Le Picot

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ANNÉE 2010

N°26

jeudi 28 juillet 2011, par Le Picot




FÉVRIER 2010 (N°26)




Rouler dans la farine !

Quand il neige, ce qui se produit encore l’hiver, il est possible qu’il soit difficile, voir impossible de se rendre au travail. Mais dans notre charmante contrée, plus de problème puisque la solidarité a permis à des ouvriers de s’y propulser gratuitement et sans risque, en dépit des intempéries. Comment ce petit miracle, a-t-il pu se produire ? Très simplement ! Les cadres de Jacquet (société célébrée dans toute la région pour sa chaleur humaine et sa dévotion natale sans laquelle l’oie et le canard finiraient sur un vulgaire pain de boulangerie comme le cochon), les cadres de Jacquet, donc, se sont rendus au domicile des salariés afin de les véhiculer jusqu’au lieu de travail. Une fois l’ouvrage accompli, les ouvriers furent reconduits à leur domicile. Ainsi, pour les jours suivants, la preuve était faite qu’il était possible de se déplacer par ses propres moyens. Ceux qui ne se rendraient pas au boulot, auraient une retenue sur salaire et ne pourraient pas se déclarer en RTT. Non mais c’est pas des feignasses d’ouvriers qui veulent se la couler douce prétextant qu’ils n’ont pas, comme les cadres, de solides 4 X 4 équipés de pneus neige payés par le groupe, qui vont décider quand faut y aller ou pas !!! Précision : contrairement au directeur qui a fait le ramassage depuis Andryes, où il habite, les cadres ne sont pas allés chercher ceux qui habitaient trop loin. Pour ces derniers qui sont venus malgré tout, on les a invités à dormir sur place dans un sac de couchage avec un sandwich au saucisson et du pain maison…

C’est émouvant comme un conte de Noël !

Eh puis, c’est un bon entraînement pour le jour où, solidaires de leur patron, tous dormiront sur place pour empêcher une délocalisation par exemple. On appelle cet acte solidaire une séquestration. Ce terme est abusif, mais cet acte est moins fréquent que la neige… Hélas !

Anne Ménier.