Le Picot

Accueil > Dossiers > ÉCOLOGIE-ENVIRONNEMENT > ANNÉE 2011

ANNÉE 2011

N°29 - N°31

jeudi 15 septembre 2011, par Le Picot




AVRIL 2011 (N°29)




FUKUSHIMA MON AMOUR

Voici le débat sur le nucléaire relancé, dans la douleur d’une catastrophe naturelle d’une ampleur peu commune qui a réduit en quelques secondes une partie de la 3è puissance mondiale...

Certains découvrent aujourd’hui avec effarement qu’une centrale nucléaire est un outil que l’on sait construire, mettre en route, mais que l’on ne sait pas arrêter en cas de problèmes. C’est un peu comme si nous montions dans une voiture ultra moderne qui n’aurait pas de freins... Il est pathétique de voir le pays de la haute technologie, tenter de refroidir des réacteurs nucléaires en fusion partielle avec des lances à incendie... Éteint-on des feux de forêt en pissant dessus ? Donc le débat sur le nucléaire semble relancé, voyons quels en sont ses principaux défauts. Tout d’abord, bien sûr, il y a les déchets, personne dans le monde ne sait les retraiter. Pas grave, on stocke et les autres verront plus tard.

Il y a le démantèlement, celui de la centrale de Brennilis d’une puissance de 70 MW, arrêtée en 1985 ne devrait pas être terminé avant 2018 au minimum, soit 33 ans plus tard et si le chantier de démolition arrêté en 2007 redémarre... Le coût estimé par la Cour des Comptes : 482 000 000 euros, soit cinq fois plus que ce qu’EDF avait prévu, et ce n’est pas fini ! De toutes les façons, on ne sait pas faire ! Combien de temps et d’argent pour le démantèlement des réacteurs de 900 MW et plus ? Les autres se débrouilleront, il y en a actuellement 58 dans notre beau pays... Autre problème bien caché par EDF, les atteintes à la santé des salariés intérimaires. En France, l’entretien et la maintenance des centrales est effectué essentiellement par des boîtes qui emploient des intérimaires. L’exposition aux radiations n’est plus à prouver, c’est pour cette raison qu’EDF fait massivement appel à des sous-traitants qui « utilisent » les intérimaires pour faire les boulots les plus exposés. Lorsque sera venu le temps des problèmes de santé, ce qui est inéluctable, aucun employeur ni EDF ne pourra être poursuivi. Amusez-vous à taper ces trois mots clefs sur votre moteur de recherche favori « centrale nucléaire intérimaires », c’est éloquent... En conclusion, arrêt d’une centrale en cas de problèmes, les déchets nucléaires, le démantèlement, la santé humaine, voici au moins quatre bonnes raisons pour sortir du nucléaire. Oui mais comment, diront les ingénieurs des mines nucléocrates et les naïfs qui les écoutent ?

Voici quelques suggestions :

- Tout d’abord on réduit notre consommation, il est tout à fait envisageable de la réduire de 50% sans altérer notre confort. Au niveau national, une fois nos oligarques et les pro-nucléaires de droite comme de gauche renvoyés aux oubliettes de l’histoire, une politique visant à mettre tout l’habitat privé comme public à la norme « Maison Passive » doit être appliquée progressivement, avec évidemment la suppression de la norme bidon HQE (Haute Qualité Environnementale) chère à Borloo, et le tout devrait être financé par l’argent public. Cela devrait s’accompagner d’une limitation du chauffage électrique qui ne sera plus nécessaire, le gain ? 15 réacteurs nucléaires en moins !
- On devrait également imposer pour toutes les constructions le chauffe-eau solaire. Produit en grande quantité, le coût d’achat devrait baisser. L’État pourrait s’engager à en faire un produit « pilote » comme le café dans le temps. Le différentiel avec un chauffe-eau électrique devrait être pris en charge par l’État.
- On devrait orienter les citoyens vers l’achat d’équipements ménagers économes, fours encastrables à gaz, plaques et gazinières à gaz, lave-linge et lave-vaisselle avec entrée d’eau chaude. Il est délirant de constater que dans la plupart des buanderies des maisons en France, le lave linge se trouve à côté du chauffe-eau électrique. Une résistance électrique de près de 3 000 Watts chauffe l’eau dans la machine, alors qu’il y en a deux ou trois cents litres à côté ! Il serait intéressant selon le système bonus/malus d’appliquer une taxe (forte) sur les équipements énergivores et de la transformer en remise (forte) pour les équipements vertueux.
- Pour les chauffages collectifs et l’industrie, le recours à la co-génération s’impose.
- Le développement des énergies renouvelables doit être puissant, photovoltaïque, biomasse, éolien, pour cette dernière, les parcs devraient être publics, avec une implication et un contrôle citoyen. Il devrait systématiquement être classé « d’intérêt général » pour éviter tous ces recours déposés par des associations « d’écologistes d’opérette », égoïstes et ringards.
- La production d’énergie doit entrer dans le champ d’un bien collectif ; elle doit être décentralisée pour réduire les coûts de transports et les déperditions, et être un mélange basé sur les gisements locaux. L’énergie doit être accessible à toutes et tous, du nord au sud, des pauvres aux riches.

D’autres l’ont fait, pourquoi pas nous ?

J’entends déjà des grincements de dents, délire d’écolo baba, délire utopique, et qui paiera la note ?
L’Allemagne sera alimentée à 100% d’énergie renouvelable en 2050. Avec le Danemark, c’est le seul pays au monde qui réduit les émissions de CO2, quels utopistes ! Alors comment s’y prendre ?
Pour commencer, il faut un arrêt immédiat du développement et de la recherche du nucléaire civil et militaire en France. On arrête l’EPR ultra coûteux, on arrête ITER, délire d’une bande de maniaques de l’atome. Et tout cet argent-là, on l’affecte vers le « projet » ci-dessus énoncé.
J’entends encore quelques grincheux, il n’y a pas assez de sous ! Qu’à cela ne tienne, on a dit que la production d’énergie devait être un bien commun ! Eh bien, l’on PREND les bénéfices réalisés à l’aide d’énergie fossile. Après tout, le pétrole n’appartient pas plus à Total qu’aux lecteurs du Picot ! On prend tout cet argent qui va s’entasser dans les poches d’actionnaires qui méprisent les générations futures, et on l’affecte au bien-être futur des jeunes générations !
Pour tout cela, il va falloir des politiques énergiques et une décontamination des cervelles françaises qui marinent depuis trop longtemps dans l’illusion de « l’indépendance énergétique de la France » grâce à l’atome.
Ah au fait, pour nos amis anti-éoliens, savez-vous que pendant que les réacteurs de Fukushima contaminent l’air, l’eau, la terre pour des décennies, les éoliennes japonaises tournent, aucune n’a été détruite ni par le tremblement de terre ni par le tsunami.
Alors « Fukushima mon amour » ou « non aux éoliennes » ?

Alain Chasseuil.






BEUVRON : NON A L’EOLIEN

Putain, on l’a échappée belle !! Après Grenois, Brinon et Tannay, on n’y croyait plus... Mais il restait un dernier village gaulois à convaincre coûte que coûte.

Le chef des Gaulois avait déclaré " qu’il n’était ni contre, ni pour, le projet " de ZDE (Zone de Développement Eolien) voté par la CCVB (Communauté de Communes du Val de Beuvron), mais qu’en dernier ressort, il s’adresserait à ses administrés par voie de référendum. Oh la belle aubaine ! Alors là, il fallait mettre la gomme et ne pas faire dans la dentelle ! On s’est organisé au sein de l’ADDHN (Association de Développement Durable du Haut Nivernais) on n’est pas con, nous les retraités, on s’occupe de “ notre environnement “, pas de celui de la planète et puis quoi encore ! Nous avons profité de tout : des “ Trente Glorieuses “, de la croissance, de l’inflation, des retraites à taux pleins, des acquis sociaux même sans les défendre ! C’est quand même pas des babas-cools qui vont nous faire la leçon ! Bien sûr qu’on se goinfre, mais on va quand même pas laisser le monde dans l’état dans lequel on l’a trouvé à tous ces jeunes désœuvrés qui sont incapables de trouver un boulot, si ce n’est de venir tondre nos pelouses ou travailler au noir dans nos jolies petites maisons. Quand on pense à tous ces jeunes Marocains, Tunisiens, etc., qui sont si serviables, eux, dans les hôtels où nous allons en villégiature dépenser nos retraites.

Il fallait se secouer !

Là, où on a été malin, c’est sur les arguments anti-éoliens : défiguration du paysage si calme, vert et tendre de la Nièvre, les oiseaux migrateurs (Roger, mon pote dans la Gironde, ça le fait bien rire), la main-mise des multinationales étrangères, la baisse de la valeur foncière, et puis de toute façon il n’y a pas de vent en Beuvronnais... Mais on s’est fait prendre de court, le maire a convié les administrés à s’informer du projet en cours. Bordel, il y avait le feu dans nos prés, nos jardins et nos espaces de chasse.
Alors, on a distribué des tracts dans les boîtes aux lettres. C’était simple. On demandait aux gens d’en savoir plus sur “ l’effet dévastateur d’un vote local “, sur “ les monstres éoliens “, sur “ le coût financier “.

La recette est infaillible : LA PEUR...

Et puis on a organisé une vidéo-conférence pour bien enfoncer le clou et réveiller les consciences des gueux de Beuvron . On a fait venir un ingénieur spécialiste en aéronautique à la retraite. Non, c’est pas des blagues, le gars, il a pris des mesures de vent, tout seul dans son coin avec ses petits bras et son anémomètre de La Redoute, il se la jouait Claude Allègre ! Mais un scientifique, donc porteur de la vérité...
Avant de projeter sa vidéo, il a même dit qu’il ne s’agissait pas d’un débat contradictoire mais qu’on pouvait quand même poser des questions. Trop fort le mec, il avait même poussé le culot de venir en 4x4 avec un badge anti-éolien collé sur la vitre arrière !
Mais voilà, nos huluberlus “ d’écolos “ étaient encore là et on a été obligés de modérer notre discours, sinon notre mauvaise foi aurait éclaté au grand jour. On a même déclaré qu’on n’était pas des pro-nucléaires et que les parcs éoliens fonctionnaient bien en Bretagne et dans le nord de l’Europe, et, le comble, on n’empêchait personne d’installer des éoliennes individuelles...
Alors les autres néo-ruraux ils pouvaient se le mettre profond avec la réappropriation de la production de l’énergie par les citoyens, la consommation locale et toutes ces conneries !

Et pour un peu, l’eau redeviendrait un bien public !

C’est clair, on les a enfumés, manipulés pour que le référendum soit à sens unique. La veille du vote, les citoyens ont découvert le projet " Opales " en gestation depuis 2009 dans la CCVB. Tout “ bénèf “ pour nos pommes. Si tu votes non, c’est que tu refuses le projet spéculatif, mais du coup, tu rejettes toute proposition alternative ! Bien joué non ?
Si tu votes oui, c’est que tu es favorable aux énergies renouvelables mais aussi à un projet capitaliste ! Joli non !
Résultat des courses : sur 136 inscrits (permanents et résidents secondaires), 88 votants, 66 non et 21 oui.
Ironie du sort, on sabrait le champagne quand on a vu les premières images de la centrale nucléaire de Fukushima. Mais le Japon c’est loin ! Comme le nuage de Tchernobyl.

Un éco-citoyen du pays des matins calmes...
Francis Claustrat.






Précisions du Picot sur l’article du n°28

“point sur le photovoltaïque” suite au courrier d’un lecteur :


Le Grenelle de l’environnement prévoit de porter les énergies renouvelables à au moins 20%, et non « à moins de 20% ». Il s’agit d’une faute de frappe que nous l’espérons les lecteurs auront rectifié. Ainsi qu’il est indiqué en son début, l’article reprend des informations données par la Direction Régionale d’ERDF jusqu’au paragraphe « ce qu’on ne nous a pas dit ». Soit les 2/3 de l’article que notre lecteur qualifie de page creuse. Ces informations sont données telles quelles au lecteur, à lui de juger.

Nous pouvons cependant apporter quelques précisions techniques demandées :
- 1/ Les panneaux solaires intégrés sont ceux qui sont intégrés à la couverture (tuiles solaires, panneaux remplaçant les tuiles) et les panneaux indépendants sont ceux qui ne sont pas intégrés à la couverture.
- 2/ Ce lecteur écrit « en théorie l’installateur est couvreur et électricien ». Ceci est en effet tout à fait théorique. Si l’installateur comprend dans son équipe un couvreur et un électricien on peut dire qu’il est couvreur et électricien, mais ce n’est pas le cas de tous les installateurs, et un couvreur n’a pas la qualification d’un électricien et inversement.
- 3/ Les délais de raccordement ont été indiqués par ERDF, le calcul de production aussi, livré tel quel justement pour que l’on puisse juger de son obscurité.

Remarques faites par un utilisateur :

Les subventions sont plus importantes pour l’intégration à la toiture. En général, l’installation est faite par une seule entreprise qui possède plusieurs corps de métiers (un électricien et un monteur). Le délai de raccordement par EDF annoncé par les sociétés installatrices est entre 4 et 6 mois. En réalité, il ne faut compter que 2 mois, étude comprise.
La revente se fait soit à ERDF, soit à un autre fournisseur d’électricité (ouverture du marché de l’énergie). Son prix est fixé par décret au niveau national. Ce sont les subventions d’installation qui dépendent des régions et qui varient d’un endroit à l’autre.
ERDF se fait de l’argent sur le raccordement : c’est une évidence, mais pas sur le rachat de l’électricité car l’entreprise rachète 6 fois plus cher qu’elle vend.
La démarche administrative est compliquée si l’on veut tout faire soi-même. En principe, la société installatrice s’occupe de tout, cela fait partie du « pack ».
Enfin, les producteurs d’électricité photovoltaïque sont en majorité des particuliers qui ne possèdent pas plus de 25 m2. Il est vrai que certaines entreprises ont senti le bon filon et ont fait quelques parcs solaires au même titre qu’elles ont installé des éoliennes.
A lui seul le photovoltaïque ne remplacera pas les centrales nucléaires. Sauf si nous changeons notre mode de consommation électrique et devenons finalement éco-citoyens.
Il reste que le photovoltaïque en est un des moyens accessibles aux particuliers et que nous les encourageons à s’équiper.
La conclusion du précédent article où les inconvénients de la production photovoltaïque actuelle sont rappelés est le fait de l’auteur de l’article. Aux lecteurs de se faire leur propre opinion.




Bêtise, ignorance ou naïveté ?

On serait tenté de répondre les trois, tant la façon dont le Pays de Bourgogne Nivernaise a traité avec désinvolture, pour être poli, l’étude sur l’implantation de parcs éoliens sur nos territoires.

Les faits : à la demande de plusieurs élus, le Pays a missionné un bureau d’étude du Doubs, spécialisé dans « l’identification, le développement et l’audit de projets éoliens », Opale Énergies Naturelles. Cette société a principalement fait du repérage de potentialité de ZDE (Zone de Développement Éolien) ainsi que de l’information et de l’accompagnement dans les communes concernées. Le problème dans cette affaire, c’est le manque de suivi par le donneur d’ordre du travail effectué par le prestataire. Cela relève du devoir lorsque l’on mandate un tiers avec l’argent du contribuable. En l’occurrence, Opale Énergies Naturelles, payé par le Pays de Bourgogne Nivernaise, donc par nous, a profité de son contrat pour faire ou tenter de faire signer des baux emphytéotiques aux élus des communes concernées ! La pratique est pour le moins déloyale ! Les baux auraient été signés au profit d’un électricien allemand EON, une entreprise de la taille d’EDF ! Visiblement, Opale Énergies Naturelles constituée de salariés qui, pour la plupart, travaillaient chez le développeur éolien EOLE-RES a des liens étroits avec cette firme. Ont-ils été rémunérés pour chaque bail signé ? La question est posée.... Ce type de bail emphytéotique a une durée de trente ans ! Combien de baux ont été signés ? Nul ne le sait, les conséquences pour nous citoyens sont par contre prévisibles. Sur les territoires où des baux ont été signés, l’électricien allemand aura un avantage certain pour l’installation de parc éolien directement par lui ou par l’une de ses filiales.
Comment ? Imaginons qu’une collectivité tente de promouvoir un projet de parc éolien, EON sera alors en capacité de peser sur l’appel d’offre. Il lui sera en effet facile de proposer un prix de vente du droit au bail avantageux pour une société « amie » et dissuasif pour qui ne lui conviendrait pas, faussant ainsi toute concurrence... Au détriment de l’intérêt public, le Pays de Bourgogne Nivernaise a ainsi délégué à une multinationale qui avance masquée derrière un bureau d’étude pour le moins retors un droit à produire de l’énergie sur nos territoires. Rappelons au passage que la production d’énergie devrait être un bien commun qu’il conviendrait de léguer dans les meilleures conditions possibles aux générations futures. La méthode est pour le moins écœurante, en particulier pour les citoyens qui tenteraient très légitimement de prendre en main leur avenir énergétique par la création de parcs éoliens citoyens et participatifs. Ils seraient en effet dans l’obligation de payer ce droit au bail à une multinationale ! Pour conclure, bravo au Pays de Bourgogne Nivernaise, car en prime, avec de telles idioties, vous renforcez chez les anti-éoliens des arguments dont ils nous rebattent régulièrement les oreilles, comme la non-transparence voire la magouille dans l’élaboration des projets ! Dire que pendant ce temps-là des associations locales tentent de faire avancer l’éolien citoyen participatif...
A moins que le Pays de Bourgogne Nivernaise ne soit un repère d’anti-éoliens, il faut chercher l’erreur...

Alain Chasseuil.




NOVEMBRE 2011 (N°31)




Le nucléaire c’est déjà hier...

D’après l’AEN (Agence pour l’Énergie Nucléaire), une pénurie mondiale d’uranium est prévisible dès 2015. Explications.
Il faut tout d’abord rappeler, qu’en France, l’on n’extrait plus le moindre gramme d’uranium depuis mai 2001, nous sommes donc dépendant à 100% des pays producteurs... L’AEN, prévoit le pic de production vers 2025. Les réserves mondiales prouvées et qu’il est possible d’extraire sont de 55 000 tonnes en 2015. Des projections donnent 68 000 tonnes (réserves probables) en 2025 “ qu’il sera peut-être possible d’extraire “... Et 82 000 tonnes (réserves possibles) “ très hypothétiques “ (5 à 10% de probabilité). Il est bien évident que ces chiffres, ne prennent pas en compte l’arrêt des réacteurs de première génération, ce qui diminuera les besoins mais ne prennent pas en compte non plus la mise en service de nouveaux réacteurs bien plus puissants donc plus gros consommateurs d’uranium...
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, la consommation actuelle d’uranium se situe aux alentours de 67 000 tonnes, alors que la production réelle est de 42 000 tonnes ! Les 25 000 tonnes qui manque proviennent des stocks civils et militaires (estimés à 200 000 tonnes en 2006), mais ils seront épuisés en 2015, d’où la pénurie annoncée.
Comme tout produit dont la demande est supérieure à l’offre, l’uranium sera de plus en plus soumis à la spéculation. On voit actuellement où ça nous mène, les prix devraient donc logiquement s’envoler, pour se faire une idée, le prix du kg d’oxyde d’uranium (U308 yellow cake) est passé entre 2003 et 2007 de 22 $/US à 249 $/US...
La part du combustible dans le prix de l’électricité est donc tout naturellement passé de 5% à 35% et ce n’est pas terminé ! Quant aux chiffres fantaisistes des réserves annoncées par les pays producteurs, par les lobbyistes du nucléaire et surtout par les multinationales soucieuses avant tout du cours de leurs actions en bourse, on peut douter de leur fiabilité.
Au hasard, citons un exemple, la France :

- Entre 1956 et 1985, la France a extrait 50 000 tonnes d’uranium. En 1985 les réserves annoncées étaient de 112 000 tonnes, or entre 1985 et 2001 date de la fermeture de la dernière mine, la France a produit seulement 25 000 tonnes, et les réserves estimées à 11 700 tonnes ! Il y a donc une différence de 75 000 tonnes qui se sont évaporées l’on ne sait où ? Instructif...
En conclusion, il devient urgentissime de développer les énergies renouvelables, si l’on ne veut pas un jour être aspiré par le gouffre énergétique...

A. Chasseuil.



Sources :
http://www.lbst.de/ressources/docs2...
- Ressources, production et demande de l’uranium : un bilan de quarante ans (AEN).