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BRINON-SUR-BEUVRON

samedi 16 juillet 2011, par Le Picot




NOVEMBRE 2007 (N°19)




Arrête ton char !

Élection 2007, on a eu chaud... Les bulletins auraient pu se mélanger dans l’urne, s’étouffer, brûler ou alors plus insulaire, couler avec elle. Je vous le dis, on l’a échappé belle. Les cantonales auront donc lieu pour moitié en mars 2008. Ouf !
Et pour ne rien gâcher, le Sarkoland et son cannibalisme électoral de milieu d’année, bien plus que de bousculer le calendrier a aussi semble-t-il suscité, quelques vocations. Pour preuve, le défilé du comice agricole au canton de Brinon-sur-Beuvron et qui avait pour thème la bande dessinée... Une ambiance Pluto Walt-Disney que Pieds-Nickelés, avec des candidats bien plantés sur leur char... " Bécassine " représentait Brinon, mais que ce soit bien clair : Gérard Colomines (UMP) ne sera pas candidat à sa réélection ! Tout comme son ancien adversaire : Émile Vieillard (P.S) reconverti dans la fleur associative. Place aux autres. Et pourquoi pas " Cendrillon " (Guipy P.S) ? Mais peut-être est-elle trop occupée, la Cendrillon, à ornementer les trottoirs de son village de magnifiques bordures en granit ! Ou bien son maire, Christian Tourteauchaux fonctionnaire du conseil général au centre d’entretien routier (ex DDE), trouve-t-il tout simplement indélicat, de devenir son propre employeur ? Une consolation possible pour Cendrillon : la présidence de la CCVB. Une pantoufle qu’elle rêve peut-être de voir à son pied ! Il y aurait bien François Roze (“ ami P.S ”, maire d’Asnan, président de la communauté de communes justement), mais son absence de char au défilé n’augure rien de bon. Ben-Hur semble avoir jeté l’éponge même sur son mandat de président. Une attitude qui pourrait inciter Mickey, son dauphin (Michel Aubrun P.S, 2e vice-président de la communauté de communes, maire de Chevannes-Changy), à devenir vizir à la place du vizir, non... Le combat des chefs pour les cantonales aura certainement lieu entre " Donald " (Jean Louis Jury, 1er vice-président de la CCVB, maire de Beuvron, “ sans étiquette ” !) et " Tintin " (Jean Michel Sevin, maire de Corvol d’Embernard, “ sans étiquette ” !). Les chars sur le parcours tiraient pour le premier, un peu à droite, et pour le second un peu à gauche. Normal quoi. Tout le monde semblait réjoui, la fête fut belle, les chars bien créponnés de fleurs, les majorettes bien guignées. Que cela nous tienne... Pour autant, ce n’est pas tant l’indemnité et le prestige que confère ce poste qui devraient motiver les nouveaux candidats mais l‘attrait de nouvelles responsabilités, car jamais jusqu’ici le mot décentralisé n’a eu un tel sens, sauf peut-être en 1969 sur proposition du général de Gaulle et qui provoqua sa démission. Avec le prince Sarko, inutile de s’encombrer de référendum pour se débarrasser des départements qui deviendront sous peu, il est fort à parier, un peu plus des " pays "... Il vaut mieux laisser les Gaulois régler ça eux-mêmes... Alors Tintin ou Donald ! Vous en pensez quoi vous les Schtroumpfs ?

Thierry Rochet.




DÉCEMBRE 2008 (N°22)




Un shérif au canton de Brinon.

Nous voici donc dotés à la CCVB (communauté de communes du Val du Beuvron) d’un nouveau président : Christian Tourteauchaux. L’homme n’est pas nouveau sur le canton. Maire de Guipy, chef de secteur routier au conseil général, il cherche pourtant depuis quelques années l’ascension. Interdit pour l’heure de conseil général (un mandataire, ne pouvant être mandaté), de députation (une chasse gardée par un Christian Paul indéboulonnable), il s’est donc logiquement rabattu sur l’intercommunalité. Passons sur les alliances bien senties avec quelques naïfs lors de ces dernières élections et qui lui ont permis une confortable accession, le voici donc co-responsable sur le canton de 21 communes et de 2 300 âmes. Joli territoire qu’il aspire désormais à conquérir pour de bon : " Moi, j’ai l’habitude de dire ce que je pense ! " Justement, on aimerait bien savoir ce que pense le shérif Tourteauchaux à part briller et s’imposer comme le sauveur du canton, " ... qu’il faut relever la tête et nous mettre au travail tous ensemble." Facile à dire, alors qu’en face de lui ce sont des hommes et des femmes qui travaillent pour la communauté de communes (42 personnes) et qui commencent à se poser des questions. Le cow-boy pourrait avoir affaire à fortes parties pour imposer sa loi. Quelques balles perdues ont déjà sifflé aux oreilles de la Calamity Jane des écoles, Viviane Willaume (nouvelle présidente du SIVS) et les élus de tout poil ne comprennent pas toujours les motivations de ce solitaire. Il y a bien quelques Dalton pour suivre le mouvement, mais pour l’instant la grande majorité, peu concertée sur les objectifs, les trouve souvent inadéquats ou manquant cruellement d’ambitions. Sans parler d’adjoints proches que le shérif exclut des réunions d’avec les élus. À ce petit jeu de cloisonnement, il risque de se passer, voire de perdre, de sacrées compétences. Une façon de garder le pouvoir ? Certainement. Mais pour quoi faire ? Quoi qu’il en soit, il y a dans l’air en ce moment du côté de Brinon une ambiance " Règlement de compte à Ok Canton " qui risque de faire des dégâts et dont nous ferons, nous tous, bien évidemment, les frais.

Thierry Rochet.




NOVEMBRE 2011 (N°31)




Du pétrole à Brinon-sur-Beuvron.

Au Picot, comme vous le savez, nous avons pour marotte de signaler les initiatives de nos élus, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Si elles sont souvent mauvaises, il ne faut pas nous en vouloir, nous n’y sommes pour rien. Une fois n’est pas coutume : c’est une bonne.

Un projet initié par la Communauté de Communes du Val du Beuvron. Une idée visionnaire (vu la conjoncture) et qui remonte, si je m’en souviens bien, à 2002 : la création, à Brinon-sur-Beuvron, d’une station-service 24/24. Son ouverture est prévue au printemps prochain. Essence, gazole, station de lavage. À première vue, rien de révolutionnaire. Pétrole + voiture = Total. Beurk ! Trois fois beurk !!! Il y a pourtant une forte attente locale. Sans compter sur l’évolution possible annoncée : aire de service pour autocaravane, lieu de restauration rapide et atelier de mécanique. La population du Val du Beuvron est en augmentation de 4% (15% sont de nouveaux arrivants) et malgré tout, les services publics disparaissent, l’aide à la personne fout le camp et les commerces de proximité mettent la clé sous le paillasson. Les supermarchés (9 dans un rayon de 25 km autour de Brinon) se réjouissent depuis des années de cette carence. Carburant, mangeaille ! Quoi de mieux pour contenter le chaland ? Brinon-sur-Beuvron, en chef-lieu de canton avec ses 218 habitants, cherche à résister. Une boucherie-charcuterie, une épicerie avec dépôt de presse, un bar, une pharmacie, une boulangerie, encore son bureau de poste (!) et même une banque. Ce qui est loin d’être le cas des autres villages de la vallée. On n’est pas chef pour rien... Acheter son essence à Brinon va-t-il devenir un geste citoyen ? Si en plus vous prenez le temps, en lisant le journal, de boire un petit café, juste avant d’acheter le pain et tout ce qu’il faut pour faire un bon bourguignon... Vous allez vite passer pour un militant. Reste à trouver le financement : 150 000 euros. Si la CCVB met la main à la poche, elle demande un petit coup de pouce du côté du fonds européen agricole pour le développement rural ; du C.P.D.C (Comité Professionnel de la Distribution de Carburants) ; plus une demande de dotation d’équipement des territoires ruraux. Bonne chasse à la C.C.V.B.
Dommage que nos élus n’aient pas eu le même élan pour les éoliennes.

Thierry Rochet.




OCTOBRE 2012 (N°33)




Mea culpa petroléum.

Le Picot annonçait un peu hâtivement dans le N° 31 (page 13 : Du pétrole à Brinon-sur-Beuvron) une bonne nouvelle : la création à Brinon d’une station-service 24/24. C’était trop beau, on aurait dû se méfier. En effet, malgré un vote du conseil communautaire avec 18 voix pour et 13 contre, l’affaire n’est toujours pas réglée et ce vote remis en cause. Certains maires parlent de règlements de compte, mais que se cache-t-il derrière tout ça ? Des intérêts personnels ? Une guerre de clans pour les pays ? Comptez sur nous pour allez y regarder de plus près.

Thierry Rochet.




AVRIL 2013 (N°34)




Guerre du pétrole à Brinon-sur-Beuvron

La station-service de Brinon ouvrira en grande pompe cet été.

Elle sera équipée comme prévu : d’un distributeur d’essence 24/24, d’une station de lavage qui lave plus blanc, plus noir et qui respecte les couleurs et d’une aire spéciale camping-car pour les empêcher de faire partout. Le contrat est signé et avoisine désormais les 240 000 euros. Pourquoi tant de retard pour un projet qui n’a rien d’extraordinaire ? L’idée de départ pour la CCVB était de localiser les intervenants. Suivant le code du marché, toute construction nécessite un maître d’œuvre. Un appel d’offres avait donc été logiquement lancé pour une étude préliminaire comportant : plan, permis de construire, dossier ICPE (protection de l’environnement), suivi des travaux, réunions de chantier, etc., etc., etc. Trois candidats architectes apparaissent : Lyon pour 23 000 euros, Cosne pour 13 000 euros et Clamecy pour 6 000 euros. Mais quel est donc cet architecte clamecycois qui propose de faire le boulot pour 6 000 euros ? Un fou ? Non, juste Folléa. Folléa serait-il un cabinet d’architecture "low cost" ? Ou bien les deux autres des arnaqueurs ? Dans le doute, la CCVB a alors relancé l’appel d’offres pour provoquer une nouvelle notation. La notation, c’est une grille d’évaluation avec plein de petites cases à remplir. Inutile de préciser que la case pognon représente un gros coefficient, mais c’est malgré tout Cosne qui l’a emporté d’une courte case. Folléa n’a pas vraiment apprécié. Courriers recommandés à la CCVB, à la préfecture, menace d’un recours au tribunal administratif. Procédures qui auraient pu bloquer le projet des mois, voire des années supplémentaires. Une impasse pour la CCVB qui a lancé un nouvel appel d’offres, mais cette fois-ci sur une conception-réalisation. Construction et gestion qui reviennent à la société MADIC située à Clermont-Ferrand pour un fonctionnement de 10 000 euros par an.
Il faut ajouter que si cette station a fait polémique, ce n’est pas fini. Défendue par les uns, décriée par les autres, les élus de la CCVB s’écharpent toujours. La grande question restant : “Quelle nécessité à un tel projet ?” Pétrole et argent, c’est connu, ont toujours fait bon ménage, tout le monde en croque, l’État le premier. Sans compter les produits dérivés : 1 km d’enrobé pour nos petites routes représente 50 000 euros. Mais qui pourrait se passer de voiture ? Pour J. Pierre Leroy, maire de Moraches, il est difficile de faire de la concurrence aux grandes surfaces. Une idée renforcée par Henri Gruhier, maire de Beaulieu, qui souligne que les gens font leurs courses et le plein par la même occasion. La messe semble dite. On peut pleurer la disparition des petits commerçants et dans le même temps se résigner au monopole des super marchés.
Faire de l’argent pour la CCVB, n’est certainement pas son rôle. Ne pas en perdre, c’est autre chose. On peut voir dans ce projet un service de proximité. Au mot service s’accole naturellement le mot : public.

Thierry Rochet.