit de la rupture, du changement, mais aussi de la démocratie participative, Claudine Boisorieux, par ailleurs conseillère régionale, aurait pu s’inspirer du bulletin édité par le Conseil régional dans lequel figure une rubrique intitulée “ Tribunes “ et sous titrée “ expression des groupes politiques… “ Il ne faut pas désespérer…

Michel Melka.






Surprisova, tovaritch, novoïskava

gauchoïova retournovoï !1


Lire le bulletin municipal de Clamecy de juillet 2009 est une véritable cure de jouvence. Mieux que l’élixir de l’abbé du même nom, il permet un bond prodigieux vers les paradis perdus de notre jeunesse évanouie. Consultez la photographie du conseil municipal et comparez-la à la liste des membres des commissions. Ne sentez-vous pas ces délicates fragrances venues tout droit des années 38 (du XXe siècle) et la subtile tactique géorgienne d’un certain homme d’acier ? On a estimé possible de laisser les votes de 63 % de la population représentés par le vide (j’ai vérifié : il n’y a pas trace, comme sur les photos trafiquées de l’illustre prédécesseur, d’une main orpheline, d’un pied oublié, d’une ombre suspecte.) Un dessin vaut mieux qu’un long discours, dit-on. Cette photographie est plus parlante que bien des protestations...

Dominique Girault.



1- Oh là, mon gars, méfie-toi des néostaliniens !


La Pravda reparaît

Ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter, j’ai quand même l’impression qu’il manquait un certain nombre d’élus sur la photo du conseil municipal parue dans le bulletin officiel de la municipalité.
Ont-ils démissionné ? N’étaient-ils pas photo hygiénique ? Et en parlant d’hygiène, est-ce la raison pour laquelle, le CA de l’Hôpital privilégie un fumoir au top, digne des meilleures fumeries d’opiacés plutôt qu’un scanner ?
Irions-nous vers l’hygiénisme en rose ?

Antoine Tagada.

« Logivie a Merdré » Ubu

Mars 2009 - Une forte odeur envahit des appartements du bâtiment E des ILM près du centre des impôts. Une puanteur de “ tout-à-l’égout “ exhalée par les lavabos, éviers et, bien sûr, les toilettes. Un locataire avertit sur-le-champ Logivie, le propriétaire, qui l’invite à ne pas s’inquiéter. Le nécessaire sera mené promptement pour identifier le désagrément et y remédier.
Mais ce n’est que le début des emmerdrements, car l’odeur annonciatrice s’accompagne au bout de deux semaines de remontées d’un jus marron qui ressemblent à si méprendre à de la merdre et qui bientôt remplissent au 3/4 la baignoire de l’heureux locataire. D’autres habitants partagent son sort et sa joie. La mairie informée les réoriente vers Logivie qui les renvoie chez Véolia qui trouve finalement un regard d’évacuation des eaux usées complètement bouché. Le dépannage effectué, tout le monde se pense tiré d’affaire. Mais, deux jours plus tard voilà t’y pas que la substance réoccupe inexorablement la baignoire qui, cette fois, déborde sur le sol. Il faut donc s’armer de serpillières, de seaux et d’éponges pour tenter d’endiguer l’inondation. La plaisanterie dure quinze jours. Logivie et Véolia effectuent des travaux plus conséquents pour finir par régler le problème. L’un des réparateurs avoue “ plus de dix ans sans entretien en plus de malfaçons datant de la construction des bâtiments “. Pendant un bon mois, les habitants ont pu renouer avec le stade anal.
Le gardien, lui, ne s’est même pas déplacé pour constater l’étendue des dégâts.
Pour clore l’incident, Logubu a laissé les locataires se débrouiller face aux dégradations que le débordement avait occasionnées.
Merdre alors !

Le Picot.




OCTOBRE 2009 (N°25)




Touche pas à ma halle !!

Cette fois-ci, ça se précise ! Lors de la réunion du 7 septembre, la municipalité affublée du bureau d’étude « Transprest », du coordinateur de l’opération « Nièvre Aménagement » et d’un représentant de l’architecte ont présenté le fastueux projet aux commerçants non sédentaires...

Comme nous le redoutions dans le précédent Picot, une telle dépense ne se fera pas sans d’importants « dégâts collatéraux »... Revenons sur la motivation du projet : « Continuité du processus engagé par Bernard Bardin », « mise aux normes en matière d’hygiène et de sécurité », ce sont là les leitmotivs évoqués en introduction par Claudine Boisorieux.

La continuité

Revenons tout d’abord sur « l’œuvre » de Bernard Bardin, tout le monde aura noté avec un certain recul que de bonnes choses avaient été réalisées, d’autres étant tout simplement calamiteuses, on aurait pu penser qu’en matière de calamités des enseignements auraient été tirés, cela ne semble malheureusement pas le cas ! Dépenses somptuaires et inutiles semblent toujours de mise, avec pour résultat des aménagements d’un goût douteux voire épouvantable ! Le changement dans la continuité en quelque sorte...

L’hygiène

Autre point sur lequel les valeureux « aménageurs » se sont appuyés, l’hygiène, « la municipalité n’a pas les moyens de mettre la halle aux normes », cette phrase a été prononcée plusieurs fois lors de la réunion. Alors que fait-on quand on n’a pas d’argent et que l’on en veut beaucoup ? On demande un maximum de subventions, contrat Ville d’appui, conseil général, Europe (FEDER), FISAC.
En matière d’hygiène, dans le JdC du 3 juillet, le maire déclare : « Il s’agit de mettre les appareils réfrigérés, des lavabos aux normes, d’empêcher que la peinture tombe du plafond ». Si on se réfère à la législation en vigueur1, il ne faut pas être bien savant pour se rendre compte qu’à d’infimes détails près, la halle est aux normes. Une simple peinture alimentaire sur les parties supérieures, des dispositifs empêchant le dépôt de poussière sur les stands alimentaires et quelques lavabos de plus suffisent. En matière de lavage, la réfection des joints des pavés et l’ajout de caniveaux d’évacuation des eaux usées suffiraient. Quant aux vitrines réfrigérées, il semble incroyable que la municipalité puisse financer un bien propre d’exploitation ! Les peintres pourront peut être se faire payer leurs pinceaux, les coiffeurs leurs ciseaux etc, etc.

Sécurité, accessibilité

Sur la sécurité et l’accessibilité, il est évident qu’une rampe d’accès pour handicapés pourrait être réalisée facilement et à peu de frais, avec un minimum d’imagination. Il serait facile de ré-agencer l’intérieur de la halle pour favoriser la circulation et l’accessibilité. Au lieu de cela, on se dirige vers des modifications lourdes dont notamment, la suppression des pavés, le remplacement des portes, le regroupement de tous les commerces qui nécessitent du « froid » risquant ainsi de transformer la halle en linéaire de grande surface. De plus sont envisagés l’adjonction d’une « casquette » ou verrière sur la rue de la Halle, peut-être même un plafond !
En résumé, tout ce qu’il faut pour gommer l’identité qualifiée de « forte » et de « propice au commerce » par le bureau d’étude lui-même !
Mais le clou de l’opération sera sans nul doute l’esplanade. Une belle esplanade comme on en voit partout, avec ses pavés bien alignés, ses bacs à végétaux bien ordonnés et qui finissent en poubelles à cannettes et paquets de tabac vides, ses marches bien casse-gueule et avec son marché du samedi matin. Une esplanade surélevée au niveau de la halle afin de créer une « synergie », encore plus exposée aux vents qu’elle ne l’est aujourd’hui. Ils vont être contents les commerçants non-sédentaires qui déballaient rue du Grand Marché, surtout l’hiver ! Heureusement, ils seront bien serrés, ils pourront se tenir chaud...
Et le parking dans tout ça ? Il n’y en aura plus ! Belle initiative que de vouloir « sortir » la voiture de la ville, encore faudrait-il mettre en place un dispositif performant pour véhiculer les clients. Il semblerait qu’un système de navette partant des parkings de la piscine et de la salle polyvalente soit envisagé, une navette d’une capacité de 9 personnes à raison de 4 voyages par heure. Navette qui étrangement ne passerait pas le pont de Bethléem tant pis pour la rive droite de Clamecy. Petit calcul rapide, la plus forte activité du marché se situe de 9h30 à 12h30 soit 3 heures d’activité, ce qui nous donne 12 rotations dans la matinée, soit 12 fois 9 passagers ce qui représente 108 personnes transportées dont femmes, enfants et paniers à provisions... Le bureau d’étude a-t-il bien réalisé son enquête sur la zone de chalandise et sur la fréquentation de la halle. Des comptages ont-ils été effectués afin de déterminer le remplissage des véhicules, le temps de stationnement ? Compte-tenu des solutions proposées, on peut en douter.
La rue du Grand marché devrait également subir des retouches. Espérons qu’elle sera suffisamment attractive pour permettre aux usagers de s’y rendre. Actuellement, les commerçants non-sédentaires qui y déballent, favorisent une continuité entre la rue de la Monnaie, le haut de la rue du Grand Marché et la halle, qu’en sera-t-il lorsqu’ils seront tous regroupés sur « l’esplanade » ?
Beaucoup d’incertitudes et de questions quant à la viabilité de l’impact sur le commerce local subsistent. L’inévitable perte d’identité de la halle, les difficultés pour simplement accéder à la halle ne vont-elles pas inciter les usagers à aller voir ailleurs ?
Comme cela semble être devenu la règle, on confie aux seuls spécialistes le soin d’étudier et de préconiser des aménagements dont les effets bénéfiques sont loin d’être acquis, écartant de fait les principaux intéressés, en l’occurrence les commerçants, les usagers de la halle et de ses abords et les Clameçycois.
Toutefois il semblerait que la porte du dialogue ne soit pas tout à fait fermée. Il a été répété à maintes reprises que « rien n’était figé ». Les usagers et commerçants auront intérêt à y frapper bien fort pour se faire entendre, ce serait la moindre des choses car comme le rapporte une circulaire gouvernementale du 22 juin 20092, relative à l’attribution des Fonds d’Intervention pour les Services le Commerce et l’Artisanat (FISAC) : « Pour l’élaboration des dossiers, l’attention des porteurs de projet doit être appelée sur l’utilité qui s’attache, d’une part, à prendre appui sur les données et études disponibles auprès des acteurs locaux et des partenaires associés au projet et à ne pas recourir systématiquement à l’expertise externe... ». Allez chiche !!

Alain Chasseuil.


1- http://www.minefi.gouv.fr/reunion/f...
2- http://www.pme.gouv.fr/essentiel/en...




Un samedi matin à Clamecy.

Depuis des années, nous faisons le marché couvert le samedi matin à Clamecy. L’occasion s’est présentée quand nous avons inscrit notre fils aux bébés nageurs. Au fur et à mesure du temps, c’est devenu un rituel très agréable. Nous en avions marre d’acheter des légumes en supermarché car ils avaient peu de goût et étaient durs comme du chien. En fait dès que l’on rentre dans un hyper on n’a qu’une envie c’est d’aller vite et de se diriger rapidement vers les caisses. Pour nous, il n’y a aucun plaisir contrairement au marché. Le samedi matin on est calme, on a le temps de choisir nos produits, on rencontre des gens avec qui nous discutons chose que l’on fait rarement au supermarché c’est tellement impersonnel. Et puis il y a cette proximité entre le commerçant et le client. Des petits mots du style “ bonjour, comment allez vous ”… Ces petits moments chaleureux que l’on n’a pas au supermarché. Autre point important le savoir-faire de ces commençants, quand on veut des fruits pour la semaine, le maraîcher nous donne des fruits mûrs pour les deux ou trois premiers jours et d’autres pour le reste de la semaine. Côté prix, il y a peu de différence avec Auchan ou Leclerc.

RENOVATION DU MARCHE COUVERT…

Dans la presse, nous avons appris que la Municipalité envisageait de réaménager le marché couvert sans vraiment nous donner plus de renseignements… Ce qui fait que chacun va de son pronostic. L’idée est intéressante, mais il faut faire attention de ne pas le transformer en une sorte de supermarché aseptisé. Les halles doivent garder leur âme ! C’est ce qui doit diriger nos politiques dans leurs futurs choix.
On entend que les commerçants seraient regroupés par catégorie, le froid avec le froid, les légumes avec les légumes. C’est déjà une erreur !!! Nous avons plaisir à nous déplacer dans le marché pour regarder les produits proposés. C’est agréable de passer des carottes, au pain puis au lait, puis à nouveau aux légumes, puis au poissonnier, etc. ; c’est ce qui fait que le marché est vivant.
On parle aussi d’installer une véranda entre la mairie et le laboratoire. L’idée peut être bonne si elle s’inscrit dans l’amélioration du traditionnel et qu’elle permet d’agrandir les allées car le passage des poussettes ou des caddies est difficile mais pas impossible ça fait partie du « décor ». Et comme nous ne sommes pas pressés ce n’est peut-être pas indispensable.
Par contre on parle d’enlever les pavés et autres dalles de pierre qui forment le sol. C’est certainement la plus mauvaise idée !!! Autre idée bizarre supprimer les énormes portes en fer pour les remplacer par des portes automatiques. L’idée n’a rien d’intéressante et elle ne s’inscrit pas dans l’amélioration du patrimoine mais dans sa destruction.
Notre marché couvert est, selon les dires l’un des plus beaux marchés de la Nièvre, il faut qu’il le reste. C’est une sorte de fourmilière où des centaines de citoyens vont faire leurs courses chaque samedi. C’est un endroit de détente, de convialité, de plaisir.
Mme le maire, réaménager le marché couvert peut être une bonne idée mais pour que ce ne soit pas un flop, vous devez écouter les professionnels qui animent notre marché. Vous devez prendre en considération les attentes des clients que nous sommes. Vous devez vous imprégner de l’ambiance du samedi matin pour nous proposer un projet consensuel dans l’intérêt de tous et non vous baser uniquement sur des textes réglementaires de l’Europe. Mesdames, Messieurs les élus pour nous comprendre rendez-vous chaque samedi sur le marché, imprégnez-vous en. C’est la première chose que vous devez faire pour ne pas être hors sujet.

Stéphane Lessire.

« Les Amis du Marché »

Des producteurs, commerçants et usagers viennent de créer une association, « Les Amis du Marché ». Elle se donne pour objet l’évaluation des besoins et attentes, et se veut une force de dialogue et de proposition. L’une de ses premières actions consiste à travers un questionnaire de mieux appréhender les habitudes et les attentes des usagers de la halle. Souhaitons qu’il soit mieux pris en compte que la récente votation pour le devenir de la Poste... Elle devra être également un relais d’information pour que les usagers soient informés du contenu et de l’évolution du projet, ce qui est un minimum élémentaire pour se positionner et se faire une opinion avant d’émettre un avis. Et bientôt une réunion publique ?
Pour adhérer, vous pouvez vous adresser aux commerçants du marché le samedi matin.






Un citoyen averti en vaut deux.

Et comme on craint déjà le simple citoyen, à Clamecy, il semble hors de question de l’informer correctement, quitte à lui laisser la pénible impression de n’être qu’une demi-portion. Il paraît, par exemple, impossible d’obtenir des services municipaux aucun des plans d’expositions aux risques. Sylvie Bretaudeau avait déjà signalé dans Le Picot n° 22 qu’on ne pouvait prendre connaissance du nouveau périmètre de protection SEVESO, lié à l’usine Rhodia. J’en ai fait l’amère expérience pour les autres périls qui menacent notre ville. Ainsi, pas moyen de savoir jusqu’où monterait la vague provenant d’une rupture de la digue de barrage de Pannecière, ni quels sont les sites envisagés pour accueillir la population menacée. Aucun document public simple sur les zones inondables à Clamecy. Il est vrai que la cartographie de ces zones a été fortement contestée en conseil municipal par la majorité actuelle autant que par les vestiges de la précédente, pour ce qu’elle apporte comme contraintes à la construction et même à la rénovation des bâtiments concernés. Dormez donc, bonnes gens, et sur vos deux oreilles ! La Providence a succursale en l’Hôtel de ville de Clamecy et jamais vous ne pourrez prétendre que la gauche, même nouvelle pour Clamecy, vous aura affolés comme la première Bachelot venue. D’ailleurs, l’hôpital est fin prêt pour recevoir quelques centaines de grippés, n’est-ce pas ?

Dominique Girault.






Loin de Clamecy mais pas tant que ça

A Paris, a eu lieu l’exposition des projets internationaux pour le « Grand Paris », projet du Président de la République. Comme d’habitude, le public est informé après. Dix équipes ont été consultées et on s’aperçoit que seule l’équipe anglaise s’est posé la question de base : faut-il une extension de Paris ? et propose de densifier des villages anciens existants en périphérie pour apporter une âme urbaine aux nouveaux quartiers. Le problème épineux de tous les logements vacants au centre de la capitale est évacué. Mais “ Paris doit devenir une capitale à l’échelle de la mondialisation “ nous déclare Sarkozy. Cela résume tout, les dégâts à l’échelle de Paris seront donc ceux de la mondialisation.

Rien de nouveau sous le ciel de l’urbanisme

En effet, Paris, sa banlieue, ses villes nouvelles, sont implantées en Ile-de- France où se trouvent les plus riches terres agricoles françaises, productrices de céréales et de produits maraîchers. Construire sur ces terres, quel gâchis, alors que le progrès serait de favoriser la proximité entre les producteurs et les consommateurs pour limiter les transports, causes de pollution et de frais intermédiaires.
Bien sûr, il est prévu de la verdure entre Paris et ses extensions, et des voix s’élèvent pour conserver quelques zones maraîchères entre la pieuvre et ses tentacules, mais Paris doit devenir une mégapole à l’échelle des autres capitales.
L’écologie ne se résume pas à mettre du vert sur un plan, d’autant que les tours reviennent à la mode, et qu’une forêt de tours côtoiera la forêt d’arbres.
Pourtant la loi du Grenelle 1 du développement durable votée en août de cette année comporte la prise en compte de la lutte contre l’étalement urbain en faveur de la revitalisation des centres-villes, et doit être effective d’ici un an ; ainsi le bras droit ignore ce que fait le bras gauche.
Donc le temps n’est pas à améliorer l’existant et la qualité de vie mais à agrandir : le quantitatif d’abord, sauf à améliorer les transports, problème induit d’ailleurs par ce type de politique urbaine : le casse-tête. Conjointement aux projets des urbanistes qui comportent bien sûr un volet transport, Sarkozy de son côté, a demandé à ses services une étude pour un nouveau schéma de transports. Pour la coordination, on verra après…
Parce qu’il se sent concerné : « Paris c’est la France », et la France c’est lui. Parce que Paris représenterait 30 % de la richesse produite en France. Mais de quelle richesse s’agit-il, est-ce que cela représente 30 % du bonheur en France ? « Bonheur » un mot en voie de passer dans les langues mortes.
Posons la question aux non-Parisiens et aux Parisiens, qui quand ils le peuvent viennent se réfugier dans nos campagnes le week-end.
Une récente étude a été faite auprès des habitants de l’Yonne se rendant quotidiennement à Paris pour travailler. Les statisticiens recensent 10 000 personnes, et s’étonnent que 84 % de ces personnes déclarent qu’elles préfèreraient travailler dans l’Yonne près de chez elles. Etonnant non ?
« France pays des droits de l’homme » dans les langues mortes aussi ? parce que où est le souci de l’habitant et du citoyen ?
Si Paris est la France, la France pourrait être Paris ? Car c’est un petit pays à l’échelle de la planète. Et plutôt que d’étendre Paris à grands frais, on pourrait penser à développer les villes moyennes (idée qui n’est pourtant pas nouvelle), Clamecy par exemple ?

Clamecy un petit Paris

Est-ce que la municipalité continuera les erreurs d’urbanisme dénoncées par les sociologues depuis 50 ans et contenues dans le POS1 en cours de révision depuis plus de 4 ans ?
On peut se poser beaucoup de questions parce qu’aucune information n’est faite.
Une réunion a été organisée pour les commerçants et les professions libérales, du moins ceux qui ont été informés par le biais de l’association des commerçants.
Pour les autres, rien. Sans rêver à une participation des habitants qui a pourtant lieu dans d’autres villes, on pourrait espérer être informés des travaux, mais le conseil municipal et même la commission municipale d’urbanisme ne sont pas associés aux études en cours ni simplement informés de leur avancement.
Comme les révisions porteraient sur des problèmes ponctuels (modification du règlement de zone pour l’agrandissement de la ZI, modification de la zone SNCF, intégration du PPRI2, nouveau périmètre Rhodia, aussi sans doute d’autres points que j’ignore), on peut craindre que le POS d’origine établi par des Parisiens d’après des règles de zoning3 datant de Le Corbusier4 ne soit pas remis en cause, et que les questions de fond ne soient pas abordées.
Ces craintes sont fondées sur le fait que la municipalité a déjà acquis des terrains pour étendre le lotissement de la Postaillerie, alors qu’elle possède un important patrimoine immobilier à l’abandon en centre-ville.
Quid de la mixité sociale et entre générations, d’une ville mêlant lieux de vie, de travail et de loisirs ?
Va-t-on continuer un étalement urbain générateur de transports avec ses nuisances sonores, pollution, fatigue, et son coût en réseaux ?
Va-t-on conserver un zoning facteur de séparation entre activités et habitat, avec son coût social : Les jeunes et les chômeurs sont coupés des lieux de travail, et les personnes âgées loin de la vie active. Sans parler à nouveau des transports, quoique.
Va-t-on relier les productions avec la voie ferrée ?
Va-t-on intégrer une politique d’énergies renouvelables dans la ville, un traitement écologique des eaux usées, et un recyclage local pour les déchets ?
Pour l’instant le projet de ZDE5 a été à l’enquête publique jusqu’au 12 octobre, faisant l’objet d’une révision simplifiée du POS ; est-ce que chaque problème fera l’objet d’une révision simplifiée ?
Ce futur POS risque d’être une accumulation de mesures sans ligne politique générale.
On pourra conclure qu’à Paris comme ici, ou l’inverse, il y a peu de concertation entre les décideurs et les urbanistes, entre les urbanistes ou décideurs et les citoyens qui sont les premiers concernés, ce qui n’a rien d’étonnant quand il n’y en a pas entre les décideurs eux-mêmes, et que ce sont les citoyens de base qui en font les frais.
Et si vous trouvez que cet article comporte trop de questions, essayez de trouver les réponses.

Sylvie Bretaudeau.


1- POS : plan d’occupation des sol.
2- PPRI : plan de protection contre les risques d’inondation.
3- zoning : découpage d’un territoire en zones selon les activités, selon des critères fonctionnels et hygiènistes à l’origine, auxquels s’ajoutent maintenant des critères de protection du patrimoine naturel et construit.
4- Le Corbusier : architecte suisse inspirateur de la « Charte d’Athène » (1933), pronant la séparation des fonctions urbaines et la pénétration de la nature dans la ville par la création de tours pour libérer l’espace au sol.
5- ZDE : zone de développement éolien.




Les plus beaux détours de France.*

Quelle charmante appellation pour ces localités qui méritent une visite sans bénéficier de l’aura de Vézelay ou de l’attractivité d’un château de la Loire. Pourtant le plus beau détour de France ne sera-t-il pas bientôt celui qu’effectueront les touristes lorsqu’ils éviteront les Vaux d’Yonne ? Ils échapperont alors aux tuyauteries éclatées du camping communautarimunicipal : on ne sait plus comment l’appeler puisque chacun veut en tirer profit sans y investir un euro. Ils ne passeront pas avec désespoir devant le splendide port de Chevroches, voué à l’amarrage du Titanic, de la Méduse et autres grands coursiers des mers. Ils ne photographieront pas mille baudruches colorées aux contenus plus appétissants les uns que les autres, version laïque et intemporelle de la tradition des œufs de Pâques. Ils n’erreront pas le dimanche et le lundi dans une ville quasi morte. Ils ne frapperont pas en vain à la porte de l’église de Bethléem, dans l’attente inutile d’un lieu où crécher. Ils ne rebrousseront pas chemin après s’être heurtés à la clôture du pont de fonte sous cette même église. Ils ne se seront pas ébaudis au spectacle de la gare, de la zone artisanale et commerciale, de Morvan Andouillettes à Leclerc, dans le sillage de mille véhicules pétaradants, après avoir quitté les bords rafraîchissants du canal pour cause d’aliénation à la chimie industrielle de ce qui devrait être la véloroute. Ils n’assisteront pas au combat homérique de Cloclo-les-Longues-Dents, à ma droite, l’invincible lutteuse de foire (et même de marché couvert) contre Jeanloulou-la-Grosse-Tête, à ma droite aussi, je crois, l’inaltérable créateur de méthodologie, sous la direction de Cris Tanpaul et de Mars El-Charman, les deux arbitres du Pink-par-terre Club.
Et c’est bien dommage...

Dominique Girault.


* Les " Plus Beaux Détours " de France est une association de promotion touristique rassemblant 100 localités en 2009 (villes de 2 000 à 20 000 habitants) à l’écart des grands axes routiers, avec des critères concernant le patrimoine, l’hébergement, l’information touristique. Clamecy n’en fait plus partie depuis 2009, malgré ce que dit Wikipédia. Les plus proches de Clamecy sont Sancerre, Montargis, Joigny, Châtillon-sur-Seine.




La gendarme rit.

Il y a quelques mois, je me rends, avec mon véhicule, au supermarché Auchan de Clamecy pour y faire quelques emplettes.

Le parking étant assez dégarni, je m’approche des portes d’entrée du magasin par la voie normale qui est limitée à une vitesse de 20 kilomètres par heure, signalée par un panneau réglementaire. Alors que je suis presque arrivé à mon but, une autre voiture s’apprête à quitter le parking sur ma droite, je m’arrête pour lui laisser le passage. A ce moment, je suis doublé à ma gauche par un véhicule bleu de la gendarmerie qui, de toute évidence n’a pour souci, ni la limitation de vitesse, ni le danger de renverser quelqu’un qui viendrait à sortir du magasin. Surpris par ce comportement, je me gare sur le parking et cherche ce qui a pu provoquer cette précipitation, un hold-up, un accident ? Je cherche la voiture bleue en question et après quelques instants, je découvre que la voiture bleue, siglée « Gendarmerie » est à la station de lavage. Je m’en approche et regarde fixement la jeune gendarme en train de procéder au lavage de son véhicule. Après quelques instants, elle me voit et me demande ce que je veux. Je lui fait remarquer que son comportement a été un peu dangereux et que je présume qu’un lavage de voiture fût-il gendarmesque ne justifiait pas de prendre de tels risques. Elle me répond, un peu sèchement, que si j’ai des réclamations à faire il faut que j’aille à la brigade !! Dépité, je la quitte et vais faire mes achats au supermarché.

Cette mésaventure n’a pas déclenché immédiatement ma fibre épistolaire, mais...


Cette semaine, un matin vers 9 heures trente, venant de l’avenue de la République, je me rends avec un ami chez notre boulanger habituel, rue Marié-Davy. A la hauteur du Crédit Lyonnais, arrive face à nous une voiture bleue, siglée « Gendarmerie », nous nous garons sur le trottoir de droite pour laisser passer ce véhicule qui, à notre grande stupéfaction se gare sur le trottoir devant le distributeur automatique de billets, qui plus est sous le panneau signalant l’interdiction de stationner.
Une autre jeune gendarme sort du véhicule et je ne peux m’empêcher de lui dire que si c’est interdit au citoyen lambda, c’est sans doute aussi interdit pour elle.
Sa réponse n’a été qu’un sourire, que je pourrais qualifier de narquois. Et ma surprise a été à son comble quand je l’ai vue entrer dans la boulangerie acheter une baguette et en ressortir aussitôt. C’était donc ça l’urgence !!!
Est-ce qu’on n’appelle pas cela un abus d’autorité, dans les deux cas ? N’étant pas procédurier de nature, il est vrai que je n’ai pas demandé à ces gendarmes de me communiquer leur identité, ni relevé le numéro d’immatriculation du véhicule. Donc je ne peux rien prouver, mais le ressenti est là.

Michel Ledru.






L’ESPRIT DE L’ESCALIER

C’est cette infirmité qui vous laisse insomniaque quelques nuits à retourner mille fois la même scène, avec les mêmes acteurs, mais avec une petite modification des dialogues... et, pour les plus présomptueux, les vivats d’une foule en délire, en générique final. Tout ceci sans une once d’exagération, bien entendu. Ainsi, vous êtes assis, tel un Lancelot astigmate, à la gigantesque table ronde des conseils municipaux de Clamecy, non loin de la belle Guenièvre (mixité oblige, il faut bien vivre avec son temps). Déjà des heures ont passé à traquer la petite bête de l’illogisme patenté, la sangsue de la gabegie incongrue, l’araignée velue des intentions dissimulées, la limace ventripotente des évidences traditionnelles. C’est alors qu’arrive l’heure de la motion, étymologiquement ce qui doit vous réveiller, en tout cas vous bouger, sinon vous émouvoir. Mais une longue suite de « considérant » (Qui a dit que les notaires d’Ancien Régime avaient disparu ?) vous assomme l’un après l’autre, vous aplatit, vous réduit à l’état de limande ensablée. Alors vous balbutiez qu’une motion à la fois contre la réforme des collectivités locales ET la disparition de la taxe professionnelle, ça fait beaucoup à avaler, que, peut-être, on pourrait disjoindre les deux... mais point de technicien de la dénébulation à l’horizon brouillé, la tour de contrôle ne perçoit plus rien et vous finissez par voter la motion* avec tout le monde (sauf Dominique Méchin). Alors quelques nuits se passent à retourner mille fois la même scène (etc) pendant lesquelles vous vous dites comme l’inspecteur Bourrel « Bon sang, mais c’est bien sûr : Quelle ingénuité de signer un texte contre la suppression de certains élus territoriaux, présenté par celle-là même qui, cumulant des responsabilités à trois de ces niveaux (communal, intercommunal, régional) prive concrètement deux de ses concitoyens de l’accès à ce partage démocratique et à ce pouvoir de proximité dont déborde la sirupeuse motion. » Trop tard !

Dominique Girault.


* Le Conseil municipal de Clamecy s’est prononcé à la majorité (une abstention) contre les projets de réforme de l’organisation territoriale et s’est déclaré contre le projet de suppression de la taxe professionnelle, proposés par le gouvernement.