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ANNÉE 2009

N°24 - N°25

samedi 23 juillet 2011, par Le Picot




JUILLET 2009 (N°24)




Alzheimer

Nous avions appris avec stupéfaction que, face à l’incurie des services publics plus destructeurs que promoteurs de santé, des associations comme le Lions Club s’occupaient de recueillir des fonds et d’ouvrir des départements nouveaux à l’hôpital de Clamecy et tout particulièrement un accueil de jour pour les malades d’Alzheimer.

Les infirmières libérales avaient été convoquées par un courrier émanant de cette association, mais sous enveloppe tamponnée par la mairie, à l’inauguration du lieu. La mairie ne conduisant que médiocrement son travail de direction de l’hôpital et ceci depuis fort longtemps, comme nous l’avions déjà signalé à l’occasion de la fermeture de la maternité, on peut se demander si c’est le rôle du Lions Club de palier aux manquements de la direction hospitalière et des pouvoirs publics. Mais nous sommes habitués aux bizarreries. Nous ne sommes pas en mesure de lever l’imbroglio conduisant le Lions Club à convoquer, c’était le ton, du personnel de santé sous cachet municipal, mais il reste que cette initiative est prolongée par un certain nombre de mesures qui pourraient être positives si elles ne venaient à contrario du confort des personnes vivant à la maison de retraite où est situé le nouveau centre d’hébergement spécialisé qui fait suite au centre d’accueil initié par le Lions Club. Le rez-de-chaussée de la maison de retraite a été réquisitionné pour le centre d’hébergement qui doit accueillir seize lits. Les personnes de la maison de retraite n’ont donc plus le loisir de circuler librement entre l’intérieur et l’extérieur comme elles le faisaient auparavant.

Endroit très sécurisé

Comme le dit Fabrice Deffunt, “ c’est un endroit très sécurisé, avec des grillages autour du jardin, des digicodes pour les accès et des portails fermés afin d’éviter que les patients ne s’enfuient “. Les gens qui sont à l’étage et qui aimeraient circuler mais manquent de mobilité ne le peuvent donc plus mais de surcroît, ils se retrouvent en surnombre et sont entassés les uns sur les autres à l’heure du déjeuner, le restaurant ayant été annexé par le centre Alzheimer.
Le problème, c’est qu’il s’agit de rentabiliser l’espace, et si nous avions l’impression que les maisons de retraite étaient suffisamment rentables vu les prix pratiqués, avec un espace coupé en deux ça ira encore mieux.
Le choix de traiter le problème des malades atteints de la maladie d’Alzheimer, en créant ces centres, vise principalement la rentabilité. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose si cette rentabilité vise à rationaliser l’emploi et la formation des personnes nécessaires à l’entraide qu’implique cette maladie.
On se souvient du cas d’une personne dont nous avions parlé dans le N° 18 du Picot qui avait été retirée de sa famille d’accueil après des pressions exercées sur les enfants.
En général, les enfants se retrouvent souvent dans l’impossibilité de s’occuper de leurs parents malades.
Il n’y a pas de solution miracle, et ces centres d’hébergement peuvent venir en complément de familles d’accueil qui en dépit de la bonne volonté du personnel soignant, sont forcément plus à même de recréer une vie familiale. C’était le cas de la personne de qui parlait l’article.
Alors pourquoi ces centres ? C’est simple, ils profitent d’un effet tragique du vieillissement pour rentabiliser les hôpitaux enfin débarrassés de ces maternités et autres services coûteux. Un centre Alzheimer est forcément médicalisé et donc largement couvert par la sécurité sociale.
Ce que M. Deffunt a oublié de signaler au Journal du Centre (16/04/09), qui a fait son travail d’enquête en ne posant pas la seule question indispensable.
Qu’est-ce qui se cache derrière ce désir de venir au secours des malheureux atteints de la maladie ? Le Lions Club est souvent un “ repaire ” de la droite, et le mérite de cette brillante opération de rééquilibrage financier de l’hôpital peut lui être favorable… Est-ce une des raisons pour lesquelles Bardin prévoit un retour de la droite à Clamecy ?
Une personne proche, atteinte de cette maladie, avait été soignée à l’hôpital. Contrairement à ceux qui en ont souffert fort longtemps, elle est décédée assez rapidement d’une crise cardiaque. Tous s’accordaient à dire qu’elle avait été fort bien accueillie et traitée par l’ensemble du personnel et ceci avant l’existence du centre Alzheimer.
La création de structures rentables au détriment de ce qui existait avant est une marque de fabrique des gestionnaires de santé et cadres publics d’aujourd’hui.

Mais qui peut-être trompé par ces pratiques ?

Le personnel de santé, qui une fois de plus n’a pas été consulté ? Les locataires de la maison de retraite ? Les Clamecycois qui chaque fois qu’ils sont appelés à renouveler l’équipe municipale trouvent dans les listes un tas d’activistes bienveillants qui cessent toute activité dès qu’ils sont élus ?
Si le centre Alzheimer était indispensable, il l’était moins que la maternité et de plus a été créé de façon arbitraire sans concertation, ni enquête, ni étude auprès des populations.
Nous sommes traités comme si nous avions perdu tout sens pratique mais soyons rassurés, un centre Alzheimer est là pour nous accueillir…

Recueilli parYves Pupulin.







Le rallye pharmaceutique

Voici la mésaventure qui attend tout Clamecycois irresponsable lorsqu’il n’est pas capable de programmer les jours où il peut s’autoriser à être malade : notre ami, que nous appellerons pour la circonstance Marcel Durand dut se rendre le jour du premier mai aux urgences de Clamecy. Comme un malheur n’arrive jamais seul, il se trouva que sa voiture était immobilisée dans un garage. La compagne de Marcel sollicita donc l’aide d’une personne compatissante afin de les accompagner à l’hôpital d’où ils ressortirent avec une ordonnance. Seulement, voilà, pas de pharmacie de garde à Clamecy ! Direction Varzy ! Vous savez, on prend la ligne Z du RER et on fait bien attention de ne pas rater la gare de destination ! A Varzy, pendant 3/4 d’heure, tentatives de joindre la pharmacienne. En vain ! Raminagrobis avait certainement confondu le combiné du téléphone avec une souris ; Mme Durand se dit que son téléphone portable peut-être, refusait de coopérer. Alors elle essaya de résoudre le problème en utilisant une cabine. En vain. La gendarmerie, contactée par erreur lui conseilla d’appeler le SAMU, lequel eut tout loisir de constater les frasques de Raminagrobis : le résultat ne fut pas meilleur ! On conseilla à Mme Durand d’emprunter la ligne Z bis du RER pour gagner une autre pharmacie de garde, cette-fois-ci à Brinon-sur-Beuvron. Notre malade et ses deux compères y furent aimablement accueillis et purent enfin, munis des précieux médicaments, regagner leurs pénates, après un circuit très touristique à travers le vert pays des eaux vives. Vous n’ignorez pas que le trafic SNCF est souvent perturbé, alors imaginez le même scénario, à 22h 00, en hiver, sans moyen de se déplacer ! Il ne reste plus qu’à faire un sitting sur les marches de l’hôpital où à brûler un cierge pour que le patient tienne le coup jusqu’à la fin du week-end ! Mais bon, nous avons tout de même encore ici des services de pompes funèbres efficaces, alors il est inutile de s’en faire !

Michèle Podoriézack.




OCTOBRE 2009 (N°25)




ATCHOUM !

Cet été, on nous a rabâché que la grippe A allait déferler sur la France en septembre. Elle allait provoquer, à l’image de la grippe espagnole,des millions de morts. Mais la France était prête à affronter cette menace, l’Etat a dépensé des milliards pour acheter, à des laboratoires privés, des stocks de vaccins (94 millions). La campagne de vaccination contestée par certains en raison de risques dus aux adjuvants a débuté ces jours-ci, tout d’abord en direction de personnels de santé. Dans le monde médical, quelques-uns dont le professeur Debré ont tenu un discours moins alarmiste rappelant que le danger avéré et immédiat était la grippe saisonnière qui,chaque année, cause plusieurs milliers de morts. En tout cas, pour l’instant, cela a permis de reléguer au second plan la crise qui soit-disant s’estompe et s’éloigne. Chemin que va prendre, elle aussi, la grippe A ?