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ANNÉE 2006

N°15- N°16

mercredi 29 juin 2011, par Le Picot




JUIN 2006 (N°15)




Mépris de l’autre, racisme, nazisme.

Les populations se sont toujours déplacées à la recherche d’emplois saisonniers ou fixes. Ces migrations ont souvent donné lieu à des comportements et des adages méprisants. Qu’ils soient Morvandiau, Bressan, ou Breton importait peu, le manque de qualification les amenaient à occuper les emplois les plus rudes. Dans l’expression : " du Morvan, il ne vient ni bon vent, ni bonnes gens ", on retrouve le déplacement des plus démunis qui quittent leurs terres, pour " voler " le travail. On ne peut pas parler de racisme contre les Morvandiaux mais du mépris réservé aux pauvres.

Le mépris de l’autre a pris des formes différentes suivant les lieux et les époques, mais il devient scientifique avec le racisme français du XIXè siècle. Directement lié à l’histoire du colonialisme, il constitue le point de vue de celui qui veut continuer à dominer, à piller, à exploiter.

Sans aucun fondement, cette notion de " race " a été théorisée pour justifier la colonisation.

Si elle est le fait des gouvernements, l’ensemble de la société bénéficie du pillage. Le niveau de vie augmente dans les métropoles grâce à ces richesses dont les autochtones " ne faisaient rien ".
Avec les nazis, une nouvelle étape est franchie : l’élimination de celui qui n’appartient pas à la " race des seigneurs " ou son utilisation comme esclave en le tuant au travail. Le nazisme révèle la nature profonde du racisme, la guerre d’extermination. Riche ou pauvre, ce que l’on pense, ce que l’on fait, n’a plus aucune importance.

Cet amalgame " racial " permet aux nazis d’abolir la lutte des classes en la remplaçant par une lutte de " race ".

L’Allemagne a connu de nombreux soulèvements révolutionnaires et Hitler a utilisé l’anticapitalisme de la population contre elle-même. Le " national socialisme " était national. C’était du capitalisme aryen et le mot socialisme de la propagande. Le cri haineux : " A bas les ploutocrates juifs ", qui les désignait comme profiteurs les rendait collectivement responsables de l’exploitation. Le nazisme et les différents fascismes n’ont jamais été anticapitalistes et ne le deviendront pas, mais ils aiment faire croire qu’ils sont du côté du peuple et des " travailleurs ".
Le Pen, qui considère les crimes d’Hitler comme des détails de l’Histoire se sert du racisme pour diviser la société. Son non à l’Europe n’est pas celui, antilibéral et anticapitaliste de la plupart des électeurs qui souhaitent une Europe progressiste. C’est un non xénophobe qui ne serait pas opposé à une Europe fasciste et raciste. La plupart des fondateurs historiques du Front National étaient d’ardents pétainistes qui collaborèrent à l’Europe Nazie. Ce n’étaient pas des résistants.
Ce qui intéresse Le Pen, à travers la " préférence française " pour le travail ou le logement, c’est de créer un état de guerre permanent de tous contre tous qui permette de construire une société capitaliste " blanche " et merveilleusement militarisée. Ce programme est à porté de la main. Dans la Nièvre, des gardiens de boîtes de nuit ont tués des jeunes à coups de flingues. En dépit de l’évidence, le crime n’a pas été qualifié de raciste par le procureur. L’assassinat d’un immigré à Lyon, par un sympathisant d’extrème droite aux propos explicites, non plus.
Le Lepénisme ne ronge pas seulement l’esprit des meurtriers mais aussi celui des juges qui refusent de qualifier ces crimes d’actes racistes. Ils sont en parfaite cohésion avec l’Etat UMP qui mène sa politique Lepéniste et instaure progressivement un " fascisme mou ".

C’est dans ce contexte qu’il faut analyser les lois de Sarkozy traitant du statut des immigrés sans papiers.

Dans le Monde du 22 octobre 1999, Roselyne Bachelot, a écrit : " Il faut avoir le courage ou le cynisme de dire que nous allons nous livrer à une démarche néocolonialiste de grande envergure pour assurer la survie de nos sociétés postindustrielles vieillissantes. Après avoir pillé le Tiers-Monde de ses matières premières, nous nous apprêtons à le piller de ce qui sera la grande source de richesses du troisième millénaire : l’intelligence ".
Bachelot n’est pas voyante, l’immigration choisie de Sarkozy, n’est pas seulement une déclaration opportuniste, il s’agit réellement d’une politique de division de l’humanité de type fasciste. Sarkozy prépare la forteresse blanche du libéralisme où seuls pourront accéder ceux qui seront nécessaires à son fonctionnement. La gestion du Tiers Monde avec quelques îlots de paix sur militarisée, dans un vaste merdier libéral et guerrier. Le " racisme mou " du gang Sarkozy/Villepin ne l’est qu’en apparence. Ces lois xénophobes et racistes sont une insulte à tous. Pouvons-nous accepter qu’ils expulsent des lycéens et séparent des familles, qu’ils battent campagne contre le mariage mixte et propagent jour après jour l’idée que les plus pauvres sont nés " coupables " d’un monde ruiné par le pillage libéral ?
Doit-on demander à nos misérables gouvernants qui aimer ? Avec qui vivre ?
Peut-on admettre la violence, le mépris et la peur qu’instillent de telles lois ? Les sans-papiers et l’ensemble des populations émigrées qui vivent ici ne peuvent se retrouver face à une population étriquée et engoncée dans les préjugés criminels des Le Pen et Sarkozy.
L’abandon des migrants antinazis et antifascistes par l’Etat français en 1938 dans l’indifférence d’une part importante de la population a été payée par les années sombres du pétainisme et de la collaboration.

Sarkozy aimerait beaucoup que le mépris raciste scinde la société en deux. Une vieille pratique qui laisse une terrible gueule de bois.

Dès la prise du pouvoir par Hitler en 1933, Jean Dobler, Consul Général de France à Cologne donnait le ton de l’ignominie en justifiant : "… l’octroi du visa au résultat d’une enquête à mener auprès de la banque donnée comme référence par l’intéressé. Je pourrai ainsi, certainement, écarter un assez grand nombre d’israélites qui ne possèdent aucune ressource ou qui n’en possèdent que d’insignifiantes. Si, par contre, l’enquête bancaire révélait que nous avons affaire avec certains israélites qui jouissent en Allemagne d’une bonne situation, il n’y a évidemment aucun danger et il peut même y avoir intérêt pour nous à leur offrir l’hospitalité. "
Déjà l’immigration choisie ?

Yves Pupulin.




DÉCEMBRE 2006 (N°16)




" RENOUVELLER LA POLITIQUE

Ce lien politique est aujourd’hui en crise. Un fossé s’est creusé entre gouvernants et gouvernés qui atteint les bases du système de la représentation politique. Le désarroi de fractions importantes de la population entraîne une défiance des couches populaires envers ceux qui sont censés les représenter. La crise sociale est au cœur de cette perte de substance du contrat démocratique. Les citoyens, loin de se désintéresser de la politique, manifestent leur refus du renoncement et expriment leurs aspirations à une nouvelle donne économique, sociale et politique. Ils s’engagent dans les associations, les conseils de quartier, les projets de territoire ou les conseils de développement. Ils contribuent à la mise en œuvre d’actions publiques portées par un projet de société fondé sur le développement durable. En cette période préélectorale, un ensemble de questions se pose au regard de ces pratiques. “