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ANNÉE 2009

N°23 - N°24 - N°25

vendredi 22 juillet 2011, par Le Picot




AVRIL 2009 (N°23)




Athéisme en danger.

Du 20 au 24 avril à Genève se tiendra la conférence “ Durban 2 ”.

L’ONU bricolant sa propre Déclaration universelle des droits de l’homme. J’en ai déjà la nausée ! Nous autres, athées, laïcs et libres penseurs avons du mouron à nous faire : la religion revient en force avec des textes sur la diffamation religieuse et les valeurs dites d’exceptions culturelles. Monceaux de bêtises bien trop longs à énumérer ici... Foutez-nous la paix ! Et ne touchez pas à la liberté d’expression, sinon ça va saigner ! Peu de prosélytisme dans l’athéisme à l’exception des loges maçonniques. Des types habillés en sapins de Noël niant l’existence de Dieu, c’est forcément louche. N’empêche, nombre de non-croyants dans le monde se cachent pour survivre, arabes, africains, slaves, asiatiques et même occidentaux. Le laïc a toujours été tricard. Là... On nous pousse à prendre le maquis ! Et vous, enfoirés de traîtres d’agnostiques ! Il serait temps de choisir. Beaucoup d’intellectuels parmi vous, avec une indétermination qui sème le trouble et nourrit la bête. Comme disait le Pape Léon XII : “ La variole est un châtiment voulu par Dieu, la vaccination est un défi contre le Ciel. “ C’est clair... Que Dieu me tripote si je chope la variole.

Thierry Rochet.


Petite sélection de vacheries tirée d’une longue liste de textes, de lois, d’amendements qui passent mine de rien, mais qui vont être bien utiles à nos “ maîtres “ pour nous asservir encore plus profondément... (sources : Siné Hebdo)

- Journal officiel du 27 février, une ordonnance prise dans le cadre de la loi de modernisation de l’économie permet « aux personnes mises en cause par l’Autorité des marchés financiers de former recours sur le fond contre l’ordonnance délivrée par le juge autorisant une visite domiciliaire ». Jusque-là le recours contre une perquisition au domicile n’était possible qu’en cassation. Autrement dit, tous ces pourris de la finance ont encore de beaux jours devant eux.
- Fichage des Rmistes : Philippe Mélinand raconte son expérience en tant qu’assistant socio-éducatif en Alsace : Allez voir sur le site collectif-rto.org (plein d’autres informations intéressantes)
- Une nouvelle réforme pour la gratuité de l’enseignement qui va coûter 700 millions d’euros à l’Etat. Bonne nouvelle ? Non, c’est juste pour payer les frais d’inscription dans les lycées français des bambins de riches qui sont basées au Caire, à Rio, Londres et New York. Cela va concerner 80 000 élèves, fils et filles de gens qui ont peu de soucis financiers.
- L’Etat veut diminuer de 49 % le budget attribué à la partie conseil conjugal et familial du planning familial. Un tiers des associations départementales risquent de disparaître.
- Le Medef veut tuer la médecine du travail qu’il a déjà considérablement affaiblie. Il veut tout contrôler sans le regard d’organismes externes. Quand on veut tuer son employé on l’accuse d’avoir la rage.
- « Le partage des revenus est devenu plus défavorable aux salariés depuis trente ans. » (rapport de la Commission européenne, du FMI et de l’OCDE.) Si c’est eux qui le disent, on peut les croire…
- Simplifications administratives pour la procédure d’autorisation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), donc des activités à risque pour la santé et l’environnement. (ex : carrières, dépôts d’ordures, stations services, pressings, etc.). Jusque-là il y avait deux options :
1/ c’était très dégueulasse, il fallait obtenir une autorisation après un an de procédure - 54 000 installations en France.
2/ Un peu moins dégueulasse il n’y avait qu’à la déclarer en préfecture – 450 000 autres installations.
Avec la nouvelle loi une troisième solution s’offre aux futurs pollueurs, la procédure d’autorisation simplifiée. Plus d’étude d’impact, plus d’enquête publique et autres évaluations environnementales. Par ailleurs on ouvre la porte à la privatisation des contrôles comme ça, il n’y aura vraiment plus personne pour venir faire chier ces braves gens qui nous ferons crever à petit feu.
- Cécillia Attias, ex-première dame de France, s’est fait dérober dans un appartement de Neuilly alors inoccupé, pour « 500 000 euros en bijoux, colliers et parures » (Le Parisien 29-01-09). Le plus drôle c’est que le 11 mai 2007, le « Journal officiel » publiait la «  Déclaration de situation patrimoniale de Nicolas Sarkosy proclamé Président de la République » censée dresser l’inventaire de ses biens et de ceux de son épouse du moment, sous le titre « Collections, objets d’art, bijoux, pierres précieuses, or ». Le couple avait indiqué la mention « néant ».




JUILLET 2009 (N°24)




Bienvenue au pays des ondes

Joli Pays que le nôtre, petits vallons, grandes forêts, bonnes grosses charolaises et multitude de villages et hameaux reliés par des centaines de routes et de chemins. Et il y a aussi, c’est vrai, un paquet de poteaux et des milliers de kilomètres de fils téléphoniques. France Télécom aurait eu pour mission d’étendre un réseau de communication sur tout le territoire. Désenclaver les pays. Une affaire publique, gérée par des fonctionnaires. Aucune rentabilité souhaitée. L’urbain tontine du rural et par volonté de partage, le téléphone s’est invité dans tous les foyers.

C’était il y a longtemps. Une époque où la privatisation peinait à s’imposer, le libéralisme un gros mot et l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services) produit de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) n’excitait pas. Depuis les services publics se sont ouverts au business privé et les fonctionnaires de France Télécom devenus Orange. Désormais, en matière de télécommunication, SFR, Bouygues et Bolloré se goinfrent la plus grosse part du gâteau. Les antennes pour les téléphones portables ont poussé un peu partout. Antennes privées, mais subventionnées. Et maintenant les frères Rapetou s’attaquent à internet avec le Wimax et la promesse de fournir le haut débit par voie hertzienne aux coins les plus reculés. Les pouvoirs publics se devaient de distribuer à nouveau des enveloppes. C’est bête à dire comme ça, mais les régions, les départements, l’État sont devenus des pompes à fric pour ces grands chasseurs de subventions. Pour la Nièvre c’est NiverTel, plus précisément Axione, alias, ETDE... ne cherchez pas c’est Bouygues. Pour être juste, il faut signaler que l’autorité publique reste propriétaire du réseau. Propriétaire de quoi, on se demande ! Des ondes ? D’un système déjà obsolète ? Car d’un point de vue technique là aussi ça coince. Que la Belgique ait tenté le Wimax on pourrait comprendre, non qu’ils soient Belges, mais le point crucial pour un bon fonctionnement reste l’absence d’obstacles géographiques. Malheureusement ou heureusement, la Nièvre est loin d’avoir ce relief. Il faudrait raser forêts et coteaux. D’autres territoires ayant la même situation que la nôtre ont expérimenté cette technologie : lorsque par bonheur cela marche, le débit montant et descendant n’est jamais celui annoncé, le téléchargement limité à quelques Gigas, les services techniques inexistants et même la partie commerciale souffre d’incompétence. Nos élus en région se sont fait avoir. Une nouvelle fois diront certains. Bolloré-Télécom se retire. Bouygues patine. Le bébé déjà mort-né. À la poubelle l’antique proposition de France Telecom de renforcer le réseau filaire. Quelques ingénieurs et techniciens chez Orange rient jaune et ne comprennent toujours pas ce choix. Il faudrait expliquer à ces ex-fonctionnaires que faire simple, efficace alors qu’il y a un gros paquet de pognons à ramasser n’est pas moderne... Que France Télécom et ses poteaux reposent en paix. Et comme disait un grand collectiviste, notre vieux camarade de classe François Noêl : « La concurrence qui, loin de viser à la perfection, submerge les produits consciencieux sous des amas de produits décevants... » Gracchus Babeuf 1795

Thierry Rochet.







Service de proximité

Etant d’un naturel naïf, je ne cesse décidément de m’émerveiller devant l’organisation systématique de la désorganisation, et de la complexité de démarches autrefois si simples ! Il m’est facturé, sur un abonnement téléphonique, la location d’un poste alto qui ne fonctionne plus. L’ayant localisé au fond d’un placard, je décidai de le rendre à son propriétaire, c’est-à-dire à France Télécom.

Première étape : les joindre par téléphone : oh là là ! Bien sûr, nul interlocuteur au bout du fil et la belle voix stéréotypée du serveur ne me présentait aucune situation correspondant à mon problème. Après avoir raccroché et décroché plusieurs fois, je finis par obtenir une charmante dame qui m’annonce qu’elle ne pouvait rien pour moi, mais que je pouvais me rendre à l’agence de Clamecy. Je me rendis donc à Clamecy, d’où l’agence France Télécom a disparu, remplacée par Orange. Allons donc voir chez Orange, sans grand espoir. Là, on m’explique bien sûr qu’ils n’ont rien à voir avec France Télécom, qu’il me faut me rendre à Auxerre, Avallon ou Nevers. Je vais tenter Nevers où je ferai la queue pendant une heure si tout va bien, car ces “ faignants “ de fonctionnaires seront en train de lire le journal sous leur bureau ! En tout cas, depuis qu’il y en a moins, je n’ai pas vraiment l’impression que notre qualité de vie s’est améliorée ! Enfin, après le coup de la perception à Vermenton… ! Le libéralisme, c’est la liberté ! J’ai le choix : continuer à payer pour un truc hors d’usage ou laisser une empreinte écologique terrible avec mon automobile diesel et perdre mon temps !

Michèle Podoriézack.






Le silence des pantoufles précède

souvent le bruit des bottes.


Au Picot nous sommes du genre moderne : insatisfaits, rarement d’accord sur tout et prêts à en débattre. L’une des principales raisons qui nous rassemblent : la liberté. Celle d’exister, de penser, de raisonner. Nous vivons dans un pays qui s’affiche comme libre et démocratique.

Difficile à contester, il y a toujours pire ailleurs. Il n’empêche, les récentes avancées technologiques en matière de stockage des données poussent nos dirigeants à banaliser le fichage électronique. Les passeports sont désormais biométriques. Une puce qui contient photo et empreintes digitales numérisées pour 8 doigts (bizarrement, les pouces déterminants pour l’évolution humaine n’ont pas été pris en compte). Sécurité, fiabilité pour authentifier les personnes. La parano terroriste pourrait expliquer cela. Mais n’est-ce pas la porte ouverte au fichage généralisé de la population ? Et le pire est à venir : la puce RFID (Identification par radio fréquence). Une nouvelle technologie déjà présente sur les badges d’accès pour les entreprises, les livres en bibliothèque, le métro, le péage et qui risque de s’étendre à tous les domaines. Un gadget pratique qui permet de savoir qui est qui, qui est où et qui fait quoi. Mieux que la pointeuse le GPS et le code-barre réunis, ces petites bêtes sont chargées de suivre notre vie privée du matin au soir. La tranche de jambon sous cellophane, la brosse à dents, l’aspirateur, la voiture... Nous allons nous retrouver avec des puces partout, jusque dans nos pantoufles. Je ne sais pas pour vous, mais une chose est sûre : au Picot nous ne sommes pas près d’intégrer un mouchard au journal. Inutile de le brûler après lecture sauf pour vous chauffer les pieds. Il faut reconnaître, y fait froid dans nos maquis...

Thierry Rochet.




OCTOBRE 2009 (N°25)




Vie de famille, le magazine de la CAF

(Sept. 2009)


Renseignements pratiques, questions posées intéressantes, aides bien expliquées, publicités pour payer moins cher (assurances auto ou mutuelles de santé). Parfait, mais une publicité sort du lot : « Pour un métier valorisant et très bien payé, devenez délégué pharmaceutique. En étudiant chez vous, le délégué perçoit un salaire très attractif et il bénéficie de nombreux avantages (primes, voitures de fonction, etc.). Il a pour mission de promouvoir et de vendre les produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques auprès des pharmaciens, des médecins et des vétérinaires (cours d’enseignement à distance, par centre privé) » Sur France 5, un documentaire « les médicamenteurs » concluait que notre système de santé est entièrement dévoué à l’industrie du médicament. La formation médicale organisée par les laboratoires est destinée à favoriser tel produit au détriment de tel autre. Un médecin déclare : « On leur fait confiance et on prescrit le médicament » Notre système de couverture sociale créé il y a une cinquantaine d’années pour permettre l’accès aux soins gratuits est en train de disparaître sous les coups de boutoir de l’industrie pharmaceutique. Celle-ci s’enrichit sur le dos de l’Etat et des contribuables, tout en créant un déficit tel que les plus démunis ne pourront bientôt plus être soignés. Si on conservait seulement les molécules les plus utiles et si on évitait les doublons, la liste des médicaments diminuerait considérablement (cf. Pratiques de santé n° 92). Est-ce bien au magazine de la CAF de recruter des dealers de produits légaux mais néanmoins contestables pour un grand nombre, et ainsi continuer de creuser le trou abyssal de la Sécu ?

Monique Cogan.