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ANNÉE 2003

N°6 - N°7 - N°8

jeudi 23 juin 2011, par Le Picot




FÉVRIER 2003 (N°6)




Aménagement de la ville basse.

Comme nous l’avons noté dans l’éditorial il y a, de la part de la municipalité, une volonté d’information et de concertation. Chacun peut aller consulter, en mairie, les plans du projet d’aménagement et donner son avis.

Saluons cela comme un net progrès par rapport à la situation précédente. Nous nous sommes donc procuré ces plans et nous avons pu constater qu’ils étaient datés de 2001 et qu’ils émanaient, bien entendu, du Cabinet Fernier. On nous dit bien qu’il s’agit d’un projet, seulement mais, à la lecture des articles parus dans la presse, on peut se poser des questions sur nos possibilités d’intervention. " Il n’y aura plus ", " les bords de la chaussée seront ", " un mobilier urbain sera installé ", etc… Pas le moindre conditionnel. Tout semble déjà acquis, à quelque petit détail près. Peut-être serait-il possible de procéder autrement. Avant de construire la Salle Polyvalente, la municipalité de l’époque avait réuni les usagers futurs pour essayer de définir les besoins. On a oublié de les réunir ensuite pour discuter du travail des architectes. Dommage ! On aurait peut-être évité de grossières erreurs. La bonne démarche nous semblerait de faire s’exprimer les gens concernés et, à partir des grandes tendances qui se dégageraient, d’élaborer, non pas un mais deux ou trois projets parmi lesquels il faudrait faire un choix. Nous n’en sommes encore pas là.

Claude Cogan.







Secteur sauvegardé… !

Finalement, nous avons pu mettre la patte et donc les yeux sur les textes " sacrés " qui régissent le secteur sauvegardé de Clamecy. A la lecture, on s’aperçoit très vite que ces fameux textes, si pointus, peuvent laisser la porte ouverte à diverses interprétations.

La Résidence des Arcades.

L’immeuble préexistant figure sur le plan en hachures noires obliques. Cela indique qu’il doit être maintenu et, tant que de besoin, restauré ou amélioré.
L’incendie qui l’a détruit presque entièrement était donc formellement interdit. La meilleure preuve est, qu’à travers ce que nous avons pu lire, nous n’avons rien trouvé concernant les destructions accidentelles.

Restauration, reconstruction ou construction neuve ?

Les élus concernés nous l’ont dit et répété sur tous les tons : " Nous sommes obligés de reconstruire et de reconstruire à l’identique ". Avec cette petite phrase nous sommes déjà dans l’exégèse puisque cela ne figure nulle part dans le texte. L’obligation de reconstruire un immeuble complètement détruit par un incendie aurait dû pouvoir se discuter. Les élus ont fait un choix qu’ils doivent assumer sans se retrancher derrière des textes aussi peu explicites.
En revanche, oser parler de reconstruction à l’identique nous semble relever de l’escroquerie intellectuelle. Les règles qui s’appliquent aux constructions neuves sont bien moins contraignantes que celles concernant les restaurations.

Les recommandations en matière de restauration.

Quelques extraits du document de référence.

" Dans les remises en état, il est souhaitable de remettre en usage les anciens procédés de préparation et de mise en œuvre, on veillera donc à n’utiliser qu’une main d’œuvre qualifiée à ce genre de travaux. "
" Les pierres ou moellons devront être de provenance locale…
L’usage de la pierre est obligatoire pour les éléments d’appui et pour les seuils extérieurs des portes. "
" Les pierres de taille ou les maçonneries de moellons devront être jointoyées en parement au mortier de chaux blanche et de sable non tamisé. "
" Les joints en ciment… sont interdits. "
" Les enduits seront réalisés suivant la technique ancienne (L’emploi de la chaux aérienne est à conseiller, en raison de ses qualités d’hydrofuge, de robustesse et d’aspect). "
" Lorsque les menuiseries d’origine auront disparu il y aura lieu de se référer à des modèles de l’époque du bâtiment. "

Inutile d’en citer plus long. Au vu du permis de construire et des travaux en cours, il apparaît bien que nous ne sommes pas dans ce cas de figure.

Les recommandations en matière de constructions neuves.

" Pour ce qui concerne les constructions neuves, les règles d’aspect extérieur ont été laissées volontairement souples et peu contraignantes, ceci afin de laisser la place à une création contemporaine de qualité. Cela n’exprime pas pour autant un certain laxisme en la matière. La plus grande rigueur est de mise en matière de qualité architecturale et la vigilance de l’Architecte des Bâtiments de France sera là pour en témoigner. "
" Toute architecture copiant trop étroitement un style ancien est indésirable dans la mesure où elle compromet l’authenticité de l’ensemble de la ville par des apports qui prêtent à confusion. "

Ce flou artistique semble mieux correspondre à la situation actuelle. Il devient, par contre, très difficile de parler d’une reconstruction à l’identique.
Quelques perles pour la bonne bouche.
" Les façades pourront être construites en tout matériaux ne créant pas une rupture avec ceux qui sont traditionnels à la ville. "
Le parpaing entrerait-il dans cette catégorie ? C’est vrai, qu’avec un bon enduit, plus question de distinguer le parpaing.
" Le nombre de niveaux des constructions neuves n’excèdera pas R+2+C (c’est-à-dire Rez-de-Chaussée + 2 étages + Combles). Toutefois, si les immeubles mitoyens existants le permettent par leur hauteur, un nombre de niveaux supérieurs sera autorisé dans la mesure où l’égout des toitures de la construction nouvelle n’excédera pas d’un mètre celui du bâtiment existant. "

Il va être intéressant de voir comment nos architectes vont résoudre ce problème.
Sûrement d’une manière aussi désinvolte que celle qui a permis de ne pas s’attarder sur d’éventuelles recherches archéologiques.
" Des transparences créées en rez-de-chaussée pourraient permettre de relier, au moins visuellement les deux placettes. "
Nous aussi, nous avions pensé qu’il serait intéressant de profiter de la situation pour relier le Petit et le Grand Marché – pas seulement visuellement.
Attendons sagement la fin des travaux pour voir ce qu’il en sera des transparences.

Un petit air de liberté.

Il est clair que Nièvre Habitat et son cabinet d’architectes ont pu bénéficier d’une grande souplesse dans l’application du Règlement.
A part les volets roulants en PVC, rien ne semble leur avoir été refusé.
Même pour l’ancienne gendarmerie qui entre, incontestablement, dans la rubrique restauration, on a autorisé les fenêtres en PVC.
Elaborer un règlement aussi détaillé pour le secteur sauvegardé et prendre autant de libertés avec lui nous semble d’autant plus choquant que l’on n’a cessé de nous le brandir sous forme d’argument incontournable.
A notre avis, ça va être difficile d’aller expliquer aux particuliers qu’ils doivent le respecter à la lettre.

Claude Cogan.







L’A.B.F. avec nous !

On apprend que M. Bergdolt, nommé Architecte des Bâtiments de France à Nevers en septembre dernier, a fait tout ce qu’il a pu pour que la résidence des Arcades en construction ait un seul étage (et non deux), conformément à l’esprit du Plan de sauvegarde. Il est même allé jusqu’à proposer de mettre à la disposition de Nièvre Habitat un autre immeuble pour compenser le manque à gagner. Or le sous-préfet a dit " non ". M. le sous-préfet, nous avons lu pour vous le Plan de sauvegarde et de mise en valeur de Clamecy dont sont extraites les citations suivantes : " Les surélévations sont interdites. " (Chapitre VII Recommandations générales. 7.1.1 L’habitat, p. 75). " La plus grande rigueur est de mise en matière de qualité architecturale et la vigilance de l’Architecte des Bâtiments de France sera là pour en témoigner." (Chapitre VII Recommandations en matière de restauration, de réhabilitation et de constructions neuves ", p. 80.

Anne Dourneau.







" Tiens, voilà du boudin ! "

Une nouvelle industrie est-elle en train de naître dans notre bonne ville, au fur et à mesure de la décomposition avancée de la vie politique locale ? On peut se poser la question car, après l’Andouille de Clamecy, une autre spécialité du terroir se répand peu à peu dans la cité : celle du “ BOUDIN CLAMECYCOIS. ”

A tout seigneur tout honneur, nous devons au maire d’avoir inauguré la mode de l’auguste saucisse dès mars 2001, une fois son “ poulain ” défait dans la compétition électorale pour le siège de conseiller général. En effet, au lieu de reconnaître son erreur (évidente) et de s’incliner devant le verdict du suffrage universel (en bon démocrate) notre édile se mit à faire du boudin : chaque fois qu’il lui arrivait de croiser J. L. Lebeau (le félon mais vainqueur) il fit mine de l’ignorer superbement, comme si celui-ci était inexistant… (alors qu’ils se croisent quasi quotidiennement en diverses instances !) Cette attitude ne serait que risible et ridicule si elle n’était pas la manifestation visible d’un phénomène beaucoup plus grave, si elle ne concernait que 2 personnes, et si elle ne devenait pas courante chez les responsables. En vérité,n’est-il pas évident que vouloir ignorer J.L. Lebeau revient purement et simplement à mépriser les 1 623 électeurs (sur 3 916 votants,soit 43,63 % des suffrages exprimés)qui se sont prononcé pour lui, au 2ème tour des cantonales de mars 2001 ? Ainsi M. Bardin, non content d’avoir vu disparaître 1 216 habitants du canton (dont 1 116 Clamecycois, soit 19 % de la population) depuis son élection en 1977, décide d’en retrancher encore 1 623 ! Il est vrai que, ce qu’il y a de gênant avec la démocratie, c’est que c’est l’électeur qui décide ! C’est le même comportement dédaigneux qui lui fait qualifier " d’élément mineur " (1) une pétition signée par 1 600 Clamecycois et 3 200 habitants du canton, à propos de la Résidence des Arcades ! Au sujet de la politique municipale, il est frappant de constater que l’équipe en place semble vouloir croire qu’elle a été élue normalement, comme lors des mandats précédents du conducator(2) local, en 2001. Alors qu’elle a été élue doublement par défaut, faute de liste concurrente et grâce à une faille du code électoral. Est-il logique de voir une liste qui a recueilli plus de bulletins blancs et nuls (868) que de votes en sa faveur (833) être élue en bloc ? Sans même mentionner le taux record d’abstention (1 472 soit 46,39 % des 3 173 électeurs !) Après une telle baffe électorale, est-ce que notre édile modifia son comportement ? Que nenni ! Il décida de bouder et d’ignorer superbement les 2 340 malheureux habitants (soit les 2/3 des électeurs !) qui n’avaient pas voté pour lui, et de continuer comme avant, c’est-à-dire de décider de tout sans jamais consulter personne …

Le degré zéro de la vie politique locale ?

La situation s’aggrava par la suite, car l’attitude du “ Leader Maximo ”(3) commença à déteindre sur tous ses suiveurs et à faire tache d’huile dans la cité.
Au lieu de débattre sur la place publique, d’accepter le dialogue, c’est-à-dire de se reconnaître des interlocuteurs, les élus et responsables divers se mirent tous à se renfrogner, à faire la trogne, à la moindre critique à leur encontre. Triste façon de faire avancer les choses,que de se murer dans une attitude aussi puérile que contre-productive : on ne peut pas refuser le débat, on ne peut que le remettre à plus tard ,il faudra bien qu’il ait lieu un jour !
Ainsi vit-on, 50 ans après la mort de Staline, les Camarades clamecycois bouder un des leurs, conseiller municipal, pour le crime inouï d’avoir pensé par lui-même et de s’être exprimé librement : saluons ici le courage et l’honnêteté de C.Ventalon qui a pris position dans l’affaire de la résidence des Arcades. (A quoi peut bien servir un conseiller si on lui retire le droit de penser et de parler ?)
Ailleurs, on vit les responsables du démarrage en fanfare du Centre Social incapables de s’expliquer sur le fiasco inaugural ou de répliquer aux articles du Picot N°5 sur le sujet, mais se montrer uniquement aptes à se renfrogner, à faire la moue et ignorer les auteurs de telles critiques. C’est sûrement ainsi que l’Espace social s’intégrera à la vie de la cité !
On voit bien qu’on a atteint ici le degré zéro de la vie politique locale, quand tous les acteurs semblent sortir de MAT.SUP (Maternelle Supérieure) et se bloquer sur des attitudes infantiles et dérisoires. (Que les enfants de 5 ans pardonnent l’indigne comparaison !)
Un mauvais esprit serait enclin à résumer toute l’affaire d’une formule lapidaire : les Andouilles de Clamecy font du boudin, mais je serais plutôt enclin à tenter humblement d’élever le débat et de quitter le ras des pâquerettes, en concluant par une citation, sous peine que tout ceci ne se finisse en eau de boudin…
" On peut tromper un certain nombre de gens un certain temps
mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps… "
(Abraham Lincoln)

Jansen René.



(1) Bulletin municipal n° 74 01/2003, éditorial de Bardin.
(2) Titre dont s’affublait le dictateur Roumain Ceausescu,"dirigeant" voir aussi " Génie des Carpates " qui finalement ne régna que 24 ans (mais il fallut l’abattre en 1989 !)
(3) " Le plus grand leader " ou Grand Chef, titre porté par l’indéboulonnable Fidel Castro, au pouvoir à Cuba depuis 44 ans !


JUILLET 2003 (N°7)




A propos de la circulation à Clamecy

Des piétons ignorés :
Il est des villes où l’on favorise la circulation des piétons pour limiter la pollution due à l’automobile, et améliorer la convivialité entre les habitants. A Clamecy, à chaque nouveau projet de dimension urbaine, cette circulation est réduite si l’on considère les cheminements préexistants. Lors de l’aménagement du musée, a été entravé un passage piéton important en bout du musée, très utilisé par les mères de famille dans leur trajet entre l’école et les quartiers hauts de la ville. Le passage est devenu plus difficile quand on veut franchir la volée d’escaliers à pied, et impraticable avec une poussette, utilisée par au moins la moitié des mamans qui viennent chercher leurs enfants. Donc, de plus en plus, celles-ci viennent chercher leurs enfants en voiture. Finis les bavardages entre les femmes qui repartaient en groupes, les échanges sociaux facteurs de bon voisinage et de solidarité. Et la nouvelle esplanade destinée à mettre en valeur le musée n’apporte rien à la circulation piétonne qui était déjà très aisée sur un large trottoir. Avant d’être " restructurée ", la place du Commandant Boidot était encore appelée par les clamecycois " place des jeux " sans doute parce qu’on y jouait toujours. Elle a perdu son nom, la place a été supprimée. Cette liaison piétonne entre le centre ville et le port, via le monument aux morts, est remplacée par un parking de luxe . Pour accéder à " l’espace piéton " central, il faut traverser une voie de circulation automobile, ensuite on peut se promener encadré par les capots des voitures, qui restent des capots même disposés en épis, avant de retraverser la voie périphérique de circulation pour en sortir. Et difficile d’y échapper car les trottoirs longeant " la place " de chaque côté sont sacrifiés, entamés par des places de parking en épis. Le parking n’est plus dans la place, c’est la place qui est dans le parking. Au passage notons qu’à l’occasion des travaux, les nombreuses dalles en pierre bordant les maisons ont été démolies au profit du goudron, sans doute dans un souci d’homogénéité avec ce qu’il faut bien appeler un parking, tant pis pour l’homogénéité avec la ville. A l’extrémité de la place du Commandant Boidot, entre le monument au morts, le palais de justice, la banque et le petit parking installé adossé à la vieille ville, à l’emplacement d’une démolition, restait un espace un peu difforme, mais créant néanmoins une place de par sa superficie. Espace résiduel comme étaient formées les places médiévales, bien que celui-ci soit situé en dehors de la vieille ville. En raison de la faible circulation, il était très aisé de traverser cette place à pied. Une particularité locale était même la présence fréquente tout au long de l’année, qu’il vente ou qu’il pleuve, de bavards arrêtés au milieu de la place. La création d’un rond-point - pourquoi ? sauf à vouloir transformer à tout prix, mais pas pour améliorer la circulation automobile - a d’abord supprimé la possible traversée. La modification du rond-point a rétabli cette possibilité, mais il faut s’aventurer dans une traversée dangereuse de la voie de circulation périphérique pour accéder au terre-plein central. Cette traversée est donc peu pratiquée et les piétons sont cantonnés sur des trottoirs peu larges contournant le rond-point, avec un passage d’un mètre en coin du palais de justice. Ce rond-point constitue maintenant un obstacle entre la place des jeux et la ville basse, au lieu d’une liaison qui existait. Toujours car la nature a horreur du vide, sans doute aussi du vide dans certaines poches, un rond-point est en construction en Béthléem à l’entrée du pont. Encore un rond-point en pleine ville ! Ce type d’équipement routier se justifie dans les villes nouvelles où la circulation automobile est importante et fait partie du mode de vie concocté par nos planificateurs zélés et où l’espace nécessaire est prévu puisque tout est créé de toutes pièces, ou bien à la rigueur dans des faubourgs spacieux de grandes villes s’ils sont traités en places urbaines. Ici, rien ne justifie un tel équipement, ni la position dans la cité, ni la circulation automobile en diminution depuis la mise en service de la déviation. Par contre, les piétons ne disposent plus que d’un mètre pour passer le coin des parapets du pont. Depuis l’interdiction du passage du Perthuis, tous les élèves piétons du collège et du lycée passent à cet endroit pour aller en classe. Pour faciliter le passage des voitures qui étaient gênées dans ce carrefour dix minutes le matin et dix minutes le soir, aux heures de rentrée et sortie des cours, on met en danger les écoliers qui possèdent encore des jambes ! Ce nouvel équipement entraînera l’augmentation du nombre des écoliers se faisant transporter en cours en voiture et les conséquences de cet équipement vont justifier sa présence. Evidemment, le prix social de l’aménagement n’est toujours pas pris en compte : échanges et communication lors du trajet pédestre à l’école vont disparaître. Bel exemple d’aménagement qui, comme les autres, confisque l’espace piéton des clamecycois au profit de l’automobile, engendrant une vie sociale délimitée par la voiture. " Divisez pour régner " pourrait devenir : " Séparez et assistez pour régner ". Nous régressons de Napoléon à Louis XIV.

Les automobilistes évacués :
Mais justement qu’en est-il de la circulation automobile à Clamecy ? Elles circulent… mais peuvent de moins en moins s’arrêter ! L’agrandissement du musée avec l’aménagement de son esplanade s’est accompagnée de la suppression de 6 places de parking. La création du parking de la place des jeux et du rond-point attenant a supprimé 5 places de stationnement. L’ancien parking occupait une surface beaucoup moins importante, mais pouvait étendre son trop-plein sur la place les jours de marché, à une période de la journée pendant laquelle cette place n’était pas fréquentée par les piétons, drainés par le marché. Ce fonctionnement souple s’était mis en place tout seul, de façon sans doute trop anarchique pour nos aménageurs décidés à mettre de l’Ordre. La création du rond-point en Béthléem va supprimer environ 5 places de parking. La construction de la résidence des Arcades dans le Marché comporte 10 logements donc un apport de voitures correspondant, sans création de places de parking supplémentaires. Le projet de parking place Emile Zola entraînerait la suppression de 7 places et l’ensemble du projet d’aménagement de la ville basse prévoit le passage de la rue Marié Davy en zone semi-piétonne avec la suppression de toutes les places de la rue. La proposition d’un parking sous la place de la mairie, étudiée dans le dossier de secteur sauvegardé, permettrait la création de nouvelles places de stationnement au cœur de la ville. Cette solution ne recueille pas l’assentiment des élus. Il est certain que cette réalisation coûterait assez cher, mais au moins ces dépenses seraient bien employées, et ne nous chante-t’ on pas que les travaux de tous les aménagements de la ville coûtent peu à la ville en raison des subventions.

Deux poids, deux mesures.
Quand il est prouvé que la vitalité d’une zone commerciale dépend directement de la proximité des places de parking, on peut s’inquiéter sur le développement pour ne pas dire le maintien des commerces en ville qui ont survécu jusqu’ici. Alors que dans la plupart des villes moyennes les politiques de revitalisation des centres se développent depuis 20 ans, à Clamecy, la mort annoncée des commerces entraînerait la désertification d’un centre muséifié ou ( et ) paupérisé. Dans le projet de la rue Marié Davy, on se soucie enfin des piétons, mais sans la présence de parkings suffisants, restera-t-il des piétons ?

Et les cyclistes ?
Et pour en terminer avec la circulation, si nous parlions de la circulation à vélo ? Nous n’en parlerons pas car rien n’est fait, et cela pourrait donner des idées aux élus qui en ont déjà beaucoup.
Pour conclure, si l’on considère l’intérêt porté aux besoins des usagers dans les différents projets réalisés, on peut se demander s’il n’aurait pas mieux valu ne rien faire. Il est démontré depuis trente ans par les enquêtes sociologiques que pour être accepté par les usagers, un aménagement doit tenir compte de leurs pratiques existantes et de leurs besoins, et respecter la mémoire collective de la population, et que, lorsque les pratiques urbaines préexistantes à un aménagement sont contrariées, celles-ci soit réapparaissent tant bien que mal en détériorant l’aménagement, soit disparaissent sans être remplacées par de nouvelles pratiques. Quant au non respect de la mémoire collective, cela a valu sa place à plus d’un élu.

De profundis
Ah ! qu’il faisait bon flâner sous les marronniers de la place des jeux les soirées d’été et d’automne, parmi les estivants revenant vers le port après un petit tour en ville, croiser les familles promenant le petit dernier dans sa poussette, s’arrêter regarder les joueurs de boules accompagnés de leurs femmes tricotant en bavardant sur les bancs le long des murs, saluer les habitants du quartier installés devant leur porte tapant la belote, glisser un sourire vers les jeunes flirtant en riant sur les bancs du port. Sans doute ces plaisirs simples et provinciaux n’étaient-ils pas à la hauteur des ambitions culturelles de nos édiles, et la présence sauvage de la population dans les espaces dits publics fait-elle désordre. Maintenant, le soir, la place-parking dort, vide et inanimée. Traversant le parking en zigzaguant entre les voitures, on peut pleurer, accompagné par les arbres nains souffrant dans leurs bacs et endeuillés de huit morts sur seize en deux ans, et pour se consoler, se laisser guider (quand ils sont en état de fonctionnement ) par une ligne lumineuse qui, la nuit tombée, indique complaisamment les portes des WC publics fermés le soir. Il ne reste plus qu’à prier devant les cierges géants dressés fidèles devant l’illumination de la collégiale. Quel dommage qu’ils ne clignotent pas aussi, ce serait plus gai.

Sylvie Bretaudeau.







Toujours les grands travaux.

Nous avions été quelque peu surpris par le montant des travaux engagés pour la réfection de la place des fêtes et la création d’un parking pour la salle polyvalente. Derrière une addition aussi salée, on se disait bien qu’il devait se cacher quelque chose.
Nous comprenons mieux maintenant. L’édification du mur de pierres, indispensable en un tel site, doit déjà représenter une part considérable du budget. A cela, il faut ajouter les quelques 140 arbres. Voilà près de vingt ans que les usagers de la Salle Polyvalente pataugeaient dans les flaques d’eau et, d’un seul coup, on ne peut même plus donner aux arbres le temps de pousser. On installe, d’emblée, des arbres déjà bien avancés, avec ombre incorporée. Ça fait, tout de suite, très chic mais ça coûte très cher. Quant à prévoir 135 places de parking pour une telle salle, c’est à peu près aussi malin que d’y avoir conçu un bar susceptible d’accueillir une trentaine de personnes, en tassant bien. Ça doit être ça qu’on appelle la recherche d’homogénéité. Parallèlement les travaux du rond-point de Bethléem avancent à grands pas. Une formule qui ne s’applique pas à la circulation dans le coin pendant la durée du chantier. On peut supporter quelques jours de désagrément lorsque l’on sait que cela va déboucher sur une amélioration importante. Dans le cas présent, nous sommes plutôt sceptiques mais, avant de porter un jugement, nous attendrons de voir comment tout cela va fonctionner une fois les travaux terminés. Avec cette dernière " création ", nous atteignons la dizaine de ronds-points sur le territoire de notre commune. Imaginons qu’une partie de cet argent stupidement dépensé ait pu être consacrée à la mise aux normes de l’hôpital. On va nous répondre que c’est idiot car ce ne sont pas les mêmes crédits.
Certes ! Mais dans les deux cas, il s’agit bien de la même connerie.

Claude Cogan.




DÉCEMBRE 2003 (N°8)




Résidence des Arcades

Ils ont fini par la construire.


Sous une toiture irréprochable, on trouve le parpaing, les fenêtres en PVC et les fausses pierres. La hauteur autorisée est largement dépassée et les enduits à la chaux sont passés aux oubliettes.

Quand on regarde d’un peu près le règlement du secteur sauvegardé, approuvé par nos élus unanimes, on ne peut que rester perplexe. La loi prévoit qu’on ne peut plus contester un permis de construire après deux mois d’affichage. Cela, quelles que soient les irrégularité constatées. On ne s’est pas privé de nous dire que nous avons réagi trop tard. C’est vrai mais nous ne sommes que de simples citoyens-contribuables. Avant que ce permis de construire soit affiché, il a bien fallu qu’il soit accepté par les autorités compétentes. Nos élus responsables n’auraient rien trouvé d’anormal ? Pourtant, quand il s’agit de particuliers, propriétaires dans le secteur, ils savent se montrer très scrupuleux sur la réglementation. Si vous souhaitez changer vos vieilles fenêtres et de les remplacer par des fenêtres en PVC, on ne manquera pas de vous faire savoir qu’il convient de se tourner vers la menuiserie en chêne. Le ridicule ne tue plus, certes. Le cynisme a encore de beaux jours devant lui. Attendons, maintenant, de voir ce que va devenir le rez de chaussée de cette petite merveille. Il était prévu pour des locaux commerciaux mais il ne semble pas que les candidats à la location se précipitent. Rien d’étonnant quand on voit toutes ces boutiques qui ne trouvent pas de repreneurs. Pour éviter le ridicule, il resterait bien la solution d’y installer l’Office du Tourisme, aux frais de la collectivité.
Mais ça ne serait qu’une autre façon de se ridiculiser. Cornélien, non ?

Claude Cogan.







QUAND ON AIME, on ne compte pas…


- Eh, chardonneret, sais-tu qu’on t’aime à Clamecy

- … ?

- Ben oui, regarde, sur la place des fêtes, on t’a acheté des tilleuls prêts à supporter ton nid.

- Je ne vais pas m’en plaindre…

- Parce que tu ne payes pas de taxe foncière toi ! Sais-tu qu’un arbre de cette taille, ça vaut dans les 150 euros pièce (catalogue Dieudonné, 2002-2003) sans compter les (gros) tuteurs, le terrassement pour le planter, l’arrosage obligatoire pour la reprise…

- Et alors, moineau, toi aussi, tu voudrais qu’on fasse des petits trous, qu’on y plante un chétif arbre de 2-3 ans à 3,73 euros pièce (catalogue Naudet 2003-2004), de ceux qui ont l’audace de prendre plusieurs dizaines de centimètres dans l’année, qui ont l’outrecuidance de s’implanter fermement en un rien de temps et de rattraper les gros en moins de 10 ans ?
Parcequ’avec le prix des gros on pourrait s’en payer presque 50 " petits ", tu penses que ce serait mieux et qu’on pourrait planter une forêt au prix d’un alignement ? Mon vieux moineau, la jalousie t’étouffe… Gagne-petit, va !

Dominique Girault.