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ANNÉE 2011

N°29 - N°30 - N°31

jeudi 15 septembre 2011, par Le Picot




AVRIL 2011 (N°29)




1971 L’ UNION DE LA GAUCHE AU POUVOIR

Il y a quarante ans, en mars 1971, la liste d’Union de la Gauche composée de socialistes, de communistes, de membres du P.S.U. (Parti Socialiste Unifié), conduite par le Dr Jacques Barcelo, soutenue par François Mitterrand l’emportait face à celle de droite appelée Liste d’Entente Républicaine et d’Action Municipale conduite par Pierre Tardy. Au sein de l’équipe victorieuse, trois élus qui deviendront maire de Clamecy, Claude Lebon (Parti Communiste Français) de 1972 à 1977, Bernard Bardin (P.S.U. puis Parti Socialiste) de 1977 à 2008 et Claudine Boisorieux (P.S.) élue en 2008 à la tête de la liste « Une Gauche Nouvelle pour Clamecy ».

Le conseil municipal de 1971 :
Au premier rang (de gauche à droite) André Riant, Jean-Michel Save, Claudine Boisorieux, Jacques Barcelo, Claude Lebon, Pierre Guenot, Georges Guipon.
2e rang : François Rousseau, Philippe Cabarat, René Rigolot, Raymond Bredeau, Pierre Richoux, Guy Raquin, Gilles de Mattos.
3e rang : Jean Lebas, Marcel Coulpied, Claude Cogan, Martial Melinger, André Blond, Adolphe Vincent, Abel Nicolas. Manquent Bernard Bardin et Paul Cahier d’Héry.


La gauche est donc au pouvoir à Clamecy depuis quarante ans. Pour ce qui est de l’union, celle-ci a connu des turbulences en 1977 puis a éclaté en 2008. la liste d’union (P.S.- P.C.F.) conduite par Régis Bertrand adjoint de Bernard Bardin a été devancée de trois voix par celle conduite par Claudine Boisorieux, autre adjointe de Bernard Bardin. Au deuxième tour étaient également en lice une liste cataloguée par la Préfecture d’extrême-gauche « l’Appel de Clamecy » et une autre sans étiquette. Cette victoire de 1971 mettait fin à une ère où depuis 1947, au plan local, des engagements liaient deux partis de gauche, la S.F.I.O (Section Française de l’Internationale Ouvrière), ancêtre du P.S. et le Parti Radical Socialiste à des formations de droite pour diriger la commune. Ainsi, lors des municipales du 14 mars 1965, la liste conduite par le Dr Pierre Barbier (radical) comprenant des socialistes, des radicaux et des candidats de droite1 l’emporte, au premier tour, face à celle intitulée « Union des Gauches Démocratiques de Clamecy ». Cette dernière est composée de militants politiques appartenant au P.C.F. (au nombre de neuf), et au P.S.U. (trois), de syndicalistes et de personnes participant activement à la vie de la commune au travers d’organisations à caractère social ou culturel. A l’inverse de la liste adverse sur laquelle figure une femme (Françoise Lassagne), elle n’en compte aucune.

REPRESENTER LES COUCHES LABORIEUSES

Dans leur profession de foi, les candidats de la liste d’Union déclarent qu’ils ont tenu à rester fidèles à l’esprit et à la lettre au contrat élaboré lors des élections cantonales et législatives qui ont eu lieu précédemment et au cours desquelles ils avaient apporté leurs voix à Pierre Barbier et François Mitterrand afin de battre les candidats gaullistes. Ils souhaitent : barrer la route à la droite et aux partisans du régime gaulliste, représenter les différentes couches laborieuses de la population clamecycoise car les catégories sociales les plus nombreuses ne sont pas représentées au sein de la liste d’entente. “ Depuis 1947, une partie de la population n’a plus sa représentation dans les municipalités, soit un millier de citoyens, d’ouvriers d’usine, cheminots, petits fonctionnaires. “ Ils demandent que “ les jeunes, les sportifs, les locataires d’H.L.M. doivent être consultés lorsqu’il est question d’eux. “ Dans leur programme figurent la création d’un service social d’aide aux personnes âgées, d’une maison de retraite, d’un patronage laïque municipal, d’une maison des jeunes, d’un centre culturel, d’une " maison du peuple " afin d’accueillir les organisations politiques et syndicales et les associations locales. Mais aussi la construction, par l’Etat “ qui engloutit des milliards dans une force de frappe “, du lycée à la Ferme Blanche avec en complément celle d’un lycée technique, la démolition de l’ancien lycée et la construction à son emplacement d’un établissement de premier cycle pour les 11-16 ans, l’extension de la zone industrielle, le développement du tourisme. Et ils mettent en avant la démocratie communale. Dans le programme de la liste d’Entente, on trouve des points communs aux deux listes (lycée, foyer de jeunes, centre culturel, zone industrielle, maison de retraite). Mais d’autres propositions, telles la rénovation de la plage, la création d’un deuxième terrain de camping à la Ferme Blanche, l’installation du musée dans le château de Vauvert lorsque le lycée neuf aura libéré les locaux qui hébergeaient les internes et la construction d’une salle des fêtes.
La liste d’Entente l’emporte très largement. Ses candidats recueillent entre 1 432 et 1 645 voix (André Riant). Ceux de la liste d’Union des Gauches n’obtiennent que de 665 à 1 083 voix (Pierre Guenot).

DEUX LISTES EN 19712

A l’approche des municipales de mars 71, une liste « d’un style nouveau » comme la qualifie Le Journal du Centre du 3 mars est constituée. Son nom, « Union de la Gauche ». Elle a été formée à l’initiative des sections locales de la C.I.R. (Convention des Institutions Républicaines) de François Mitterrand, du Parti Socialiste, du P.S.U. et du P.C.F. avec le concours de sympathisants. Cette création fait suite à des consignes de Mitterrand demandant à ce que le P.S. fasse alliance avec le P.C.F et le P.S.U. Ces derniers avaient déjà présenté une liste d’union en 1965 (voir plus haut) et joué, avec les organisations syndicales, un rôle important lors des événements de Mai 68 à Clamecy. Une action qui s’était poursuivie par le biais de l’Intersyndical, le bulletin du comité intersyndical de grève (Voir Le Picot nos 20 et 21). Comme il était souligné dans le numéro spécial du Courrier de la Nièvre du 10 mars qui faisait campagne pour la liste : “ L’accord s’est fait autour d’un programme réaliste édifié sur la critique objective d’un bilan municipal de douze années. L’entente réalisée naguère au sein du conseil municipal par les socialistes, les radicaux et les Indépendants (de droite) ne pouvait en effet se prolonger pour deux raisons essentielles : d’une part, sur le plan local, il était anormal que, par le jeu de cette entente, toute possibilité était enlevée à la classe ouvrière d’être un jour représentée au Conseil municipal. D’autre part, sur le plan national, les partis politiques de gauche ont condamné toute alliance avec l’U.D.R. (Union de Défense de la République), le parti gaulliste, et les formations de droite. Ces deux raisons ont conduit la section locale de la C.I.R. à se détacher du groupe des Indépendants et à engager le dialogue avec les autres formations de la gauche. “
Un des principaux thèmes de sa campagne, la dénonciation du projet de la liste adverse qui souhaite développer la commune de la Ferme Blanche à Sembert. “ Dans 15 ans, le vieux Clamecy ? Mort ! De Sembert à la Ferme Blanche, 3 000 personnes autour d’un supermarché. Voilà le programme plus ou moins avoué de nos adversaires “ peut-on lire en une du Courrier de la Nièvre.
Elle désire que la ville se développe à l’ouest et au nord-ouest, dans la zone du Pré Lecomte. La construction de logements et d’une salle des fêtes y est envisagée. Parmi les autres réalisations prévues : une maison des sociétés, un foyer de jeunes travailleurs, une maison des jeunes, un foyer de personnes âgées, un jardin-garderie d’enfants, une piscine, des bibliothèques, la construction d’un nouveau lycée, l’extension de l’enseignement technique avec des créations de branches nouvelles particulièrement pour l’élément féminin, la réfection et l’entretien de certaines installations sportives.
Autre thème majeur, la gestion « démocratique » ou « démocratie-participation » qui aura lieu à trois niveaux : la municipalité, les réunions de quartiers, les contacts avec les associations avant de prendre toute décision importante. Enfin, donner vie à une association intercommunale notamment dans les domaines du ramassage et de la destruction collective des ordures ménagères et de celui de l’entretien de la voirie. Sur la liste conduite par le Dr Jacques Barcelo figurent deux femmes, Claudine Boisorieux et Jacqueline Cholet.
Face à elle, la liste sortante qui conserve son intitulé Liste d’Entente Républicaine et d’Action Municipale. Elle n’est plus conduite par le Dr Pierre Barbier qui la soutient mais par l’un de ses anciens adjoints, Pierre Tardy. Elle compte huit conseillers sortants et quatre femmes Renée Delavault, Elizabeth Gaidon, Claire Grémy et Claudine Galmard. Dans sa profession de foi, elle rappelle les réalisations de la liste sortante : construction de 216 logements H.L.M, et 92 en cours de construction, 90 pavillons à la Ferme Blanche, implantation du C.E.S, d’un groupe scolaire, d’un gymnase, création de la zone industrielle, alimentation en eau des écarts… Parmi les projets, la construction du lycée, de quatre nouvelles classes à la Ferme Blanche, création d’une gare routière, d’un centre commercial à la Ferme Blanche, construction d’une salle des fêtes, l’aménagement de la maison Redde pour y regrouper les bibliothèques municipales et la Scientifique, l’installation du musée dans l’hôtel de Bellegarde, l’aménagement du foyer paroissial, dans la rue de la Monnaie, en maison de jeunes et salles de réunion, construction d’une piscine, aménagement d’un jardin public au Pré Lecomte. Beaucoup de projets sont communs aux deux listes.

VICTOIRE DE L’UNION DE LA GAUCHE

Lors du premier tour, le 14 mars, 2 554 personnes sur 3 405 inscrits se rendent aux urnes. Le nombre des suffrages exprimés est de 2 463. La liste d’Union de la Gauche remporte 15 sièges. Ceux qui obtiennent les meilleurs scores sont Pierre Guenot (1 544), Jean-Michel Save (1 490) et Jacques Barcelo (1 419). La liste d’Entente Républicaine et d’Action Communale compte deux élus : Abel Nicolas, adjoint sortant (1 287) et André Riant, conseiller sortant (1 263). Un deuxième tour est donc nécessaire afin de pourvoir les six derniers sièges. “ Nous étions très heureux d’avoir un tel nombre d’élus dès le premier tour. En revanche, « Babar » (J. Barcelo) était catastrophé. Il ne souhaitait pas avoir une trop grosse majorité “ se rappelle Bernard Bardin.
Le scrutin de ballotage du 21 mars qui enregistre une participation de 2 415 votants (2 357 exprimés) voit la confirmation du premier tour. La liste d’Union de la Gauche remporte cinq des six sièges. La liste d’entente obtient un siège, Pierre Richoux (1 117 voix). Il est élu au bénéfice de l’âge. En effet, un de ses colistiers, Maurice Viodé avait le même nombre de voix. D’après Bernard Bardin, Jacques Barcelo était défait, désolé de se trouver dans cette situation avec un conseil municipal très à gauche.
Le nouveau conseil municipal se réunit le dimanche 28 mars. A l’ordre du jour, l’élection du maire et de ses adjoints. La séance est ouverte par Raymond Bredeau, le doyen, le benjamin de l’assemblée Guy Raquin est désigné secrétaire de séance. Sans surprise, Jacques Barcelo est élu maire (19 voix, 4 bulletins blancs). Jean-Michel Save est élu premier adjoint (21 voix, 2 bulletins blancs), Claude Lebon, deuxième adjoint (22 voix, un bulletin blanc), Pierre Guenot, troisième adjoint (22 voix, un bulletin blanc), Georges Guipon, quatrième adjoint (20 voix, deux bulletins blancs, une voix pour R. Bredeau). A l’issue de la séance, un dépôt de gerbes est effectué à la Colonne (le monument érigé en haut du Crôt-Pinçon à la mémoire des victimes de la répression du soulèvement contre le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851) pour célébrer le 100è anniversaire de la Commune de Paris, puis au monument aux morts, place des Jeux et au monument de la Résistance.
Un an plus tard, la majorité de gauche va connaître une crise. Jacques Barcelo ainsi que ses adjoints Jean-Michel Save, Pierre Guenot et un conseiller Gilles de Mattos démissionnent. Des élections complémentaires ont lieu le 4 juin 1972. Une liste d’opposition remporte tous les sièges vacants. Dans la foulée, un nouveau maire, Claude Lebon (Parti Communiste) et deux nouveaux adjoints dont Bernard Bardin sont élus.

Jean-Luc Truchot.



(Suite dans le prochain numéro)


Sources : archives Claude Cogan, Bernard Bardin et municipales.
1 - En son sein, des élus qui figureront sur la liste d’Union de la Gauche en 1971 : Jacques Barcelo, Raymond Bredeau, Jean-Michel Save et Georges Guipon, ces deux derniers deviendront maires-adjoints.
2 - EN 1965 comme en 1971, les électeurs pouvaient « panacher », rayer des noms de candidats.


JUILLET 2011 (N°30)




CRISE DANS L’UNION DE LA GAUCHE EN AVRIL 72

Le 21 mars 1971, la ville de Clamecy entrait dans une ère nouvelle avec la victoire de la liste d’Union de la gauche conduite par le Docteur Jacques Barcelo et composée de militants socialistes, communistes et de membres du Parti Socialiste Unifié et de personnes non encartées.

Auparavant, depuis 1947, la ville était dirigée par des municipalités associant des socialistes, des radicaux et des membres de formations de droite. La victoire est sans appel. La liste d’Union de la gauche compte 20 élus, son adversaire, la liste d’Entente Républicaine et d’Action Municipale 3 élus. Jacques Barcelo (socialiste) est élu maire, il est secondé de quatre adjoints, Jean-Michel Save, Claude Lebon (Parti Communiste), Pierre Guenot et Georges Guipon. Cette union va voler en éclat un an après. Parmi les premières décisions votées par le conseil municipal, on note la construction de quatre classes préfabriquées pour l’école maternelle de la Ferme Blanche, l’installation de feux tricolores au carrefour de la route d’Armes et de la plage de la Tambourinette (en juin).

Premier bulletin municipal, septembre 1971.



Le premier dossier a constitué le premier signe de divergence entre le maire et une partie du conseil. Le 24 septembre, les conseillers avaient à choisir entre deux projets, d’un coût identique (600 000 F), l’un semi préfabriqué, l’autre de construction traditionnelle, oeuvre d’un architecte régional. - " Le PC et le PSU étaient favorables à ce deuxième projet d’une maternelle innovante qui s’intègre à l’environnement. Ce fut l’élément déclencheur du conflit avec Jacques Barcelo." - se rappelle Bernard Bardin. Le vote a lieu à bulletin secret. Chaque projet recueille 11 voix. C’est la voix prépondérante du maire qui permet de faire adopter le premier projet. En juillet, l’achat du terrain d’aviation (coût : 3 millions de francs) est repoussé par 10 voix (parmi lesquelles celles des adjoints Claude Lebon, Georges Guipon et Pierre Guenot) contre sept. Décision est prise d’éditer un bulletin municipal qui témoignerait des activités communales et permettrait le dialogue souhaité au cours de la campagne électorale. Le premier numéro sort en septembre 1971. En page 3, l’édito du maire accompagné de sa photo. Au cours de la même séance sont présentés les résultats de l’enquête sur le commerce à la Ferme Blanche. 98 réponses ont été reçues sur les 270 questionnaires distribués. 89 personnes souhaitent un libre service qui sera construit à la fin de la décennie (le bâtiment vient d’être démoli) 7 un commerce traditionnel et 2 un dépôt de commerçants locaux. En septembre, le conseil demande instamment au Préfet que des mesures d’urgence permettent l’inscription et la réalisation du futur lycée dans les plus brefs délais(1). A la même époque, la ville souhaite aménager le musée Romain Rolland dans l’hôtel More de Tannerre appelé aussi maison Redde (l’actuel Centre Culturel) et l’installation de la Bibliothèque et de la Société Scientifique et Artistique dans l’hôtel de Bellegarde (l’actuel musée) et décide que la fête patronale n’aura plus lieu dans les quartiers mais au Pré Lecomte.(2) En novembre, a lieu la première réunion d’un foyer de jeunes, lequel figurait dans le programmme électoral. En décembre, le conseil décide le transfert du commissariat de police de la mairie à l’ancienne poste et accorde la semaine de 40 heures au personnel municipal.

ARCHITECTE URBANISTE.

Un autre dossier va mettre en lumière les divergences : le choix d’un architecte urbaniste pour préparer le futur Clamecy. La candidature de M. Marcot, l’architecte de l’ancienne municipalité, auteur du plan contesté par l’Union de la gauche lors de la campagne électorale de mars est soutenue par le maire, ses adjoints Save et Guenot, deux de leurs co-listiers et les trois représentants de droite. Elle est rejetée, 14 voix se portent sur le cabinet Biro-Fernier. Le clash a lieu lors de la séance du samedi 25 mars 1972 qualifiée d’” houleuse “ dans le titre du Journal du Centre et principalement consacrée au budget primitif présenté par Jean-Michel Save le premier adjoint. Le maire souhaitait une augmentation du centime de 20 %, deux de ses adjoints Claude Lebon et Georges Guipon voulaient 25 %. Les propos sont vifs. André Riant, conseiller d’opposition quitte la salle. Finalement, le budget est repoussé par 11 voix contre 10 (Barcelo, Save, Guenot, 5 de leurs co-listiers et 2 élus de l’opposition). Les opposants de gauche précisent dans un tract signé " le groupe des élus mis en cause dans la presse " que le budget n’a pas été repoussé mais amendé et finalement adopté ce qui est tout différent. Des termes repris par le futur maire Claude Lebon dans son édito dans le bulletin municipal daté d’octobre 1972. Le 1er avril 1972 Jacques Barcelo, deux de ses adjoints Jean-Michel Save et Pierre Guenot démissionnent ainsi qu’un conseiller de leur liste, Gilles De Mattos. - " Le maire et ses deux adjoints espéraient être suivis par d’autres conseillers. Babar était déçu de ne pas avoir été suivi par des conseillers d’opposition et certains de ses co-listiers." - commente Bernard Bardin. Les auteurs du tract cité plus haut expliquent ces démissions par le fait que le maire a une conception du rôle de premier magistrat qui l’amène à considérer tout point de vue différent du sien comme une opposition systématique, et par celui que les options nouvelles proposées sur le plan de l’urbanisme n’ont jamais été sincèrement acceptées par deux des démissionnaires. Dans son édito (voir plus haut), Claude Lebon explique le différend portant sur deux options fondamentales - “ cette différence d’appréciation (20 et 25 %) a été le prétexte idéal pour démissionner. Les raisons sont ailleurs. Le différend portait sur deux options fondamentales. La première avait trait à la démocratie et à son fonctionnement à l’intérieur du groupe, refus permanent de la minorité de se plier aux décisions de la majorité. La deuxième concernait l’urbanisme : le programme prévoyant un développement harmonieux de la ville en limitant les constructions à l’est et en créant une zone d’implantation à l’ouest était constamment remise en cause. “ -

ELECTIONS COMPLEMENTAIRES.

Suite à ces démissions et au décès de Paul Cahier d’Hery, conseiller de la liste d’Union de la gauche, des élections complémentaires doivent avoir lieu. Mais avant celles-ci, les élus de la liste d’Union de la gauche qui rappellent que cette union à valeur d’exemple sur le plan départemental signent le 24 avril 72 une charte afin de redéfinir les grandes options et les méthodes de travail. Dans le premier chapître : l’urbanisme, thème principal de la campagne et le dialogue avec le développement des rapports étroits avec la population ; dans le deuxième chapître toute décision prise par la majorité doit être défendue et votée par le groupe entier. (...) La date de l’élection est fixée au 4 juin.
Deux listes sont en présence : celle d’Union de la gauche dont les candidats sont Jacques Bertin (commerçant), Mme Cahier d’Hery, Clovis Célisse (ouvrier à Progil), Jean-Louis Petit (Instituteur), André Treuillet (ouvrier à Progil), et celle baptisée d’intérêt général. Elle est composée de Lucien Follope (machines agricoles à Pressures), Jean-Michel Gardeux (géomètre expert), Jean Hadacek (fourreur), Jacques Seydoux (assureur), et André Vincent (technicien). La liste d’action municipale a décidé de ne pas présenter de candidat expliquant - " il n’est pas opportun de présenter des candidats dans les circonstances actuelles. Ceux-ci devraient se contenter d’un rôle purement figuratif comme l’ont celui de nos trois élus en mars 1971. Ils sont réduits à un rôle de spectateur dans un conseil où tout travail de participation et de contrôle leur est interdit. “
Lors du scrutin, la participation est nettement inférieure à ceux de mars 71 (2 554 et 2 415 électeurs), on dénombre 1 747 votants (1 598 suffrages exprimés). Liste d’intérêt général : Lucien Foloppe (854 voix) ; Jean-Michel Gardeux (887) ; Jean Hadacek (857) ; Jacques Seydoux (856) ; André Vincent (850) tous élus. Liste d’Union de la Gauche ; Jacques Bertin (686 voix) ; Mme Cahier d’Héry (672) ; Clovis Célisse (659) ; Jean-Louis Petit (688) ; André Treuillet (660). - “ on les avait envoyés au casse-pipe “ - souligne Bernard Bardin.
Avant l’élection du maire qui a lieu le dimanche 11 juin. François Mitterrand avait réuni les leaders Il souhaitait qu’un socialiste soit maire, en l’occurrence Georges Guipon qui s’occupait du lourd dossier du futur lycée et était d’accord. - “ J’avais été contacté par la direction du Parti Socialiste de la Nièvre qui avait envisagé ma candidature. Je leur avais répondu que le P.S.U ne représentait qu’un potentiel de voix de 5 %, le poids du P.C.F. était de 25 %. Ils n’ont pas insisté “ - se rappelle Bernard Bardin. Philippe Cabarat, conseiller municipal et porte-parole des non encartés au sein du conseil avait déclaré à Mitterrand - “ On n’est pas lié par un contrat au P.S. “ - Finalement, Claude Lebon est élu maire par 13 voix, contre 7 à Jean-Michel Gardeux et 3 nuls. Georges Guipon est élu premier adjoint par 14 voix contre 7 à Jean Hadacek et 2 nuls. Bernard Bardin, deuxième adjoint 14 voix, André Blond (P.C.F.) 2 voix, Raymond Bredeau (P.S.) une voix, 6 nuls. Philippe Cabarat, troisième adjoint, 16 voix, André Blond une voix, 6 nuls. Jean Lebas, quatrième adjoint, 22 voix, un nul. En 1977, année où le programme commun signé en 1972 par François Mitterrand pour le P.S. Georges Marchais (P.C.F.) et Robert Fabre (Radicaux de Gauche) est rompu, la ville sera dirigée, de nouveau, par un socialiste Bernard Bardin.

Côte à côte Claude Lebon et Bernard Bardin. (3ème et 4ème en partant du bas)



Suite au prochain numéro

J-L.T.



1. À la rentrée de 1971, plus de 2 100 élèves fréquentent les différents établissements scolaires locaux
2. La première s’y déroulera en juin 1973.





Une ode aux tirailleurs sénégalais

Avant-première du film de Mireille Hannon “ Les 43 tirailleurs ” au cinéma de Clamecy.

Le 20 juin 1948 est inaugurée à Clamecy une stèle1 à la mémoire des 43 tirailleurs sénégalais massacrés par les Allemands le 18 juin 1940. Le sculpteur Pouyaud a choisi de représenter un Africain assis, en tenue de soldat, enlaçant un totem, les yeux clos tournés vers le ciel. Son casque militaire est posé sur le sol à ses pieds. Pouyaud a façonné ce visage, ce corps d’homme noir, dans la même pierre blanche qui lui a servi à sculpter le Flotteur du pont de Bethléem. L‘oeuvre s’inscrit dans la tradition des monuments aux morts de la guerre 1914-1918. Originaire du Haut-Nivernais, Mireille Hannon, la réalisatrice, connaît bien les lieux et la statue l’intrigue depuis toujours. C’est l’énigme que suscite en elle la présence à cet endroit de ce tirailleur égaré qui va servir de point de départ à une quête de l’Autre. Et qui va la conduire à remonter le fil de l’histoire de cette poignée de très jeunes gens des colonies venus en France pour se battre aux côtés des Français et à Clamecy pour y périr. Le film évoque à peine les Allemands. Ce qui intéresse la réalisatrice, c’est de tenter de redonner un corps et une âme à ces pauvres diables massacrés à la Pépinière ce 18 juin 1940… Qui étaient-ils ? Comment s’appelaient-ils ? D’où venaient-ils ? Afin de mener à bien son projet, elle s’adjoint la collaboration d’un photographe spécialisé dans les clichés d’hommes et de femmes d’Afrique, Philippe Guionie.

Les derniers témoins locaux

Le 16 juin 1940, les Allemands arrivent à Clamecy. Après l’« escarmouche du pont de Bethléem », l’ennemi occupe la ville. Le 20 juin, la Feldkommandantur prend possession de la mairie, reléguant les autorités locales dans le bureau de l’état civil. Entre-temps, le 18 juin 1940, a lieu le massacre des 43 prisonniers « français africains2 ». Les corps sont restés 5 jours sur place, les nazis ayant interdit qu’ils soient inhumés.
Mireille Hannon va retrouver et interroger les témoins, filmer les lieux, exhumer du fonds Edouard Belile (archives départementales) des photos des trois camps de prisonniers français improvisés à Clamecy, ainsi que des clichés de l’inauguration du monument en 1948. Elle interroge des chercheurs (Jean Vigreux de l’université de Franche-Comté et Raffael Scheck3, historien allemand qui a consacré un ouvrage aux massacres de tirailleurs en mai-juin 1940). Les témoins locaux sont remarquables, qu’il s’agisse de Janette Colas, résistante, de M. Morère ouvrant son album de photos de l’époque ou lisant le poème de Jeannette Petit et de M. Pannetier, de Oisy.

« Il était comment cet homme ? »

La tentative de donner un corps à ces hommes se poursuit en toute logique au Sénégal. Si les documents d’archives ne permettent pas, hélas ! d’identifier tous les tirailleurs tombés à Clamecy, parmi les 32 noms retrouvés, Mireille Hannon en retient deux, ceux de 2 tirailleurs sénégalais. Accompagnée du photographe, elle part au Sénégal en quête des villages et des familles de ces 2 hommes. A Dakar, elle filme la place des Tirailleurs et le musée des Forces armées où la statue du général Faidherbe4, qui a créé le premier bataillon de tirailleurs sénégalais à Saint-Louis (Sénégal), est reléguée dans une cour désaffectée…
Elle interroge des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, hommes âgés et dignes, retrouve dans les villages les descendants des deux tirailleurs tombés à Clamecy… Elle leur montre les photos de la stèle, des camps de prisonniers de Clamecy, le dossier de décès de leur ancêtre, etc. Là, encore, les témoins sont remarquables, qu’il s’agisse des historiens africains, des vétérans ou des descendants des 2 hommes sacrifiés sur l’autel de la guerre franco-allemande. Aucune trace de rancune ou de haine dans leurs paroles. Au contraire, tous ces hommes parlent de rédemption et de réconciliation. Mais qu’on reconnaisse d’abord les faits, leur participation à la libération de la France et le massacre de Thiaroye. Hélas ! au massacre perpétré à Clamecy en 1940 par les nazis vient s’ajouter celui perpétré au camp militaire de Thiaroye, le 1er décembre 1944, par l’armée française. Des tirailleurs rentrés au pays pour y être démobilisés, sont assassinés parce qu’ils réclamaient des arriérés de solde. Là-bas, au Sénégal, ce sont les artistes qui entretiennent la mémoire de cette forfaiture. La caméra suit la très étonnante fresque en rouge, noir et blanc qui dit tout : les larmes, les visages moitié noir, moitié blanc, les cercueils qui, là-bas aussi ont fait défaut…
Le projet de Mireille Hannon n’est pas d’épuiser le sujet. (Il reste encore des zones d’ombre que les chercheurs à venir se feront un plaisir d’éclaircir !). Néanmoins, elle donne là un travail très personnel et comme inspiré. Elle suit un chemin, le sien, et le résultat donne un film qui est comme une ode aux tirailleurs sénégalais (et maghrébins). Et, sous cet angle, il est magnifique.
A Clamecy, dès 1943, la mémoire de ces soldats français des colonies morts tragiquement a été honorée. Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1943, des résistants vont planter sur les lieux du drame des drapeaux américain, français, russe, canadien, ainsi qu’une croix de Lorraine réalisée avec des fleurs. Les hommages n’ont jamais cessé depuis. D’après Jean Vigreux, c’est peut-être un cas unique en France. (Notons que la stèle a fait l’objet d’une souscription en 1947-1948.) Une suite positive doit être donnée au travail de Mireille Hannon, puisque Mme le maire s’est engagée, à l’issue de la projection du documentaire à Clamecy, le 17 juin dernier, à faire graver près du monument les noms des tirailleurs identifiés tombés en 1940.

Anne Dourneau.



1. Lors de son inauguration en 1948, la statue est en pleine nature, le long de la route bordant la Pépinière et le bosquet où les tirailleurs sont tombés. Elle se trouve aujourd’hui un peu perdue au milieu de la zone industrielle.
2. Plus de 20 000 prisonniers français séjournent à Clamecy entre le 16 juin et le 21 juillet 1940.
3. Raffael Scheck, Une saison noire. Le massacre des tirailleurs sénégalais en mai et juin 1940, Taillandier, Paris, 2007.
4. Les tirailleurs dits sénégalais des bataillons du général Faidherbe (1828-1889) étaient originaires aussi bien d’Afrique occidentale, d’Afrique équatoriale, que du Maghreb.





L’histoire en image

En 1972, quelques mois après la création du foyer de jeunes, dans les bâtiments d’exploitation de la Ferme Blanche.

Les bénévoles (étudiants, lycéens, ouvriers et un prêtre - ouvrier) qui restaurent les lieux réunis lors d’une fête.
(Photo : Guy Beaufils - Coll - P. Vogade)


NOVEMBRE 2011 (N°31)


1972-1977/La ville dirigée par un communiste

Avant-dernier volet de notre rétrospective sur les élections municipales dans les années 70 qui avaient vu la victoire, en mars 71, d’une liste d’Union de la gauche dirigée par le Dr Jacques Barcelo et comprenant des socialistes, des communistes, et des membres du P.S.U (Parti Socialiste Unifié). La liste d’opposition remportait deux sièges. (Voir Picot n°29). Un an plus tard, en avril 72, elle allait connaître une crise suite à la démission du maire et de plusieurs de ses adjoints. Lors des élections partielles, en juin, les cinq candidats de gauche étaient devancés par ceux de la liste baptisée d’Intérêt général. Une semaine plus tard, Claude Lebon (P.C.F.) est élu maire. Il est assisté de Georges Guipon (P.S.) comme premier adjoint (François Mitterrand avait souhaité qu’il occupe le poste de premier magistrat), Bernard Bardin (P.S.U.) deuxième adjoint, Philippe Cabarat (proche du P.C.F.) troisième adjoint et Jean Lebas quatrième adjoint (voir Picot n°30). Au plan national, le 26 juin 72, François Mitterrand, Georges Marchais, secrétaire général du P.C.F. et Robert Fabre, président du Mouvement des Radicaux de Gauche signaient un contrat de législature appelé Programme commun de la Gauche Unie. Un accord que souligne Claude Lebon dans son édito publié dans le n°4 de Clamecy Information (le bulletin municipal).

Le principal dossier traité par la “ nouvelle municipalité “ est la construction du nouveau lycée. Face au projet défendu par Georges Guipon, l’opposition par la voix de Jean-Michel Gardeux en présente un autre qui est rejeté. La commune va emprunter un million de francs remboursable en quinze ans. En revanche, tous les conseillers sont unanimes pour l’acquisition de terrains au lieu dit Les Plantes. Dans son édito, (B.M. n°5), Claude Lebon déclare “ Nos équipements collectifs sont en retard de 25 ans. Il faut à Clamecy des logements collectifs et individuels, une piscine, une salle des fêtes, améliorer les réseaux routiers, d’eau et d’assainissement, aménager la Zone Industrielle, achever les installations sportives autour du gymnase, créer la Maison des Jeunes et de la Culture Romain Rolland (dans l’ancienne maison Redde, l’actuel centre culturel), participer à la modernisation de l’hôpital en soutenant le projet de construction d’une maternité. “ (Fin 73, le conseil d’administration de l’hôpital se prononce en faveur d’un projet de construction d’une maternité de 16 lits).

PLAN D’OCCUPATION DES SOLS

En mai 73, Georges Guipon présente le P.O.S. (plan d’occupation des sols) et le dossier de création d’une Z.A.D. (Zone à aménagement différé) couvrant la totalité du Pré Lecomte et de la Ferme des Prés et dont la mise en forme est confiée au cabinet d’architectes Biro-Fernier. Y est prévue la construction de la piscine (petit bassin couvert, grand bassin), d’un gymnase, de la salle des fêtes (l’actuelle salle polyvalente) autour de laquelle devrait être aménagée la place des Fêtes et d’immeubles à hauteur limitée avec, dans un premier temps, une tranche de 56 logements H.L.M à la Ferme des Prés. Lors de la présentation du budget figure le dossier de l’aménagement de la maison Redde en vue de l’installation du musée Romain Rolland qui présentera selon Bernard Bardin répondant à un opposant “ un énorme intérêt sur le plan national et international. “ L’opposition vote contre. Les travaux débutent à l’automne. Cette même année, la commune achète la Ferme des Prés. Courant mars 74, les premiers travaux de remblaiement débutent au Pré Lecomte. En juin, fin des travaux du bâtiment devant accueillir l’entreprise Helder sur la zone industrielle. Au début de 75, la municipalité décide que les anciens locaux du lycée (rue Jean Jaurés) abriteront la bibliothèque, la Société Scientifique et Artistique, des bureaux et salles de réunion, ainsi que des appartements et studios pour les jeunes travailleurs dans la partie la plus récente. A la Ferme des Prés, la construction des logements se poursuit.

Construction du lycée de Clamecy.



Le 13 septembre 75, le nouveau lycée, aux Plantes, est inauguré en présence de madame Romain Rolland. Il faudra attendre un an avant que les sections techniques du lycée quittent l’ancienne E.P.S. (route d’Armes) pour rejoindre le lycée. Le 18 octobre, le Foyer de Jeunes est “ liquidé “ et fait place à la M.L.A.C. (Maison des Loisirs et Activités Culturelles) (voir Picot n°18). Toujours sur le plan de la culture, des classes de l’Ecole de Musique sont inaugurées le 27 mai 76 dans les locaux de l’ancien lycée.
Le 27 août 76, le conseil municipal autorise l’exécution des travaux de finition de la Maison des jeunes, de la culture et des loisirs Romain Rolland, décide de mettre en œuvre la construction d’un centre commercial à la Ferme Blanche et d’une piscine à la Ferme des Prés.

ELECTIONS CANTONALES EN MARS 76

Lors de celles-ci, sont en lice Pierre Barbier, conseiller général sortant, candidat de la Majorité Présidentielle (Giscard d’Estaing), Claude Lebon pour le Parti Communiste, Jean Hadacek, conseiller municipal d’opposition, sans étiquette, Marcel Vannereau, maire de Brèves, pour l’U.D.R (Union de Défense de la République), gaulliste, Jean-Michel Save, ancien maire adjoint de Clamecy démissionnaire en avril 72, dissident du Parti Socialiste et Bernard Bardin, deuxième adjoint de Clamecy, candidat du Parti Socialiste. Membre auparavant du P.S.U. (Parti Socialiste Unifié), Bernard Bardin entre au P.S. en décembre 75 après avoir été contacté par Paule Saury, responsable départementale du P.S. mais aussi par le fait, comme il l’explique, que “ voir 13 tendances au P.S.U. me désespérait. “ La section locale du P.S. l’a choisi, à un forte majorité, face à Jean-Michel Save. Au premier tour, le 7 mars, il arrive en tête devant Claude Lebon (1 450 voix contre 1 173). A Clamecy, le score est plus serré (respectivement 779 et 712 voix). Les autres candidats obtiennent : Pierre Barbier (730 voix), Jean-Michel Save (449 voix), Jean Hadacek (252 voix), Marcel Vannereau (572 voix). Au deuxième tour, le 14 mars, le scrutin est une triangulaire. Bernard Bardin qui a fait le plein des voix de gauche (2 955 voix) l’emporte devant Pierre Barbier (909 voix), Marcel Vannereau obtenant 718 voix. Bernard Bardin qui avait le soutien de Mitterrand “ C’est un homme jeune, compétent, dévoué qui fait partie de la génération qui assurera bientôt les responsabilités de notre pays “ devient donc conseiller général, fonction qu’il exercera jusqu’en 2001, terminant président du Conseil général.

L’UNION SE FISSURE

Dans le Clamecy Information de décembre 76, Claude Lebon souligne que “ les élections municipales de mars 77 doivent être l’occasion pour cette Union de la Gauche de se concrétiser partout par l’établissement de listes unitaires dès le premier tour à Clamecy comme ailleurs. “, concluant “ les résultats acquis font penser qu’il nous faut continuer dans cette voie en reconduisant la liste que j’ai l’honneur présentement de présider en l’étoffant et l’élargissant encore… C’est la meilleure façon de mettre en échec la droite et ses manœuvres. “ Ses voeux ne seront pas exaucés, l’union ne se fera pas au premier tour. Le 4 mars, Claude Lebon prend un arrêté concernant les adjoints Georges Guipon et Bernard Bardin. Leurs pouvoirs de signature sont rapportés. Pour Bernard Bardin, cette décision est consécutive à l’échec des négociations entre le P.S. et le P.C.F. au plan local en vue obtenir une liste d’union dès le premier tour. Claude Lebon justifie cet arrêté par le fait que “ Bernard Bardin est devenu maintenant mon adversaire. “
Suite et fin dans le prochain numéro.

J.L.T.


Autres faits...
Bar restaurant de la Tambourinette : la gérance est confiée à Roger Goumet du 01/05/72 au 31/12/74. Film TV : Beau François est tourné à Clamecy pendant l’été 72. Commissariat : à l’automne 73, il est transféré de la mairie à l’ancienne poste. Abattoir : il est fermé le 01/02/73. Comité de jumelage : créé le 30/01/73, il est présidé par Sylvaine Demulder. Fête patronale : la première édition de la nouvelle formule a lieu le 17/06/73 au Pré Lecomte. Bibliothèque : ouverture au rez-de-chaussée de la mairie sous la direction de Mme Mathé le 24/04/74. Club de rugby : créé en mai 74. Centre commercial de la Ferme Blanche : début des travaux mars 77.