Le Picot

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ANNÉE 2005

N°13

vendredi 24 juin 2011, par Le Picot




MARS 2005 (N°12)




DOMAINE DE NOÉ : Jean Louis Lebeau s’explique

Le projet de résidence de tourisme a fait couler beaucoup d’encre dans les pages du journal Le Picot. De nombreux articles, souvent écrits sous la passion, ont plus prêté à la confusion et à l’amalgame qu’à vraiment éclairer le lecteur.
Ce fut notamment le cas dans le Picot n°3. Le projet de résidence repose sur deux permis de construire. Le premier concerne le port, la capitainerie et le restaurant bar et a été déposé par le Syndicat Mixte du Canal du Nivernais. Les travaux ont débuté en septembre 2003 et se poursuivent actuellement. Le deuxième a été déposé par la SCI du canal que dirigent Mme et Mr Blanco et concerne la résidence de tourisme constituée de 56 habitations. Les travaux ont débuté au mois d’avril 2004. Les deux permis sont intrinsèquement liés. Le port, la capitainerie et le restaurant ne peuvent exister et être exploités avec un équilibre financier sans l’existence de la résidence et vice et versa. C’est ce deuxième permis de construire qui a fait l’objet d’un recours déposé par l’association l’ADEDN (Association de Défense de l’Environnement du Nivernais). L’association a fait valoir le fait que le permis de construire de la résidence avait été attribué alors que le diagnostic archéologique n’était pas terminé. A l’issue de celui-ci, un cimetière mérovingien a été mis en évidence. De ce fait, les travaux n’ayant pas commencé au bout de deux ans, il convenait de ne pas accorder la prolongation du dit permis. Le tribunal administratif de Dijon a retenu cette argumentation ce qui nécessite le dépôt d’un nouveau permis de construire. Le patrimoine archéologique de ce cimetière n’était en rien menacé. Pour avoir gain de cause l’ADED a utilisé des arguments de procédure. Dans Le Picot n°11, Henri Gerphagnon, membre de l’ADEDN, souhaite qu’une concertation ait enfin lieu. Il convient encore une fois d’informer les lecteurs du Picot. Monsieur Blanco, constructeur de la résidence, a proposé cette concertation à Madame Lacoste, présidente de l’association, par courrier en date du 14 décembre 2001. Moi même, j’ai écrit au mois de juin 2004 une lettre dans l’espoir de connaître les véritables intentions de l’association . Dans les deux cas, ces lettres n’ont pas été suivies de réponses. Jamais l’association n’a tenu de réunion publique où ses arguments auraient pu être confrontés à des faits réels. Mieux, lors de la dernière assemblée générale du mois d’octobre 2004, la presse n’a pas été autorisée à assister aux débats. En revanche, le projet de résidence a fait l’objet de deux réunions publiques. Face à ces constats et dans la nécessité de progresser dans la réalisation du projet (le port et le restaurant bar étant en construction) Monsieur Blanco a déposé un nouveau permis de construire à la suite de contacts pris avec la présidente de l’Union départementale des associations de protection de l’environnement. Six mois auront été perdus, l’ouverture de la résidence est maintenant repoussée au mois d’avril 2006. Je tiens également à vous apporter deux précisions importantes. La majorité des vestiges gallo-romains se trouvaient sous l’emprise du port, restaurant bar. Avant l’engagement des travaux, ces vestiges ont fait l’objet d’une fouille dans le cadre de l’archéologie préventive. L’association n’a entrepris aucune procédure de recours sur le permis en question. Elle a contesté le permis concernant la résidence, là où le patrimoine archéologique était le moins présent. Dans tous les cas, les vestiges archéologiques ont fait l’objet de fouilles ou de mesures de protection avant les travaux et cela sous le contrôle de la DRAC. Madame Lacoste, présidente de l’ADEDN, est également conseillère municipale de la commune de Dornecy. Elle représente celle-ci au Syndicat Mixte du Canal du Nivernais, la collectivité territoriale qui met en œuvre la construction du port et du restaurant. Elle n’a jamais participé à une réunion de celui-ci. Cela est dommage car elle aurait pris connaissance du montage financier du projet touristique et de la complémentarité essentielle entre le port et la résidence. Suite au recours pris en compte par le tribunal administratif, les équilibres budgétaires sont fortement menacés et par ricochet, les communes adhérentes, dont Dornecy, auront à assumer les difficultés financières si la résidence ne voit pas le jour. On peut très bien s’opposer à un projet. Mais il faut pour cela prendre connaissance de toutes les données, agir dans la transparence et dans le respect de tous les acteurs. Je pense également que de 1999 à 2003 le temps était largement suffisant pour manifester son opposition sans attendre que des sommes très importantes soient engagées. Aujourd’hui, le port, le restaurant bar, l’extension du réseau d’eau potable, la construction de réservoir d’eau sont terminés ou en cours de construction. L’arrêt des travaux de la résidence a privé deux entreprises de construction d’une somme de travail importante du jour au lendemain. Une a dû cessé son activité, l’autre connaît des difficultés financières. Quel gâchis ! Oui, il faut effectivement s’engager dans une démarche raisonnable et constructive notamment en direction de toutes les personnes de notre territoire, les jeunes en particulier, qui souhaitent pouvoir rester vivre et travailler ici. Notre canton, comme le département, continue de perdre des habitants. En ce qui me concerne, je me refuse à accepter cette désertification lente de notre région, non pas à n’importe quel prix, mais dans la recherche constante d’un équilibre économique, social et environnemental, profitable à l’intérêt général. Il me semble que les conditions sont réunies.

Jean-Louis Lebeau.
Maire de la commune de Chevroches


Nota : Le service archéologique de la Direction Régionale des
Affaires Culturelles de la région Bourgogne tiendra, à ma demande, une réunion publique d’information sur la qualité archéologique du site dans quelques semaines.




BOOMERANG.

Que Jean-Louis Lebeau défende bec et ongles le projet du domaine de Noë n’est, en soi, pas surprenant. Il en est l’un des principaux initiateurs et il est sincèrement convaincu de son impact bénéfique sur toute notre région. Ce n’est pas une raison pour se battre avec d’aussi mauvais arguments que le gâchis de l’argent public et les retombées éventuelles sur le pauvre contribuable. Chacun peut penser ce qu’il veut de l’action entreprise contre ce projet, force est de reconnaître que la justice a retenu l’argumentation de l’association et ordonné l’arrêt des travaux sur la résidence de tourisme. J’avais écrit, dans mon premier article, que j’étais indigné par la masse d’argent public que l’on se préparait à investir dans une telle opération. Je ne pensais pas, à l’époque, qu’elle était si mal montée qu’une petite association pouvait tout faire capoter. Cela prouve que nos " responsables " peuvent s’engager à la légère avec la certitude que le pouvoir politique est assez influent pour gommer quelques petites entorses faites au règlement. C’est vrai que le port et le club-house construits sans la résidence ne pourraient être viables. C’est vrai que les travaux d’assainissement et de voirie seraient de l’argent jeté à la rivière. C’est vrai qu’on serait dans un véritable scénario catastrophe. Mais qui devrions-nous en rendre responsables ? Le boomerang, comme certains arguments, a la propriété de revenir dans la main (ou sur le nez) de celui qui l’a lancé.

Claude Cogan.