Le Picot

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ANNÉE 2001

N°1 - N°2

jeudi 26 mai 2011, par Le Picot




JUIN 2001 (N°1)




UNE VILLE DE CONTRASTES.

Des ilots de luxe bien discutables dans une ville qui se sent mourir.

Quand on se promène dans Clamecy, à pied de préférence, on passe sans transition de secteurs rénovés (souvent luxueusement) à des rues, voire des quartiers, en voie de délabrement avancé. D’un côté, une ville dont la population ne cesse de diminuer, où les commerces disparaissent les uns après les autres, où les impôts sont élevés. De l’autre, des édiles qui continuent à dépenser comme des riches pour des réalisations dont l’urgence et la nécessité n’apparaissent pas clairement aux yeux de tous. Un peu comme un RMIste qui choisirait de rouler en Porsche ou en Jaguar ! Quand l’argent public est dépensé pour un aménagement sportif, la construction d’une salle de spectacles, l’aménagement d’une bibliothèque ou d’une école de musique, le contribuable moyen a le sentiment que la ville s’est enrichie de services supplémentaires – même s’il y a toujours des voix pour contester le coût. Par contre, quand on commence à remplacer un parc à “ bagnoles ” ordinaire par un parc à “ bagnoles ” de luxe, le même contribuable commence à se poser des questions quant au bien fondé de l’opération. Entre l’extension coûteuse et contestable du Musée pour abriter une majorité de “ croûtes ” et le parking de la piscine désespérément vide ; entre la place du commandant Boidot, son rond point délirant et un panneau électronique aussi mal placé, il y a vraiment de quoi râler. Je ne suis pas loin de penser que ce décalage, entre des réalisations d’un intérêt peu évident mais cependant très onéreuses et la dure réalité d’une ville qui se sent mourir à petit feu, explique le phénomène de rejet qui s’est manifesté lors des dernières élections locales. Il ne semble pas, hélas, que nos élus en aient tiré le moindre enseignement puisque l’une des premières décisions du nouveau Conseil a été d’approuver la création d’un parking aux abords de la Salle Polyvalente. 139 places (je ne sais pas si les 48 places pour les HLM entrent dans le budget annoncé) pour quatre millions de francs. Ca valait le coup de patauger quinze ans dans la boue pour se voir offrir une place à environ 25 000 F. Et ça sera “paysagé” en plus. Par contre, rien n’est encore prévu pour le revêtement de la place des fêtes. Pas prévu, donc pas budgétisé ? On va peut-être les garder encore un peu nos bains de boue.
Continuez les artistes ! Le public est ravi !

Claude Cogan.







URBANISME ET POLITIQUE

Il devient très difficile de rencontrer une personne qui approuve le projet de la résidence des arcades.

Quand, en 1992, les établissements Roland ont été détruits par un incendie, presque tout le monde devait penser que les propriétaires de l’époque feraient reconstruire le bâtiment avec les indemnités versées par l’Assurance. Comme, de ce côté, les choses n’ont pas été très simples, les années ont passé, laissant le temps aux Clamecycois de s’habituer à la présence de ces ruines. Le temps aussi de prendre conscience que ce sinistre avait eu pour effet imprévu de créer une ouverture intéressante sur le Petit Marché, tout en donnant plus de lumière sur le Grand Marché. A partir du moment où la Ville a racheté le lieu, nous avons été quelques-uns à penser qu’il y avait peut être une solution autre que la reconstruction à l’identique, d’autant plus que l’édifice n’avait rien d’exceptionnel. Pourquoi ne pas demander à des architectes de faire des propositions qui auraient permis de restaurer tout en gardant cette ouverture et cette lumière ? Les arcades et le Petit Marché auraient été mis en valeur. Majoritairement, nos élus en ont décidé autrement. Ils se sont empressés d’offrir le lieu, pour le franc symbolique, à Nièvre Habitat avec pour mission d’y faire du logement social et des espaces commerciaux. Avant d’en arriver à cette conclusion sans appel, on ne peut pas dire que nos élus se soient beaucoup souciés d’informer leurs électeurs et, bien sûr, de tenter de savoir si ces derniers n’avaient pas quelques idées intéressantes sur la manière dont on modèle leur ville. Une pétition a circulé et a été remise en Mairie. Il semble que bien peu d’Elus en aient eu connaissance. Elle a sûrement fini dans une corbeille à papiers. L’opposition a bien tenté de faire entendre sa voix mais elle s’est fait renvoyer dans les cordes sous couvert des contraintes du secteur sauvegardé. Il est possible que les textes soient aussi contraignants qu’on le laisse entendre. Dans ce cas, les porter à la connaissance de tous, serait le meilleur moyen de couper court à toute polémique. Il est possible aussi que les règles soient moins rigides et qu’elles auraient pu permettre d’envisager d’autres solutions. Dans ce cas on comprend aisément que la transparence n’était pas à l’ordre du jour. Nous ne saurons sans doute jamais si nous n’étions qu’une minorité à penser que l’on pouvait faire autre chose que cette reconstruction sans imagination , et donc renvoyer le Petit Marché à son isolement. On va restaurer à grands frais des arcades inutiles que les touristes auront bien peu de chances de découvrir. On va créer deux espaces commerciaux dans une ville où fonds de commerce et pas de porte ont bien du mal à trouver des repreneurs. S’il y a un lien entre les loyers qui seront demandés et le coût de l’opération on peut craindre que ces locaux restent vides, à moins que la Collectivité ne décide d’y installer l’Office du Tourisme aux frais du contribuable. Nous aurons aussi des logements sociaux supplémentaires. La ville de Clamecy ne semble pourtant pas en retard dans ce domaine et, de plus, elle ne manque pas de bâtiments vides qui pourraient être affectés à cet usage. Etait-ce vraiment indispensable d’en concentrer une dizaine sur cet espace ? Pour peu que les occupants possèdent des automobiles et souhaitent, comme tout le monde, les garer au plus près, voilà encore quelques places de stationnement en moins pour le commerce du quartier.

Claude Cogan.







SYMBOLE, QUAND TU NOUS TIENS…

A Clamecy, on se vautre dans le symbolique.

Et que je te colle de l’eau sur la façade du Musée pour rappeler le flottage. Et que je t’installe une ligne lumineuse pour évoquer l’ancien tracé du canal. Si cette ligne débouche sur les toilettes de l’ancienne Place des Jeux c’est que celles-ci se trouvent malencontreusement sur le trajet. Ce n’est sûrement pas pour guider le touriste qui voudrait soulager un besoin pressant, d’autant plus que lorsque la ligne est allumée, les toilettes sont fermées. Pour plus de sûreté, le fameux rond point s’est vu décoré de cannes à pêche géantes, et, depuis peu, d’une pompe et d’une passerelle, avec explications sur le tableau électronique. Dernier avatar : le pavage de la Porte Randan retrace l’emplacement des anciennes fortifications. Difficile de savoir si tous ces symboles parlent clairement au quidam de passage dans la ville. Qu’importe ! Nous aimerions participer au jeu et demander aux Clamecycois quelle représentation symbolique pourrait rappeler à l’autochtone ou au touriste qu’il existait des pissotières – pardon, des vespasiennes – sur les ponts de Beuvron et de Béthléem. Comment signaler aux plaisanciers que, pendant plusieurs siècles, les habitants de Beillant venaient vider les seaux hygiéniques dans l’Yonne, le long du quai ? Ne serait-il pas opportun de reconstruire la célèbre passerelle “ Montre-Cul ” qui enjamberait gaillardement l’avenue de la République et permettrait d’aller du “ Commerce ” à la “ Taverne ” sans risque de se faire écraser. Pourquoi ne pas signaler par des plaques idoines tous les lieux ayant servi de débits de boissons ou de gendarmerie ? Ce ne sont que quelques idées mais je suis certain qu’elles en feront jaillir beaucoup d’autres.

Claude Cogan.







DE “ L’ART ” OU DU “ COCHON ” ?

ARCHITECTURE OU ARCHI-GÂCHIS ?


Maintenant que les amateurs de skate et autres rollers ont émigré vers les installations de “ La Plage ”, à quoi peut bien servir cet immense espace VIDE ?

Qui fera l’éloge de cette verrue architecturale plantée au cœur de la ville ? Ah ! L’intense poésie du vide, de la laideur concentrée, de l’absolu mauvais goût, de l’inutile, de l’inutilisable ! Qui chantera la beauté de ces planches disjointes en bois (exotique ?) brut de brut, qui dansent au scintillement des vis cruciformes si bien exposées au doux soleil de mai ? Qui exaltera le modernisme inouï de cette pseudo-symbolique de bas-étage, destinée, sans doute, à évoquer un “ train de bois ” ? Nous voilà enfin sortis du style Renaissance ! Vive la “ Bunkerisation ” de nos édifices anciens ! Les Clamecycois peuvent se féliciter qu’un tel Archi-gâchis soit réalisable, même dans un secteur historique “ sauvegardé ” : grâce à la diligence éclairée de notre “ élite ” locale !

René Jansen.







LIBEREZ NOS CAMARARBRES !

Clamecy se médiévalise sous les yeux de ses habitants médusés : pavages et sarcophages se multiplient à gogo. Le touriste amateur de “ belles ” pierres y trouve son compte mais il est toujours bien triste de voir surgir un peu partout des murets anti-émeutes sans la moindre fissure susceptible de cacher une lisette(1) ou d’héberger la jolie petite Ruine de Rome(2). L’exercice tourne à l’obsession quand on constate que ces parois stériles enserrent qui un massif de vivaces, qui un arbre destiné avec ses frères à donner naissance à quelque “ Champs Elysées ” local. Peut-être sont-ils surélevés en prévision de la crue " centenale " (que nous n’eûmes pas encore, en mars) mais quel coût inutile ! Coffres de bois et de pierre, plantes surprotégées et pourtant fragilisées, gaspillage d’eau nécessaire à leur survie estivale. Passe encore que tel tilleul gênant pour la visibilité soit coupé mais qu’on le remplace par des arbres libres et non par ces ersatz… Ou alors qu’on peuple les bacs d’orangers et de citronniers, à rentrer l’hiver pour égayer les vitrines désespérément vides de magasins abandonnés….

Dominique Girault .

1 lisette : lézard des murailles.
2 Ruine de Rome : linaire cymbalaire, jolie petite plante des murs à fleurs violettes.


OCTOBRE 2001 (N°2)




LA TAMBOURINETTE

Un lieu que les Clamecycois veulent se réapproprier

Quand la baignade, un tant soit peu organisée, entra dans les mœurs, les habitants de Clamecy disposaient d’un lieu situé en amont du perthuis, entre les deux déversoirs qui alimentent la fausse rivière. Personne, à cette époque, ne se souciait d’analyser l’eau et le maître nageur sauveteur n’était pas un élément obligatoire du paysage. Chacun devait se débrouiller pour apprendre à nager et le dépôt de plainte en cas d’accident n’était pas encore devenu le sport à la mode.

1936 : Le Front Populaire. Fidèle à ses traditions, la ville de Clamecy sut rejoindre ce grand mouvement national et c’est une municipalité dite de Front Populaire qui prit la direction de la cité. L’installation d’une plage digne de ce nom pouvant accueillir la population fut l’une des priorités de la nouvelle équipe. (N’oublions pas que les premiers congés payés ont été rendus obligatoires par ce gouvernement.)

Inaugurée par Jacques Duclos et Romain Rolland. Des travaux furent entrepris pour aménager la rive droite de l’Yonne au lieu que les Clamecycois connaissent aujourd’hui sous le nom de Tambourinette. Installation de trois plongeoirs et d’un ponton. L’inauguration eut lieu en 1938 en présence de Jacques Duclos et de Romain Rolland. Arbres, bacs à sable, piste, court de tennis, pataugeoire pour les enfants vinrent compléter l’équipement du lieu. On pouvait aussi y utiliser diverses barques ou “ périssoires ”. Très vite, la fréquentation fut importante et, l’été, quand le soleil se mettait de la partie, l’endroit ne désemplissait pas.

La guinguette. C’est après la guerre que la municipalité entreprit la construction d’un bar-guinguette qui devait rendre le lieu encore plus agréable et plus vivant. C’est aussi après la guerre que la ville de Paris, put terminer le barrage de Pannecière. Cet ouvrage, très utile pour réguler le cours de l’Yonne (et donc de la Seine) eut pour effet secondaire de nous envoyer, en plein été, des eaux dont la température n’incitait pas particulièrement à la baignade. Puis, avec le progrès, vint l’idée d’analyser l’eau pour y débusquer toutes les bestioles microscopiques qui pouvaient porter atteinte à notre santé. La science ayant ses mystères, on put, pendant de nombreuses années, constater que des eaux impures en mai redevenaient miraculeusement acceptables dès le mois de juin. Quand on y réfléchit bien, ce n’est pas plus difficile à admettre que le fait qu’une rivière polluée à Clamecy (en amont de “ l’usine ”) redevienne limpide à Coulanges.En dépit de ces inconvénients qui rendaient la baignade de plus en plus aléatoire, la Tambourinette et sa guinguette continuaient d’accueillir de nombreux Clamecycois attirés par la beauté du lieu.

Construction d’une piscine. Pour la municipalité, il fallait pourtant trouver une solution pour rendre possible l’apprentissage et la pratique de la natation. C’est ainsi que fut décidée, dans les années 70 la construction d’une piscine. Fallait-il la construire à la Tambourinette ou dans une autre partie de la ville ? D’un côté, il s’agissait de profiter du site existant. De l’autre, il y avait une volonté de rééquilibrer la vie de la Cité par rapport aux deux rives de l’Yonne. Il y avait de solides arguments des deux côtés et c’est la fidélité aux promesses électorales (ça peut exister parfois) qui a fait pencher la balance.

Déclin de la Tambourinette. D’un côté, une baignade non autorisée dans des eaux froides et, hygiéniquement, peu fréquentables. De l’autre, une guinguette mal conçue, avec des installations vétustes qui demandaient une sérieuse révision. Résultat : il n’y eut plus de repreneur pour la gérance et c’est le club de hand-ball qui reprit la location du lieu, en le sous louant pour des mariages et autres cérémonies. La licence IV affectée à l’établissement semble avoir été perdue corps et biens. En quelques années on assista au déclin d’un lieu naguère si vivant à la belle saison. Se réapproprier la Tambourinette. Il n’y a pourtant pas besoin de faire appel à un institut de sondage pour savoir que les Clamecycois (même de fraîche date) ne comprennent pas qu’un tel site soit ainsi délaissé. Ce constat reconnu, il suffirait à nos élus de se pencher sur le problème avec la volonté de trouver des solutions qui ne lèsent personne et satisfassent le plus grand nombre. En 1988, Pierre Guenot écrivait : “ Les lieux se préparent donc un séduisant avenir. On ne peut que s’en réjouir en s’armant toutefois de patience. ” Nous sommes en 2001 et rien n’a bougé hormis la construction de l’espace skate/rollers.Pourtant, les Clamecycois n’en démordent pas. Ce lieu leur appartient.

Comment faire revivre ce lieu ? Priorité à la “ guinguette ”. Au moins pendant quelques mois, on devrait pouvoir s’y installer pour boire un pot ou grignoter quelque chose. Un peu de musique (enregistrée ou en direct) apporterait un supplément de vie. Bien sûr, cela suppose quelques travaux. Notamment il faut envisager que le gérant puisse loger sur place pendant la période d’ouverture afin que l’établissement ne soit pas régulièrement pillé et saccagé. Il faut aussi remettre en état le local actuel. Avec la piste de skate/rollers et le canoë kayak existe déjà un pôle d’animation. On peut envisager de l’enrichir encore. Une passerelle reliant les deux berges de l’Yonne (Oh le joli serpent de mer) pourrait attirer les campeurs et, peut-être, les inciter à rester un jour ou deux de plus dans la ville. Il faudrait aussi penser à “ reloger ” les associations qui utilisent la guinguette en tant que bureau et siège social. Tout cela nécessite obligatoirement un certain investissement financier. Par rapport aux sommes nécessaires à la rectification d’un rond-point raté ou à la construction d’un moignon de maison en guise de panneau indicateur, serait-ce de l’argent mal placé ?

Rien n’interdit de rêver. Pourquoi ne pas imaginer que les constructions nécessaires soient réalisées avec des matériaux plus économiques et plus écologiques que le parpaing. On peut utiliser le chanvre, la paille, le bois, la terre. Montrer à tous que le beau n’est pas forcément cher, que l’on peut sortir des sentiers battus sans nuire à la qualité de la construction, voilà qui devrait être largement aussi stimulant que de vouloir marquer le passé à coups de pavés ou de lignes lumineuses. Quelques personnes émettent aussi l’idée de faire communiquer canal et rivière par les portes de garde et donc de permettre l’accès du lieu à la plaisance. Il est vrai que cela augmenterait à peu de frais la capacité d’accueil du port de Clamecy. Est-ce réalisable ? Nous n’avons pas la réponse mais ça vaut la peut-être le coup d’être étudié sérieusement. De la même façon, d’autres pôles d’animation peuvent venir se greffer sur le site. Si on cherche, on trouvera. Aux dernières nouvelles, la Municipalité a repris le contrôle de la guinguette. Peut-être faut-il voir dans cette décision une volonté de redonner vie à ce lieu. S’il en était ainsi, nous serions les premiers à applaudir, oubliant même toutes les années perdues. Sans trop rêver, on pourrait peut-être déjà s’estimer heureux si la guinguette n’était pas transformée en vestiaires pour sportifs, en local pour associations ou en cabane de jardin.

Claude Cogan.







LE SIÈGE SOCIAL

En lisant dans la presse le compte rendu du premier Conseil Communautaire du nouveau mandat j’ai tout de suite repensé à ce que Roseline Bachelot écrit dans son bouquin. (Fête et défaites des Maires)

En dépit de son appartenance au R.P.R, cette femme arrive parfois à émerger du marigot pour prendre quelques positions courageuses. Dans le livre en question, elle s’attache à démontrer comment les élus, toutes tendances politiques confondues, se laissent séduire par l’attrait du grandiose quand il s’agit d’utiliser l’argent public. C’est ainsi que tout le débat au Conseil Communautaire s’est concentré sur le choix entre la rénovation d’un bâtiment ancien ou la construction d’un immeuble neuf. Personnellement, ce qui m’étonne le plus c’est que l’on ait besoin de seize bureaux, de deux garages et d’une salle de réunion (que j’imagine grande) pour gérer quelque chose d’aussi modeste que notre Communauté de Communes. Même en comptant sur le ralliement de nouveaux adhérents, même en anticipant la disparition du SIVOM, on peut penser que les employé(e)s n’auront pas à souffrir de la promiscuité. Sauf à considérer qu’une grande partie des bureaux sera réservée aux élus. Y a-t-il besoin d’une salle de réunion ? Dans un périmètre aussi petit, n’était-il pas bon que ce soient les communes qui, alternativement, accueillent les Conseils Communautaires ? De plus, les chiffres qui sont donnés concernent les coûts au mètre carré. Après, il va falloir meubler et équiper l’ensemble. Sûrement pas avec du matériel ou mobilier de récupération. Une petite rallonge sera nécessaire. Ont-ils au moins pensé à la climatisation ? La conclusion de Bernard Bardin est sidérante. D’une part il affirme qu’il sera possible d’agrandir si nécessaire. Cela semble supposer que ce qui est prévu peut s’avérer trop petit. Aurait-on l’intention d’annexer des communes dans les autres cantons ? D’autre part, il fait référence au quartier de Beillant et son ancienne population de flotteurs. Je pense, qu’à l’époque des flotteurs, les élus n’auraient pas eu l’audace de venir les narguer dans leur faubourg avec de tels gouffres à finance. Ils avaient trop peur des picots.

Claude Cogan.







TRAVERSÉE DE CLAMECY

Profiter de la remise en état de l’ex 151 pour réaliser une traversée de la ville alliant sécurité et esthétique n’est certainement pas une mauvaise idée en soi.

Sauf qu’à vouloir trop en faire les gens peuvent avoir l’impression qu’on en fait trop. Commençons par la porte Randan. La symbolique y est tellement forte que le piéton Clamecycois initié a du mal à l’interpréter. Qu’en est-il de l’automobiliste de passage ? Les petites quilles (certains appellent ça autrement) mises en place pour séparer l’espace trottoir de l’espace chaussée, semblent destinées à entrer joyeusement dans un jeu de massacre à répétition. Dans certains passages, la largeur des trottoirs laisse pantois. Quand on sait que tout cela a été calculé par les techniciens de la D.D.E. (ceux-là même qui ont conçu le rond point au pied de la Mirandole) on est rassuré. S’il faut puiser 200 000 F sur les finances publiques pour rectifier le fameux rond point, il sera sans doute possible de faire la même opération pour changer le format des trottoirs. Mieux partager l’espace entre piétons et automobilistes nous semble fort judicieux. Fallait-il pour autant réaliser de véritables chicanes où les véhicules, même à 30 km/h, ont du mal à se croiser. Si l’on ne peut parler des routiers dont les véhicules sont théoriquement interdits sur ce territoire on peut quand même penser que les conducteurs de car doivent quelque peu appréhender ce parcours d’obstacles. Que dire du somptueux décorum que l’on nous installe au carrefour des feux sinon que cela doit coûter une petite fortune. Que dire du passage réalisé sous la malheureuse bâtisse délabrée située entre l’école de musique et le parking ? Puis, cerise sur le gâteau, on a rétabli la priorité à droite. Le détail qui montre que, sous la carapace du technicien, l’esprit joueur de l’enfant continue à vivre. Pendant qu’on y est pourquoi ne pas rétablir la circulation dans les deux sens pour les rues à sens unique ?
Quitte à rigoler, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout ?

Claude Cogan.







UN ROND POINT BIEN OCCUPE ?

C’est le titre choisi (sans point d’interrogation) dans le dernier Bulletin Municipal pour nous présenter l’étrange construction réalisée sur la RN 151 à l’entrée nord de Clamecy.

Il s’agit, selon l’architecte, d’un “ symbole fort ” destiné à inciter les touristes à entrer dans la ville plutôt que de la contourner. Le symbole est tellement fort que l’usager de passage ne voit pas du tout de quoi il retourne. Comme pour les cannes à pêche du bas de la Mirandole, il faudrait sûrement un texte explicatif. Certains y voient une pub pour marchands de matériaux, d’autres se demandent quand on va finir l’autre côté. Tout cela ne serait pas très grave si le coût n’en était pas si élevé. Sur ce point, on peut remarquer le tact et la discrétion de notre bulletin municipal. Entre élus et citoyens, pas de ces petites mesquineries de boutiquiers. Pourtant la chose, avec sa semelle de béton et ses matériaux nobles, se révèle être un symbole fort cher. Ce n’est certes pas un panneau de plus mais ça coûte beaucoup plus qu’une forêt de panneaux. Et l’avantage du panneau, c’est qu’il n’y pas besoin de l’éclairer la nuit pour ne pas le confondre avec une habitation. Seulement voilà, nos architectes sont d’habiles bonimenteurs et ce sont les élus qui tombent dans le panneau.

Claude Cogan.







LES PAVÉS.

Le lecteur attentif aura remarqué que je n’ai pas dit un mot des fameux pavés. Je les ai testés à pied et en voiture et je ne les ai pas trouvés particulièrement glissants, contrairement à ce que presque tout le monde affirme. Pourtant, mes chaussures et mes pneumatiques relèvent plus du bas de gamme que du matériel de compétition. Je n’ai pas non plus acheté une moto pour faire l’essai avec cet engin. Je veux bien reconnaître qu’en cas de verglas ils peuvent devenir aussi “ casse gueule ” que le trottoir devant chez moi. J’avoue pourtant que ma position est ultra minoritaire et que s’il m’arrive de me retrouver à l’hosto suite à une glissade sur ces fameux pavés, j’imagine la trogne hilare de ceux qui viendront me rendre visite.

Claude Cogan.