Le Picot

Accueil > Dossiers > DU HAUT DE LA TOUR > ANNÉE 2013

ANNÉE 2013

N°34

dimanche 17 novembre 2013, par Le Picot




AVRIL 2013 (N°34)




L’âge du robot

Frères humains…, l’humanité se déshumanise de plus en plus ! Et tant pis pour les illettrés, les étrangers ne maîtrisant pas bien notre langue, les handicapés mentaux, les aveugles ! Tant pis aussi pour les gens seuls qui aimeraient bien, lorsqu’ils mettent le nez hors de chez eux, trouver quelques mots sympas, un peu de chaleur ! Mais cela n’enrichit pas les actionnaires de tout poil, la sympathie n’est pas cotée en bourse ! Peace and love, c’était au siècle dernier, maintenant, le monde appartient aux tueurs !
A la banque, vous remettez l’argent liquide dans une enveloppe, puis dans une machine, sans comptage contradictoire. En cas de malversation ou d’erreur, que se passe-t-il ? Parole contre parole ? Finalement, la bassine ou le matelas, ce n’est peut-être pas si mal ! Vous entrez dans l’établissement, vous menez silencieusement votre petite vie et vous sortez.
Au supermarché, le bonjour du caissier ou de la caissière est peu à peu remplacé par des caisses automatiques : client pressé, tu devrais te faire rémunérer, puisque grâce à toi, ton fournisseur réalise de substantielles économies. Courez, braves gens, vers un monde sans travail qui, cela est certain, ne vous aidera pas à remplir le caddie !
A la poste, l’on suit la tendance. L’on dit toujours que la parole est d’argent, mais que le silence est d’or, eh bien nous entrons dans une ère fantastique, l’or étant une valeur refuge très prisée en ce moment : vous pouvez dès maintenant sortir de votre domicile, réaliser toutes les opérations que vous souhaitez en ville sans avoir prononcé un mot.
Mais ne vous désolez pas : il vous restera toujours vos 3 495 amis sur Facebook pour vous consoler quand le bistro du coin ne fonctionnera plus qu’avec des robots !

Michèle Podoriézack.







Divorce pour tous

Il faut bien le reconnaître, les manifestations contre le mariage pour tous, ont remporté un franc succès et peu importent les chiffres des uns et des autres.

Réunir les catholiques toutes tendance confondues, des militants et élus UMP, le FN, Bloc Identitaire et groupuscules divers et variés d’extrême en tout genre, ça fait du monde dans les rues. Qu’on ne s’y trompe pas, même si ce projet de loi porte sur un choix de société en faveur de l’égalité, l’ennemi commun de ces manifestations est (a toujours été) l’homosexuel. Et les slogans en disent long.
“1 enfant = 1 papa + 1 maman”
- Oui, mais après, ça se passe comment ? En France, 2,8 millions d’enfants vivent dans une famille monoparentale.
“On veut du boulot, pas de mariage homo”
- C’est oublier le côté économique de cette loi. Les homos comme les hétéros pourront ensuite divorcer. L’État, les avocats, les notaires, les huissiers, les nounous, Toysrus, les loueurs et marchands de biens et j’en passe, tout ce beau monde, se régale d’avance. Égalité pour tous et aussi pour le porte-monnaie.
“Les pédés au bûcher”
- Grand classique de l’homophobie. Pratiqué à la lettre par l’église catholique en son temps. Hitler et Staline les ont fait déporter. Ça ne marche pas, y’en a toujours. On ne peut rien contre la nature.
“La France a besoin d’enfants pas d’homosexuels”
- Logique pour des gens qui ont toujours été contre le divorce, la contraception, l’IVG, le Pacs et bien sûr la dépénalisation de l’homosexualité en 1981. Un monde où il n’y aurait que des enfants, Walt Disney en rêvait.
“Le sida, pour les pédés !”
- Faut dire, le Christ a beaucoup souffert, normal que ses adeptes cherchent à faire payer aux autres cette béatitude. Pour mémoire, les trois religions monothéistes sont animées par la même pulsion de mort. Passion pour l’au-delà contre calamités d’ici-bas. L’homophobie n’est ni de droite ni de gauche, elle n’est ni laïque ni religieuse, elle est partout. C’est peut-être une de ses particularités. La connerie aussi semble universelle et c’est bien ce qui fait peur. Allez, un petit dernier pour la route :
“Y’a pas d’ovule dans les testicules.”
- Ce slogan, attribué à Frigide Barjot, montre bien que l’on peut être femme et conne comme une bite.

Thierry Rochet.