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ANNÉE 2006

N°14 - N°15 - N°16

lundi 27 juin 2011, par Le Picot




FÉVRIER 2006 (N°14)




Taïaut, Taill’haut.

A Clamecy, pas d’agitation dans la banlieue. Tout est calme. Les voitures ont plus souffert du froid que d’une élévation brutale de température liée à la malveillance. C’est qu’il est plutôt agréable de vivre à la Ferme Blanche. Pourtant on a profité de la nécessité qu’ont les passants de surveiller leurs pas pour éviter les déjections canines, pour attenter gravement aux arbres déjà majestueux qui ombrageaient les jeux pour enfants, les bancs adjacents et les pelouses voisines. Une fois de plus, des ordres ont été donnés et une taille révolutionnaire a remis les choses d’aplomb : pas une brindille ne doit dépasser ! Halte à la grippe aviaire sournoisement infiltrée par la mésange charbonnière, arrière les milliers d’abeilles butinant les acacias ou les féviers, haro sur le bruissement des branchages dans les vents de septembre, que meurent les guirlandes givrées des premiers frimas ! Allez admirer les moignons et les troncs pelés des pauvres vestiges (on n’ose plus dire " arbres ") et priez le climat de n’être pas trop caniculaire dans les années à venir.. Si on n’aime pas les arbres à branches, faudrait planter des poteaux téléphoniques, ça serait plus honnête et sans (mauvaise) surprise pour les habitants d’immeubles pas si esthétiques que ça et qui ont droit à la nature eux aussi…

Dominique Girault.







Tu iras, toi aussi…

Eh non, ce n’est pas le plongeon du jouteur du 14 juillet. C’est au supermarché qu’ils doivent aller, les descendants des flotteurs, pour chercher leurs bouteilles d’eau.

Pourquoi donc ? Parce qu’inexorablement augmentent les raisons de ne plus boire d’eau " du robinet ". Certes la teneur en nitrates reste en dessous des normes légales (entre 30 et 40 milligrammes par litre (mg/l) en moyenne selon les années), grâce au mélange de l’eau des deux captages, mais elle ne peut qu’augmenter. Les épandages d’engrais azotés, destructeurs de la micro faune du sol, lombrics notamment, ne diminuent pas sur les terrains perméables qui constituent le bassin versant du Beuvron. Or c’est là que sont implantés les captages (à Beuvron et à Clamecy). On estime qu’il faut 15 ou 20 ans pour que les nitrates qui ne sont pas retenus en surface descendent jusqu’aux nappes phréatiques, à travers les calcaires fissurés du sous-sol. L’arrachage des haies, lors des remembrements, contribue lui aussi à accélérer le flux des nitrates et autres produits de l’agrochimie vers les rivières ou les nappes : 24 kilomètres de haies arrachées lors du remembrement de Cuncy-les-Varzy ! Les rivières locales elles-mêmes sont lourdement contaminées : une étude commanditée par le Conseil Général de la Nièvre révèle que le Beuvron contient 20 mg/l de nitrates (contre 3mg/l en moyenne pour les rivières non polluées). L’eau prélevée au lavoir de Mhers contient elle-même 80 mg de nitrates par litre ! A votre santé, les grenouilles ! Hélas, ce n’est pas la seule source d’inquiétude puisque les analyses permettent d’observer régulièrement des dépassements des taux autorisés de pesticides (azotés eux aussi) du type atrazine, désherbant traditionnel du maïs. " Ces dépassements (nous dit la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales de la Nièvre) n’empêchent pas la consommation de l’eau ". Encore un verre, camarade ? Notons que les analyses ne trouvent que ce qu’elles cherchent et qu’elles ne concernent pas, par exemple, le glyphosate, substance active du Round’Up® dont la publicité, des années durant, a fait croire qu’il était totalement inoffensif : on peut semer quelques jours après traitement. L’association T.O.S. (Truite, Omble, Saumon) qui se bat depuis des décennies contre les élevages industriels sources majeures de pollution des rivières bretonnes a eu la curiosité de le faire rechercher. Il y en a partout et à des doses importantes. Il n’y a guère de raison que nous y échappions, étant donné l’usage démentiel qu’en font ici les communes (trottoirs, parkings, bords de routes), la D.D.E., les services d’entretien de la gare et des voies ferrées et aussi les particuliers pour " nettoyer " leurs allées. Et, comme les nitrates et l’atrazine, le glyphosate, à des doses répétitives, est cancérogène. On n’a pas étudié les effets du cocktail des trois ! Ni la présence de métaux lourds (cadmium notamment) accumulés dans les champs avec les tonnes d’engrais chimiques qu’on y déverse depuis 50 ans. Qui peut affirmer que le blé n’en puise pas un peu ? Heureusement que les prisonniers ne sont plus à l’eau et au pain sec…

Dominique Girault.

La laine de mouton en rouleau

Se pose comme de la laine de verre entre des rails pour placo ou sur une armature bois. Facile à agrafer car il y a un maillage de fils a l’intérieur.
Penser à laisser un vide d’air et un film pare vapeur si c’est une pièce humide. Cependant la laine de mouton absorbe 1/3 de son poids. C’est extrêmement doux.
Un vrai coup de cœur pour ce produit.
Coût : 540 euros pour 42 m2.

Stéphane Lessire.

Adresses utiles :
WWW.QEM.fr pour les matériaux écolo c’est le moins cher trouvé, c’est rapide d’expédition, 8 à 10 jours et ils n’assomment pas pour le transport !
WWW.Petitdessous.fr pour le site des couches




JUIN 2006 (N°15)




CHAUFFE EAU SOLAIRE

Principe :

- Deux panneaux solaires d’un mètre carré chacun, alimentent un serpentin qui à l’intérieur d’un chauffe eau modifié réchauffe l’eau domestique en remplacement de la résistance électrique.
- Première étape : Les panneaux.

Réalisation :

- Le panneau peut être réalisé en CTBX* de 16 mm verni, ou mieux, en inox de 1 mm, prévoir les pattes de fixations en fonction du support. Pour le serpentin, du cuivre " recuit " de 16 mm convient. L’isolant doit être résistant à la chaleur, donc laine de roche face argentée vers le haut. Pour la fixation du serpentin, une barre plate de dural de 40 mm fera l’affaire, y fixer des colliers en fonction du nombre de spires, la barre sera fixée à chaque extrémité sur le cadre. Le tout doit être peint en noir mât avec une peinture haute température. Pour finir, une plaque de polycarbonate fera l’affaire.

Coût estimatif en euros :

CTBX = 35
Cuivre = 35
Dural + Colliers = 10
Laine de roche = 44
Verni + peinture = 20
Polycarbonate = 64
Divers = 15
Total exhaustif = 223
pour deux panneaux.

*CTBX : Contre-plaqué marine


DÉCEMBRE 2006 (N°16)




QUI VEUT ALLER AU CHARBON SUR UN PROJET

AUSSI FUMEUX ?


Ruée vers l’or noir du Sud Nivernais
Il s’en passe de drôles, depuis cet été dans le sud du département ! Voilà-t-y pas qu’un fonds d’investissement veut ouvrir une mine de charbon à ciel ouvert et construire une centrale thermique de 1 000 MW pour produire de l’électricité, en brûlant de la houille !

Ouille ! Ouille ! Pour ce faire, il faut creuser un trou de 300 m de profondeur sur une surface de 450 Ha, construire l’usine qui polluera durablement les environs avec les rejets de gaz carbonique, etc, etc… Mais les financiers ont sorti leurs calculettes, et grâce au renchérissement du pétrole et du charbon, ainsi qu’à la dérégulation du marché de l’électricité, ils pensent pouvoir crier Bingo et exploiter le filon ! (Tant et si bien qu’une deuxième société de requins de la finance déposa in extremis un projet concurrent, avec exploitation souterraine et centrale de 600 MW.) Ils demandent simplement (!) aux collectivités locales de financer le détournement d’un cours d’eau et de quelques routes, promettant entre 500 et 1000 emplois dans un premier temps, et 300 à 400 ensuite. Bien entendu, les élus et la Chambre de Commerce salivent et se prosternent d’emblée devant le veau d’or ! Tandis que le Parti Communiste local, mû par un pur réflexe pavlovien se met à prendre ses désirs pour la réalité en vantant les mérites du charbon propre ! La technique sera certainement au point dans 15 ans, mais pour l’instant, brûler du charbon entraîne toujours une pollution atmosphérique majeure, même si des progrès ont été réalisés.

FAISONS CHAUFFER NOTRE MATIERE GRISE.

Une telle histoire paraît tellement abracadabrante, qu’il convient de faire chauffer sa matière grise, pour avoir une vision claire du problème.
- Rappel des épisodes précédents : la France a fermé son dernier puits de mine en exploitation en avril 2004. De 300 000 mineurs au total dans le pays, dans les années 1950, on est passé à 0, sous le prétexte de la non-rentabilité de notre charbon ! En octobre 2006 a été inauguré le énième Musée de la mine, à Forbach, (Moselle). Chez nous, le bassin de Blanzy a été fermé en 2000, et à Montceau les Mines, il est actuellement prévu de construire une centrale électrique au gaz, pour une production de 400 MW en 2010. Les dernières mines à ciel ouvert ont été fermées en 2001, dont Aumance (Allier), à 60 km du site envisagé dans la Nièvre.
Précisons que la paix sociale a été achetée dans tous les bassins miniers, à grands renforts d’argent public. Indiquons enfin que l’Allemagne a fait le choix de conserver 50 000 mineurs à l’heure actuelle, alors qu’elle est soumise aux mêmes lois du marché que nous !

LES POUVOIRS PUBLICS ONT BONNE MINE !

Ainsi les pouvoirs publics ont englouti des sommes colossales, préférant payer des ouvriers à ne rien faire, plutôt qu’à aller au charbon.
Sous prétexte des " lois du marché incontournables ", on a condamné des régions entières, alors que nos voisins allemands nous démontrent qu’il n’y a pas de " loi économique incontournable ", mais des choix politiques qui devraient être assumés comme tels, par des dirigeants responsables.
On subventionne d’innombrables " musées de la mine " aux 4 coins de l’Hexagone, et l’Europe a englouti de considérables subsides à aider des pays comme la Pologne à transformer ses industries les plus polluantes, liées au charbon. Sur le plan international, la France milite pour le respect du protocole de Kyoto, qui impose de réduire les émissions de gaz carbonique.
Et voilà que l’Etat donnerait son aval à un projet charbonnier que tout à coup des arcandiers trouveraient rentable ! Au nom de la même loi du profit, qui a fait fermer toutes les mines de France et de Navarre ! Comme on le voit, accepter cette exploitation serait, pour les citoyens éclairés, se résigner à voir nos gouvernants rajouter une dernière couche d’inconséquence à l’incohérence des politiques suivies.
Incohérence sur les plans : Economique, industriel, social, écologique, politique et diplomatique ! Un non-sens absolu ! A quoi rimerait d’avoir abattu des pans entiers de l’industrie charbonnière, avec un coût humain et économique énorme, sur une partie du territoire, pour voir des intérêts privés prospérer et s’engraisser sur une autre partie du territoire en exploitant des gisements, tout en plombant l’atmosphère ?
Et tandis que chacun prend conscience du réchauffement de la planète et de la nécessité d’agir rapidement, les autorités de l’Etat donneraient le feu vert à un projet dont la conséquence la plus grave sera le rejet d’une énorme quantité de CO2 dans l’atmosphère ?
Quel cauchemar ! Inacceptable autant qu’inconcevable !
On ferait un tel cadeau à des intérêts privés, gâchant la vie de plus de 2000 riverains, polluant, compromettant l’engagement de la France par rapport au protocole de Kyoto, pour une centrale électrique dont la collectivité n’a aucunement besoin ? (Etant donné que la France persiste dans son pari nucléaire en entamant le renouvellement de son parc de centrales atomiques.)
Quel gâchis ! On n’en serait pas là, si un seul gouvernement européen s’était opposé au libéralisme forcené et à la dérégulation à marche forcée du marché de l’énergie.

" BON VENT " A UN PROJET ALTERNATIF !

S’il s’agit simplement de gagner des gros sous en produisant 1000 MW par an d’électricité, nous proposons une alternative : implanter 1000 éoliennes modernes d’1 MW/an de puissance, dans notre département. Cela reviendrait à en installer 33 dans chacun des 32 cantons nivernais, dans les endroits les plus venteux. Réfléchissez-y. Je suis sûr que vous pouvez me repérer autant d’emplacements dans votre environnement. Notre département deviendrait ainsi une véritable vitrine technologique pour l’énergie du futur, au lieu de se tourner vers ce projet fumeux et enfumé, ancré dans le passé. Il doit bien y avoir quelques subventions à la clé, pour le développement de l’énergie renouvelable et propre, non ? Ca permettrait au Conseil Régional de Bourgogne de subventionner autre chose que l’industrie nucléaire. Lequel de ces deux projets vous paraît le plus délirant, le plus réalisable ? Celui qui pue et qui pollue ou celui qui surfe sur le souffle du vent ?
Le gisement de charbon est là depuis quelques 200 millions d’années, il peut encore attendre le temps que son exploitation se fasse au profit de la collectivité grâce à des technologies à inventer, et non pas au simple profit de quelques boursicoteurs obsédés par le simple retour sur investissement et prêts à tout massacrer pour arriver à leurs fins.
Et ensuite, on ferait une campagne destinée à redorer le blason de notre vieux département du Nivernais (on en profiterait pour le rebaptiser) :
" Dans l’Nivernais, on n’a point de pétrole, on a du charbon, mais aussi des idées ! 1000 éoliennes pour 2010 dans 32 cantons ! NOTRE FUTUR EST PLEIN D’ENERGIE "

Jansen René.




- Les clichés proviennent du site internet très bien fait de l’Association de Défense du Sud Nivernais www.adsn58.fr.
- Bourgogne Magazine N° 73 de nov. 2006 contient un dossier sur le charbon en Bourgogne.





Honni soit celui qui ne " bio-nettoie "

Vous culpabilisez, vous êtes radin, vous avez une vocation de chimiste contrariée ? Dans le souci de vous éviter d’errer hagard dans les rayons de lessive, voici une autre recette économique et non polluante de lessive maison pour ce Picot, elle ne prétend pas pour autant laver plus blanc…

Ingrédients :

- 150 grammes de véritable savon de Marseille.
- 150 grammes de cristaux de soude.
- Huile essentielle si vous en avez. (25 gouttes)

Recette :
- Faire chauffer un litre d’eau et y mélanger constamment le savon acheté en copeau ou râpé par vous même.
- Quand le mélange est homogène couper le feu et ajouter les cristaux de soude et l’huile essentielle. Battre énergiquement, ajouter 3 litres d’eau.
- Laisser refroidir suffisamment, stocker dans un vieux bidon de lessive. Agiter avant usage et utiliser du vinaigre blanc à la place de l’assouplissant. Les détracteurs vous diront que ça ne lave pas " extra " (les noix de lavage… idem, je crois). Ayez un peu de persévérance et n’oubliez pas de pré-traiter les taches importantes : trempage avec des cristaux de soude ou application de lessive sur la tache. Le mieux restant d’éviter de vous tacher et de laisser faire les sales besognes aux autres…
Si malgré tout le nettoyage non-polluant et économe vous intéresse : Un site rigolo où télécharger " le grand Ménage ".

Elisabeth Baussant.

Très instructif : http://raffa.over-blog.com/





PURIN D’ORTIES

Interdiction de mettre sur le marché, d’utiliser ou de détenir des produits phytopharmaceutiques adjuvants, matières fertilisantes et supports de culture ne bénéficiant pas d’une autorisation de mise sur le marché. L’Etat souhaite contribuer au développement de l’agriculture biologique et des " techniques alternatives ", mais il interdit l’enseignement et la vulgarisation des pratiques qui en sont la base.
Rectificatif le 19 septembre : L’utilisation et la promotion de ces substances ne sont plus interdites, mais seulement leur commercialisation. Enfin, on peut couper des orties et les utiliser pour en faire du purin sans tomber sous le coup de la loi.
Recette : Laisser macérer un kilo de feuilles d’orties dans dix litres d’eau tant qu’il y a des petites bulles. Filtrer et diluer pour arroser toutes vos nouvelles plantations

Monique Cogan.







CHAUFFE EAU SOLAIRE

- Dans le Picot n°15, nous avons abordé la fabrication des capteurs solaire, maintenant que vous les avez fabriqués, si nous vous disions qu’ils pourront vous servir à faire griller les merguez l’été prochain vous pourriez nous en vouloir ! On va plutôt essayer de les raccorder à l’échangeur.

Deuxième étape :

- Réalisation :

- Après s’être procuré un chauffe eau électrique de récupération, mais avec une cuve en bon état, il ne reste plus qu’à réaliser un serpentin en cuivre recuit 14/16 d’une longueur de 25 m, soit environ 19 spires de 30 cm de diamètre.
- Après avoir démonté la résistance électrique de son support, il faut alors mettre à la place le serpentin en cuivre, suivant les modèles de chauffe eau, il faudra de toute façon prévoir des soudures et un système de raccord vers l’arrivée et le retour des capteurs solaires. L’entrée et la sortie de l’eau chaude sanitaire n’est pas modifiée.


- Le système peut être expérimenté sans circulateur, si l’emplacement ne permet pas un fonctionnement en thermo-syphon, il faudra installer un circulateur sur le retour.
- Il est nécessaire de prévoir sur l’arrivée d’eau chaude en provenance des capteurs un vase d’expansion et une purge sur le point le plus bas du circuit.
- Le circuit sera ensuite rempli avec un liquide antigel.





La mer d’Aral revit en 2006 !

Les bonnes nouvelles se faisant si rares, par les temps qui courent, surtout en matière d’environnement, qu’il ne faut pas manquer celle-ci : la mer d’Aral revit, elle a récupéré 1/3 de son eau en un seul hiver, grâce à un barrage financé en partie par la Banque Mondiale, et imaginé par les habitants. On se souvient de cette mer intérieure (300 Km X 200 Km), située au Kazakhstan, que l’Occident avait découvert en 1988, à la faveur de la glasnost, totalement asséchée par l’irrigation intensive des cultures de coton. La vision de tous ces bateaux en cale sèche, dévorés par la rouille, ces ex-pêcheurs désespérés, faisait penser à une sorte de Tchernobyl silencieux, et vous serrait le cœur de manière poignante ! Alors, longue vie à la Mer d’Aral !

Jansen René.