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ANNÉE 2006

N°14 - N°15 - N°16

lundi 27 juin 2011, par Le Picot




FÉVRIER 2006 (N°14)




BIZARRE : Le SIEGE " FANTOME " (à 125 000 euros)

de la COMMUNAUTE DE COMMUNES ?


On se souvient que début 2001, sous la présidence Bardin, la Communauté de Communes des Vaux d’Yonne avait acheté ce bâtiment 750 000 F, pour en faire son siège et loger les 4 employés… Très vite, après l’achat, il s’avère que les règlements d’urbanisme en vigueur interdiraient l’implantation de bureaux dans cette zone. En avril 2002, le même Bardin affirme que (1) " rien n’empêche que l’on puisse utiliser ce bâtiment ". En octobre 2004 (2), soit plus de 3 ans après l’acquisition, le président Bouquet ne sait toujours pas si l’immeuble se trouve en zone " Seveso ", ou inondable, ou au diable vauvert ! En décembre 2005 (3), il se contente d’annoncer " qu’une utilisation sera forcément envisagée ".

C’est vrai que quand on ne dépense que l’argent des autres, on peut le faire avec légèreté. Et les délégués communautaires n’ont jamais rien à dire ? Quant au contribuable, personne n’a été capable de lui expliquer clairement quel était le problème d’urbanisme qui faisait qu’on a balancé 125 000 euros (valeur réactualisée 2006) aux orties. Pour faire avancer le schmilblick, le Picot suggère la création d’un " Comité de soutien citoyen pour le développement durable des conneries manifestes ", non pas pour dénoncer l’incompétence éventuelle des responsables, mais pour s’élever contre les lois et règlements divers et inadaptés qui entravent l’action bénéfique de nos dirigeants si clairvoyants.

René Jansen.


- (1) Journal du Centre 22/4/02.
- (2) Picot 12 du 03/2005, p. 12.
- (3) Journal du Centre 23/12/05.





LA DEMOCRATIE " PARTICIPATIVE " EN SES QUARTIERS ?

L’évènement ne s’était pas produit depuis les fameuses élections à liste unique de mars 2001 : le Maire a organisé ses non moins fameuses " réunions de quartiers ", bizarrement baptisées " les rencontres du Maire "…

Au nombre de trois, elles ont eu lieu en octobre 2005 et ont réuni environ 135 personnes (1, 2, 3), soit 4 % des électeurs ou 2,95 % des habitants. Autant dire que sur le plan statistique, ceci ne représente strictement rien, et quant à la méthode employée, nous allons voir que tout est fait pour réduire à néant toute tentative de débat, et au final, le bilan se résume à pas grand-chose, en terme de démocratie. Quand on est de gauche, élu contre l’avis de 73,75 % des électeurs après 24 ans de règne, on devrait pourtant prendre soin de " tâter le pouls " de la population, non ? Mais, avec, le temps, on a mis au point une méthode infaillible pour verrouiller toute forme de discussion, tout en laissant croire à l’existence d’un débat démocratique…

1) Comment empêcher tout débat sérieux et être sûr que le tout vole au ras des pâquerettes.
C’est très simple ! Il faut surtout être sûr qu’aucun débat démocratique ne s’instaure au niveau des quartiers de la ville. Premièrement, ne pas susciter la création de " comités de quartiers ", ne pas déposer de " cahier de doléances " dans les lieux publics du quartier : les habitants risqueraient de croire qu’ils ont le droit de réfléchir et de s’exprimer ! Deuxièmement, pour être certain que personne ne puisse s’organiser sérieusement, ne prévenir de la date des réunions qu’une semaine à l’avance. Ainsi, sans organisation, sans ordre du jour précis, on est certain que les dirigeants maîtriseront les débats, en ayant l’air intelligent, tandis que le bon peuple se déconsidérera, à ne parler que de crottes de chien et trous dans les trottoirs (4)… Pour garantir de " Diviser pour mieux régner ", on prendra soin de mélanger des quartiers de la ville qui n’ont strictement rien de commun, tels que " le Désert " avec le " Beuvron ", afin qu’aucune revendication cohérente ne puisse émerger.

2) N’entendre que ce que l’on veut, éluder les questions gênantes.
La méthode est bien rôdée et a fait merveille, par exemple pour ne pas répondre aux habitants de la route de Vaugorges. Ceux-ci se plaignent de la vitesse excessive des véhicules dans cette rue où habitent une dizaine d’enfants, et demandent pourquoi il n’est pas possible d’installer de simples ralentisseurs, alors que le centre ville est en " zone 30 ". On apprend aussi que des courriers adressés au Maire sont restés sans réponse (ce qui s’est déjà vu). La réponse se fera sur l’aménagement de la route d’Armes, visiblement déjà prévu par nos augustes dirigeants, après un splendide dégagement en touche de l’Adjoint aux travaux. Vaugorges attendra, nul ne sait pourquoi, mais c’est comme ça. Circulez, Y a rien à voir ! C’est avec ce genre de débat bidon, tout sauf démocratique, que le Maire semble se convaincre lui-même que " l’opération menée boulevard Misset a été bien comprise " (4)

3) Se gargariser de grands mots, brasser de l’air.
Quand une ville comme Tonnerre (6 000 habitants) décide de modifier son plan de circulation en centre ville, des centaines de questionnaires sont adressés aux habitants. A Auxerre, le maire (socialiste) a consulté cet automne plus de 10 000 foyers, pour savoir ce que la population pense de son action. A Clamecy, on se paie la tête des descendants de Flotteurs ! Cela fait belle lurette qu’on ne consulte plus personne sur rien, et qu’on demande simplement aux conseillers municipaux de se taire. Mais vouloir faire croire que ce simulacre de débat peut mériter le qualificatif de " démocratie participative " (4), quelle dérision ! Et la presse locale n’est pas en reste dans le contresens grossier, quand elle titre en première page (2), " Un exercice de démocratie directe ", en parlant de ces caricaturales réunions où les édiles clamecycois, du haut de leurs chaires, tendraient l’oreille pour ouïr la voix du peuple, une fois tous les 5 ans. Il faut quand même rappeler que la démocratie directe, c’est justement quand le peuple se passe de représentants et gère directement ses affaires ! Ce qui ne semble pas vraiment être le cas ici… En d’autres temps, il y a bien longtemps, en mars 1971 (5), la municipalité était de droite et les gens de gauche, unis, faisaient alors des promesses, quant à la façon de changer la pratique du pouvoir municipal. La tête de liste était Jacques Barcelo, et le N° 2, un jeunôt de 37 ans, dénommé Bernard Bardin : " Il faut instituer un nouveau style municipal. La pratique actuelle de la gestion municipale se caractérise, trop souvent, par le pouvoir absolu des maires ou du bureau municipal, par une distorsion entre la politique suivie et les aspirations des habitants, par une ignorance des mouvements spontanés. (…) Nous ne prétendons pas résoudre tous les problèmes à l’échelon communal, mais nous pensons que le double échange que nous cherchons à créer qui va d’une part des habitants de la commune vers la municipalité - et de l’autre de la municipalité vers les habitants de la Commune, sont les seuls moyens de permettre une véritable démocratie à l’échelon local. " (Programme-manifeste de la Liste d’Union de la gauche aux élections municipales de mars 1971)
Le comique de l’affaire, c’est qu’on pourrait mot pour mot reprendre cette déclaration, 35 ans plus tard, pour en faire une revendication : que sont nos amis de gauche devenus ?

René Jansen.



- (1) Journal du Centre 10/10/05.
- (2) Journal du Centre 25/10/05 C. Chouard.
- (3) Yonne Républicaine 14/10/05 et 25/10/05.
- (4) Bulletin Municipal de Clamecy n° 80 01/2006, Edito de B. Bardin.
- (5) Le Courrier de la Nièvre, Edition de Clamecy, N° spécial du 10/03/1971





Permis de construire.

Il n’est guère de Clamecycois qui ne connaissent le soin tatillon des services chargés des permis de construire pour examiner si la couleur de votre volet ne va pas vandaliser tout un quartier ou si la lucarne de votre grenier a bien les croisillons réglementaires. La religion a fini par gagner : certes, le drapeau tricolore domine la tour de la Collégiale mais la présence de celle-ci empêche les vendeurs de " Vélux " de faire fortune dans un vaste périmètre. Pourtant il semble que tout bâtisseur ne soit pas regardé avec la même suspicion. Après les bâtiments de l’I.M.E., à la Postaillerie, recouverts qui de tuiles, qui d’ardoises, ce qu’on peut admirer dans la longue descente vers Beaugy, voilà qu’est apparue une nouvelle génération de couverture, inédite jusqu’à présent dans l’un des plus beaux détours de France : le bâtiment destiné au Canoë Kayak Club semble voué à se fondre dans le paysage une dizaine de jours par an, dans le meilleur des cas, il faudra que la saison soit particulièrement neigeuse car il est tout blanc, toit compris ! Voilà qui changera les canards et les poules d’eau des sempiternelles petites tuiles et autres enduits grattés.

Dominique Girault.




JUIN 2006 (N°15)




LES VOYAGES forment-ils la jeunesse ?

L’Espace social des Vaux d’Yonne a décidé d’organiser des activités au profit des adolescents. Fort bien. Il est effectivement certains d’entre eux qui n’ont pas la chance d’avoir des parents disponibles, intéressés ou assez fortunés pour leur procurer des loisirs autres que l’absorption d’émissions télévisées ou la vaine déambulation dans les rues de la Cité, avec les effets secondaires néfastes que crée l’ennui. Les thèmes de sorties sont variés : sports, divertissements, activités culturelles… Certains font tout de même tiquer un peu : la patinoire la plus proche est à Auxerre, comme la piscine couverte : il est logique de s’y déplacer, mais le bowling est-il si important ? Et voilà qu’apparaissent des sorties cinéma à Auxerre ! La Communauté de Communes des Vaux d’Yonne, qui est sûrement sollicitée pour assurer la survie du cinéma de Clamecy, donnerait de l’argent pour que les jeunes de cette ville et des environs aillent en bus dans les salles de l’Yonne ? Où est la cohérence ? (et la gestion " en bon père de famille " ?) Plus fort encore, une sortie est proposée au parc aquatique de Dijon (140 km aller, 2 heures 30 de bus au bas mot !). Là, même les responsables du Pays Bourgogne Nivernaise, après avoir été circonvenus, ont noté l’incongruité, dans leur réunion de février 2006 (l’Espace social n’était pas seul en cause). La structure des Pays a été mise en place pour favoriser le développement de zones en difficulté : on lui demande de subventionner des voyages dont le but est situé en dehors de la circonscription. Cela revient à aider qui Dijon, qui Paris, qui Marne-la-Vallée, selon les voyages prévus et on sait dans quelle misère culturelle et économique gisent ces malheureuses cités … D’autres aspects pourraient aussi choquer : il est souvent demandé aux participants aux voyages de prévoir un goûter, non pas préparé à la maison, mais à prendre la plupart du temps dans un restaurant américanisé de service rapide. Il faut donc envisager d’emporter un peu d’argent de poche - les sommes suggérées sont de l’ordre d’une heure de SMIC net - pour un après-midi d’adolescent supposé peu aisé, c’est beaucoup, d’autant qu’il faut y rajouter transport et entrée. L’Espace, d’accord, mais social ? Autre point délicat : les établissements scolaires ont supprimé leurs distributeurs de boissons et de friandises sous l’injonction d’une loi - qui me semble bien venue - visant à lutter contre l’obésité. Une des premières nouveautés annoncées pour le local ados du château du parc Vauvert était l’installation d’un tel distributeur. Est-on obligé de grignoter des barres à graisse arrosées de bulles à sucre pour que l’après-midi soit bonne ? Et si l’on récapitule : longs déplacements en bus + nourriture industrielle + boissons de la même absence de tonneau = c’est aux industriels du pétrole et de l’alimentation qu’il faut demander des subventions, pas aux collectivités locales, censées œuvrer pour la citoyenneté et pas pour la consommation. Mais le comble a été atteint au mois de mai 2006. Voilà que les enseignants du collège et du lycée de Clamecy, qui distribuent malgré tout les tracts de l’Espace social (est-ce vraiment leur mission ?) se sont aperçus qu’une sortie prévue pour le P.A.L. (le parc de loisirs, pas la torture : du culturel de première catégorie, et juste à côté !) était programmée pour le mercredi, départ à 9 h 30. Or les établissements, où étudient tous les adolescents locaux et où ils ont obligation légale d’aller jusqu’à 16 ans sont parfaitement ouverts ce jour-là, avec des horaires on ne peut plus habituels. Il va de soi que les tracts n’ont pas été distribués. Pouvait-on inciter ses propres élèves à la désertion des cours ?

Dominique Girault.







CIRCULATION

Si pour Bernard Bardin, l’opération menée boulevard Misset dans une optique affirmée de protection des piétons et de limitation de la vitesse des automobiles a été bien comprise (voir bulletin municipal de décembre), ce n’est pas l’avis d’un artisan habitant depuis des décennies le long de cette artère et qui de par sa profession (il sillonne tous les jours les rues de la cité) est un observateur privilégié des conditions de circulation dans la ville. Il est en colère, n’a pas de mots assez durs pour critiquer les aménagements entrepris. " Le boulevard Misset a été transformé en une ruelle. C’est inadmissible. Bien souvent les automobilistes stationnent dans le mauvais sens. Cela entraîne une dangerosité accrue pour les cyclistes. Ils peuvent heurter une portière, et il n’y a pas d’échappatoire pour les vélos car ils ne peuvent plus monter sur les trottoirs. " La critique ne s’arrête pas là mais porte sur tout le centre ville. " Y circuler devient un véritable parcours du combattant, le danger y est permanent. Il faut redoubler de vigilance ". Pointant du doigt d’autres aménagements tels le virage en dévers devant le groupe scolaire Claude Tillier, le carrefour de l’avenue de la Gare, à côté du fleuriste où, très souvent stationnent des voitures. " Depuis l’ouverture de la déviation, la ville est libérée des poids lourds mais c’est encore pire qu’avant, la traversée y est plus dangereuse. De nombreux automobilistes préfèrent délaisser les grandes artères et emprunter des rues plus petites telle celle des 43 Tirailleurs au lieu de l’avenue de la Gare ". Dangerosité accrue aussi pour les piétons comme dans la rue Jean Jaurès, près de la sous-préfecture où ils ne font pas la différence entre le trottoir et la chaussée ont été implantées les quilles. Notre témoin privilégié ne trouve qu’un seul point positif : le passage piéton aménagé sous le local des S.D.F, rue Jean Jaurès.

Michel Melka.







Il était une fois dans l’Ouest.

Le sang de James ne fit qu’un tour. Ainsi ce rascal de Rag était de retour ! Il recommençait à tourner autour de Shirley, il fallait que ça cesse ! Voilà déjà des mois que James l’épiait à travers ses volets. Il le voyait nager dans l’étang là-bas, le nez en l’air, les moustaches au vent, une tige aux lèvres, entre deux manigances, bien sûr. Au début, Rag se tenait loin des gens du pays, méfiant comme une fouine, se cachant au moindre éclat de voix. Puis, peu à peu, il avait pris de l’assurance et il se mettait à traîner en plein soleil, de plus en plus près de Shirley. Il faut dire qu’elle savait y faire, celle-là, avec les outlaws, sans brusquerie, jamais un mot au-dessus de l’autre, toujours une friandise à distribuer… Et Rag avait succombé : tous les jours maintenant, il attendait Shirley et son sac de pain. Lorsqu’il la voyait venir, toujours par le même chemin, il s’arrangeait pour se trouver allongé sur l’herbe, l’air de rien, comme par hasard, là où elle allait s’arrêter pour nourrir les canards. Alors, son heure venait, à lui aussi : pour lui, Shirley gardait quelque gâterie qu’elle lui tendait du bout des doigts. Rag n’était tout de même pas du même monde qu’elle. Cette tendre complicité durait depuis des semaines. Rag sourit à cette pensée, sa blanche moustache dévoilant ses dents jaunes.
Une fois de plus, Rag vit arriver Shirley. Comme chaque jour, il se glissa auprès du saule dans l’attente fébrile et confiante de l’instant délicieux. Shirley approchait, elle aussi sûre de l’avenir, heureuse du présent. Aujourd’hui, c’était un reste de porridge peut-être qu’elle apportait dans sa petite casserole émaillée. Rag était prêt, Shirley commença. Une ombre s’insinua soudain entre eux, incisive et menaçante. James était là, sa carabine à la main :

- C’est tout rien que du nuisible et ça n’a rien à faire ici, ricana-t-il en déchargeant son arme sur Rag.
Un coup de tonnerre, une fulgurante douleur puis le néant. Rag gisait là, figé à jamais. Shirley ne bougeait pas, paralysée par le fracas de la détonation, tellement incongrue, là, dans cette herbe si verte du premier printemps, au pied des saules bourdonnant d’abeilles, devant ce miroir d’eau où semblait sombrer le ciel tout entier. Puis elle comprit et, folle de rage, se jeta sur James. Sa casserole émaillée retomba sur le corps replet du shériff, arme dérisoire d’une vaine révolte, lourde, pourtant du poids de l’absent. Shirley s’effondra, anéantie et brisée.

- Dépression nerveuse, diagnostica le Doc, faut pas s’attacher aux mauvaises gens.
Ce fut là toute l’oraison funèbre de Rag, Rag Ondin, mort d’avoir eu confiance…

GEERE O’DOMIN (hic !)



- Note du traducteur : L’histoire est réelle, dans ses grandes lignes. Elle eut lieu à l’ouest de Clamecy, au printemps 2006, non loin de l’Homme du Futur (!) Les noms ont été changés et il semblerait que Rag Ondin soit un mammifère rongeur aquatique de belle taille et non le bandit romantique que le témoin nous décrit.
Au royaume des canards (de Barbarie), les hommes en sont bien capables (de barbarie).

Dominique Girault.







ALBERT JACQUARD AU LYCEE

Faire venir le professeur Albert Jacquard au lycée Romain Rolland était une bonne initiative. Le généticien octogénaire, défenseur de très nombreuses causes, très impliqué dans plusieurs associations (Droit au logement, Droits devant !) a fait deux interventions au cours de l’après-midi du vendredi 19 mai : une, devant trois classes, une autre devant un public composé de quelques professeurs, de membres du personnel de l’établissement, de parents d’élèves, de personnes invitées et d’élèves accompagnés de leur professeur. Un grand nombre de Clamecycois et d’habitants des environs informés de la venue d’Albert Jacquard auraient souhaité assister à cette rencontre mais il leur a été répondu que la salle était trop petite… Dommage. La venue d’Albert Jacquard était un évènement de grande dimension et la salle polyvalente de Clamecy en aurait été digne. En rêvant, tous les élèves du lycée auraient pu y assister ainsi que toutes les personnes extérieures. Et peut-être que tous les professeurs seraient venus (même en dehors de leurs heures de service) et auraient eu un autre regard sur la manière d’aller à la rencontre de l’autre et de préférer l’émulation à la compétition. Pourquoi pas ? Albert Jacquard tient une chronique quotidienne sur France Culture à 17 H 55. Une émission écoutée régulièrement par des Clamecycois. Le professeur dont l’un des credo est " de rentrer en compétition, avec soi-même plutôt qu’avec les autres " va publier, chez Stock, un nouvel ouvrage intitulé " Mon utopie : de à quoi bon à pourquoi pas ? " Sa sortie est prévue à la fin de l’année.

Monique Cogan.







Des effets du tilleul sur l’organisme.

Les médecins d’aujourd’hui s’accordent avec les herboristes d’autrefois : la tisane de fleurs de tilleul est un bon moyen de créer la relaxation propice à un sommeil tranquille. Mais les Clamecycois ont tendance à trouver que le tilleul est énervant.

D’une part, les adeptes du trottoir pur pestent contre la chute des feuilles, vite transformées en bouillie peu sûre à la semelle. Des riverains exècrent les branches qui les empêchent de suivre les contorsions des porteurs de semelles mal assurées dans la bouillie déjà nommée ou de vérifier à quelle heure rentre la voisine qui… enfin… vous voyez… je ne juge pas… mais enfin… Les spécialistes de la chevauchée automobile de caniveaux se révoltent contre l’idée qu’un autre être vivant puisse les empêcher de pratiquer leur sport favori.
D’autre part, les amis de la ville trouvent qu’une bonne partie de son charme provient de ses alignements d’arbres, le long de boulevards peu attrayants par ailleurs. Les amateurs d’air pur soulignent que le feuillage des tilleuls, outre sa consommation de gaz carbonique et sa production d’oxygène, filtre une bonne partie des poussières soulevées par un trafic incessant. Les passionnés de la vie y voient nicher des oiseaux, dont le chant rythme l’année et la journée : tourterelles turques, pigeons ramiers, merles noirs, mésanges charbonnières, mésanges bleues, mésanges à longue queue, chardonnerets, verdiers, pinsons des arbres, entre autres y élèvent leur progéniture au-dessus de l’aride bitume. Les coloristes et les graphistes se régalent du vert tendre des feuilles d’avril, du vert sombre de juillet, du jaune des feuilles d’octobre et de la succession rythmée des troncs craquelés, au cœur de l’hiver.

Alors, un débat existe ou du moins devrait exister : faut-il garder nos tilleuls ou pas ?

C’est une question à résoudre entre Clamecycois : nous en connaissons les avantages et les inconvénients, au quotidien. Il est bien lamentable que la réponse nous soit apportée d’ailleurs : qu’un architecte-paysagiste ne voie pas que des arbres existent, comme dans le cas de l’avenue de la République (la mal-nommée), que des entrepreneurs de travaux les massacrent avec leurs engins, que le maître d’œuvre des mêmes travaux décide alors l’euthanasie et qu’on nous promette à la fin, comme toujours qu’ils seront remplacés (nous attendons toujours les arbres de la place des Victoires) : c’en est trop.
Le pavé est beau en compagnie des végétaux : il est glacial ou brûlant, éblouissant ou sombre sans eux… Il ne s’agit pas là d’un combat pour la fossilisation des paysages : on peut couper des arbres mais qu’on en replante, des vrais, des grands, et bien plus qu’on en arrache. Le cœur de Clamecy n’est pas le réacteur de Tchernobyl… Qu’on abandonne l’idée du sarcophage (saviez-vous que ça signifie " qui mange les morts " ?) et qu’on aille puiser des idées dans les cimetières écossais (des stèles au milieu des pelouses). Il m’est idée que Clamecy retrouvera des habitants s’ils savent pouvoir y reconnaître les saisons autrement que par le passage de la sableuse en hiver, celui des désherbeurs au printemps, l’odeur de l’andouillette grillée en été et les pétarades des souffleuses de feuilles à l’automne.

Dominique Girault.



- P.S : Un bien triste spectacle nous a été donné ce printemps. Les tilleuls de l’avenue de la Gare (en fait du Général Leclerc, chef de la 2ème Division Blindée, ceci explique peut-être cela) ont été taillés alors que les feuilles étaient déjà bien développées. Je doute que l’argument selon lequel cette taille doit permettre aux branches de pousser à l’intérieur soit valide : un végétal pousse toujours vers la lumière, donc vers l’extérieur et les nouvelles feuilles prendront la place des tonnes de feuillage qui ont jonché les trottoirs clamecycois. Deux à trois semaines plus tôt, la taille aurait été effectuée à moindre coût (volume à évacuer beaucoup plus petit, visibilité bien meilleure pour les ouvriers chargés de la besogne, donc temps d’intervention réduit) et aurait assuré qu’aucun des oiseaux cités plus haut n’ait commencé à installer son nid dans des arbres dépouillés de tout feuillage…
Quant aux travaux de l’avenue de la République… Portion congrue pour les arbres et des bancs en plein vent l’hiver ou dans le cagnat l’été (des mètres carrés de calcaire sous les pieds et pas une ombre possible)… Encore bravo, l’architecte...!
J’oubliais le meilleur : une place est prévue pour un arbre, loin des bancs, donc, en saillie sur la rue Marié Davy juste avant sa jonction avec l’avenue de la République : je ne donne pas cher de son écorce au premier poids lourd qui tournera là… Du grand art, vous dis-je !





Une victoire au goût de défaite…

De janvier aux vacances de Pâques, l’ensemble des personnes qui travaillent au lycée Romain Rolland, ainsi que tous ceux se sentant concernés par le devenir du lycée, se sont mobilisés pour obtenir satisfaction auprès du recteur d’académie. De nombreuses manifestations, réunion avec le recteur, occupation de nuit des locaux, ainsi que des bureaux de l’administration par les élus pendant une journée, implication des commerçants par le biais de leur association Clam’58 pour l’achat d’une banderole de soutien. Bref une réelle et forte implication des habitants du secteur pour protéger leur bien commun, leur lycée.
Le lycée possédait une série fournie de filières tertiaires. Celle-ci a été attaquée de plein fouet par les restrictions du rectorat qui voulait fermer le BTS assistant de gestion PME-PMI, les sections BEP métiers de la comptabilité (MDC*) et métiers du secrétariat (MDS*) et ne pas rouvrir une des options de Terminale STG modifiées pour la rentrée prochaine. Les raisons évoquées étaient entre autres le manque d’effectifs de ces sections. Produire chaque année un gros effectif de diplômés d’une section sans pouvoir les placer ensuite sur le marché du travail est assez ridicule. Il vaut mieux en former une dizaine qui auront plus de chance de trouver un emploi. Mais aujourd’hui , nous n’en sommes plus là. Le recteur a fait une proposition consistant à augmenter les effectifs du seul BEP rescapé Vente Action Marchande (VAM*). Elle a été refusée pour la simple et bonne raison que les élèves de cette filière ont déjà des difficultés à trouver des stages sur Clamecy et ses alentours. Finalement, la semaine avant les vacances de Pâques, le mardi 11 avril, on apprend en Assemblée Générale que le recteur accepte de créer une classe dédoublée rassemblant les effectifs de la classe de VAM et 10 MDC. Mais exit les MDS. De plus, il ne revient pas sur sa décision de supprimer le BTS et l’option STG* au bac. Il laisse miroiter l’hypothèse de trouver un projet de BTS plus viable pour le secteur de Clamecy, au cours de l’année avec l’espoir de le créer pour la rentrée suivante (attention !!! printemps 2007). Tous ces efforts pour en définitive ne " sauver " qu’une part de l’effectif d’un des deux BEP. Il y a de quoi mettre en rogne. Et pourtant un vote à une quasi unanimité (5 abstentions, 1 contre) a décidé immédiatement de mettre un terme à l’occupation et à la fin de la grève administrative. Lorsque nous voyons comment on se contente d’une miette en comparaison de tous les efforts consentis, nous ne pouvons rester silencieux. Comme de nombreux autres, nous avons donné beaucoup de notre temps, y compris les périodes de repos pour se battre contre ces suppressions. Et du jour au lendemain, fini. On range les pancartes et retour au train-train habituel et en plus les classes supprimées. Nous en connaissons un qui doit rire dans son rectorat de voir qu’en donnant un petit su-sucre, on réussit à calmer le jeu. Le changement social et le jour où la base aura le dernier mot ne sont pas arrivés.

Deux lycéens toujours en colère.

*VAM : Vente Action Marchande, MDC : Métier de la Comptabilité, MDS : Métier du Secrétariat, STG : Science Technique du Tertiaire.


DÉCEMBRE 2006 (N°16)




UNE RUE BIEN NOMMEE ?

Lorsque le renard s’installe juste à côté d’une ferme, le paysan se frotte les mains. Pour éviter d’attirer l’attention sur son terrier, le prédateur évitera soigneusement d’attaquer dans son domaine. Poules et coqs peuvent dormir sur leurs deux oreilles ! Mais un poulet n’est pas un renard et lorsqu’un uniformé municipal installe son nid à côté de chez vous, il va falloir compter vos abattis : ça risque de valser dans la contrée ! Telle semble être la morale d’un conflit qui s’éternise à Clamecy, ruelle du… Capitaine (sic !), près du Crôt-Pinçon. L’ex-militaire a parfaitement saisi ce qu’était la dissuasion et semble confondre ses pouvoirs de police et ses commodités privées. Il a décrété que certains riverains n’auraient plus accès motorisé à la ruelle par lui élue puisque simples pékins tandis que le gradé pouvait y prétendre ès qualités. Il s’est donc permis de menacer d’user de son autorité d’assermenté pour parvenir à ses fins, nonobstant (mot prisé par son ex-employeur) l’absence de décret municipal. Des contacts pris par une des voisines auprès du maire (rencontre puis lettre 21-10-2006, dont le PICOT a la copie) et d’un des adjoints (R. Bertrand) n’ont abouti à rien. D’où cet appel désespéré à notre irrégulomadaire. La solution proposée pour réduire le conflit est d’interdire toute circulation dans la ruelle du Capitaine (hors secours d’urgence), mettant ainsi sur un pied ni de poule, ni de nez, mais d’égalité chacun des riverains. Est-ce trop demander ?

Dominique Girault.







Mort aux fleurs !

Pourquoi les donneurs d’ordres sont-ils si hermétiques à la beauté de la nature ? Comment peuvent-ils rester ancrés dans la culture du " tout propre " et du " tout moteur ", alors que la science écologique avance à pas de géants et que la fin des carburants fossiles est passée du statut d’éventualité lointaine à celui de certitude proche ?

Ce sont quelques-unes des réflexions qu’a inspirées le spectacle offert par les bas-côtés des Vaux d’Yonne, cet été. On a pu voir en effet les équipes du SIVOM lancées à l’assaut des bords de route de manière assez incongrue. Si l’on peut admettre le dégagement de la visibilité aux carrefours dangereux comme celui du Foulon, il est bien triste et scandaleux de voir raser l’ensemble des végétaux, depuis la route jusqu’aux limites des propriétés riveraines, sur des mètres de largeur, y compris sur les talus les plus escarpés. Un exemple particulièrement navrant et qui atteste d’une certaine stupidité : le pied de la falaise face à Auchan, au-delà du fossé. Une ligne droite à la végétation particulièrement colorée, lorsqu’elle est fleurie, grâce à la sécheresse et à la pauvreté du sol. On y admirait, avant le raid dévastateur du SIVOM, des Vipérines, grandes fleurs bleues en grappes denses, des Bouillons blancs, grands candélabres jaunes aux feuilles veloutées, du Lotier, des Pavots, etc, qui constituaient un magnifique massif fleuri totalement gratuit : pas de préparation du terrain, pas de semis, pas de désherbage, et de plus fournisseur de nourriture à tout un tas d’Invertébrés, notamment des Papillons qui ne trouvent plus dans les espaces cultivés, qu’ils soient agricoles ou ornementaux, le nectar dont ils ont besoin pour se reproduire ou les feuilles qui alimenteront leurs chenilles. Ah, évidemment, la végétation dépassait les dix centimètres et flirtait plutôt avec le mètre. On pouvait penser que le responsable des équipes d’entretien attendrait la fin de la floraison, à l’automne, pour intervenir, dans une zone aussi dénuée de danger. Trop insolente, cette nature ! Le fonctionnaire ignorant ou obtus (ou les deux) a lancé ses hommes de main à l’attaque en plein début de floraison. Une demi-journée plus tard, à grands renforts de décibels et de vapeurs d’essence - mais ça c’est tant pis pour l’ouvrier - la place était nette ! Résultat : un pauvre paillasson dépérissant sous la canicule de juillet en lieu et place du massif fleuri franc-tireur. Les employés intercommunaux n’ont rien appris sur la gestion des espaces verts, ni sur le paysage local. Ils ont même dû achever leur journée avec le sentiment du travail bien fait ! Le budget a été amputé des nombreuses heures de travail consacrées à la même opération, répétée sur des hectomètres de bas-côtés. L’œil du citoyen local continuera à se repaître de mornes étendues uniformément vertes, pelouses improbables de golf, inaccessibles et ridicules…

Dominique Girault.







UNE " VELOROUTE " EN DEROUTE ?

Tout le monde s’accorde à dire que l’idée de la " véloroute " est excellente, car elle vise à favoriser, pour un coût modeste, le développement d’un " tourisme vert " à même de profiter de ce que peut offrir notre région : verdure, calme, paysages naturels conservés dans leur beauté rurale…

Donc il paraîtrait évident à chacun, que sur les 137 Km du tracé, d’Auxerre à Decize, on s’efforce de suivre les voies d’eau (Yonne ou canal), afin que les cyclotouristes profitent au mieux de la tranquillité, à l’écart de la circulation automobile. Hélas, 3 fois hélas ! On ne sait pas comment les responsables ont décidé du tracé, mais prenez donc votre bicyclette, et effectuez le trajet Pousseaux-Clamecy, par exemple. Tout va pour le mieux, jusqu’à la hauteur de l’ancien " Bistrot de l’Ecluse ", sous les roches de Basseville, où vous voyez avec stupeur que, sur plus de 500 m, on a aménagé une véloroute à 4 voies ! Quelle peut bien être la justification d’un tel gaspillage d’enrobé et de macadam, dans une contrée où les routes sont souvent dans un état déplorable, et le chemin de halage pas toujours " vélocarrossable " ? Dubitatif, vous poursuivez néanmoins votre (vélo) route jusqu’à la hauteur du bourg de La Forêt. Là, vous êtes surpris de voir que le fléchage vous indique de quitter le canal, pour rejoindre la route D144 qui traverse le village, direction Clamecy ! Tandis que le chemin de halage vous tendait les bras ! Docile, vous décidez d’aller voir quelle merveille touristique les décideurs veulent vous faire découvrir. Horreur ! La traversée du bled en question n’a rien de pittoresque (en restant poli !) et la route étroite n’empêche pas les indigènes en voiture de dépasser allégrement les 50 km /h, en vous frôlant dangereusement ! Après le passage du pont (à voie unique, c’est peut être une curiosité ?) sous la voie ferrée, une rude montée vous amène à profiter de la vue magnifique sur le dernier supermarché construit dans la zone intercommunale ! Quelle beauté fatale ! Quel bel exemple d’architecture cubico-mercantile, de ce style outré de hangarisation banalisée qui envahit toutes nos entrées de ville. C’est certainement pour favoriser le gros commerce local, qu’on nous fait passer ici ? Puis, vue sur la gare, l’entrée du cimetière, le passage à niveau. Formidable ! Ouf ! Descente sur la poste. Magnifique ! Tiens, on nous fait quitter cette route en tournant à gauche vers l’usine Rhodia. Splendide ! Ah, on retrouve les rives de l’Yonne. Alléluia ! Mais comment justifier une telle déroute ? Alors qu’il aurait été tellement agréable de suivre le chemin en bordure de l’Yonne, du perthuis de La Forêt, jusqu’à l’entrée de Clamecy, au niveau de l’écluse St Roch… A condition que cette distance de 1,5 Km soit recouverte, car ce chemin devient impraticable à la moindre averse. (Les tonnes de goudron gaspillées là bas n’auraient pas pu servir ici ?)

Halte au dopage, NON au SUICIDE (à bicyclette) !

Il est assez frappant de constater que nos responsables parlent souvent de " favoriser le cyclotourisme ", alors que l’aménagement récent du centre ville, à Clamecy, a rendu la pratique du 2 roues véritablement impossible !
Sauf pour les kamikazes et les trompe-la-mort, car la chaussée a été tellement rétrécie, que chaque dépassement d’un cycliste par une voiture est devenu terriblement risqué !
Pour s’en sortir vivant, ni une, ni deux, il convient de pédaler à une vitesse supérieure à celle des voitures : soit 40 km/h en zone " 30 ", et 60 km/h ailleurs. On risque alors un contrôle antidopage ou une contravention pour excès de vitesse…
Et vous croyez peut-être qu’un vélo a droit à la priorité, à tous ces carrefours piégés ?
Même une ex-grande artère comme le boulevard Misset est devenue impraticable pour un cycliste !
On ne sait pas s’il arrive à nos décideurs de pédaler autrement que dans la semoule, mais ils seraient pourtant bien avisés de pratiquer le vélo et de réaliser ainsi les conséquences néfastes et ridicules de certaines de leurs décisions… " A bicyclette… " comme le dit la chanson.

René Jansen.







CHEMIN LE LONG DE L’YONNE :

A plusieurs reprises, nous avons évoqué le très mauvais état du chemin longeant l’Yonne et reliant la plage de la Tambourinette au pont de Bethléem. Une voie plus sûre, plus agréable que la route d’Armes et assez fréquentée par les piétons et les cyclistes. Ce chemin, non éclairé et parsemé d’embûches, a déjà causé plusieurs victimes. Du côté de la mairie, on rétorque qu’il n’est pas communal, mais privé et qu’une partie dépend de V.N.F. (Voies Navigables de France). Réunir autour d’une table représentants de la Commune, de V.N.F et propriétaires privés afin de clarifier la situation ne doit pas être très compliqué. En attendant, apporter quelques godets de concassé pour égaliser le sol, ne doit pas être une mission impossible et ne représente pas un gros investissement.

Michel Melka.