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ANNÉE 2007

N°17 - N°18 - N°19

vendredi 1er juillet 2011, par Le Picot




MARS 2007 (N°17)




Des coups de pieds au cul qui se perdent en campagne

Les rédacteurs du Picot sont comme le reste de la population confrontés à des élections dont il est difficile de croire qu’elles peuvent faire évoluer le monde actuel dans une direction susceptible de nous surprendre agréablement. On se demande même pourquoi dans la dictature de la société marchande, on s’enquiquine encore à nous demander de voter…

On se souvient qu’en dépit de la couverture de match sur laquelle Hollande et Sarkozy, dans le même costume de VRP du libéralisme, nous appelaient à voter oui, le non à l’Europe a été un coup de tonnerre dans le ciel limpide du parlementarisme et du libéralisme. Ce " merde " sonore s’est vu taxé de " fasciste " par les ténors politiques et médiatiques de la gauche comme de la droite libérale et depuis, tout ce que le libéralisme compte d’agents de communication, BHL, July, Val, Cohn Bendit etc. défilent dans les médias pour nous engueuler… Ils ne s’en remettent pas et font mine de croire qu’il s’agit d’une erreur due à l’incompréhension de ce texte rédigé sous la direction d’un ancien président de la République qui n’a de cesse de remettre en cause la Révolution française, ne serait-ce qu’en achetant des particules pour anoblir son nom de roturier. Qu’on ait pu lui confier la tâche de rédiger une Constitution européenne nous laisse pantois. Les médias et lobbies divers ont déjà choisi de nous faire voter pour Sarkozy, ou Ségolène et ne se gênent pas pour nous le faire savoir. Le Picot n’étant pas la feuille d’un parti, n’a pas de directive à donner à ses lecteurs, mais la sensibilité antilibérale de ses rédacteurs n’aura échappé à personne.

Pourtant de l’extrême droite à l’extrême gauche on se demande auquel épargner un coup de pied au cul : direction la sortie !

- A l’extrême droite, on trouve le fasciste Le Pen et ses concurrents, de Villiers (tiens, encore une fin de race) et d’autres qui se camouflent sous les viatiques de la chasse, la pêche ou la tradition. Le Pen et Megret rêvent de race blanche et d’une bonne guerre et ces Laurel et Hardy en culotte de peau ont cessé depuis longtemps de nous faire rigoler.
- Sarkozy : ses références à Blum et Jaurès ne permettent pas d’oublier la terreur exercée sur les sans papiers et son état libéral policé à l’extrême où le pognon a des droits mais pas l’être humain. Ses dents à rayer le parquet le font tenir du lapin. S’il perd une talonnette à courir la campagne, ce sera un croisement de rabbit et de dahu. Pour le coup de pied au cul, il faudra le caler d’aplomb sur une pente, en lui faisant faire, par exemple, trois fois le tour du Mont-Sabot.
- Il est bien terne le Bayrou et trop falot pour la lanterne. Il risque de disparaître de lui-même noyé dans un bénitier ou transformé en grenouille.
- Royal et le PS sont en parfaite perdition. De fait, ils camouflent sous les concepts creux d’un discours vaguement social leur volonté de gérer le libéralisme. Cependant, le sexisme des critiques dont fait l’objet Royal lève le cœur. Elle n’est pas plus arriviste ou stupide que les autres : c’est la même au féminin. C’est tout ! Elle peut toutefois bénéficier du vote des femmes qui en ont marre, à l’occasion, d’être prises pour des crêpes.
- Voynet-Lepage : quand ces écolos qui ont été ministres auront compris qu’il y a incompatibilité entre le respect de la vie et le capital, le désert s’étendra sur l’ensemble du globe.
- Laguiller nous intéressera le jour où elle cessera de considérer que le travail élève l’homme plutôt que de l’abrutir. Elle devrait travailler moins du chapeau, ça fatigue à la fin.
- Besancenot : la Ligue voudrait être le parti de la classe ouvrière à la place du parti communiste et réhabiliter Trostky, l’inventeur de la police politique à la place de Staline, qui a fini le boulot. Quand ils comprendront que ces deux cons ont pourri le XXe siècle, on sera au XXVe.
- Buffet : le PCF, le parti le plus contre révolutionnaire et le plus anti-marxiste de l’histoire, qui s’est toujours planté et se croît immortel, stagne sur ses pratiques staliniennes qui ressurgissent dès qu’il ne maîtrise pas la direction de la moindre grève ou du moindre mouvement social. Ses manipulations et la prétention avec d’autres, à croire que c’est sous leurs directives que nous avons voté non, laisse rêveur. Marx disait, fort justement, que la classe ouvrière était " la première classe opprimée de l’histoire qui ne pouvait s’émanciper, qu’en émancipant l’humanité toute entière ". C’est dommage qu’il soit mort, il nous dirait peut-être qui libérera la classe ouvrière de ces fossiles.
- Bové : l’homme sans parti. Certains au Picot pensent qu’il peut représenter ce à quoi aspire la société, poursuivre par cette voie le refus de l’Europe libérale et du même coup, se ressaisir de la question politique. Ce n’est pas l’avis de tous, mais tous nous pensons qu’il faut inventer, et que c’est le moment de s’y mettre, avant le mur vers lequel nous allons… Et gaiement n’est pas le terme qui convient…
Il est évident, que c’est le libéralisme qui gagnera les élections et pour les législatives et les municipales, ils s’attendent à ce que nous votions, dans la même direction, car ils ne reconnaissent au peuple qu’une place, celle de clients et de moutons appréciant la tonte.
La pensée risque simplement d’être absente du rendez-vous. Mais a-t-on déjà vu de la pensée naître des urnes ?

Yves Pupulin.







Un autre monde est-il vraiment en marche ?

" Pourquoi êtes vous dans ce collectif ? "
" Parce qu’il n’y a pas de parti politique ! "
Voilà ce que l’on pouvait entendre lors de la réunion du collectif antilibéral de l’Yonne l’autre soir.


Plutôt rassurant dans la bouche de ces jeunes qui ont " envie " de s’approprier la " chose politique " mais qui ont bien compris malgré leur peu de référence et de pratique, que les partis ne leurs offriraient pour s’exprimer et agir qu’un espace bordé de barbelés, sclérosés qu’ils sont par des pratiques d’un autre âge, animés par des serviteurs zélés de leurs maîtres à penser. Mais qu’on ne s’y trompe pas, tous ont parfaitement compris une chose, c’est que du nord au sud, d’un bout à l’autre de la planète, la cause de leurs souffrances, de la précarité et des guerres, de l’injustice faite aux enfants, aux femmes, aux hommes, ils la doivent au libéralisme qui n’a de cesse de tout marchandiser et détruire. Ils étaient émouvants lorsqu’ils évoquaient les collages d’affiches et les tractages, émouvants et volontaires, joyeux et enthousiastes, il faut dire que ces actes de " campagne ", ce n’est pas tous les jours que l’on peut s’y coller en dehors d’un parti ! Un minuscule espace semble s’ouvrir, un étroit sentier sous le feu des mastodontes politiques, un tout petit chemin de liberté, l’on y croise des " rmistes ", des " travailleurs pauvres ", des " dissidents politiques ", des " sans-papiers ", des " sans-droits " et des " sans-voix ", des militants, des " compagnons-de-route " des " qui-ont-rendu-leur-carte " et des " qui-devraient-la-rendre ", de ceux là, ils s’en méfient et ils ont raison… Beaucoup ont activement contribué, après le cinglant NON au traité de Constitution européenne, par la réflexion, l’échange et l’interpellation, à l’élaboration de 125 propositions pour en finir avec le capitalisme et remettre l’humain au cœur de la société. Encore largement améliorable, c’est le fruit d’un travail collectif qui peut représenter un socle pour qu’un " autre monde soit possible ". Après s’être délesté des empêcheurs de tourner en rond, ils ont choisi leur " porte-parole ". Ils sont allés le chercher sur le Larzac, terre de hautes luttes s’il en est. Ils lui confient la lourde mission de porter ce qui représente un courant d’idées dont il n’est pas le propriétaire. Ils considèrent qu’il leur ressemble, libre dans les actes et la parole, ils lui font confiance. Joseph Bové, ne les trahis pas !

Alain Chasseuil.

http://www.josebove2007.org/spip/


JUILLET 2007 (N°18)




DELOCALISONS NOS HOMMES POLITIQUES !(1)

Il est fortement à la mode de fermer les usines en France pour aller produire à bas coûts en Chine ou ailleurs, afin d’augmenter le profit de nos chers boursicoteurs. De même, l’Etat à la sauce libérale n’a qu’une obsession : se débarrasser de toutes ses responsabilités et réduire le nombre de fonctionnaires afin de réduire les dépenses. (Pour pouvoir baisser ensuite l’impôt des plus riches, afin qu’ils puissent jouer en Bourse et délocaliser l’emploi des plus pauvres…) Mais nous prenons les tenants du libéralisme au mot, en proposant de délocaliser entièrement les institutions politiques de notre pays, avec pour résultat quelques milliards d’euros d’économies !

Nous transférons d’un bloc tous les organes du pouvoir central, ainsi que tous les élus de France et de Navarre, l’Elysée tous les ministères. Hop, que je te délocalise tout ça d’un coup à Shanghai : budget divisé par 12 ! Et je te fourgue les 577 députés et les 321 sénateurs dans deux Airbus A380, et je te divise d’autant leurs indemnités. Ah ! Celui qui touchait 5 000 euros ou 5 700 au bas mot, ne nous en coûtera plus que 600 par mois ! Rien que sur les indemnités des parlementaires, ça nous fait déjà 4,2 millions d’euros de récupérés chaque année. Vous voyez le topo ? Poursuivons. La présidence de la République nous coûtait 17 M euros par an, qu’ils se débrouillent avec 1,7 M euros ! Tel ministre palpait 16 625 euros par mois, il ne nous pompera plus que 1 400 euros par mois. Dans un pays où l’ouvrier gagne 80 euros par mois, faut pas qu’il se plaigne. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Les présidents des conseils régionaux et généraux touchaient chacun 5 300 euros par mois, en Bourgogne et dans la Nièvre ? Ils se contenteront de 440, en vivant en Chine. Et les 5 700 conseillers de métropole à 1 500 euros minimum par mois, avec une prime réduite à 125 euros, ça nous donne 7,83 M euros de récupéré sur la bête ! Idem pour le maire de Clamecy et les 36 000 autres. Qu’il gère sa commune par internet et ne coûte plus que 160 € au lieu de 2 000 euros, mensuellement. Et le président de la communauté de communes, sera-t-il vraiment moins efficace, délocalisé à des milliers de km, avec une indemnité de 125 euros au lieu de 1 500 ? Le maire de votre village de moins de 500 habitants vous taxe de 620 euros par mois ? Délocalisez-le en Chine pour 52 € ! Imaginez les masses colossales d’argent qui vont alors rester en France et qui vont permettre, par exemple de bâtir des logements décents pour tous, d’entretenir un système de santé correct, un système scolaire où il y a assez d’enseignants pour soutenir tous les élèves… Etc. Vous voyez le tableau ? Et n’oublions pas le parlement européen, avec 785 députés à 8 500 euros par mois. Et que je te délocalise le machin à Bucarest (Roumanie) en divisant les indemnités par 10 ! Sans oublier les dizaines de milliers de fonctionnaires, ces eurocrates qui n’ont jamais réussi à se décider entre Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg. Je te case tout ce beau monde d’un coup dans l’immense palais de Ceaucescu. Visez l’économie réalisée. Et imaginons qu’un beau jour, on se rende compte qu’un pays n’a en réalité nul besoin, pour vivre à l’aise, de tous ces spécialistes du pouvoir qui ne produisent strictement rien, et coûtent un max. Il suffira alors de couper les cordons de la bourse, et de gérer nos affaires nous-mêmes. Alors, VIVE LA DELOCALISATION !

René Jansen.

(1) Tous les chiffres de départ concernant les indemnités des hommes politiques sont rigoureusement exacts, ainsi que la proportion des salaires minimaux par rapport à la France (Chine : 12 / Roumanie : 10).




LE SAIGNEUR DES AGNEAUX

Il était une fois un pays lointain appelé " Terre du Milieu ", où vivaient en bonne harmonie tous les peuples de la terre, qu’ils soient Elfes des forêts ou des marais, Hommes libres des basses-terres, Hobbits de la Comté, Nains des montagnes, métis divers et mêmes Trolls et géants domestiqués.

Mais le règne centenaire du vieux roi Chiragonor touchait à sa fin et le monarque impuissant et déshonoré ne maîtrisait plus rien dans le pays, or la lutte pour sa succession était désormais ouverte. Et après une féroce et furieuse bataille électorale, ce fut finalement Sarkhô-le-Vilain qui s’empara du sceptre du pouvoir suprême. On murmure que le nain maléfique était aussi en possession de I’anneau du quatrième pouvoir, grâce à l’aide de Cécilia-la-Noire, sa sorcière de compagne. Cet anneau essentiel permet à son détenteur de donner l’apparence de la vérité à tout mensonge, et de maîtriser à sa guise la langue des crieurs publics, bouffons et autres colporteurs de rumeurs. Le maléfice assure donc le contrôle de l’opinion publique. En face de lui, l’ignoble Sarkhô avait trouvé la belle princesse Ségolyne, fille cachée du défunt roi Arthur-Mithrân-le-Grand, décédé sans héritier ni successeur désigné. Celle-ci avait pour ambition de rassembler sous sa blanche bannière tous les peuples de la Terre du Milieu, afin de contrer le gnôme malfaisant. Les Hommes libres, barons et chevaliers, avaient fait semblant de se rallier à Ségolyne, mais leurs troupes étaient arrivées bien trop tard sur le champ de bataille pour en changer l’issue ! Leur soif de pouvoir personnel et l’absence d’envergure leur avait totalement brouillé l’esprit sur l’enjeu réel du combat, et fut cause de la défaite ! Quant au petit peuple de la forêt habitant les confins Ouest du pays, il fut fidèle à sa réputation et se perdit en querelles intestines et guerres picrocholines ! Et Josué l’Elfe des marais ne s’entendit pas avec Marijo l’Elfe des bosquets, pas plus qu’avec Dominik l’Elfe verte, ou Oliver l’Elfe jaune, ou Arletty l’Elfe rouge. Bref ils arrivèrent à la bataille en ordre dispersé, tout occupés à se chamailler. Alors que dans les temps anciens, la grande armée fédérée des peuples de la forêt s’était montrée invincible, sous la houlette d’Arthur Mithrân - le -Grand ! Le peuple, pour s’assurer de la victoire aurait même souhaité que la Princesse Ségolyne prenne en épousailles le sieur Bay-Rû, seigneur des Terres Centrales. Mais cela ne se fit point au prétexte que ce dernier n’était qu’un sang mêlé, fils d’un Géant et d’une Elfe des marais. (Et que le préjugé veut qu’un métis ne s’approche pas du cercle royal !) Toujours est-il que Sarkhö-le-Noir, face à autant de divisions et de bêtise, avait le champ libre pour rassembler ses troupes, unies sous la bannière de l’avidité et des promesses en tous genres, et les mener à la victoire. Il réussit même à blesser à mort l’infâme Penhîrr, le chef sanguinaire des orques de l’extrême-Est. On vit alors ses troupes d’Orques, de Trolls et de loups gris faire aussitôt défection, pour changer de camp et montrer allégeance au nain des Montagnes Noires ! Ce dernier les accueillit à bras ouverts, étant lui-même expert en félonies et autres traîtrises. N’avait-il pas trahi, au cours de sa carrière, tous ceux qui lui avaient fait confiance un jour : jusqu’au Grand Shérif Passkhouah, le chambellan Ballah-Dûr, ou le roi Chiragonor ? Ainsi après plus de cinq années de basses manoeuvres, la victoire et la couronne royale étaient siennes ! La question était de savoir quel dessein secret au service de quel maître obscur pouvait bien manigancer l’épouvantable nabot ? Car chacun savait que le cœur d’un Nain des Montagnes Noires n’est jamais satisfait, que la soif de l’or pour l’or remplace le goût de l’art pour l’art, et on se demandait si ce dernier n’était pas qu’une marionnette au service des forces obscures, de Saroumane-le-Sombre et du Mordor ? Il se murmurait que si le Nain ne buvait jamais une seule goutte d’alcool ou d’élixir, c’était par crainte de montrer sa vraie nature, toute tendue du côté obscur de la force, difficile à maîtriser et terrifiante à dévoiler auprès des témoins ou des proches… Il restait encore à Sarkhô-le-Noir à subir l’épreuve ultime, pour que son pouvoir soit réel : arriverait-il à extraire l’épée Excalibur de la Pierre de la Destinée ? C’est Arthur-Mithrân- le-Grand qui la planta au soir de son règne, dans ce bloc de granite caché dans les souterrains du château de l’Elysée, en prophétisant que seul son véritable successeur serait capable d’extraire l’épée du roc ! Chiragonor n’y était pas parvenu, même après 92 ans de vaines tentatives : ce qui explique bien la vacuité et l’inconséquence de son règne ! En attendant, le peuple de la terre du milieu devait courber l’échine sous l’orage, et craindre que le ciel ne lui tombe sur la tête ; se préparer à la lutte, en attendant le retour de Gandalf le Magicien et des jours meilleurs promis par la prophétie. Tandis que Sarkhô, fidèle à lui-même, était parti festoyer sa victoire sur l’île de Malthâr, avec tous ses sbires et esclaves, nains, orques, trolls, loups gris. On dit qu’il sacrifia maints agneaux immaculés à son Dieu, le vorace May-shoui, gagnant ainsi son patronyme de SAIGNEUR DES AGNEAUX.

René Jansen.

(D’après J.R.R TOLKIEN, " Le seigneur des anneaux ")

La saga du quatrième anneau,
prophétie des Anciens :
" Le quatrième anneau du pouvoir sous le ciel :
Celui qui transmute le mensonge en vérité.
Un seul anneau pour l’Unique en son Palais
Le Saigneur des Montagnes Noires à l’Elysée.
Un anneau pour les asservir tous dans le fiel
Les rendre redevable d’UN seul en Mordor
Et tel des agneaux les mener à leur sort.
Mais il reste 3 anneaux pour les rois Elfes
Libre à eux d’unir leurs forces sous le soleil. "






UN PAMPHLET D’ACTUALITE de CLAUDE TILLIER

“ Charlatans ! Otez-d’ici vos tréteaux ! Allez représenter vos parades de fêtes ailleurs !… Ce ne sont pas des fêtes que vous demandent ces masses affamées : c’est du travail ; non ce travail ingrat qui ne profite qu’à celui qui fournit la brouette et la pioche, mais le travail qui fournit du pain à l’ouvrier. Vous célébrez une révolution ! … Croyez-moi, envoyez à votre place les acteurs de vos théâtres ; ils s’acquitteront mieux que vous de votre rôle ; votre tristesse nous amuse, et vos grimaces d’allégresse nous font pitié. Vous dites que vous célébrez une révolution !… Mais, pour célébrer une révolution, il faut tout un peuple ivre d’enthousiasme ; il faut des milliers de voix criant ensemble : VIVE LA LIBERTE ! MORT AUX TYRANS !… Quoi ! Vous célébrez une révolution ! Et si quelqu’un de nous, trompé par votre programme, troublait, par un refrain de la Marseillaise, votre petit bruit de fête, vous le feriez arrêter par vos gendarmes. Vous dites que vous avez fait une révolution !… Nos pères aussi ont fait une révolution, et cette révolution tressaille encore dans nos cœurs. Chez eux, la montagne n’est pas accouchée d’une fourmi, la lionne d’un petit chien ; mais la France a failli périr dans ce grand enfantement ; mais eux, nos pères, ils ont écrit leur nom sur d’immortels champs de bataille. Autour d’eux, ils ont tout réformé ; ils ont arraché la surface de la vieille France, et ils ont mis à la place un sol nouveau. Les lâches ne venaient point tendre la main pour avoir de l’argent et du galon, car elle ne leur eût donné qu’une épée. Et c’est le peuple qui a fait cette révolution ! Mais ce peuple, où est-il ? Qu’est-il devenu ? Je ne le rencontre ni dans la chambre des députés, ni dans la chambres des pairs, ni dans les conseils généraux, ni dans les conseils d’arrondissement, il n’a même pas quelques chaises dans les conseils de communes ! Vous dites qu’une révolution s’est accomplie ! Mais, voyez donc quels sont ceux qui prédominent ; quelles herbes, dans le champ national, montent par-dessus les épis ! Si je regarde en haut, je n’aperçois que des lâches, des traîtres, des transfuges, des voleurs, oui des voleurs ; car l’argent qu’on reçoit sans l’avoir gagné, ou quand on l’a mal gagné, on le vole. Sans doute, votre révolution a épuré vos mœurs : elle a cautérisé cet ulcère de corruption qui rongeait le corps politique et allait toujours s’élargissant ? On ne trafique plus du suffrage des arrondissements avec les routes, les canaux et les chemins de fer de la nation ? La Chambre n’est plus encombrée de fonctionnaires salariés, majorité inerte, indifférente, que prend celui qui vient, des mains de celui qui s’en va, comme, en prenant une ferme, on prend les troupeaux qui en dépendent ? Vous avez sans doute établi de grands ateliers où tous ceux qui veulent se servir de leur bras trouvent du travail, moyennant un salaire raisonnable ? Au lieu de livrer les travaux publics à des spéculateurs avides qui font leur bénéfice des rognures enlevées au salaire de l’ouvrier, c’est vous-mêmes qui vous chargez de leur exécution ? Au lieu de perdre l’argent du budget à engraisser des sinécures, à faire vivre dans une fastueuse abondance, des fonctionnaires qui ne servent pas trois fois dans l’année, vous l’employez à nourrir la nation qui travaille ? Quoi qu’il en soit, montrez-moi parmi vos fonctionnaires un seul véritable combattant, et votre révolution ne sera point pour moi une chose invraisemblable. Mais non, quand vous dites que vous avez fait une révolution, vous vous vantez ! Vous n’avez fait que changer la couleur de vos tentures, que hisser un oiseau de basse-cour à la place d’une fleur dont l’odeur était épuisée ! Vous croyez que vous avez édifié, et vous n’avez que badigeonné des décombres. Non ! Encore une fois non ! Faites-nous faire, si vous le voulez, trois sommations par le commissaire de police, mais nous ne nous réjouirons pas !… “

Claude Tillier

(" Non, il n’y a pas eu de révolution de juillet ", pamphlet de 1844)(1)
(1) Le texte est intégralement de Claude Tillier. Nous n’avons réalisé que des coupes ; seul le titre a été modifié. Editions " Les pamphlets de Claude Tillier " de 1967 J.J. Pauvert éd.
La " révolution de juillet " date de 1830 et succède à la Restauration. Suite à une insurrection populaire et par crainte de la République, les députés d’alors s’empressent de déposer le roi Charles X et de se rallier au Duc d’Orléans, qui deviendra Louis-Philippe 1er, Roi des Français. Celui-ci gouverne donc depuis 14 ans, à l’heure où C. Tillier a le courage d’écrire ces lignes. Ecoutons le dictionnaire historique Fayard (1997) : " la monarchie de juillet défendit les intérêts de la grande bourgeoisie, provoquant une aggravation de la condition ouvrière et entretenant une importante agitation politique durement réprimée ". N’est-ce pas l’essence même du " Sarkozysme " résumé en peu de mots ?

René Jansen.







Que fait la POLICE ?

ARMES (2 vols), AMAZY (2 vols), ASNAN, BAZOCHES, BRASSY (2 vols), BRINON (2 vols), CERVON, CHALLEMENT, CHAMPALLEMENT, CHAUMOT, CHAZEUIL (20 agneaux), CHEVANNES-CHANGY (2 vols), CLAMECY (15 vols dont 7 kgs d’allumettes, des lapins, du fumier, des légumes, du charbon, un cheval), CORBIGNY (13 vols dont des échalas, 1 bicyclette et 2 lapins), CORVOL D’EMBERNARD (2 vols dont 4 bicyclettes), COURCELLES, DIROL (4 vols dont 5 kgs de tabac, des oies), DOMPIERRE-SUR-HERY, DORNECY, DUN-LES-PLACES, ENTRAINS-SUR NOHAIN, GACOGNE (3 vols), LA CHAPELLE-SAINT-ANDRE, LA COLLANCELLE, LORMES (7 vols), LYS (2 vols), MAGNY-LORMES, MENOU, METZ-LE-COMTE, MHERE (3 vols), MICHAUGUES (des prunes), MORACHES, MOURON (des carabines), NEUILLY, NEUVILLE (du foin), NUARS, OUAGNE (2 vols dont 60 faisans à Châteauvert), OUDAN (2 vols), PAZY, POUSSEAUX (des liqueurs), SAINT-AUBIN-DES-CHAUMES (2 vols : du raisin et des objets du culte), SAINT-MARTIN-DU-PUY (2 vols), SAINT-REVERIEN (1 bicyclette), SAIZY, SURGY (4 vols dont des lapins), TACONNAY (plusieurs décalitres d’orge), TANNAY (2 vols : 1 pouliche puis 1 jument), TEIGNY, TRUCY (2 vols dont 1 cheval et 2 juments), VARZY (6 vols dont 9 revolvers, du vin, 1 ânesse), VIGNOL.
Que fait la police ? Et la Justice, sûrement laxiste ! Où sont les valeurs d’autrefois : solidarité, respect des autres et de leurs biens, charité chrétienne, fraternité laïque...? Ne sont-ce pas les premières secousses de la destruction d’une société, de la décadence d’un pays, de la fin du monde en bref ? Sûrement un contrecoup de 68 ! Il nous faudrait un pouvoir fort, qui rétablisse l’ordre, n’est ce pas ? Ah, ça n’aurait pas eu lieu autrefois, cette longue suite de vols. Toutes les communes sont touchées, même les plus rurales. Voyous des banlieues et immigrés désoeuvrés sont sans doute coupables..
. Seul petit problème, cette série est extraite du journal local, l’Echo de Clamecy de 1896 à1902, avec une lacune pour 1897, soit 6 ans seulement, bien après 68 (1868 !) qui, s’il a vu une certaine libéralisation du Second Empire, n’est certes pas synonyme de relâchement des mœurs et de laisser-aller policier ou judiciaire !
Conclusion : à chacun de tirer la sienne : pessimiste quant à la nature humaine dans son éternelle imperfection, optimiste sur la progression des libertés générales, malgré les atteintes aux règles sociales de quelques-uns. Je vous passe la liste des délits relevés dans ces mêmes journaux. Cela va de la contrebande d’allumettes (Clamecy, 1898) au parricide (Marigny sur Yonne, 1898) en passant par l’escroquerie à la foire sur un cheval (Corvol d’Embernard, 1898), la grivèlerie (Brinon, 1898), l’usage de fausse monnaie (Clamecy, 1899), le vagabondage (Entrains, 1899), la vente de beurre qui ne fait pas le poids (Breugnon, 1899), la pêche à la main (Cervon, 1899), l’usage de timbres-poste ayant déjà servi (Corbigny, 1900), l’exposition d’un mannequin obscène (1901), le saccage d’une vigne (Dompierre sur Héry, 1899), la pollution d’un puits avec trois chiens noyés (1901), la mendicité (Clamecy, 1901) et de très nombreux coups et blessures, au cours de disputes ou de rixes (35 recensées, dans beaucoup de communes) dont l’ivresse est souvent la cause. Tous les milieux peuvent être concernés puisque le tapage nocturne (Clamecy, 1899) côtoie la condamnation du Marquis de Certaines pour injures et que la banqueroute (Cervon, 1900) ou l’abus de confiance (Lormes et Cervon, 1900) escortent la fraude à la pomme de terre nouvelle (1900) : on fait passer des pommes de terre de l’année précédente pour la récolte de l’année en cours en les maquillant.
Pour clore ce tableau, 50 suicides ont été rapportés (sur 6 ans, je le rappelle), ce qui révèle la rudesse d’une époque, quelquefois idéalisée, quant à la valeur des liens sociaux. La moitié sont le résultat de pendaisons, un petit quart par armes à feu, un autre petit quart par noyade tandis que quelques désespérés en finissent par asphyxie (au réchaud !), qu’un habitant de Surgy se coupe le cou (1896) et qu’un - plus que déterminé se tranche la gorge au rasoir avant de se pendre à Dun-les-Places en 1899 !

Recueil des données : Lucette Girault ; texte : Dominique Girault.





NOVEMBRE 2007 (N°19)




La réforme de la carte judiciaire dans la Nièvre

" Au château, on prêche l’ouverture ",
" et pour nos palais, la fermeture ".


Ainsi parlent 2 magistrats encadrant une Rachida Dati hagarde dans un dessin du Canard enchaîné (10/10/07). C’est le 15 octobre, à Dijon (Le Monde du 17/10), que la Garde des Sceaux a annoncé que la moitié des juridictions d’instance vont être supprimées. Ces tribunaux qui traitent les litiges du quotidien seront rattachés à la ville où siège le Tribunal de Grande Instance (TGI). Quant à la décision concernant les prud’hommes qui sont aussi visés, elle est reportée. Dans la Nièvre, sont concernés le Tribunal d’Instance de Château-Chinon (qui traite moins de 250 affaires civiles par an), ainsi que ceux de Clamecy et Cosne-sur-Loire qui traitent moins de 2 000 affaires par an. La Nièvre deviendra ainsi un désert judiciaire avec un seul tribunal pour le département, celui de Nevers. C’est qu’il s’agit de traiter les affaires plus rapidement ! Traiter plus d’affaires dans des lieux devenus plus exigus où il faudra se serrer, on voit tout de suite le tableau et la diligence qui s’ensuivra pour les plaignants. Ou bien avait-on anticipé et agrandi le TGI de Nevers ? Si on considère la carte des suppressions dans les régions Centre et Bourgogne, on voit que le découpage effectué est interne à chaque département. Ainsi, on supprime Cosne (Nièvre) et aussi Sancerre (Cher) distants de 14 km, Château-Chinon (Nièvre) et aussi Autun (Saône-et-Loire) distants de 34 km. Plus on progresse dans ce qui fut la décentralisation, aujourd’hui appelée la régionalisation, plus les ruraux ont à y perdre. Autrefois, la justice était rendue dans chaque village ; bientôt il faudra aller à Paris (et pourquoi pas à l’Elysée où se concentrent tous les pouvoirs ?) pour régler un litige entre, par exemple, un villageois et un artisan. Mais quelles économies fera donc l’Etat en supprimant le TI de Clamecy à partir de 2009 ? Frais de location ? Le T.I. est mis gratuitement à disposition de l’Etat par le conseil général. Traitement des fonctionnaires ? Le juge dépend du TGI de Nevers et partage ses activités entre Clamecy (40%), Château-Chinon (40%) et Nevers (20%). Les 2 jeunes avocates résidant à Clamecy n’ont qu’à aller voir ailleurs. Restent la greffière et les secrétaires. Economie éventuelle : 2 à 3 salaires de fonctionnaires. Les frais d’agrandissement voire de construction d’un TGI à Nevers figureront sur une autre ligne comptable, celle de la Région. Sans compter qu’une ligne ferroviaire pourrait être nécessaire entre le nord du département et le chef-lieu, puisqu’il n’y en a pas. En attendant, les justiciables acquitteront la TIPP en prenant leur voiture (et peut-être bientôt la taxe carbone ?). Mais bon sang pourquoi vivre en province ? Allez donc tous vivre dans les grandes villes ! Et si, un jour, les élus ruraux se regroupaient en association et réclamaient, pour leurs administrés, les mêmes droits que les Français des villes, dont le droit à une justice de proximité ?

Anne Dourneau.


A titre indicatif : Château-Chinon/Nevers = 67 km ; Lormes/Nevers = 60 km ; Clamecy/Nevers = 78 km ; Entrains-sur-Nohain/Nevers = 78km ; Dornecy/Nevers = 86 km ; Saint-Amand-en-Puisaye/Nevers = 77 km ; Corbigny/Nevers = 60 km ; Dun-les-Places/Nevers = 94 km ; Montsauche-les-Settons/Nevers = 90 km.




" QUE D’L’AMOUR "

TEXTE INEDIT DE CLAUDE COGAN.
Cela fait déjà deux ans que le fondateur du Picot nous a quitté et nous voulons ici lui rendre hommage en publiant un texte inédit datant vraisemblablement de 1995 retrouvé dans ses archives. Cet article garde toute sa pertinence pour s’appliquer à la situation de 2007, et le style concis de Claude décuple la force de ses arguments, sans concession et frappant juste. (Le titre est de la rédaction).

Le Picot.



A force de mentir de plus en plus effrontément, les dirigeants et les hommes politiques ont crée une crise de confiance peut-être sans précédent en France. Il y a eu les promesses des socialos qui prétendaient changer la vie mais qui se sont très vite contentés de changer la leur. Balladur qui nous demandait sans cesse des sacrifices en vue d’un avenir meilleur. Puis la campagne démago de Chirac qui a débouché sur le gouvernement Juppé. Et rebelote pour les sacrifices. D’où l’explosion de novembre 95.
Leur riposte : toujours la même. Essayer de faire s’entredéchirer les petits. Fonctionnaire à 7 000 balles contre " privé " à 7 000 balles mais avec retraite plus tardive et moins de sécurité. Usager qui bosse contre fonctionnaire gréviste… Pourtant ça n’a pas marché aussi bien que d’habitude.
Il faut les voir, les entendre, les lire. C’est qu’ils nous font la morale ces enfoirés. Ne devrions nous pas avoir honte d’avoir un boulot, de gagner le SMIC ou un peu plus, d’avoir droit au RMI ou aux CES ? Ne faudrait-il pas les remercier au lieu de revendiquer ?
Savent-ils ce que ça signifie de vivre avec 5 000 balles par mois ou même 2 500 ? Ca leur suffit à peine pour leur argent de poche.
Il nous faut, paraît-il, cesser de croire à l’Etat providence. Mais elle est pour qui la providence ? Pour ceux qui bossent ou pour les bétonneurs, les financiers, les magouilleurs, les politiciens professionnels, les super-cadres nommés à la tête des entreprises publiques, des commissions bidons ?
Combien sont rémunérés tous ces cons qui, après des mois d’étude, concluent doctement qu’il vaut mieux être riche en ville que pauvre à la campagne ou que ce sont les gens qui ont le moins d’argent qui ont le plus peur d’en manquer.
Le pire désastre financier est toujours source de profits pour certains. Eurotunnel par exemple ! Les petits actionnaires sont plumés, la SNCF a creusé son déficit à cause du retard dans les travaux, mais il y a quelques banques suisses, américaines et françaises qui ont rempli leurs coffres au passage ! La faillite des uns fait la prospérité des autres.
On nous ment aussi par omission. On nous parle du déficit de la Sécu, mais on ne nous dit pas ce que l’Etat et les Entreprises ont oublié de payer. Ca représente quelle part du déficit ça ? Il vaut mieux reprocher aux gens de surconsommer du toubib et du médicament. Même topo pour le déficit de la SNCF. Il faut vraiment chercher ailleurs qu’à la télé pour découvrir que la plus grosse part de ce déficit provient plus de la construction des lignes TGV (et donc des emprunts avec intérêts) que du manque à gagner des petites lignes du Massif Central. Par contre, on ne s’est pas privé de nous raconter que les cheminots avaient la retraite à 50 ans sans jamais préciser qu’il ne s’agissait que des " roulants ".
Quant aux retraites des flics ou des militaires, quelle discrétion ! Peut-être qu’avec le sens du devoir et l’esprit de sacrifice qui les caractérisent ces braves gens restent-ils en activité jusqu’à ce que mort s’en suive.
On veut nous imposer le culte du Marché. C’est le nouveau Dieu qui domine le monde sans partage depuis la chute du soi-disant communisme.
L’odieux Jean-Marc Sylvestre est un des ministres du culte. Il sévit tous les matins à une heure de grande écoute. Les médias sont presque tous au service du pouvoir économique. L’Economie gère la planète. Les politiques ne sont que des larbins chargés de contrôler le troupeau. Ils prennent des airs importants, comme s’ils avaient un quelconque pouvoir. En réalité, ils en ont à peu près autant que le chien du berger. "

Claude Cogan.






L’AMNESIE SELECTIVE du PREMIER MAGISTRAT

Dans la vie, ça peut être bien pratique d’être atteint " d’amnésie sélective ", c’est-à-dire tout simplement d’oublier ce qui nous gêne, d’une manière ou d’une autre !
C’est une activité de loisir à laquelle semble s’adonner de plus en plus notre premier magistrat municipal, dans les derniers mois de son (très long !) mandat de 31 ans. En effet, un certain Bernard Bardin a déclaré au journal local(1), à propos de la journée internationale pour la paix, organisée à la salle polyvalente : " j’y suis sensible car la plupart des grandes manifestations se déroulent dans le Val de Loire, là où il y a beaucoup de monde…" Comment ? Le grand homme a, comme tout un chacun, remarqué qu’en plus du dynamisme économique, une grande part de l’action culturelle nivernaise s’est déplacée le long de ce fleuve, laissant à nos Vaux d’Yonne le rôle ingrat de parent pauvre ? Et qu’a-t-il fait ? Ces quinze dernières années, tandis que la Charité-sur-Loire transformait tous ses commerces fermés du centre ville en autant de bouquinistes ou librairies ; qu’elle devenait plusieurs fois l’an le lieu d’importantes manifestations : Festival du Mot, de blues, de musiques classiques … ? Où était donc notre homme fort ? Alors que la population de cette dernière ville dépasse désormais la nôtre de presqu’un millier d’habitants ! (5 405 contre 4 570, chiffres INSEE de 2005) ? Un Clamecycois qui se rendrait un dimanche (même en hiver !) dans cette cité serait stupéfait de voir l’animation qui y règne, et le monde qui s’y promène. Le contraste est total avec les rues désertes le dimanche, dans la cité des Flotteurs ! D’autre part, est-ce que notre édile sortirait d’un coma profond, long d’un septennat ? Lui et ses sbires ne se sont jamais opposés à la création de ce fumeux pays de " Bourgogne Nivernaise ". ils n’ont même pas osé suggérer la création d’un PAYS DES VAUX D’YONNE, avec Clamecy pour centre ! Ils se sont tus et ont tous avalisé la création de cette aberration administrative, un " pays " sans aucune cohérence quelconque, pas plus géographique qu’économique ou autre. Une véritable monstruosité bureaucratique, fruit des cogitations successives du fascistoïde Pasqua et de la verte Voynet, entre 1993 et 2002, à l’Aménagement du Territoire ! Et voilà que nos décideurs ont même réussi à transvaser les eaux de l’Yonne vers la Loire, vu que ce pays dans sa dénomination, est sous-titré " La Bourgogne côté Loire ". Et nous, ceux des Vaux d’Yonne, on n’a même pas droit au sous-titre ? (Dans le passé, les Flotteurs se révoltèrent pour moins que ça !) Cela démontre bien que Le Picot a raison depuis 2001, de dénoncer cette mascarade, ce " Pays " absurde et déséquilibré où le Val de Loire est prépondérant avec 75 % des habitants, et va pomper en conséquence toutes les ressources et le dynamisme, ne laissant que les miettes de la prospérité à la 3ème roue du carrosse que nous sommes. Regardez : ANPE, Assedic, EDF, Maison de la Formation, maternité, Tribunaux, etc, tout se barre dans le Val de Loire. L’Inspection de l’Education Nationale, (pour l’enseignement primaire, baptisée Clamecy/Val de Loire !) a été conservée de justesse, mais pour combien de temps ? Et la réfection des locaux de notre école de musique ? La subvention du Pays n’a-t-elle pas été refusée car Cosne (12 123 habitants) avait un projet prioritaire ? Alors oui, on peut dire " maudit pays " et dénoncer les acteurs de ce fiasco, dussent-ils se faire passer pour amnésiques ! Mais notre nouveau président n’a-t-il pas promis qu’on pourrait bientôt juger les fous ou les irresponsables ? Alors, les amnésiques, vous pensez bien !

René Jansen.

(1) Journal du Centre 23/09/2007.

Certains sont plus " égos "que d’autres ?

Avec la réforme des retraites, en 2003, les députés et hommes politiques de droite débordaient d’arguments pour tenter de convaincre le populo que non, ce n’était plus possible, il fallait travailler plus longtemps pour toucher moins… Et voilà qu’ils nous remettent ça en 2007, en commençant par la casse des régimes spéciaux (RATP, SNCF, EDF). Sauf que, comme ils en ont le pouvoir, ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes ces beaux principes. En effet, un député peut, après une seule législature de cinq ans, se constituer un droit à la retraite de 1 500 € par mois ! Et s’il peut choisir de prendre sa retraite à taux plein à partir de 55 ans, il peut aussi, en acceptant un dégrèvement, en bénéficier dès 50 ans ! Et le principe est le même pour les ministres et secrétaires d’Etat. Ministre 6 mois, retraité à vie ! Tous les Français aimeraient être aussi égaux que ces gens là, qui nous demandent toujours de nous serrer la ceinture !