Le Picot

Accueil > Dossiers > VIE DE LA CITÉ > ANNÉE 2013

ANNÉE 2013

N°34

dimanche 17 novembre 2013, par Le Picot




AVRIL 2013 (N°34)




En direct du ghetto

Novembre 2012. Les feuilles achèvent de tomber. L’une d’entre elles atterrit dans ma boite aux lettres. Son nom : Clamecy La Ferme Blanche. Projet de rénovation urbaine. Journal d’information des locataires de la Ferme Blanche. Numéro 0.

En première page, deux charmants minois : l’un tourné vers la droite, tiens ? l’autre au regard plus direct, s’adresse directement au vieux fermiblanchâtre que je suis (1968 à 1982, 1985 à 1997, 2004 à…). Que me dit donc Marie-Claude Lélu, directrice générale de Nièvre Habitat ? Que depuis que je suis revenu ici “début des années 2000, le quartier de la Ferme Blanche voit son attrait se réduire comme peau de chagrin” (mais il faut avoir lu le roman éponyme de Balzac pour comprendre qu’elle exagère un peu) “et son image se dégrader du même coup, augmentant au passage la vacance sur le site”. En langage plus clair, je comprends alors que j’ai misé sur le mauvais cheval. Dernier des Mohicans, je me suis installé dans le ghetto de Clamecy, dans la banlieue exsangue et famélique de la pourtant si prospère cité des flotteurs, à mille encablures de la richesse, de la culture, du développement, quoi ! La poursuite de la lecture me met cependant du baume au cœur. Nièvre Habitat a tout compris et si la vague démographique, qui gonfle si fortement la population de Clamecy et de la Communauté de Communes ne touche pas la Ferme Blanche, c’est qu’il faut “requalifier” le quartier par un vaste projet de renouvellement urbain. Ouf ! Que va-t-on faire ? “Restructurer le quartier“. Merveilleux. Petit Larousse m’explique qu’on va réorganiser selon de nouveaux principes un ensemble devenu inadapté... La Ferme Blanche a une vocation résidentielle et éducative - Z’avez pas vu le panneau “Cité scolaire“ au giratoire de Bethléem ? - Tout cela va donc être réorganisé selon de nouveaux principes : installation d’ateliers et d’entreprises, création de commerces et d’espaces sportifs, les cahiers au feu, la maîtresse au milieu ? Simultanément, un autre objectif : “rapprocher [le quartier] du Centre ville” Voilà un projet vraiment ambitieux. Par un habile glissement de terrain, faire coïncider la rue Jules Vallès (écrivain, acteur de la Commune de Paris : l’Enfant, Le Bachelier, L’Insurgé) avec l’avenue de la République, voilà qui aurait de l’allure, comme disait il y a peu Éva Joly (en parlant de sa propre nomination au Conseil constitutionnel, après sa piètre prestation électorale). J’en connais qui seraient surpris, passant le pont de Bethléem sous le regard bonhomme du Flotteur - à l’ombre de son picot ! - de se retrouver rue Jean Rouvet, précurseur du flottage (tel que sur la plaque de rue).

Mais je m’égare. “Une promenade [me sera offerte comme] aux habitants du quartier et de la ville tout entière” (quelle générosité) ”le long de l’Yonne. […] Cet aménagement permettra de relier en mode doux (piéton/vélo) les deux entités (quartier/centre ville) et de sécuriser le trajet des scolaires”. Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est la fameuse passerelle sur l’Yonne, arlésienne des conseils municipaux sous Bernard Bardin. Ainsi au lieu de faire passer les piétons, scolaires et résidants de la Ferme Blanche, par la Route d’Armes, sur des trottoirs déjà aménagés, certes soumis à la pollution des véhicules, mais aussi sous le regard protecteur des riverains, susceptibles d’intervenir immédiatement en cas de malaise, de glissade malencontreuse, d’orage brutal, voire de rixe, on envisage froidement de les envoyer à travers cet immense espace vide que sont la Tambourinette puis les abords du canal jusqu’au pied de la Mirandole ! Voilà un joli projet d’urbaniste mais certainement pas la réflexion d’un élu local, en tout cas d’un élu au fait des réalités quotidiennes de sa ville. Et pourtant, c’est ce que souhaite l’autre minois de la première page, puisque son éditorial indique sa volonté de “créer une circulation piétonne” (comme s’il n’en existait aucune), tout en “[vivant] le renouveau du quartier avec une grande joie”. Certes madame Boisorieux, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, se souvient, comme au moment de la campagne électorale, qu’elle habita un temps (bien révolu) dans ce quartier et elle tempère sa joie d’”une certaine nostalgie”. Au fait, n’avions-nous pas eu le même refrain pour le réaménagement des halles et de la place de la mairie ? Joie et nostalgie auront donc été les moteurs de l’action de madame Boisorieux et “la fin du mandat n’y suffira pas” (vœux du 10/01/13).

Il reste à étudier, sur le document de Nièvre Habitat, le schéma “résumé du projet de requalification du quartier de la Ferme Blanche”. Mais il convient de ne pas s’y attarder avec un œil trop critique, car la géométrie est implacable. La surface délimitée par le pont de Bethléem, le chemin de la Ferme Blanche, l’éventuelle future passerelle et le Centre ville correspond à un trapèze dont, malheureusement pour la démonstration de Nièvre Habitat, le plus petit côté est au long de la route d’Armes. Autrement dit, le trajet par l’Yonne (même avec passerelle) est plus long que le trajet par la route d’Armes. Pas de chance ! Quant au parcours sécurisé, que ceux qui ont entrepris de faire passer de jeunes enfants à bicyclette entre l’Yonne et le canal sans frémir nous fassent signe. La page 4 du document retentit comme un défi. L’espace “restructuré” apparaît comme un îlot quasi forestier au milieu de pavillons médiocrement végétalisés. J’y ai dénombré au moins 180 arbres (ou plutôt dessins d’arbres), chemin de la Ferme Blanche partie haute compris. Pour une ville si sevrée de plantation arboricole depuis 5 ans (voir Picot 33) et pour un organisme qui n’a de cesse de faire tondre des pelouses sans herbe et de faire tailler les arbres autour de ses bâtiments, voire au pied comme cela a été le cas récemment pour 5 grands féviers dans l’habitat non restructuré, cela tient de l’exploit. On demande à voir ! Il est vrai que, sur cette même page, en caractères plus modestes, apparaît la mention “Nièvre Habitat, novembre 2012. Numéro 0. Document non contractuel”. Je me disais aussi !

Que Nièvre Habitat souhaite optimiser ses locations par l’occupation de tous ses appartements ne me choque pas. Mais que cet organisme, parce qu’il n’a pas entretenu correctement les bâtiments depuis leur construction se sente obligé de justifier leur destruction en jetant l’opprobre sur un quartier tout entier, me semble un procédé douteux. Demandez aux familles envoyées à l’autre bout de la ville (quartier de l’hôpital), à plus de 2 kilomètres de l’école maternelle et primaire, du collège et du lycée que fréquentent leurs enfants, sans être plus proches du Centre ville et des zones commerciales si elles sont ravies de devoir les faire manger à la cantine. Demandez-leur si elles envisagent (ou pourront se permettre) ensuite de revenir dans les nouveaux logements (à loyer plus élevé). Je crains que le fait de savoir que “c’est l’opportunité de redorer le blason de la Ferme Blanche” ne leur laisse un goût amer, d’autant qu’elles auront sans doute remarqué le projet de créer 10 à 14 “pavillons pour séniors” (sic), juste en face des écoles ! parmi les 50 à 58 prévus en remplacement des 124 logements voués à la démolition. Voilà de quoi rajeunir et repeupler la Ferme Blanche, assurément.

Dominique Girault.






Des touristes à la CCVY

La commission tourisme de la Communauté de Communes des Vaux d’Yonne (CCVY) s’est tenue le 9 janvier 2013. Elle avait été initialement prévue à la mairie de Surgy mais déplacée à la mairie de Clamecy et les participants ont vite compris pourquoi. La partie centrale de la table de la salle des mariages accueillait, de gauche à droite, Jean-Michel Forget, vice-président chargé du personnel, Claude Thalamy, nouveau vice-président chargé du tourisme et de la culture, Claudine Boisorieux, présidente de la CCVY, Patricia Colomba, directrice de l’Office du Tourisme du Pays des Flotteurs de Bois (ODT), Guy Bouquet, vice-président chargé de l’économie et anciennement du tourisme, François Collenot, directeur général des services, Sylvie Kovacs, chargée du tourisme à la CCVY. Belle brochette, ma foi, et qui pour respecter la recette de la brochette réussie, alternait grosses légumes élues et protéines techniciennes. C’est devenu l’usage, au sein de la CCVY aussi bien qu’à Clamecy de confondre responsables élus, décideurs, et techniciens chargés de les conseiller.

L’un des points à l’ordre du jour était le bilan de la saison touristique 2012. Comme nous l’avions évoqué dans le précédent numéro du Picot, les changements de personnel à l’ODT ont entraîné un afflux considérable de touristes venus constater, dès le mois de mai, que la mutation forcée de Martine Schipani pour le Centre Intercommunal d’Action Sociale, en fait un licenciement déguisé suivi d’une réembauche, avait bien pour corollaire le retour de Patricia Colomba comme généralissime de l’ODT. Ce fut donc un satisfecit que s’attribua Guy Bouquet, qui ajouta sans malice, alors que personne n’avait émis le moindre commentaire : “Il n’y a pas de raison de douter des chiffres”. Qui l’aurait prétendu ? A trop vouloir se justifier... 7 511 touristes foulèrent donc les fameux pavés clamecycois. Bien peu d’entre eux pourtant surent profiter des largesses nouvelles de la CCVY. Alors qu’il y a peu, nombre de délégués communautaires (dont Guy Bouquet, Guy Bonhomme, Forestier, Serge Fresneau) n’avaient jamais assez de mots durs pour la gestion de l’ODT, le putsch de madame Boisorieux semble avoir accouché d’une vague de miel et de guimauve sur la critique assemblée. Nous avons donc appris, et personne n’a trouvé quoi que ce soit à y redire, que la navette Clamecy-Brèves-Vézelay n’avait séduit que 72 usagers, au lieu des 615 escomptés. Le déficit d’exploitation étant de 2 239,58 euros (coût 2 791,58, recettes 452 euros), chacun de ces voyageurs a coûté la bagatelle de 37,15 euros à la collectivité. Je ne suis même pas sûr que leur séjour au camping et un dîner au restaurant leur ait permis de restituer cette somme à l’économie locale. Bonne nouvelle, du bout des lèvres, parce que c’était un argument venu d’autrui, Claudine Boisorieux a indiqué qu’il faudrait étudier comment utiliser la navette pour faire venir à Clamecy des touristes de Vézelay.
Aussi belle opération pour le “fantastic picnic” (nom anglais pour pique-nique fantastique : c’était vraiment difficile à traduire ?). Rappelons que cette animation était censée mettre en valeur l’inscription du repas gastronomique à la française au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, le 16 novembre 2011. Or ce qui a été distingué, c’est “le mélange original de convivialité et de gastronomie qui rassemble les Français autour d’une table apprêtée, en vue de partager des mets de qualité accompagnés d’un vin approprié”. Cherchez les points communs avec un casse-croûte tiré du sac et mangé sur l’herbe ! Là le déficit s’élève à 2 572,97 euros (dépenses 2 876,97, recettes 304 euros). Chaque convive, dont le nombre me semble donné à la louche (c’est de circonstance) aura coûté 12 euros aux contribuables locaux.
Voilà deux succès indéniables : 272 personnes touchées et 4 512,77 euros volatilisés. L’économie touristique aura été florissante en 2012. Pour finir, il a été question des horaires d’ouverture de l’ODT. Madame Colomba, qui tient à son dimanche après-midi, c’est humain, même en haute saison, a fait le forcing pour prouver que les visiteurs disparaissaient de Clamecy, après les douze coups de midi. Elle a été suivie par l’assemblée, sauf votre serviteur, après une discussion un peu âpre (“mais ce que vous cherchez, c’est la polémique, monsieur Girault” a fini par lâcher madame Boisorieux, qui ne conçoit pas qu’une opinion différente de la sienne puisse exister). Valérie Lavallée et Jean-Michel Forget, qui pensaient aussi que l’ouverture de l’ODT, le dimanche après-midi, au moins lors d’animations en ville ce jour-là, ont vite été remis au pas par la mise au vote opérée par Claudine Boisorieux, défendue par Nicolas Bourdoune et Serge Fresneau, l’homme “qui a plaisir à travailler avec madame Boisorieux” (Journal du Centre du 18/01/13), qui a prétendu qu’il y aurait des échos de cette réunion dans le Picot. Je le rassure. Tout restera entre nous. Le Picot est un organe trop frivole pour s’intéresser au fonctionnement des institutions locales, encore moins à l’économie de la région. Quant aux idées de Claude Thalamy sur le tourisme, il m’est hélas impossible d’en parler. Pas un mot n’est sorti de sa bouche, de toute la réunion, mais qui lui reprochera de savoir tourner sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer ?

P.S. Un bel exemple de cohérence. La majorité des touristes étrangers, à Clamecy comme dans la Nièvre, d’ailleurs, est originaire des Pays-Bas. En quelle langue seront traduits les textes des audioguides des visites de Clamecy ? En anglais et en allemand...
Un autre ? Les visites guidées de la ville sont gratuites, alors qu’elles sont assurées par Deborah Portal, agent du patrimoine, employée par la Société Scientifique et Artistique de Clamecy (SSAC), qui peine à assurer son salaire. Il a fallu arriver en 2013 pour que la CCVY songe à payer les prestations de la SSAC (recherches et rédaction des notices historiques) alors qu’elle a toujours payé royalement et sans discuter les honoraires des bureaux d’étude qui faisaient auparavant ce travail… en pillant la SSAC.

Dominique Girault.






Claudine Boisorieux

prépare-t-elle sa succession ?


Si jamais elle est réélue va-t-elle nous faire le coup de Didier Boulaud, le maire de Nevers qui, en cours de mandat, a cédé sa place à son poulain Florent Sainte Fare Garnot ? Lors d’une réunion de quartier (celui de la Ferme Blanche et de la route d’Auxerre) qui s’est tenue à la M.L.A.C. le 22 mars, c’est Daniel Wittmer, son frère, conseiller municipal accompagné de Nicolas Bourdoune et Valérie Lavallée, maires-adjoints, qui a endossé les habits de premier magistrat. Il a répondu aux inquiétudes des riverains au sujet de la circulation, le principal point abordé lors de la réunion (voir JdC du 25 mars). Il a été le seul interlocuteur des riverains qui ont évoqué la nuisance des nouveaux aménagements sur la route d’Armes, en particulier en face du lycée et du collège, la menace des camions de la carrière d’Asnières-sous-Bois et le délabrement du faubourg de Bethléem. Parmi ses déclarations, à propos des aménagements de la route d’Armes, concernant l’emplacement du passage piétons “Nous n’avons pas pu faire ce que nous voulions”. Qui donc a empêché la commune de faire ce qu‘elle voulait ? Pour ce qui est des feux, “S’il faut les déplacer de quelques mètres, nous le ferons”. Il aurait été préférable de le faire avant, la facture est déjà salée. “Nous ne reviendrons pas sur la présence des feux” déclare-t-il tout en affirmant qu’il aurait souhaité, comme l’ont évoqué des riverains, la mise en place de ralentisseurs et de rétrécissements de la chaussée…

Michel Melka.






Un petit problème… de taille

J’avais déjà dit dans le numéro précédent du Picot que la majorité municipale n’aimait pas les arbres. Nous venons d’en avoir une fois de plus confirmation, sur le parking de l’école de musique. Il y a quelques années, une taille douce des quatre platanes avait été pratiquée à grands renforts de cordes et de mousquetons, certes pour un prix conséquent, mais c’est la rançon du travail bien fait. Pensant sans doute qu’un arbre n’est pas fait pour grandir, il a été décidé de mettre le holà aux velléités des vénérables végétaux de partir à l’assaut de la ville haute, du moins par leurs fines frondaisons. Ce fut moins cher ! Ce fut aussi fait en dépit du bon sens. A grands coups de tronçonneuse, les malheureux platanes se sont vu amputés de leurs membres. Ce sont les pigeons qui sont ravis : de bien belles cavités issues de la décomposition des plaies géantes des moignons ne vont pas tarder à se creuser tandis que mille et une branches latérales mal implantées n’attendront que la première tempête pour tomber. Personne à la mairie ou dans les services qu’elle dirige a-t-il jamais lu un livre sur la biologie végétale ? Il y en a pourtant d’excellents à la médiathèque, à deux pas des platanes condamnés à une longue dégénérescence. Je parie dix kopecks que le deuxième mandat de Madame Boisorieux lui permettra de justifier leur abattage par un “souci de sécurité collective” !

Dominique Girault.






Les contradictions de Claudine

Claudine Boisorieux n’est pas à une contradiction près. Dans la région, deux projets, le pôle bois de Sardy-les-Epiry et la carrière d’Asnières-sous-Bois engendrent des polémiques et des oppositions. Le premier, soutenu par Christian Paul, Jean-Paul Magnon, Fabien Bazin, Jean-Louis Lebeau, tous socialistes, a provoqué une levée de boucliers d’une grande partie de la population qui redoute la pollution provoquée par l’incinérateur, la surexploitation de la forêt morvandelle, s’inquiète des risques occasionnés par le très fort trafic de camions alimentant la scierie et évacuant les pellets (granulés) produits. Soutien donc des pontes du P.S nivernais mais en revanche le premier secrétaire fédéral Sylvain Mathieu, déclare (JdC du 14/02/2013) “Le P.S. n’a pas de position Il n’a jamais débattu de ce sujet au sein de ses instances fédérales. Je défendrai à ce moment-là ma position personnelle que je garde pour moi jusque-là.” De même, Patrice Joly, président du Conseil général reste réservé. Claudine Boisorieux, face à la mobilisation des opposants, déclare “Je regrette qu’on se trouve confronté à des groupes qui n’acceptent pas les décisions prises alors que les collectivités appliquent les procédures légales. Je défends l’environnement mais je ne souhaite pas voir la province et les communes rurales devenir des déserts ou des réserves.” Pour le projet de carrière d’Asnières-sous-Bois, la maire de Clamecy s’y oppose. Le conseil municipal de Clamecy ainsi que celui d’Armes ont voté une motion (le 11 septembre pour le premier) contre ce projet au motif qu’il allait engendrer un fort trafic de poids lourds (estimé à 40 camions par jour) sur une route déjà saturée et dont une partie, dans le quartier de la Ferme Blanche, a fait l’objet de travaux d’aménagement. “Je ne vais pas attendre qu’il y ait un mort. De plus, les camions dont la vitesse est souvent excessive dégradent la chaussée. La hausse du trafic des camions représente un danger à Clamecy” mais pas à Corbigny où le nombre de passages supplémentaires est estimé à 170 par jour ?

Michel Melka.






UN MANDAT DE PLUS OU DE TROP ?

Ca y est, ce coup-ci c’est sûr, après quelques bruits de couloir, "ira, ira pas". Claudine se représente.

C’est vrai qu’après avoir attendu si longtemps, ce serait dommage d’abandonner la barre du navire si vite après bientôt six ans d’un mandat mitigé mais sans grosse tempête qui aurait pu secouer le rafiot et jeter le capitaine par dessus bord. Combien déjà ? 73 ans en 2014, ça lui en fera 80 à la fin du prochain si elle est réélue. On entend pourtant dire qu’il faut laisser la place aux plus jeunes mais c’est vrai que ces bonnes paroles sont pour le monde du travail, pas pour les politiques. Elle aurait pu préparer son départ, confier de temps en temps la barre à un(e) jeune matelot(e)... Il n’y aurait donc personne qui aurait le pied marin, si je puis dire ?
Et dans l’opposition ? Un candidat UMP (Pierre Aronoff) qui n’ose pas le dire trop fort, un PC (Serge Fresneau) qui suit le mouvement, un apolitique qui réfléchit (Dominique Méchin), un qu’on traite d’écolo mais qui s’en défend car il n’est pas chez les Verts (Dominique Girault), et peut-être d’autres candidats d’ici là. Le feuilleton ne fait que commencer. Mais au fait Claudine, plus de retour au bercail aux dernières nouvelles, le PS aurait-il quelques candidats locaux à sortir du chapeau ?
Revenons un peu sur l’un de nos potentiels candidats Pierre Aronoff Bourgeot, qui sous le prétexte de faire un lieu de débat sur notre commune, a ouvert une page facebook (Clamecy.Nievre) qui sert plus de terrain de jeux ou de joutes pour faire local. J’ai eu la surprise de découvrir dans ma boite aux lettres les vœux de ce monsieur et de son équipe. A ce propos, la personne qui a utilisé son listing commercial à des fins de propagande sera bien aimable de me supprimer de sa liste. Merci. Ce monsieur nous parle d’une ville sale, laissée à l’abandon, où les commerces ferment les uns après les autres, de travaux pharaoniques, d’écoles qui se dégradent. Au fait, ne serait-ce pas la droite qui a taillé dans les budgets et réduit les effectifs dans la fonction publique, les diverses administrations ? Souvenez-vous des problèmes de l’hôpital et de la disparition de la maternité de Clamecy... Merci, Roselyne Bachelot ! Mais on attend toujours les actes de certains élus de gauche pour son maintien.
Habitants de Clamecy, que voulons-nous ? De belles rues pavées, un marché couvert flambant neuf, une belle esplanade de la mairie ? Ca, c’est fait. C’est vrai que pour les photos de mariage ça fait plus “classe“. J’aurais bien vu des colonnes de chaque côté à la gloire de nos maires passés et présent. Pour ce qui est de la redynamisation du centre ville, beaucoup de vitrines sont toujours vides ; c’est vrai qu’avec deux grandes surfaces, ça n’arrange rien. L’une d’elles devrait ouvrir un drive-service prochainement : tu commandes sur le net, tu viens avec ta voiture, tu charges tes courses déjà prêtes et hop ! Tu n’as plus de temps pour aller à la cafétéria du même magasin. Ce système nous fera-t-il faire des économies ? Mais il paraît que c’est cela la super-société de consommation, les mêmes zones commerciales avec les mêmes magasins d’un bout à l’autre du monde. Et puis Clamecy n’est pas un cas isolé, hélas, beaucoup de petites villes sont dans la même situation. Des villes plus importantes comme Nevers, Auxerre connaissent le même problème, comme la presse locale le relatait dernièrement. Pour les travaux, il y avait certainement d’autres priorités que de transformer ainsi la place de la mairie, de déplacer la statue de Claude Tillier ou de paver richement la Rue de la Halle. D’accord pour des travaux de remise en état des voiries, de canalisations ou du réseau électrique mais faisons simple. Quant à la beauté originelle de la halle(2), certes les voûtes ont retrouvé leur éclat mais il est dommage que d’affreuses suspentes de luminaires en gâchent la vue. Si la ville est sale, c’est que certains de nos concitoyens font chier leurs bestioles à quatre pattes n’importe où et balancent leurs poubelles de la même façon. Ne mettons pas tout sur le dos des “cas sociaux” ou des étrangers, comme le laisse entendre un certain Loïc sur le site Clamecy-Nievre.
Si on veut que les choses avancent, il faut instaurer une vraie démocratie directe où l’on pratique le débat et les décisions collectives. Ne laissons pas à nos représentants les pleins pouvoirs. Ils pensent trop souvent que ce qui est bien pour eux le sera pour leurs concitoyens sans leur demander ce qu’ils en pensent et cela tant au niveau local que national.

André Camuzat.



(1) Vivre à Clamecy, journal municipal : éditorial de Claudine Boisorieux





Comités : pas de quartiers !

Empêtrés dans des structures qu’ils n’ont ni pensées, ni vraiment voulues, les élus majoritaires ont bien du mal avec les comités de quartier. Celui qui s’est tenu le 22 mars 2013 à la MLAC (comité du “quartier” Ferme-Blanche, Route d’Auxerre, Sembert) n’a pas dérogé à la règle. L’ordre du jour comportait un premier point qui n’a même pas été évoqué tant il indiffère nos concitoyens. Il s’agissait des travaux de réhabilitation des HLM (projet peu municipal) sur lesquels il était prévu de faire le point et qui auraient dû être l’apothéose urbanistique du jour. Il faut dire que la réunion était plus proche du meeting d’avant élections que de l’assemblée citoyenne. Daniel Wittmer, qui a tenté de diriger les débats en lieu et place des délégués de quartier (dont je rappelle qu’ils ont été choisis dans d’obscures circonstances par la municipalité elle-même), a dû recourir, face à une vague de récriminations, aux habituels expédients du piètre politique : “Ce qui ne va pas n’est pas de notre faute”, “moi aussi, je pensais comme vous”, “on ne peut rien faire, il y a des règles“... C’est que les aménagements de la Route d’Armes (voir Picot n° 33), l’abandon de Sembert aux ordures, l’incohérence de madame Boisorieux, à propos de la circulation des camions (soutien inconditionnel au projet Erscia à Sardy-les-Epiry avec ce qu’il suppose de passage de grumiers et de transport de bois à brûler, opposition au projet de carrière à Asnières-sous-Bois à cause du nombre de passages de camions qu’il va engendrer) ne lui permettaient guère de briller. Il n’a même pas eu l’idée d’envoyer deux employés communaux avec une brouette de ciment et quelques pierres pour combler les trous dangereux, près de la passerelle sur la fausse rivière, à proximité du perthuis des Jeux, au prétexte que la gestion du terrain dépend de Voies Navigables de France ! Heureusement que certains administrés, trop rares il est vrai, n’ont pas les mêmes réticences, lorsqu’ils nettoient les abords de leur maison ou qu’ils embellissent par des plantations des espaces communs. Ce qui n’est pas le cas de quelques-uns des commerçants installés en face de l’église de Bethléem, qui ont laissé s’installer un joli dépotoir, paradis du rat d’égout et de la mouche tsé-tsé. On regrette parfois de ne pas habiter dans certains villages d’entre Brinon et Corbigny, où tout le fleurissement extérieur résulte d’initiatives privées.
Bien entendu, les adjoints (il y avait aussi M. Bourdoune et Mme Lavallée) sont rentrés à la mairie avec l’idée que leurs administrés ne sont jamais contents, qu’ils ne comprennent rien aux problèmes de la gestion municipale, qu’on ne peut pas discuter avec eux... Mais se sont-ils un instant demandé quelle en était la raison ?

Dominique Girault.