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ANDRYES

lundi 18 juillet 2011, par Le Picot




JUILLET 2008 (N°21)




Un million d’euros englouti dans l’eau

des marais d’Andryes !


Inutiles, insalubres, dangereuses, improductives..., les zones humides ont très longtemps été accusées de tous les maux. Leur mauvaise réputation ne date pas d’hier et elle a la vie dure. Encore trop rares sont ceux, acteurs locaux ou simples citoyens, qui se préoccupent vraiment de ces espaces ou connaissent leurs véritables richesses. Elles disparaissent régulièrement, lors de la création de nouveaux aménagements ou simplement faute d’entretien. Depuis des siècles, l’homme a tout imaginé pour les assécher, les combler, les détruire et les cultiver. Les marais d’Andryes n’a pas été épargné.

Les zones humides : richesse et diversité d’un patrimoine collectif !

Ces milieux constituent de véritables réservoirs biologiques. Les zones humides jouent un rôle essentiel dans le cycle de l’eau et déterminant pour la survie de la biodiversité et des écosystèmes. Elles régulent les régimes hydrologiques et constituent des éponges naturelles qui, lors des crues, stockent le trop-plein d’eau qui ira alimenter les nappes phréatiques. Les roselières et les tourbières ont un rôle de filtration naturelle primordial pour la qualité de l’eau. En France, 30 % des espèces végétales remarquables et menacées y résident et près de 50 % des espèces d’oiseaux, sédentaires ou migrateurs, en dépendent...

La définition des zones humides résulte de consultations internationales menées dès 1965. Elles stipulent que ce sont " des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée ". Ce n’est qu’en 1986 que la France a adhéré à la " Convention de Ramsar " (du nom de la ville d’Iran où elle est signée en 1971) ; convention reconnaissant l’importance internationale de ces zones.

La Druyes et les marais d’Andryes.

Située au Sud-est du département de l’Yonne, à 30 km d’Auxerre, la rivière Druyes s’écoule sur environ 20 km. Ses sources, sous forme de résurgences de type vauclusienne, débouchent au pied du vaste plateau calcaire cultivé de la Forterre, dans un bassin à l’alimentation complexe, situé à Druyes-les-Belles-Fontaines. Elle méandre à travers les marais jusqu’aux limites de finage d’Andryes. A partir de là, elle se divise en deux bras qui ont subi de nombreuses transformations morphologiques. La Druyes reprend son cours naturel à la sortie d’Andryes pour se diriger vers Surgy (Nièvre) où elle se jette dans l’Yonne. Elle draine un bassin versant d’environ 200 km2.

1996 : création du SAED

Le 22 mars 1995, le gouvernement adopte un Plan national d’action pour les zones humides. Il s’agit "d’arrêter la dégradation de ces milieux, d’en favoriser la restauration et de garantir leur préservation durable ". Le plan prévoit des actions de sensibilisation des élus locaux et des gestionnaires de ces milieux qu’il qualifie de " patrimoine commun à sauvegarder ".

Historique des travaux entrepris à Andryes

A l’origine de 400 hectares, la surface actuelle des marais d’Andryes n’est plus que de 200 hectares. L’assèchement des marais d’Andryes est une très vieille affaire qui semble remonter, d’après une étude récente, à environ 1780. Plusieurs tentatives de mise en culture de ces marais ont été entreprises, toutes ont échoué.
De 1905 à 1907, un canal d’assainissement a été creusé entre les deux bras de rivière, au centre de la zone appelée les " Iles Buffières ", dans le but d’assainir la partie aval des marais. Ces travaux ont été terminés par des prisonniers allemands (à la main) après la guerre de 1914/1918. Des interconnexions entre les deux bras de rivière et le canal ont été créées aux lieudits la Fourche et le Préleau.
En 1961, de nouveaux travaux d’assèchement sont entrepris. Seule des trois communes, Andryes, a accepté le projet de canaliser les deux lits de la rivière. Des personnes haut placées au niveau national ont obtenu d’importantes subventions pour la maîtrise foncière et pour la réalisation de ces travaux (600 millions de francs de l’époque, soit environ 900 000 euros). Deux hommes sont la cheville ouvrière de ce projet. Ils sont arrivés à Andryes en voiture américaine rose décapotable ! La majorité des habitants, au départ opposée au projet, a fini par se laisser séduire par le faste et les sommes alléchantes des transactions foncières. Une drague, baptisée " Comtesse Mahaut " lors d’une fête organisée pour son inauguration, a été construite spécialement pour ces travaux. Ceux-ci ont malheureusement été réalisés d’aval en amont, ce qui a entraîné, dès le départ un envasement irréversible des deux canaux. Les deux protagonistes ont mené grande vie, acheté les biens immobiliers en nom propre, dilapidé l’argent public, créé in extremis l’association syndicale d’assainissement des marais d’Andryes pour sauver ce qui pouvait l’être. L’un d’eux a même purgé une peine de prison.
La Druyes a donc vu son cours et son débit considérablement modifiés. Le canal côté route de Druyes a été creusé plus profondément que celui de la route de Ferrières, ce qui déséquilibre l’écoulement de l’eau. Sept barrages ont été construits sur ces deux canaux avec des aiguilles en chêne pour permettre la régulation.
En décembre 1971, la commune d’Andryes se substitue à " l’association syndicale d’assainissement des marais d’Andryes ", pour assumer les dettes des travaux réalisés et l’entretien à venir ; elle doit contracter un emprunt. L’association sera finalement dissoute en février 1972. Les terrains appartenant en propre aux deux protagonistes sont alors revendus à la société civile des Dongées, qui a fait planter, dans de la tourbe, 60 hectares de peupliers (plants subventionnés à 100 % et main-d’œuvre à 50 %). Des arbres qui n’avaient aucune chance de se développer !
Un arrêté préfectoral de l’Yonne de décembre 1972 fixe les responsabilités de la commune d’Andryes pour l’entretien de la rivière, ainsi que pour les manœuvres des aiguilles. Il autorise aussi la commune à faire participer financièrement les propriétaires riverains, proportionnellement à leur linéaire de berges. Le conseil municipal devait désigner deux responsables ainsi qu’un suppléant pour l’entretien des ouvrages et la régulation du débit. Il n’en a rien été et les aiguilles ont été finalement retirées. L’entretien de la rivière a été géré a minima.
Les travaux de rectification et de curage avaient atteint leur but : limiter l’expansion latérale des crues et accélérer les écoulements. Mais ils ont également privé la rivière de son marais. Car l’équilibre biologique du cours d’eau et de ses zones humides provient des relations que la rivière entretient avec ses annexes.
Deux nouveaux arrêtés préfectoraux, de l’Yonne et de la Nièvre, en janvier et février 1996, ont autorisé la création du Syndicat d’aménagement et d’entretien de la Druyes (SAED), entre les communes de Druyes-les-Belles-Fontaines, Andryes et Surgy, dans le but d’entretenir la rivière. Les maires des trois communes et 3 membres de chaque conseil municipal siègent à ce syndicat.
En 1999, la Fondation nationale pour la protection des habitats français de la faune sauvage (subventionné à 80 %) rachète à la société civile des Dongées les 60 ha de marais et en confie la gestion à la Fédération départementale des chasseurs de l’Yonne (FDCY).

Et aujourd’hui la disparition programmée du marais ?

En 2005, le SAED fait réaliser par la société Bios une étude globale sur la Druyes et son bassin versant dont la facture (55 016 euros) est subventionnée par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, le conseil régional de Bourgogne et la Fédération des chasseurs de Bourgogne. Son objectif global ? Proposer une gestion concertée du bassin versant de la Druyes, améliorer la qualité des milieux aquatiques et humides et redonner à la zone de marais un fonctionnement optimal.
A la lecture de l’annexe 2 de cette étude qui a été éditée le 24 février 2005, il apparaît que les travaux programmés concernent uniquement les parcelles gérées par la FDCY, soit 60 hectares. Ces travaux (commencés bien avant la date d’édition de l’étude BIOS) sont estimés à 57 432 euros pour le faucardage, le broyage et l’exportation des matières, la part de fonctionnement étant estimée à 60 996 euros étalés sur 5 ans.
En 2000, le gestionnaire a fait abattre les peupliers qui avaient résisté à la tempête de 1999 et des conifères sur d’autres parcelles, fait exporter les billes de bois et dessoucher. Un ru a été bouché pour permettre l’accès aux engins mécaniques et il l’est toujours. Tout branchage qui n’était pas exploitable est laissé sur place.
Puis, la FDCY fait, pendant trois années consécutives (2004, 2005 et 2006), couper à blanc et broyer les phragmites (roseaux) sur une vingtaine d’hectares, les entrepose en tas sur le site, ce qui entraîne une pollution par eutrophisation de l’eau et la disparition complète des roselières. Les saules marsaults envahissent une partie du marais.
L’Association pour la sauvegarde de la Druyes et des marais d’Andryes (A.S.D.M.A.) est créée en janvier 2006.
Elle rassemble à ce jour 350 adhérents, défenseurs de la nature, de l’eau et de l’environnement, las de voir la zone humide et la rivière malmenées avec de l’argent public mal utilisé.
Il est évident que tous les travaux entrepris depuis 1905 n’ont fait que détruire les équilibres naturels de la Druyes et des marais d’Andryes et qu’il est illusoire de vouloir dompter la nature.
Aujourd’hui, le Syndicat sort de sa manche une Déclaration d’intérêt général pour l’entretien de la Druyes ! C’est une procédure très lourde, soumise à enquête publique et à demande de subventions, alors que l’assainissement (le tout-à-l’égout) à Andryes n’est cette fois encore pas même envisagé ! Pour quel résultat ? Qui y trouvera un intérêt ? Les marais d’Andryes ont encore bien du souci à se faire !
(A suivre.)

Marcel Perriaux,
président de l’A.S.D.M.A




DÉCEMBRE 2008 (N°22)




Un million d’euros englouti dans l’eau

des marais d’Andryes ! (suite)


Dans le numéro précédent, vous avez pu lire un historique des travaux effectués dans les marais de la Vallée de la Druyes et l’énumération (non exhaustive) des nombreuses subventions perçues depuis des années pour un résultat plus que contestable. Aujourd’hui, quelle est la cohérence des travaux réalisés ou à réaliser pour entretenir la rivière et ses marais qui sont interdépendants l’un de l’autre ? Chaque action entreprise sur la rivière a des répercussions sur les marais et vice versa. Faute de quoi, la Druyes se venge comme elle l’a fait au printemps en retrouvant son chemin naturel et en inondant certaines maisons de la route de Druyes.

Le projet de " Déclaration d’intérêt général "

Avant les dernières élections municipales, le SAED1, présidé alors par l’ancien maire d’Andryes, a préparé avec l’Institut d’Entretien des Rivières (IER2) un projet de " Déclaration d’intérêt général " qui devrait être soumis à enquête publique. Si ce document a le mérite d’exister, l’intervention qu’il préconise se limite à l’entretien des berges de la Druyes. Son coût : 50 000 euros, dont 30 000 de subventions, sera réparti entre les trois communes, proportionnellement à leur linéaire de berges. Mais rien n’est prévu pour le rétablissement des niveaux des deux bras de la rivière, la création de frayères, l’amélioration de la qualité de l’eau.
Quant à l’assainissement, il a été déclaré " impossible à réaliser " par l’ancien conseil municipal d’Andryes. Pourtant, il est notoire que la Druyes et une rivière souterraine font, encore aujourd’hui, office de " tout-à-l’égout " ! Les communes voisines de Surgy et La Forêt ont une station d’épuration depuis 1974, régulièrement mise aux normes. La municipalité de Surgy met en place un filtrage des rejets de la station sur un lit d’hélophytes et projette une zone de protection du captage d’eau potable. Druyes a programmé un assainissement (type jardins filtrants d’Escamps) et attend un complément de financement. Mais à Andryes, on ne voit toujours rien venir.

Le SAED et la pratique de la démocratie de proximité

L’objet du SAED est la remise en état de la rivière et de ses berges. Juridiquement, sa portée concerne l’ensemble du bassin versant. Cependant, le fonctionnement du syndicat est relativement opaque : les réunions ne sont pas annoncées et aucun compte rendu n’est jamais affiché !
Depuis les municipales de mars 2008, les membres du bureau ont été renouvelés, sans déboucher sur plus d’ouverture ni plus de communication. A Andryes, le comité syndical est composé exclusivement d’élus choisis " par et parmi " les conseillers municipaux. Pourtant, l’arrêté inter-préfectoral de 1996, prévoyait l’ouverture souhaitée : " Le Syndicat est administré par un comité syndical composé de délégués élus par les conseillers municipaux des communes associées. Chaque commune est représentée au sein du comité par trois délégués titulaires, dont le maire de chaque commune. Les communes désignent trois délégués suppléants, dont un adjoint au Maire, appelés à siéger au comité avec voix délibérative en cas d’empêchement du ou des délégués titulaires." Ce qui veut dire que, pour chaque commune, deux délégués titulaires et deux suppléants pourraient siéger sans faire partie du conseil municipal !
L’association agréée Yonne Nature Environnement avait écrit au syndicat (après les élections) pour demander de siéger à titre consultatif à ces réunions, afin de rechercher ensemble les meilleures solutions pour atteindre le bon état écologique de l’eau en 2015. Elle n’a reçu aucune réponse ni du SAED ni des élus, alors que le syndicat devrait réunir l’ensemble des acteurs du bassin versant.

L’entretien de la zone humide

Le SDAGE (Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux) est élaboré par le Comité de Bassin de l’Agence de l’Eau en application de la Directive Cadre Eau européenne. Il vient d’être soumis au débat public. Il prévoit de : " Maintenir les espaces humides (marais, tourbes, prairies). Sensibiliser les habitants sur le rôle essentiel des zones humides : biodiversité (abri, nourriture et reproduction des espèces), épuration, limitation des crues et alimentation des nappes… Gérer et entretenir les zones humides ".

La Druyes avant travaux

Dans la pratique, l’absence de transparence et d’information est notoire et entretenir les zones humides aboutit à faire disparaître des hectares de roselières !

La Druyes après travaux

Le plan de gestion de la FDCY3

Il existe une étude intitulée " Les marais de la vallée de la Druyes - Bilan préliminaire - Plan de gestion ", éditée en juin 2003 (donc antérieure à l’étude BIOS - février 2005) qui a été financée par le conseil régional de Bourgogne, le conseil général de l’Yonne, l’Agence de l’eau Seine-Normandie et la Fédération régionale des chasseurs de Bourgogne. Elle vise à la remise en état des marais par faucardage manuel ou mécanique selon les parcelles, la plantation de haies, la création de mares et de platières (plans d’eau peu profonds), de frayères, la mise en place d’un pâturage extensif en bordure de roselières, etc. Cette étude qui compte 200 pages avec annexes et photographies aériennes, a dû, elle aussi, coûter très cher aux contribuables ! Pour les parcelles de la FDCY, ce plan de gestion préconise une coupe annuelle, réalisée localement par des agriculteurs locaux… Rappelons que les spécialistes des zones humides et du Conservatoire des Sites Naturels Bourguignons reconnaissent que l’entretien des marais et des roselières est délicat et préconisent une coupe légère : tous les 5 ans maximum avec, dans tous les cas, exportation des végétaux vers une filière de valorisation (s’il n’y a pas d’autres utilisations locales possibles).
Alors pourquoi a-t-on choisi la solution très onéreuse d’acheminer tracteur et broyeur sur porte-char (160 km aller/retour) ? Pourquoi n’a-t-on pas laissé au moins 10 cm de tiges pour favoriser la repousse des roseaux ?
Début septembre 2008, et ce pour la 4è fois consécutive depuis 2004, la FDCY a fait broyer certaines parcelles dont des roselières. Certaines bandes coupées ont été passées au " rotovator " pour lutter contre l’invasion des saules marsault. Avec de telles pratiques, les prairies auront bientôt complètement remplacé les marais ! Que cherche la FDCY en arasant les roselières ? Est-ce un alibi pour obtenir régulièrement des subventions qui indirectement serviraient à baguer les bécassines ? Une évaluation et des contrôles sur site de l’utilisation de toutes ces subventions ont-ils été faits ?
Le fonctionnement hydrologique de la Druyes et la qualité de l’eau
Ce plan de gestion montrait qu’on ne doit pas traiter séparément la rivière et la zone humide. " Au regard de la situation actuelle de la Druyes, les différents aménagements mis en place sur la rivière peuvent avoir plusieurs conséquences : une diminution de la recharge de la nappe, une diminution du pouvoir épurateur des eaux, des étiages plus sévères et importants, des crues plus dévastatrices. " La Druyes et ses marais sont indissociables. Ils sont complémentaires, tant sur le plan hydrologique que pour la faune et la flore spécifiques à ces milieux.
En outre, ce plan met en évidence la dégradation de la qualité des eaux par les nitrates, atrazine et des métaux lourds ! " Il n’existe aucun apport en métaux lourds d’origine industrielle dans la Druyes. Par contre, une mesure réalisée à la confluence de la Druyes avec l’Yonne met en évidence une situation suspecte au niveau du plomb et du nickel dans les sédiments et les bryophytes… "
On a beaucoup parlé de pollution chimique en amont de Surgy. En revanche, il semble que le silence soit total sur une pollution identique liée au dépôt incognito de fûts de produits toxiques dans une carrière d’Andryes située à proximité d’un puits. Elle date de la même époque et les fûts provenaient d’une usine de produits chimiques toute proche… (Cf. Le Picot n° 13.)
Ce plan de gestion préconisait une étude de bassin versant qui a certes été réalisée. Mais, curieusement, l’étude du bassin versant n’a pas englobé les marais. De plus, elle accepte la complémentarité des actions isolées du SAED et de la FDCY, alors que la Fédération ne siège pas officiellement au SAED ! L’important pour la FDCY n’est-il pas de continuer à obtenir des subventions pour maîtriser ce qui reste de nature sauvage, détruire progressivement les roselières et atteindre l’objectif qu’elle privilégie : la réhabilitation de prairies pour le baguage de bécassines. Quant au SAED, il se cantonne à des actions ponctuelles d’entretien de la ripisylve.
Or au mois d’août, 2 km 100 de berges de la Druyes, visibles des ponts, ont été nettoyés par l’association Emeraude. Sont concernées les parcelles de la commune d’Andryes (louées majoritairement à des agriculteurs) et celles de la FDCY… Le financement a été assumé par le SAED et par la commune d’Andryes qui a pris en charge les 4 journées supplémentaires (2 000 €). Pourquoi la collectivité endosse-t-elle le coût de ce nettoyage, alors que la loi indique clairement que celui-ci incombe aux propriétaires riverains ?
Rappel de l’article L. 215-14 du code de l’environnement :
" …le propriétaire riverain est tenu à un curage régulier pour rétablir le cours d’eau dans sa largeur et sa profondeur naturelles, à l’entretien de la rive par élagage et recépage de la végétation arborée et à l’enlèvement des embâcles et débris, flottants ou non, afin de maintenir l’écoulement naturel des eaux, d’assurer la bonne tenue des berges et de préserver la faune et la flore dans le respect du bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques. "
Les institutionnels ne doivent plus imposer leur choix à la collectivité avec l’appui des politiques. Si le mot démocratie veut encore dire quelque chose, il faut qu’une participation citoyenne soit acceptée dans les instances décisionnelles. Selon la Charte de l’environnement, l’information doit être accessible à tous (et non réservée à quelques-uns !) A quand une politique globale, coordonnée, ambitieuse et pilotée par le SAED comme maître d’ouvrage, en concertation avec tous les acteurs sur l’ensemble de la vallée, afin de préserver, conjointement et à son juste prix, la zone humide des derniers marais alcalins de l’Yonne et notre bien commun : l’eau ?

Marcel Perriaux,
(ASDMA)



1- SAED : Syndicat d’Aménagement et d’Entretien de la Druyes
2- IER : Institut d’Entretien des Rivières, créé en 2001, dépend du Conseil Général de l’Yonne
3- FDCY : Fédération Départementale des Chasseurs de l’Yonne