Le Picot

Accueil > Dossiers > VIE DE LA CITÉ > ANNÉE 2007

ANNÉE 2007

N°17 - N°18 - N°19

vendredi 1er juillet 2011, par Le Picot




MARS 2007 (N°17)




MAIN BASSE sur la VILLE

Une étrange rumeur parcourt, depuis des années, la cité des flotteurs : quelqu’un de très puissant achèterait à tour de bras toutes sortes de bâtiments dans la ville, et personne ne sait à quelles fins… Il s’agit souvent de bâtisses en très mauvais état, qui ne sont jamais réhabilitées ensuite ! A quoi rime un tel " trafic " de biens immobiliers ?

Ici, il s’agit d’une dizaine de maisons en très mauvais état, en Bethléem, ainsi que des garages ou des jardins… Là, 2 200 m2 de terrains boisés, vers le pont Picot. A Beaugy, ON achète l’ex-brocante, empêchant ainsi un artisan de s’y installer. Même un supermarché en ruines comme l’ancien Leclerc a été racheté pour 151 932 € ! Et nul ne sait dans quel but. Au niveau des Ponts Verts, de chaque côté de la route, on a acheté granges et garages, pour les raser, et obtenir deux superbes terrains vagues ornés de barrières métalliques provisoires depuis plus de deux ans. Au carrefour de la bibliothèque, ON a aussi acheté un pâté de maison pour le raser ensuite : il est difficile de croire que ce sont les quelques m2 de trottoir supplémentaires qui justifient tous ces efforts et dépenses. Mais qui peut bien gaspiller autant d’argent pour investir dans ce qu’on appelle en matière d’architecture des " verrues " ou des " dents creuses ", bref des machins sans aucune valeur ? Quelle entité obscure (secte, syndicat du crime, organisation mafieuse, entreprise de blanchiment d’argent sale) peut bien avoir décidé de faire " main basse sur notre ville " ? D’après nos informations, il semblerait même que ce mystérieux groupement aurait infiltré les rouages de l’administration, qui imposerait un " droit de préemption ", afin que nul autre acheteur ne puisse acquérir les biens immobiliers convoités par la pieuvre. Il se murmure dans la ville qu’une étrange mafia serait à l’œuvre. Son surnom, dans le milieu, serait " la municipalité ". Son chef présumé, Don Bernardo Bardini, serait un joueur de monopoly acharné, qui ne reculerait devant rien, pour le simple plaisir de placer ses pions. A tel point que fin 2006, il aurait demandé à un de ses seconds couteaux de réaliser un inventaire de ses biens immobiliers, car il ne sait plus où il en est ! Et il paraît qu’il aurait encore de grands projets urbains à réaliser. Pauvre de nous !

René Jansen.







Fermeture des bureaux EDF

Ce qui nous attend dès juillet 2007.

Ayant besoin d’un renseignement pour changement d’abonnement EDF, je me rends aux bureaux place des Jeux.
Un mot sur la porte : " fermé la journée. "
De mon portable (n’ayant plus de fixe), j’appelle au numéro indiqué sur ma facture : 0810 040 333.
Après attente, musique, etc, une voix. Je commence à m’expliquer, elle m’arrête, me demande mon nom, ma référence, etc.
Longue attente, puis plus rien.
Je refais le numéro. A nouveau, attente, musique, publicité, puis une voix. Naturellement pas la même, mon nom, ma référence, etc., puis on me dit d’appeler au 0810 126 126. Là, une voix d’homme. D’après lui, il est le seul compétent pour répondre. Après les mêmes questions, il me donne une réponse, sûr de lui. Par curiosité, je lui demande où j’appelle. Il n’a pas le droit de me le dire (j’ai su après que c’était à Grenoble).
Mais je dois rappeler le 0810 040 333 pour qu’ils m’envoient une personne pour changer le contrat. Plus de 25 minutes de téléphone. Je lui fais remarquer le temps perdu et le coût.
Il se permet de me dire que je n’ai qu’à téléphoner d’un fixe ! Le lendemain, je repasse aux bureaux d’EDF, ouverts. Là, une personne très aimable, en quelques minutes, m’explique ce qui est le mieux pour moi. Le contraire de ce que le commercial de Grenoble me conseillait ! Voilà ce qui nous attend à Clamecy dès le mois de juillet une fois que ces bureaux seront définitivement fermés.

Monique Cogan.







AU NOM DU PEZE ET DU FISC…

LE MAIRE NOUS PREND VRAIMENT POUR DES CON…TRIBUABLES ! Dans le Picot n°12 de mars 2005 (p.2), nous avions déjà épinglé (avec Claude Cogan) Bernard Bardin, dans sa tentative de vouloir nous faire croire que les impôts locaux baissaient dans notre bonne ville, grâce à son action éclairée ! Après son édito de décembre 2004 dans le bulletin municipal, le voici qui récidive de la même façon en décembre 2006 (bulletin n°82), feignant de croire qu’une baisse des seuls taux municipaux entraînerait une baisse des impôts ! Ce qui n’est pas le cas.

Il nous prend vraiment pour des " beurdins ", et on ne voit vraiment pas comment il peut imaginer que son mensonge (par omission) puisse passer. En effet, le contribuable ou cochon de payant voit bien qu’il paye toujours plus. Au final, on se moque bien de savoir si la hausse constante est due à l’avidité du conseil municipal, général, régional, ou de la communauté de communes et de distinguer l’un de l’autre, au moment de régler la douloureuse. Il s’agit bien d’un jeu de dupes, et d’autant plus lamentable, quand on voit l’état critique des finances de toutes nos collectivités publiques. En effet, vu les transferts massifs de charges réalisés vers la CCVY, depuis 1993, pour pouvoir pavoiser, il aurait fallu que le conseil municipal baisse réellement ses taux, au lieu de se contenter d’arrêter (enfin) de les augmenter. Et ce petit jeu stupide de trompe-l’œil s’effectue dans un paysage fiscal de plus en plus injuste, où la droite a baissé le seul impôt " juste " (celui qui tient compte du revenu), surtout pour les très hauts salaires. Le tout dans un contexte où l’Etat se débarrasse (routes, techniciens et ouvriers de service des collèges et des lycées, RMI, prestations vieillesse et handicapés…) de nombreux fardeaux budgétaires pour les mettre sur le dos des collectivités locales. " Nous terminerons l’année 2007 avec un taux en taxe d’habitation qui correspondra à celui qui était appliqué en 1995-1996 " B. Bardin(1). Réponse : ptêt ben que oui !! Mais n’empêche que celui qui payait 5136 F. de taxe d’habitation en 1995(2) en paye 1117 € (7327 F) en 2006. Alors, 42,66 % d’augmentation, l’ex-prof de maths appelle ça une baisse ?

René Jansen.

(1) Bulletin municipal n° 82,12/2006, édito p.2.
(2) Tous les chiffres cités proviennent de l’analyse des feuilles d’impôts concernant la même maison située à Clamecy. Calculs éventuels Le Picot à l’aide des indices INSEE.
Rappel : le dossier sur les impôts locaux du Picot n° 4 de 07/2002


JUILLET 2007 (N°18)




" J’aime mieux manger à la cantine... "
(air connu)

La commune de Clamecy vient enfin de procéder à une révision idéologique déchirante. Après des décennies de collectivisme rampant, elle vient, en effet, de lancer une campagne destinée à limiter le nombre d’enfants qui devraient manger à la cantine en soumettant l’inscription à des critères d’obligation et non de confort (des parents). Dorénavant, il faudra justifier d’un travail, d’une situation familiale particulière ou d’une situation géographique lointaine pour pouvoir envoyer son enfant au restaurant scolaire. Simultanément, une réflexion est en cours, au niveau des écoles pour raccorder les horaires des maternelles et des primaires. Aujourd’hui, ils sont extrêmement différents l’après-midi, pour des locaux très voisins (maternelles de 13h.30 à 16h. primaire de 14h.10 à 16h.40), obligeant à de nombreux allers-retours pour reprendre des enfants d’âges différents, multipliant les déplacements le plus souvent motorisés (il y a loin du quartier de l’hôpital aux écoles du centre) ou les temps de garderie pour les enfants. De même, l’aménagement du temps scolaire, prétendument dicté par la biologie des enfants, mais miné par des contraintes financières (émoluments des animateurs, pas si bien payés pourtant) ou pratiques (retour pas trop tardif des enfants soumis au transport scolaire) avait conduit à placer des activités, souvent très intéressantes et bien encadrées, à des horaires dignes d’un banlieusard travaillant en centre-ville (12h. à 14h. pour les primaires). Encore une incitation à laisser ses enfants aux soins des dames de cantine ou au développement du " vite-avalé ", pour ne pas dire fast-food au foyer des parents résistants. Enfin les subventions généreuses rendaient le prix des repas familiaux résolument prohibitifs par rapport aux repas collectifs, du moins à qualité égale. Il était très frappant de voir à la cantine, le nombre important d’enfants dont les parents ne disposaient d’aucun emploi, ni occupation salariée, ce qui ne pouvait pas justifier l’inscription à ce service public, sauf justification très particulière - sauf à rappeler une forme de soviétisation de la vie des enfants... La systématisation de l’aide tue la solidarité et, de la même façon qu’il est douteux et diététiquement peu recommandable d’offrir à tous les enfants de maternelle un goûter à 10h., au prétexte :
- 1) que quelques familles ne peuvent (ou ne veulent) assurer une alimentation correcte à leurs enfants, faute de moyens ou d’éducation,
- 2) qu’il faut traiter tous les enfants de la même façon, de même il me semble que la commune a fait le bon choix en limitant l’accès de la cantine aux enfants qui la nécessitent vraiment. Le débat est ouvert !

Dominique Girault.







VIOLENCE A L’ECOLE : CINQ VIEILLARDS BATTUS A MORT

DANS LA COUR DE L’ECOLE CLAUDE TILLIER !


Un fait divers d’une violence inouïe s’est déroulé en mars 2007, dans la cour intérieure de l’école primaire Claude Tillier à Clamecy. En effet, cinq vieillards plus que centenaires ont été battus à mort à cet endroit, sans qu’on trouve aucune justification sérieuse à cette barbarie totalement gratuite.

Bien sûr il se trouve toujours des esprits bien intentionnés pour excuser ce genre d’agissements ! Bien sûr, le fait que les-dits centenaires n’appartenaient pas à l’espèce humaine, mais plutôt à la classe des végétaux, excuserait tout ! Qui va se mobiliser contre l’abattage de cinq tilleuls vénérables plantés sous Jules Ferry ? Il se trouvera toujours un " spécialiste " pour vous affirmer que le feuillu abattu était vraiment " pourri de l’intérieur " ! Un spécialiste en valant un autre, nous avons demandé à un ami, nain de jardin de son état, de bien vouloir ausculter les souches des arbres éradiqués. Conclusion, il n’y en avait que deux présentant des traces de maladie. " Ces arbres auraient pu vivre encore des dizaines d’années avant de présenter un danger quelconque ", nous affirmait-il. De la même façon, consultés, les arbres du voisinage (car notre spécialiste parle aux arbres) nous déclarèrent : " nous aussi, on connaît beaucoup de vos semblables, humains, qu’on pourrait dire pourris de l’intérieur. Le jour où on va s’occuper de l’élagage, ça va faire très mal ! " Il est difficile de comprendre pourquoi les responsables municipaux ont pris une décision si radicale et coûteuse, (le massacre étant organisé par une entreprise spécialisée), alors que, comme Le Picot s’en est fait l’écho à plusieurs reprises, ils n’étaient pas capables d’organiser l’élagage régulier des deux tilleuls jouxtant le bâtiment, ni le nettoyage des chéneaux. Ce qui a effectivement provoqué des dégâts sur le plafond de classes à plusieurs reprises, suite aux infiltrations d’eau. Ainsi, si on applique la même logique, quand votre pare-brise est sale, il suffit de mettre le feu à votre voiture, car l’assurance vous remboursera ! Il est toujours étonnant de voir que dans cette ville on a toujours de l’argent pour financer des conneries. (Il faut bien appeler un arbre, un arbre.) Et par temps caniculaire, les élèves des deux classes concernées ont désormais le plaisir de vivre dès 8h30 le matin avec les rideaux tirés. Et les braves tilleuls géants ne seront plus là pour fournir ombre et fraîcheur aux petits comme aux grands lors de la fête de fin d’année… Merci qui ? Pour conclure nous laisserons la parole à un sage(1) : " il faut plus de vingt ans pour faire un homme ou un arbre, mais il suffit de peu de temps à un crétin armé d’un fusil ou d’une tronçonneuse pour les abattre, l’un comme l’autre … "

René Jansen.


(1) LAO-TSEU.





Des coûts et des douleurs...

Faire bouger la ville, oui. Jeter de la couleur sur la grisaille du pavé, très bien.

Le paradoxe était complet, puisqu’au moment même où l’association Couleurs installait des tableaux colorés dans l’avenue de la République, Sylvie Brunel, géographe invitée par le Musée de Clamecy, présentait, à une salle bondée, les difficultés et les espoirs de l’Afrique d’aujourd’hui. D’un côté, une rue à 5000 euros pour quatre jours, de l’autre, quelques centimes d’euro, à accepter de payer pour permettre aux producteurs de vivre dignement de leur travail, sans aucun assistanat. D’un côté, une belle subvention municipale et 300 invitations à un vin d’honneur, de l’autre, la juste rémunération d’un travail pénible dans les plantations de coton, de café ou de cacao... Du côté de Couleurs, quelques bonnes idées cependant : la vache bleue enchaînée au Crédit agricole : belle métaphore de la dérive financière d’une banque vouée au départ au développement de l’agriculture française, fausse coopérative et vraie multinationale. Des vandales ou des experts ont d’ailleurs prouvé l’illusion : la vache se fendait et perdait une patte dès le lendemain et les blessures béantes ne laissaient échapper que du vide... Il y avait donc plus lourd de chaîne que de vache ! Drôle aussi la table mise sur l’abribus : des gâteaux géants somptueux mais inaccessibles sur une nappe... Vichy (Tiens, tiens... ) Dans la rue, les crottes de chien, au sommet, la crème ! Amusants, les arbres aux fruits fantastiques et les enfants de la maternelle enfermés en d’étanches bouteilles de plastique : les figures d’argile et les poupées Barbie sans tête, images d’une société schizophrène qui fait perdre à l’homme son intégrité, qui le démembre, le tronçonne pour mieux le dominer (tout était soigneusement arrimé) en le laissant se perdre dans un vaine et inconstante agitation (ici, du nord nord-ouest, force 2). Du côté de l’école, des cylindres hermétiques, tous de même forme et de même dimension, plus ou moins hauts pendus laissaient apercevoir (transparence et rigidité) des visages d’enfants heureux... Tous dans le même moule ou tous protégés par le polyéthylène recyclable ? Révolutionnaire, à tous les sens du terme, l’immense tapis rouge déployé devant l’Automobile dans une rue interdite aux véhicules... le temps du tapis rouge. La grenouille géante (beaucoup plus grande que le bœuf du Crédit) et sa niche (habitat du plus docile des animaux domestiques) ont aussi fait sourire mes enfants, pourtant peu au fait de la politique locale... mais je vois le mal partout, et eux savent vivre dans la magie d’un lieu sans imaginer de pervers desseins ou de malicieuses intentions. Ne peux-tu rêver, toi aussi, observateur désabusé, analyste amer, figure d’argile grimaçante au vent de l’avenue de la République ?

Dominique Girault.




NOVEMBRE 2007 (N°19)




BILAN DES ANNEES BARDIN 1977/2008
Combien de mandats en trop ?
A l’heure du bilan après 31 ans d’exercice du pouvoir municipal à Clamecy, la question ne mérite-t-elle pas d’être posée sérieusement ?

A l’heure du bilan après 31 ans d’exercice du pouvoir municipal à Clamecy, la question ne mérite-t-elle pas d’être posée sérieusement ? Car on ne peut pas vraiment parler " des 31 glorieuses " ! Si les réalisations des deux premiers mandats (1977/89) peuvent encore paraître satisfaisantes et en rapport avec les besoins ou les souhaits de la population. il n’en va pas de même pour tout ce qui s’est fait ensuite, au cours des 19 années suivantes. Même si nos avis peuvent être divers et variés au sein du journal, il en ressort tout de même que le bilan peut être qualifié de " globalement négatif ", et ressemble même à un véritable fiasco sur de trop nombreux plans. La déroute est totale sur les plans démocratique, social, démographique, économique, fiscal et écologique. Et même l’affaire de la succession semble, une fois de plus, totalement calamiteuse et organisée de façon minable et indigne de la cité des Flotteurs !

1ère partie 1977-1989



Clamecy : ma ville de cœur

" A mes pieds est ma ville, que l’Yonne paresseuse et le Beuvron baguenaudant ceignent de leurs rubans… Ville des beaux reflets et des souples collines…"

Romain Rolland



Quand on a une petite trentaine d’années comme moi, on n’a connu que des municipalités dirigées par Bernard Bardin. Dans quelques mois celui-ci passera la main. Avant de devenir maire en 1977, il avait été élu en 1971 conseiller municipal sur la liste d’union de la gauche emmenée par le docteur Jacques Barcelo et comprenant des socialistes, des communistes et des membres du P.S.U (Parti Socialiste Unifié). Ce dernier démissionna un an plus tard et fût remplacé par Claude Lebon membre du parti communiste. Bernard Bardin devient alors maire adjoint.
Nous avons voulu ici faire une rétrospective de son action. Parler de ses réussites et de ses échecs. Montrer l’évolution de notre belle ville tout au long de ses cinq mandats. Dans ce numéro, je retracerai les douze premières années :

(1977-1989). Le temps de la concertation et des grands travaux (Dont certains avaient été initiés par la municipalité précédente).

Dès 1977, le ton est donné. Les objectifs de l’équipe municipale sont de transformer notre cité, de la doter d’infrastructures économiques, culturelles, sociales et sportives dignes d’une ville de 6 000 habitants (4 806 en 2006). Il faut rattraper le retard accumulé avant 1971. Il est vrai que les besoins sont nombreux, mais la nouvelle équipe municipale se dit soucieuse de deux problèmes : limiter l’augmentation de la pression fiscale et faire adhérer le maximum de Clamecycois à ses choix. L’équipe précédente avait voté la construction d’un complexe sportif comprenant un bassin couvert, un bassin d’été et un gymnase. Le choix du site d’implantation a soulevé, à l’époque, de nombreuses critiques. Certains souhaitaient que la piscine soit construite à la Tambourinette afin de la regrouper avec le gymnase existant. Le choix de l’équipe Bardin sera de la construire dans le futur quartier Pré Lecomte / Ferme des Prés. Elle justifia son choix par la proximité du centre ville, la volonté de ne pas regrouper toutes les installations sportives de la ville dans un même lieu. De plus, l’exposition était plus favorable dans le quartier de la Ferme des Prés / Pré Lecomte pour une piscine découverte. Elle fut inaugurée en 1978. On peut saluer ici le fait que cet équipement a permis à des centaines de jeunes scolaires et d’adultes de découvrir les joies de la natation. Mais en contrepartie, ce fut la mort de la plage de la Tambourinette. Aujourd’hui, la piscine a mal vieilli et demande une complète restauration, une adaptation au XXIe siècle.
Sous l’ère Bardin, le quartier de la Ferme des Près - Pré Lecomte est celui qui aura connu le plus d’évolution au détriment d’autres quartiers comme celui de Bethléem qui aujourd’hui est à l’état de ruine. En fait, en 1977 il n’y a rien ou presque. Uniquement les H.L.M, vers la future gendarmerie, qui viennent d’être achevés. En 1977, dans le bulletin d’information de la ville de Clamecy, Bernard Bardin fraîchement élu trace déjà les contours du futur Plan d’Occupation des Sols du quartier. Il promet un complexe sportif, une salle des fêtes, un plan d’eau, une place des fêtes, des logements et une école maternelle. Il aura fallu trente ans pour que toutes ces réalisations sortent de terre. Seule l’école ne sera jamais construite. Il a réussi à marier la vieille ville avec un quartier dont l’architecture est moderne. A mes yeux, l’intégration est réussie.

On se soucie de l’avis de la population.

En 1978, la municipalité ouvre la concertation pour choisir entre deux projets différents. Le premier : la construction d’un grand stade omnisports. Il est vrai que la ville possède peu d’infrastructures, alors qu’il existe une dizaine de clubs de sports (tir, volley, canoë, rugby, gymnastique, athlétisme, basket-ball, tennis, cyclisme, handball et football) pour environ 700 licenciés. Le rugby s’entraîne à Feurtiaux, il n’y a pas de pistes d’athlétisme (pas plus qu’aujourd’hui), ni de terrain de football (juste celui du parc Vauvert). La municipalité encourage la pratique du sport, notamment par des subventions importantes, et par des projets d’amélioration de la pratique sportive (agrandissement des vestiaires du parc Vauvert, création du stabilisé derrière le gymnase de la Tambourinette…). Le deuxième concerne la construction d’une grande salle des fêtes à laquelle s’adjoint un centre médico-social. Comme pour le sport, Clamecy est sous-doté. Il n’y a que la salle des fêtes de la Mairie, mais elle est petite et n’offre pas assez de sécurité. De plus, elle limite les possibilités de spectacles.
Les Clamecycois sont donc appelés, en ce début d’année 78, à faire un choix entre ces deux structures. Dans le bulletin municipal n° 21 de mai 1979, paraît le compte-rendu de la consultation. Il n’y aura, hélas, que 456 bulletins réponses (432 valides). Avec 333 bulletins pour la salle des fêtes contre 99 pour le stade omnisports, le choix est sans appel. Les élus affirment " qu’ils n’ont à aucun moment prétendu ou ne prétendront détenir seuls le privilège de la perspicacité, de l’esprit d’initiative ou du sens de la responsabilité. Il existe à Clamecy, et c’est tant mieux pour son avenir, d’autres compétences et d’autres disponibilités : d’où la prochaine concertation qui s’instaurera au sein de commissions mixtes chargées d’élaborer un projet répondant aussi fidèlement que possible aux désirs des utilisateurs " peut-on lire dans ce bulletin. Dans ce même article, les élus ne sont pas hostiles au principe d’un référendum public préconisé par certains citoyens avaient émis l’idée " cette suggestion vaut d’être étudiée avec attention. " L’époque était à la concertation. Par la suite, et comme on pourra le voir dans le prochain numéro du Picot, ces bonnes intentions ne seront jamais mises en application. La municipalité décida de construire une grande salle des fêtes : notre salle polyvalente d’aujourd’hui. Elle fut inaugurée en juillet 1984 en présence du Président Mitterrand. Elle a 23 ans aujourd’hui c’est une belle réalisation qui a fort bien vieilli. En revanche, elle présente des imperfections comme un bar et une salle de restaurant exigus. Elle a permis de dynamiser le sport (avec des rencontres de haut niveau de handball, l’open d’escalade, des matchs de futsal) et la culture dans notre ville. A l’heure actuelle, c’est toujours l’une des plus belles salles du département de la Nièvre.
Au cours de ces 15 ans, l’Etat réalisera la construction de la gendarmerie (1982), de l’Hôtel des impôts (1984). La SA H.L.M de la Nièvre continuera à bâtir des logements sociaux (I.L.M Pré Lecomte) et les premières maisons individuelles locatives. Quant au Ministère de la Culture, il offrira à notre cité la statue de l’Homme du Futur, œuvre du sculpteur César (1987). Ce quartier est un lieu agréable, proche du centre ville et de la nature. Durant 24 années, j’ai vécu à la Ferme des Prés. J’en garde un bon souvenir. L’été, on se baignait dans le Beuvron ou on construisait des cabanes le long de la ligne de chemin de fer. L’hiver, on faisait des batailles de boules de neige, on regardait le Beuvron gonflé après le passage des dépressions. La seule chose qui manquait aux plus jeunes et qui manque encore aujourd’hui, c’est une aire de jeux.

Mon coup de cœur, la médiathèque.

La commune de Clamecy a engagé en même temps que la construction de la salle polyvalente, la création d’une médiathèque. Dès 1974, la municipalité Lebon a installé une salle de prêt pour adultes dans les locaux de la mairie (à l’emplacement actuel de l’Etat Civil). A l’époque, elle ne comptait que 98 lecteurs et… 1 000 livres. En 1977, une autre salle, pour les jeunes, est ouverte dans l’ancien C.E.T. Puis vient le temps de tout regrouper dans la même enceinte. La médiathèque s’installa dans l’ancienne Ecole Royale d’Artillerie devenue plus tard le lycée, rue Jean Jaurès. Elle fut inaugurée en juillet 1987 par François Mitterrand. Le nombre de lecteurs passa de 500 à près de 2 000 en 1988. Vaste, elle comprend une salle de projection, une compactothèque, une bibliothèque adulte et une réservée aux enfants qui comporte un espace destiné à accueillir " l’heure du conte ". Elle a 20 ans, est fonctionnelle, spacieuse et n’a pris aucune ride. Elle a permis de rendre accessible le livre, de démocratiser la pratique de la lecture. Si on la compare au niveau départemental, AUCUNE autre ville de la Nièvre (sauf Nevers évidemment) ne possède une si grande structure. Même Cosne-sur- Loire (12 000 habitants) doit en construire une aux alentours de 2009 ! La médiathèque François Mitterrand est une grande réussite. C’est mon " coup de cœur " de ces trente dernières années.
Dans le domaine de la santé, la municipalité a toujours tenté de défendre le Centre hospitalier de Clamecy. Elle a favorisé la modernisation de la maternité (1977), la construction d’un bloc opératoire (1981) et la création d’un pavillon de cure médicale (1983). En 1989, est posée la première pierre du nouveau Centre hospitalier. Celui que nous connaissons aujourd’hui. Enfin cette même année, un centre de secours moderne et fonctionnel, situé avenue de la gare est aménagé. Il remplace l’ancien, de la rue du Président Wilson (l’actuelle salle Colas Breugnon)

L’économie ne suit pas

Hélas, le bilan économique n’est pas aussi reluisant que celui des domaines culturels et sanitaires. Loin de moi l’idée de tout mettre sur le dos de l’équipe Bardin. La conjoncture internationale, la fin des 30 Glorieuses a plongé progressivement Clamecy dans les abîmes comme tant d’autres villes. Sur le plan démographique, notre commune a perdu 1 200 habitants !!! Le nombre de salariés a fondu comme neige au soleil. En 1977, Helder diminuait ses effectifs. En 1978, dans le bulletin d’information, le maire s’affolait des 25 suppressions de postes chez SICLAM (aujourd’hui BASTA) et des 174 chez Rhône-Poulenc (aujourd’hui Rhodia). La municipalité a toujours soutenu les salariés et leurs représentants. Elle a tenté d’inverser la tendance en créant une zone industrielle près de la gare SNCF. Elle a, durant ces années, fait des ponts en or comme tant d’autres communes françaises aux industriels pour qu’ils viennent s’installer sur le bassin économique de Clamecy. Notamment en prenant à sa charge la construction des usines, en détaxant pendant cinq ans les impôts. KIS spécialisé dans la reproduction de clés et de minilab photo s’installe en 1986. Morvan-Andouillettes, LMI (Le Marquage Industriel), Nièvre Traiteur, Pneus Laurent s’implantent en 1989. Aujourd’hui, KIS et les Pneus Laurent n’existent plus. Autre échec, la Dinanderie implantée sur le site de Rhône-Poulenc. L’arrivée du gaz naturel sera un élément décisif pour l’implantation, de Jacquet 2000, qui s’installe en 1992 et compensera une partie des pertes d’emploi mais ça ne suffira pas. Clamecy dans les années 80 était la 3ème ville de la Nièvre, aujourd’hui elle est en 5ème position. Il y avait en 1978, 86 demandeurs d’emploi. Aujourd’hui, ils sont près de 170 (source INSEE).
Au cours de ces deux mandats, la physionomie de la ville a été bouleversée dans tous les domaines. Rançon de ces changements, une augmentation accrue des impôts et déjà un fort endettement public. Les bonnes intentions affichées au cours du premier mandat disparaîtront rapidement avec le temps. Le cumul des mandats (Bernard Bardin a été député de 1981 à 1993 et président du conseil général de 1986 à 2003) et l’usure du pouvoir ont hélas déconnecté le maire de ses administrés…

Stéphane Lessire.


Suite et fin dans le Picot 20. Article réalisé à partir des bulletins municipaux.



AU MOINS DEUX OU TROIS MANDATS DE TROP ?

L’heure du bilan approche pour celui qui dirige cette ville depuis bientôt 31 ans. Oh bien sûr, tout n’est pas négatif, et on ne peut simplement imputer à la responsabilité du seul maire la situation dégradée de notre cité, dépeuplée (un quart de sa population !) et appauvrie.

Mais il est certain que sa politique a aussi aggravé certains problèmes au lieu de les résoudre. Citons pour exemple celui de la fiscalité communale excessive des années 1990-2000 qui a fait fuir (les chiffres le prouvent) plusieurs centaines de Clamecycois vers les communes alentour. La politique des grands travaux et des dépenses somptuaires n’était peut-être pas la plus indiquée, non plus, pour une ville sous perfusion qui s’est vidée peu à peu de sa substance vitale. Mais bien au-delà des péripéties locales, on peut penser que c’est, avant tout, un système qui serait à mettre en cause, plutôt que de tout mettre sur le dos d’un unique individu, même s’il n’est pas question de dédouaner les élus de leurs responsabilités.

Du cumul à l’accumulation des mandats.

En effet, la démocratie à la Française ne semble pas être aux normes de nos voisins européens, sur deux points essentiels : les élus sont un très petit nombre à cumuler et accumuler toutes sortes de mandats. Est-il vraiment bon pour la démocratie municipale d’avoir la même tête pendant 31 ans et 5 mandats successifs (1977-2008) ? Ne serait-il pas préférable, pour éviter toutes les dérives et abus de pouvoir de limiter à 2 les mandats successifs possibles d’un maire, dans les 36 000 communes de France ? Si ces derniers sont tellement passionnés de la chose publique, ils peuvent rester conseillers municipaux, non ? Et peut-être qu’alors ces derniers seraient mieux traités, considérés comme autre chose que des " béni-oui-oui " ou des larbins, qui sait ?
Dans le cas qui nous occupe, M. Bardin, en plus, a été député (1981-1993) pendant 12 ans, puis remercié par ses électeurs : les 150 voix qui lui firent défaut se recensaient sur son fief de Clamecy et ses environs, mais cela ne provoqua aucune réflexion chez lui, semble-t-il. Pour compléter le tableau, rappelons que simultanément il a été président du Conseil Général de la Nièvre, de 1987 à 2001, et conseiller général auparavant ! Sans oublier de mentionner la présidence de la Communauté de Communes des Vaux d’Yonne de 1993 à 2001 ! (On peut encore rappeler aux plus jeunes que M. Bardin et Mme Boisorieux étaient déjà conseillers municipaux en 1971 !)
Donc, là où, dans un pays normalement démocratique on verrait quatre hommes politiques s’affairer (un maire, un député, un conseiller général, un président de communauté de communes), chez nous c’est le même cumulard qui s’y colle, et dans la durée, en plus ! (Par pudeur, nous n’évoquerons même pas l’aspect financier du cumul des différentes indemnités liées à chaque fonction…)

Le déficit démocratique.

Car il ne faut pas oublier que le travers inévitable de ce genre de système de monopolisation et d’accumulation du pouvoir entre une seule paire de mains consiste en un grave déficit démocratique. Très vite on prend le pli et l’habitude de décider seul de tout, sans même consulter les autres élus, et surtout pas la population !
A partir de 1989, il y a l’ignoble et énorme extension du musée, l’aménagement de la place des Jeux, choses réalisées absolument sans aucun débat ! Suivront les énormes travaux d’aménagement du centre ville (2000/2001), où tous les choix sont contestables, mais surtout jamais soumis à concertation. Qui avait besoin de ces chaussées ridiculement rétrécies, de ces bittes d’amarrage en métal qui ne ressemblent à rien, de ces pavés glissants qui ne semblent être là que pour piéger le passant ? Qui a voulu de ces trottoirs luxueux en pierre de Bourgogne, qui ont d’ailleurs si mal vieilli en six ans ? Qui a voté pour avoir ces priorités à droite à la noix dans toute la ville ? (Les Clamecycois continueront la liste d’eux-mêmes).
Et même quand on décide de créer un centre social, cela se fait de manière stupide et maladroite. (Alors que de toute évidence le besoin existait depuis plus de 15 ans !) Sans oublier la mise à la tête du Centre Communal d’Action Sociale, en 2001, d’une très très proche collaboratrice du maire, sous les quolibets et moqueries de la population qui n’y peut mais… (Heureusement que nous sommes dans une contrée historiquement " de gauche ", qu’est-ce que ce serait sinon ?)

" L’absentéisme " remplace le socialisme comme idéologie ?

Après 1989 et le départ, en 1993 du premier adjoint (Pierre Phillipart), la gestion de la ville tombe entre les mains du Secrétaire Général de la mairie. M. Bardin est trop occupé ailleurs (l’Assemblée Nationale, la présidence du département…) et la gestion de la ville s’installe alors pour plus d’une décennie dans une sorte de routine où le laisser aller le dispute à la négligence. Ces années sont caractérisées également par une forme de mépris affiché par la mairie envers toutes les petites gens, voire envers tous les citoyens ordinaires… En effet, le camarade secrétaire général n’a pas toujours su briller par ses qualités humaines, dans ses relations avec le personnel municipal sous ses ordres, et son efficacité a pu être mise à rude épreuve, vu qu’il s’est retrouvé le vrai patron de la ville, de 1989 à 2001, sans en avoir le titre ni la légitimité (sortie des urnes )…

Aucune tête ne doit dépasser ?

Il faut noter également que le maire, depuis cette époque, n’a permis à aucun proche collaborateur (les 7 adjoints) d’émerger réellement, au risque de lui faire de l’ombre. L’observateur attentif notera aussi que pas une de ces personnalités, au fil de toutes ces années, n’a su sortir la tête hors des flots, pour être remarquée de la population, par son action ou par ses paroles. Ce qui fait qu’en mars 2001, notre monarque décide tout bêtement de parachuter un illustre inconnu, qui, lui non plus n’a jamais rien prouvé (Régis Bertrand) ! Et le duo de se planter lamentablement ; l’un, en n’étant pas élu conseiller général, l’autre, en étant réélu maire avec plus de votes blancs et nuls (868) que de votes en sa faveur (833, avec 1 472 abstentions !) Sans liste d’opposition, mais que voilà bien un triomphe sans gloire, pour l’entrée dans un cinquième mandat, après 24 ans de règne, que d’être élu contre l’avis de 73,75 % des électeurs ! Notons, par ailleurs, que pour mars 2008, il ne semble pas avoir préparé sa succession de manière plus intelligente que par le passé, en l’état actuel de nos informations.

Pharaon a tout misé dans la pierre, oubliant le social.

Avec du recul, on peut estimer que le Grand Bâtisseur a tout misé dans la pierre et les grands travaux, oubliant complètement les hommes, le lien social, et le fonctionnement démocratique d’une petite ville. Il n’y a qu’à voir à quel simulacre de " démocratie participative " donnent lieu les non-réunions de quartiers du dernier mandat ! Bref, cette cité est dirigée par un homme solitaire et cynique, qui ne représente plus que lui-même, incarnant le degré zéro de la politique, entouré de 26 fantômes (l’ensemble du conseil municipal) qui n’osent même plus prendre la parole ! Et l’homme fort de continuer d’ânonner les patenôtres du socialisme à la Jaurès, comme s’il y croyait encore à autre chose que son propre pouvoir de modeler cette ville à sa guise et selon son bon vouloir !

En guise de conclusion.

Comme on l’a vu, le système politique en place semble aussi coupable que les hommes eux-mêmes, des travers que peuvent présenter ces 31 ans de vie municipale. Imaginons qu’une équipe renouvelée ait géré cette ville après deux mandats. La démocratie et la cité ne s’en porteraient sûrement que mieux, non ? On ne sait pas encore de quoi l’avenir sera fait, mais on peut penser, avec espoir, que les Clamecycois, pour le salut de la démocratie municipale, auront au moins deux ou trois listes en présence, en mars 2008. C’est tout le mal qu’on leur souhaite, malgré une véritable saignée démographique opérée sous le règne bardinesque, qui est entré dans la place, intronisé par la majorité des 5 922 habitants d’alors. Et il n’en restera vraisemblablement que 4 400, à la sortie ! Faudrait-il graver au fronton de nos mairies :
" prière de laisser cet endroit dans l’état où vous auriez souhaité le trouver en entrant " ?
Quant au cumul et à l’accumulation des mandats, puisque ce sont les mêmes qui se votent les lois, pourquoi se gêneraient-ils ?

René Jansen.

En résumé de 31 ans de pouvoir, 5 mandats :

Les deux mandats essentiels et positifs : une équipe municipale soudée et dynamique, mobilisée autour de projets porteurs qui ont l’aval de la population à qui on daigne demander son avis. (Médiathèque, Artothèque, construction de la salle polyvalente…)
La vie culturelle de la ville est riche et variée, et fait des envieux dans le département, même parmi les agglomérations beaucoup plus importantes.
- Mandat 1. 1977-1983 : " Changer la vie et la ville "
- Mandat 2. 1983-1989 : " Bâtir pour le futur "
- le dérapage : 2 ou 3 mandats de trop ?
A partir de là, tout semble déraper. Musée surdimensionné dont les habitants n’ont que faire et qui défigure le quartier, esthétique contestable de la place des Jeux, impôts locaux qui font hurler ou fuir tout le monde, ronds-points à gogos, parking de la salle polyvalente atrocement cher, aménagement débile de la cité à tout va ; le fait du prince pour le grand marché, etc. Et une question : pourquoi n’avoir jamais trouvé les moyens de couvrir la piscine municipale, aménagement qui aurait profité à tous sans être dispendieux, lui ?
- Mandat 3. 1989-1995 : " Une ville appauvrie qui se croit encore riche "
- Mandat 4. 1995-2001 : " les mauvais choix antidémocratiques "
- Mandat 5. 2001-2008 : " la ville et son édile ont perdu leur âme "





TRENTE ANS : UN BILAN (N)EC(R)OLOGIQUE

L’écologie est une science exigeante qui demande à la fois des capacités pour l’étude très fine de chaque élément de l’écosystème et une faculté de compréhension des rapports qui unissent tous les éléments eux-mêmes, y compris au-delà des limites du champ d’étude. Dresser un bilan écologique est donc périlleux, même s’il s’agit d’évaluer l’action des municipalités clamecycoises depuis trois décennies : des règlements (européens, nationaux...) ont motivé certaines actions ou absences d’action, des rapports de force se sont installés ici comme dans chaque commune de France qui rendent difficiles l’appréciation de la responsabilité réelle des dirigeants dans l’évolution de la situation. Ainsi les actions sur les déchets ou sur l’assainissement de l’eau peuvent difficilement être portées au seul crédit des édiles clamecycois, la Communauté de Communes, l’Agence de Bassin, les comportements individuels de chaque citoyen y prennent leur part. On peut regretter le choix opéré contre le VARNE pour la gestion de la déchetterie ou applaudir l’extension du réseau d’assainissement, si les Clamecycois continuent à mélanger les déchets et à jeter n’importe quoi dans leur évier, les problèmes de pollution demeureront. En ce qui concerne les paysages, l’évolution a été double. D’une part, on a pu assister à la multiplication des plantations (arbres, arbustes, fleurs) que ce soit dans le cadre urbain ou le long des voies qui desservent la zone industrielle et commerciale, le quartier de la Ferme Blanche, la Ferme des Prés, la Postaillerie, etc. La construction de la déviation a permis le retour de la nature dans des espaces importants autour de Fertiaux, le long de la vieille route d’Oisy... Dans le même temps, le remembrement gratuit qu’elle a permis est responsable d’une banalisation ou d’un appauvrissement extrême du paysage rural. Qui a envie de s’arrêter à Clamecy pour son environnement naturel, après avoir traversé les plateaux dénudés qui l’entourent, en venant d’Auxerre ou de Nevers ? La commune de Clamecy n’a jamais pris ses responsabilités quant au respect des chemins ruraux (largeur réglementaire, respect de la végétation riveraine...) et a laissé, comme la plupart des communes, les agriculteurs régner en maîtres (destructeurs) sur des espaces pourtant publics (labour ou désherbage des chemins, dépôts sauvages de fumier). De son côté, la commune a acquis beaucoup de terrains, vergers, jardins ou autres espaces végétalisés mais a eu tendance à les traiter uniformément comme des pelouses de pavillons de banlieue, tondues et retondues, sans souci de la diversité biologique. C’est flagrant par exemple sous les tilleuls de la Ferme Blanche, ensemble arboré remarquable mais pauvre prairie, à côté des jardins " ouvriers ". C’est le cas aussi de tous les bords de route aujourd’hui soigneusement rasés, plusieurs fois par an, au bénéfice exclusif des réparateurs de débroussailleuses et des vendeurs de carburant. L’air de Clamecy a été reconnu nettement pollué par les véhicules motorisés mais aucun aménagement n’a été conçu pour favoriser l’usage de la bicyclette en ville : trottoirs surdimensionnés et traîtres pavés (je ne parle même pas des plaques d’égout non loin des bordures, sur la route d’Armes, par exemple) rendent la circulation à vélo un peu téméraire. La commune de Clamecy continue imperturbablement à faire répandre des litres de désherbant dans les rues, traquant la plus petite herbe en germe dans la plus humble impasse et contribue ainsi avec d’autres à enrichir les nappes phréatiques et les rivières en pesticides. Pour plus (?) d’informations, consultez votre facture d’eau et à la bonne vôtre ! Si l’urbanisation du Pré Lecomte peut être envisagée comme positive (voir l’article de Stéphane Lessire), on peut aussi constater avec inquiétude qu’elle a fait disparaître un immense champ d’épandage des crues, comme tous les remblais autorisés le long du Sauzay à la Galette. Les étangs de rétention de la vallée du Sauzay sont restés de purs fantasmes et les Clamecycois des quartiers bas ont intérêt à ne pas trop aménager leur sous-sol... M’est avis que la crue arrivera avant l’autoroute ! Enfin dans le domaine de la construction, même récente, aucune évolution n’a pu être constatée. Pas de chasse acharnée aux gaspillages énergétiques, pas de lutte contre les matériaux polluants, pas une installation solaire, alors même qu’on a restauré ou créé des toits d’ardoises, noirs comme des capteurs... A mon sens, tout bâtiment public a vocation à minimiser son coût par une contribution à la fourniture d’énergie à la collectivité et par la diminution des charges (chauffage, éclairage, eau...) dans l’intérêt même des contribuables qui l’ont financé. En ce qui concerne l’environnement naturel, la commune de Clamecy semble (je le répète comme toutes les communes du canton et la plupart des autres) avoir affermi un solide retard, que la situation économique présente et à venir ne paraît pas devoir fragiliser. Pourtant que d’indicateurs virant au rouge ! Seul l’indicateur de tendance politique perd peu à peu cette couleur. Il ne passera pas au vert, mais que le renouveau attendu n’oublie pas qu’en écologie, un être vivant ne survit pas à la disparition du milieu qui lui est favorable.

Dominique Girault.







LA MAISON DE LA FORMATION MENACEE ?

Vous pensiez avoir tout vu, après la perte de l’EDF, de certains services de la DDE, des Assedic, du tribunal, de la CFTA, etc...? Eh bien non ! En cet automne 2007, il se trouve qu’en plus, la Maison de la Formation est menacée ! Changements de structures et de financement, le brouillard est épais, et l’angoisse des salariés est grande, car l’incertitude quant à leur avenir est totale. Il faut remarquer que, dans ce cas, tous les acteurs politiques (élus) et administratifs (sous-préfet et autres) sont en première ligne et ne peuvent en aucun cas se défausser sur des décideurs parisiens ou dijonnais. S’il y avait un fiasco de la Maison de la Formation (MF), un tel désastre serait imputable à l’ensemble des élus locaux et à personne d’autre ! Mais ce serait bien évidemment la masse des jeunes de moins de 26 ans en difficulté qui trinquerait en premier lieu ! Pour l’heure, les salariés ont l’impression qu’on veut précariser l’emploi de ceux qui travaillent dans l’aide à l’emploi des plus précaires ! Et qu’aucun responsable n’a pris la mesure du malaise social qu’entraînerait la disparition de la Maison de la Formation à Clamecy ! Mais, braves gens, dormez bien : devinez qui est chargé de plancher sur la question, pour le compte de la Communauté de Communes ? L’inoxydable patron des services administratifs de la ville de Clamecy depuis plus de 28 ans ! Comment, cela ne vous rassure nullement ? L’assemblée générale de l’association qui gère encore la MF a lieu le 8 novembre 2007. Espérons avoir de meilleures nouvelles à ce moment-là. Le texte ci-dessous nous a été transmis par des citoyens concernés.

Le Picot.






Les temps sont durs !

Les temps sont durs pour Clamecy. Après le lycée qui a failli fermer, l’hôpital qui doit fermer depuis 20 ans, la SLIC, à Corvol, rebaptisée GDX qui licencie 59 personnes, une autre structure, génératrice de lien social est mise à mal ! Tout le monde la connaît sous divers noms : " la MIFE ", la " PAIO ", " l’association ESSOR ", mais surtout " la MAISON DE LA FORMATION ".
Oui mes amis, la Maison de la Formation va mal, très mal… et quelques emplois sont évidemment au passage menacés. Mais d’abord, qu’est-ce que la Maison de la Formation ?
- Un lieu d’accueil, d’écoute pour les jeunes et les moins jeunes confrontés à des difficultés d’ordre social et ou professionnel.
- Un lieu d’orientation où le personnel aussi bien que les services accueillis (ANPE-MISSION LOCALE…) mettent tout en œuvre pour permettre à ceux qui les sollicitent d’élaborer des solutions et de favoriser l’intégration dans la vie active, une structure qui travaille en étroite collaboration avec le CCAS (Centre Communal d’Action sociale) et les services sociaux du conseil général pour résoudre dans l’urgence les problèmes des personnes qui se retrouvent justement dans l’urgence dite " sociale ". " La Maison de la Formation est un outil à votre service, au service de vos enfants, frères, sœurs, cousins …." Nombreux sont ceux qui ont à divers moments de leur vie sollicité la Maison de la Formation et nul n’est à l’abri d’un jour devoir y faire appel. Pourtant cette structure, que nous pourrions considérer d’utilité publique, est menacée de fermeture.

La cause apparente : le nerf de la guerre, l’argent !

De l’argent, il y en avait ! Mais en ses temps de canicule, ou du moins de réchauffement climatique, cet argent, tout comme la banquise, s’est évaporé !
Mauvaise gestion ? On s’interroge ! Et si cela n’est pas lié à une mauvaise gestion on peut se demander qui avait intérêt à cette mise à mal de la Maison de la Formation ?
- La commune ? : peu probable. A l’origine de la Maison de la Formation il y a la volonté du maire et une collaboration active entre le CCAS et la Maison de la Formation.
- Les usagers ? : certainement pas ! Cette structure permet aux habitants de notre beau canton (et des cantons environnants) d’avoir à disposition dans un même lieu l’ensemble des services liés à l’insertion plutôt que d’être obligés de se déplacer sur Cosne ou sur Nevers.
- Les salariés ? : absurde. Nul n’a envie de se retrouver au chômage et les salariés ne sont que des exécutants mettant leurs savoir-faire respectifs à la disposition du public.
- La communauté de communes ? : peu crédible. Elle verse une subvention à la Maison de la Formation, a intérêt à ce service de proximité et surtout ne prendrait pas le risque d’augmenter les difficultés des administrés à quelques mois des municipales.

Mise à mal ou mauvaise gestion ?

Pourquoi l’argent qui permettait à cette structure de vivre et de vous aider à vivre a- t-il disparu ? Là est la vraie question ?
Jusqu’à l’année dernière l’essentiel du budget de la Maison de la Formation provenait de la PAIO (accueil jeunes de moins de 26 ans). Se rajoutait une subvention de la communauté de communes ainsi que quelques fonds en provenance du FSE (Fonds Social Européen).
La PAIO de Clamecy a fusionné avec la PAIO de Cosne pour devenir Mission Locale. Le siége social de cette Mission Locale est situé à Cosne et la subvention nécessaire au fonctionnement de cette nouvelle entité est partie là-bas (c’est très schématique mais en gros c’est cela…).
On aurait pu s’attendre à ce que le directeur de la PAIO de Clamecy (et accessoirement de la Maison de la Formation) se batte pour que le siége de la Mission Locale soit à Clamecy. Ceci aurait permis de pérenniser la Maison de la Formation. Mais non ! Rien n’a été fait.

Sans doute avait-il mieux à faire que de préserver l’outil qui l’employait !

Ne dédouanons pas pour autant le bureau de l’association ESSOR qui gère la maison de la formation. Ses membres ont-ils informé la municipalité de cette perte de service ? Ont-ils tous pieusement détourné le regard, conscients que cette attitude conduisait à une mort certaine la Maison de la Formation, partant du principe que l’indécision valait mieux qu’une mauvaise décision ?
La Maison de la Formation est aujourd’hui menacée de cesser son activité. Ses salariés, au service de la population depuis maintenant 15 ans, n’arrivent pas à avoir des réponses claires concernant leur devenir, et ce malgré de nombreuses sollicitations auprès des élus locaux (pourvoyeurs de solutions) et des membres du bureau de l’association qui gère la Maison de la Formation.
Le navire est maintenant sans capitaine. L’ex directeur de la PAIO de Clamecy et de la Maison de la Formation est aujourd’hui directeur de la Maison Départementale de l’Emploi et de la Formation à Nevers.
Le devenir de cette structure nous concerne tous car nous sommes tous en ces temps incertains des chômeurs en puissance
Nous seuls pouvons faire pression sur les élus pour que les financements nécessaires au bon fonctionnement de cette structure et au maintien des salariés actuels dans leurs emplois soient débloqués.
AIDONS-LES SALARIES A RESISTER, SOUTENONS LES !

Raspoutine.







Appel

Le Picot n’est pas une organisation politique et n’a pas vocation à gérer la cité. En revanche c’est son rôle de relayer les appels à un renouvellement de la politique locale.

Pour une nouvelle politique locale

A l’approche des élections municipales et cantonales, nous aurons à poursuivre " le changement dans la continuité " ou soutenir une nouvelle politique impliquant la constitution d’une liste démocratique et d’un programme émanant des habitants eux-mêmes.
La mainmise sur la vie locale par une " non-gauche " libérale et autoritaire n’a que trop duré. Sa volonté affichée de passer à la démocratie " participative ", lisez : " qui prend conseil auprès d’amis " spécialistes " rétribués pour accorder un avis favorable aux desiderata des petits maîtres locaux " doit cesser !
Au niveau communal il y a un affrontement entre deux têtes d’affiches issues du gouvernement Bardin. L’une représentant la tendance bobo et l’autre la tendance dinosaure. Cet affrontement devrait se solder par la désignation du dauphin parachuté. Il faut dire, que selon différentes sources, le nombre de militants du PS s’est accru par le recrutement de jeunes liés à la liste Bobo.
Ce nouveau type de bourrages d’urnes par " adhésions " est sûrement une façon de préparer les mentalités à la " démocratie participative ".
Au niveau de la Communauté de Communes, Bouquet serait candidat à sa propre succession et le terme " propre " pour un agent pollueur d’importance, responsable de la décharge illégale de Basseville, ne prête pas du tout à sourire…
Au niveau du Pays, la tendance à la désertification de toute activité émanant de Clamecy au profit de Cosne était évidemment prévisible.
Le tour du monument de la résistance montre ce qu’est réellement notre pays. Les noms des cantons qui le constituent sont inscrits sur chacune des pierres qui les représentent.
Un pays qui unit deux fleuves pourrait être une richesse si sa création avait émané d’une volonté populaire. Mais cette invention, mariage de la carpe et du lapin ne sert que la division territoriale au profit des petits maîtres du PS. Christian Paul prépare une commission pour lutter contre la fermeture des petits hôpitaux à l’Assemblée, notre maire pétitionne, etc, mais, la création d’un pays absurde, issu de leurs décisions antérieures, condamne l’Hôpital de Clamecy au profit de la clinique privée du Nohain…
Les manœuvres et manigances des élus et de leurs amis pour se tailler des fiefs en ruinant la contrée à leurs seuls profits sont avérées.
Quant à l’hypothèse d’une liste de droite victorieuse, nous ne voulons même pas l’envisager.
Une première réunion aura lieu fin novembre. Elle rassemblera toutes les personnes qui ont la volonté de construire une politique démocratique réelle, antilibérale, écologique, basée sur l’égalité et la fraternité. C’est à dire sur leur volonté d’être des égaux quels que soient leurs sexe ou origines.

Alain Chasseuil. et Yves Pupulin.