Le Picot

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ANNÉE 2004

N°9

mercredi 22 juin 2011, par Le Picot




MARS 2004 (N°9)




LA COMMUNAUTE DE COMMUNES, C’EST LE BOUQUET ?

Il y a maintenant plus de 10 ans, les responsables locaux nous vantaient les mérites de l’intercommunalité, en nous promettant monts et merveilles mais, surtout, partage des infrastructures donc réduction des coûts, l’union faisant la force etc, etc. 13 communes (chiffre maléfique s’il en est ?) adhèrent en 2004 à la Communauté de Communes des Vaux d’Yonne (CCVY), soit tout le canton moins Pousseaux " l’irréductible ", qui résiste encore.

Où en sommes-nous aujourd’hui, alors qu’en 5 ans de législature (97-2002) l’équipe Jospin n’avait malheureusement pas su trouver le temps de voter les lois prévues, qui devaient assurer (à défaut d’autre chose ?), une légitimité démocratique à ces structures intercommunales, en assurant l’élection de ses membres au scrutin direct ?
Le président, coopté par les membres du club des grands électeurs. Il saute aux yeux, en effet, que le système actuel de désignation des dirigeants d’une Communauté de Communes est tellement indirect qu’il ne semble plus démocratique, et que ces décideurs peuvent paraître totalement coupés d’une population qu’ils ne représentent plus vraiment. Chaque conseil municipal nommant des délégués communautaires en son sein, qui, ensuite, vont élire un bureau, qui lui, va élire un Président : le citoyen et le bulletin de vote sont bien loin ! Difficile de faire plus indirect et antidémocratique que ce système qui voit un Président n’ayant de compte à rendre qu’à une poignée de cooptés, mais qui demeure élu pour 6 ans, indéboulonnable quels que soient ses actes et sa gestion… Le progrès de la démocratie de proximité à la française est en marche, et on s’étonne ensuite que l’électeur moyen se dégoûte de tout ce système ?

La CCVY, une naissance dans le faste et l’excessif ?

Il faut noter que dès le départ en 1993, grâce au style de la gestion " Bardinesque ", on pouvait sérieusement se poser des questions, quant au bien-fondé des choix et des premières grosses dépenses engagées par la CCVY. Il s’agit bien entendu du dossier des ordures ménagères et on se souvient de la construction à grand frais du bâtiment de la Déchetterie, de l’achat de véhicules électriques hors de prix, du choix du ramassage à domicile (le plus onéreux), et de la mise à l’écart brutale du Varne, association qui jusqu’alors avait organisé le tri et le recyclage des déchets et donc, rendu service à la collectivité à un coût minime.
A l’époque, le Président Bardin promettait qu’à terme tout ce système permettrait des économies(1) : " l’économie réalisée sera importante. Si on se fonde sur un tonnage annuel de l’ordre de 2 500 tonnes pour notre communauté, l’économie serait de l’ordre de 600 000 F/an." Bien entendu, les sceptiques n’eurent pas besoin d’être devins pour se douter, qu’à l’heure où la douloureuse arriverait, cela ferait très mal pour tous les habitants contribuables… Et nous y sommes aujourd’hui. En guise d’économies, la taxe d’ordures ménagères a augmenté de 342 % de 1994 à 2003, (le taux passant de 3,27 % à 11,20 %).
Elle a subi une hausse de 30 % à Clamecy en 2003, entraînant un alourdissement de la taxe foncière globale (déjà très élevée) de 8 à 10 % : tandis que le maire claironne depuis 2002 comme une victoire éclatante “ Chérie j’ai maintenu les taux d’imposition au même niveau ! ” Et quand il annonce une baisse de 3,3 % de la taxe foncière pour 2004, ça tombe à plat, vu qu’on vient de se payer une augmentation de 10 % : quel manque d’anticipation, quel défaut de communication !
Et ce n’est qu’un début ! Pour 2004, on peut déjà prévoir, soit une augmentation supplémentaire de cette taxe d’ordures, soit une augmentation des autres taxes.
Il faudra en effet payer sur le budget de la CCVY les salaires des emplois jeunes, que l’Etat –Raffarin arrête de financer. Ce que Bouquet nous annonce d’ailleurs dans son Edito(2) gnangnan d’un niveau de réflexion consternant : " gn’on-va-continuer-n’à-augmenter-les dépenses-donc-les-impôts-pour continuer-gn’ à-développer-la-CCVY-car-c’est- pour-votre-bien-gn’ et-pi-bientôt-tout-ça-va porter-ses-fruits-n’ alors-continuons-comme- ça-gnnnn…” (sic semi texto). Il faudra aussi commencer à renouveler le parc des véhicules et c’est là qu’on apprend p.3(2) que les véhicules (électriques ou GPL) étaient en fait coûteux et inadaptés, vu le nombre de déplacements induits par leur petite contenance : exactement ce que les critiques de l’époque disaient !

La CCVY mène une politique antisociale ?

Ainsi, un habitant de la CCVY qui payait 500 F/an en 1994 pour qu’on lui ramasse ses ordures, en paye 1 734 F en 2003 (ex-francs courants). (De 76 euros à 264 euros) Il faut rappeler que cette taxe, comme toutes les taxes indirectes, ne tient aucun compte du revenu ou de la quantité d’ordures à traiter. Elle est intégrée dans la taxe foncière payée par les propriétaires, mais est intégralement réclamée ensuite à tous les locataires. Ainsi le petit consommateur paye-t-il pour le gros, et le particulier pour les entreprises : c’est donc bien une politique antisociale.
Et, quand on veut nous faire croire qu’on prend en compte cette dimension du problème, cela donne un truc incompréhensible, où on apprend que la CCVY jusqu’à présent collectait gratuitement un des supermarchés, et pas l’autre, et que ceci est " illégal " et va donc s’arrêter… Comprenne qui pourra. (Conseil Communautaire du 16/12/03 à Chevroches).
Le Président peut bien ouvrir ses vœux 2004(2) en s’adressant à " ceux qui sont en grande difficulté " : ça ne mange pas de pain, de verser des larmes de crocodile, et ça ne coûte pas un rond, surtout qu’il vient de leur vider les poches, en quelque sorte ! Le Rat-ffarin en a fait autant, en visitant les Restos du Cœur, lui qui a sucré les indemnités de 200 000 chômeurs. Il convient d’indiquer aux décideurs que la loi propose une alternative à la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM), il s’agit de la Redevance d’Enlèvement (REOM). D’après un ingénieur de l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), B. Begnaud(3) :
" Seule la redevance permet de responsabiliser les usagers, de faire maigrir la poubelle, d’optimiser les coûts, d’obtenir la transparence sur la gestion des déchets…"
Mais la REOM impose à la Collectivité publique une totale transparence sur la gestion du poste déchets, tandis que la TEOM permet de lever n’importe quelle somme puis de la noyer dans la partie recettes impôts et taxes du budget global de la CCVY : facile !
(Facile également de brader à 30 F (4,6 euros) le mètre carré un terrain destiné au simple déménagement d’un supermarché local : on ne prête qu’aux riches ?)

La CCVY, une collectivité avide et budgétivore ?

Il faut avouer que même le plus chaud partisan de l’intercommunalité peut se poser des questions au sujet de la gourmandise du machin. En dix ans d’existence on voit bien l’inflation des taxes, et moins bien ce que le pékin moyen en retire comme avantage… Comme on l’a vu, la TEOM : + 342 % en 10 ans ; la part CCVY de la taxe d’habitation : + 252 % (le taux passant de 0,74 % à 1,87) ; la part CCVY de la taxe foncière : + 243 % (taux de 1,39 % à 3,39 %). Il aurait été intelligent que la ville de Clamecy réduise ses taux d’autant, ce qui, bien sûr n’a pas été le cas.
Quand cela s’ajoute aux impôts locaux de la deuxième ville (après Nevers) la plus taxée du département, vous obtenez l’exaspération et l’incompréhension des citoyens… Et donnez raison aux détracteurs de la première heure qui pensaient que la CCVY ne serait qu’une pompe à fric incontrôlable et une machine à fournir des indemnités aux dirigeants (1 150 euros par mois pour le président, 460 euros pour les vice-présidents en sus des indemnités de maire ou d’adjoint).
Et le pilotage de la pompe à finance s’avère plus opaque et douteux que jamais, comme on a pu le voir dernièrement, lors de la réunion communautaire du 25/02/2004, où on a appris qu’il manquait 368 000 euros (2,42 MF) pour boucler le budget de la CCVY, soit 12 % du montant global qui restent à trouver !
Y a-t-il vraiment un pilote dans l’avion ? Quelle est cette gestion à la petite semaine quand on gère 3 millions d’euros (20 MF, 2 milliards de nos anciens cts) ?
Mais comme on l’a vu lors de la crise ouverte d’avril 2002(4), le Président Bouquet est au-delà de toute critique, ne répond jamais sur le fond, se contente d’ânonner des banalités qui feraient rougir de jalousie un Raffarin. (Pourtant expert en la matière)
Quand un des vice-présidents, J.L. Lebeau, prononce un véritable réquisitoire public, dénonçant une absence totale de vision, une gestion " qui n’est qu’un empilement de dépenses. ", le haut responsable se contente de répondre " il est difficile de contenter tout le monde "… et continue comme si de rien n’était.
Il illustre ainsi parfaitement le propos d’un responsable radical-socialiste de la IIIè République qui disait que : " La politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes, c’est de faire taire ceux qui les posent. " (Henri Queuille)
Notons qu’avec de tels gestionnaires hors pair, le trou de la sécu n’aurait qu’à bien se tenir : et que je t’augmente la CSG de 342 % et hop, avec des recettes multipliées par 3,5… plus de déficit !
Et dire que personne n’y a jamais pensé ! Idem pour les Caisses de retraites !
Il faut relever, par ailleurs, que ledit Président, au milieu de tout ce galimatias, est susceptible de faire des véritables crises de lucidité de temps en temps, comme lors du vote du budget 2003 qui entérina la forte hausse de la TEOM, lorsqu’il déclara : " On sait maintenant ce que coûte l’environnement ! Il nous faudra peut-être, le jour où le poids de la TEOM ne sera plus supportable pour les administrés, alerter les autres instances, Etat, Région, Parlement…"(5)
" Tu l’as dit, bouffi, " sommes-nous tenté de rétorquer, tout en méditant sur une citation de Colbert, qui disait en 1665 : " l’art de lever l’impôt consiste à plumer l’oie de façon à obtenir le plus grand nombre de plumes, avec le moins de criaillements possible. "

La CCVY et le siège social fantôme.

En 2001, rappelez-vous, la CCVY sous présidence Bardin, décide d’acheter pour 750 000 F un bâtiment sur les quais de l’Yonne, afin de loger les 4 employé(e)s et tous les élus (?!)
Un an plus tard (6), il s’avère qu’à cause des règles d’urbanisme en vigueur, il est impossible d’effectuer de quelconques transformations dans cet immeuble.Le Maire de Clamecy (pas foutu de connaître le Plan d’Occupation des Sols de sa propre ville qu’il dirige depuis 24 ans !) assure à l’époque que " rien n’empêche d’utiliser le bâtiment existant ".
Ceci devait être un gros mensonge, car près de 3 ans après cet achat si judicieux, plus personne ne parle de l’affaire, sinon une ligne du budget " dépenses " dans le bulletin de la CCVY marqué : achat du futur siège social de la CCVY 30 000 euros (197 000 F). Aucune nouvelle, aucun aménagement effectué depuis 3 ans : 75 briques de foutues en l’air, purement et simplement ?

La CCVY et le développement économique.

Pour l’instant, il faut se contenter de relever l’étrange conception du " développement économique " chère au Président Bouquet. En effet quand un supermarché hard discount ouvre sur la zone CCVY, bien sûr, cela crée quelques emplois et amène de la taxe professionnelle. Mais le chiffre d’affaires de ce nouveau commerce n’est-il pas pris forcément sur celui des commerces existants ?
De quel " développement économique "s’agit-il ? Il en va de même du déménagement prévu des deux supermarchés Weldom et Leclerc, de la zone communale clamecycoise à celle de la CCVY : ça rajoute quoi à l’économie locale ?
Sinon que la ville de Clamecy, perdant deux grosses entreprises, va avoir plus de mal à boucler ses fins de mois. En compensation, la CCVY s’est-elle engagée à réhabiliter le château du Parc Vauvert, siège du Centre de Loisirs, de sa compétence ?

La CCVY, le machin dont tout le monde pouvait se passer ?

La conclusion est forcément cruelle, car nous sommes obligés de résumer l’affaire : la CCVY semble être un truc antidémocratique et incontrôlable, géré par un président qui n’a l’air de rendre de comptes à personne, qui se contente d’empiler les dépenses, et d’augmenter toutes les taxes, et ce n’est qu’un début ! Là encore, on se demande si les autres élus communautaires sont simplement irresponsables ou sourds, muets et aveugles pour n’avoir jamais rien à dire ?

De la CCVY au pays, l’avenir est radieux !

Rappelons au lecteur distrait que la CCVY s’est trouvée intégrée, depuis 2 ans dans un étrange pays baptisé " Val de Loire-Nivernais Central " : les bureaucrates arrivent même à dévier les fleuves ! Voilà la ville des Vaux d’Yonne et des Flotteurs avec les pieds dans la Loire ! Au secours !
Il faut croire qu’il y a encore de l’espoir, car les responsables semblent s’être avisés du ridicule de la situation et ont rebaptisé ce pauvre pays " Bourgogne Nivernaise " fin 2003 ? (Ce terme a au moins le mérite d’avoir un rapport avec la réalité, car il correspond à une région agricole existant dans un découpage géographique utilisé par la Chambre d’Agriculture depuis des décennies.)
Et voilà que les mêmes responsables de la CCVY, qui nous promettaient il y a 10 ans, monts-(Vaux d’Yonne) et merveilles, nous parlent maintenant du Pays et de tous les prodiges qu’il contient !
On peut déjà en dire que les Vaux d’Yonne n’en seront, une fois de plus, que la 5ème roue du carrosse, ne représentant qu’un quart des 57 000 habitants du machin, concentrés dans le Val de Loire.
Les plus cyniques ont remarqué que, vu la dimension des feuilles d’impôts locaux, il y avait la place pour rajouter de nombreuses nouvelles colonnes… (Pour l’instant, le foutu Pays se contente d’1 euro par an par habitant, mais on se doute bien que ça ne va pas durer !)
Le pire semble bien être devant nous, faisons confiance à nos responsables locaux !
Jouez avec Le Picot : RAFFARINADE, BOUQUETADE, OU BOUTADE ? Attribuez à leur auteur respectif chacune des phrases suivantes : Raffarin, Bouquet, Le Picot.(7)
- 1. Le chemin est long et la pente est rude.
- 2. La tâche n’est pas simple mais c’est à nous de continuer à progresser en ce domaine (l’emploi).
- 3. C’est sans les gens que l’on fait d’un terroir un territoire, voire un obscur pays (à la con).(8)

René Jansen.


(1) Lettre d’information, complément au bulletin n°3 de la CCVY, p.4.
(2) Bulletin de la CCVY n° 15 01/2004. Edito.
(3) Voir Que Choisir 05/2002 dossier " N’en jetez plus "
(4) En mars 2002 le budget communautaire a du mal à être adopté et J.L. Lebeau prononce un réquisitoire contre la politique du président Bouquet qui, plutôt que de répondre, se contente de lui couper la parole (Journal du Centre 05/04/02).
(5) JDC 01/04/03.
(6) JDC 22/04/02.
(7) 1 = Raffarin. 2 = Bouquet (Edito bulletin CCVY n°13) 3 = Boutade…
(8) Bizarrement le slogan " c’est avec les gens que l’on fait d’un territoire un pays " a disparu de la couverture du bulletin de la CCVY depuis le n°12 de 07/2002.