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TANNAY

jeudi 15 septembre 2011, par Le Picot




AVRIL 2011 (N°29)




Le dur, le mou ?

À compter de mars 2014, les conseillers généraux et régionaux vont fusionner pour donner naissance à une race d’élus tout neufs :

les conseillers territoriaux.
Un projet de loi vise essentiellement à remplacer les 6 000 conseillers généraux et régionaux actuels par 3 500 conseillers territoriaux. Ils seront élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Le Conseil constitutionnel qui valide le principe de ces nouvelles élections a aussi, dans sa grande sagesse, mis un frein à la mauvaise répartition représentative territoriale qu’elle engendre. La France reste un pays géographiquement complexe. Eh oui ! Le Parlement doit donc revoir sa copie. Ne rêvez pas, les plus petits seront toujours les moins bien servis. Le mammouth constitutionnel doit avant tout perdre de sa graisse. Pas facile pour autant de se faire une idée précise de cette réforme. Concomitante à ces élections, elle engendre de nombreux changements. Les Commissions Départementales de Coopération Intercommunales (CDCI) doivent être recomposées. La date butoir étant fixée à décembre 2011 évidemment sous l’empire Sarkozyste : adoption définitive par le préfet... Moins de communautés de communes, moins de personnels, une réorganisation administrative avec de nouvelles concordances des services (comme pôle emploi)... On peut s’attendre au meilleur comme au pire. Là où le bât blesse : les places pour nos élus vont devenir rares et donc plus chères. Inutile de préciser que ça se bouscule déjà au portillon et nos maquignons régionaux sont déjà sur le coup. D’autant plus qu’un poste de député est supprimé dans la Nièvre. L’appel à regroupement a donc été lancé. Avec un seul mot d’ordre : les petites communes doivent se rallier. Mais se rallier à qui et pourquoi ? Pour exemple, les villages de la vallée du Beuvron : à Tannay, Saint-Saulge, Clamecy ? Nouveaux découpages, nouveaux charcutages, nouveaux copinages et faux partages. En jargon politique, on nomme ça : la rationalisation des périmètres. Qu’il soit politique, médiatique, économique, le système néolibéral a racketté tous les pouvoirs pour les maintenir entre les mains de quelques-uns. L’oligarchie sous ce quinquennat creuse plus que jamais son trou. L’un de ses champions, ici en région : Philippe Nolot (maire de Tannay, conseiller général, président de communauté de communes, apôtre du super U, du bien-être de nos retraités et très attaché à la rénovation de monument historique, surtout des églises) fait désormais le forcing pour rassembler les 5 000 âmes nécessaires à la survie de son fief. À droite, il y a toujours eu les durs et les mous... Nolot fait partie de la première catégorie. Lorsqu’il cherche à imposer un parc éolien sur son territoire, ou bien à supprimer l’approvisionnement d’eau potable en bouteille pour les écoles (alors que la DDASS signale que l’eau de la ville n’est toujours pas aux normes), il le fait sans aucune concertation avec la population. C’est un dur. Dans la deuxième catégorie, il y a Jean-Louis Jury, maire de Beuvron qui fait le choix d’un vaporeux référendum pour l’implantation d’éoliennes sans tenir compte des alternatives proposées par des citoyens réellement impliqués. N’empêche, avec cette histoire de rationalisation des périmètres, qui pourrait être surpris que le dur becte le mou ?

Thierry Rochet.