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Dominique Desanti (Mémoires)

lundi 18 novembre 2013, par Le Picot




AVRIL 2013 (N°34)




Ce que le siècle m’a dit


de Dominique Desanti (Mémoires)



Des intellectuels et du PCF (1943-1956)

A celui qui aurait oublié quelle fut la ligne du Parti communiste du temps où la faucille et le marteau figuraient sur la carte d’adhérent1, on conseillera la lecture du livre de Dominique Desanti (DD), Ce que le siècle m’a dit, paru en 1997. De ces Mémoires, je ne retiendrai que les années consacrées à qu’elle nomme son “expérience politique”, c’est-à dire ses années d’engagement au PCF dans l’immédiat après-guerre, aux côtés d’un grand nombre d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes majeurs du XXe siècle. Journaliste dans divers titres du groupe de presse communiste, DD a incarné la militante modèle de 1943 à 1956. Ce témoignage vécu est de surcroît une tentative de décrypter le sous-texte sous la formule ou le slogan, à cette période.

De la Résistance au PC

Fille d’un conseiller juridique auprès de Clemenceau, d’origine russe, Anne Dominique Persky (1919-2011) naît à Moscou où son père est en mission. Persky2, farouchement anti-bolchevik, comptait parmi ses amis Berdaïev, Kerinsky, Anatole de Monzie, Edouard Herriot... Il l’élève seul (de sa mère absente, elle ne dit mot). En 1937, au bal de l’Ecole normale supérieure, elle rencontre Jean-Toussaint Desanti, qu’elle épouse l’année suivante. Avec lui, elle fréquente une bande d’étudiants trotskystes ou proches du PC et participe à des actions politiques : collecte de fonds pour le Secours rouge et les Républicains espagnols, manifestations contre le fascisme, etc. Elle dit : on voulait apporter la culture au peuple.
Pour la plupart, ces étudiants engagés quittent le PC après la signature du Pacte germano-soviétique (23 août 1939). Ils y retournent après la bataille de Stalingrad (2 février 1943), tournant de la guerre à l’Est. Dès lors, le groupe de rédacteurs du journal clandestin, Socialisme et liberté, qui comptaient les Desanti, Sartre et Beauvoir, se désagrège. Les Desanti sont en Auvergne, lui, prof de philo à Vichy, elle, étudiante en psychologie et sociologie à Clermont, tous les deux actifs dans la Résistance, en mars 1943, quand on leur propose d’adhérer au Parti communiste. A la libération de Clermont-Ferrand, en 1944, on leur confie la responsabilité de deux journaux, La Nation, organe du Comité départemental de Libération, et Le Patriote, organe du Front national (PCF). Dominique, qui avait travaillé dans la presse à Paris avant la guerre, en prend la direction. Fin août, début septembre 1944, elle représente ces deux titres, à Paris, lorsqu’est créée la Nouvelle Fédération de la presse. Son élection au Bureau des quotidiens régionaux lui vaut les remarques perfides de dirigeants de L’Humanité qui lui remontrent qu’elle n’avait pas l’accréditation du PC... “Elle n’a pas idée de ce qu’est un Parti. A part ça, elle peut servir, car elle sait causer. Les bourgeois savent causer...”
Créé à Alger le 3 juin 1944, le Gouvernement provisoire (GPRF), composé de communistes, socialistes et de MRP, dirige le pays. Lors du conseil des ministres du 28 octobre 1944, De Gaulle “use de sa grâce amnistiante” envers les déserteurs. Le premier secrétaire du PC, Maurice Thorez, qui a passé les cinq années de guerre à Moscou (octobre 1939-octobre 1944) peut rentrer. En fait, Thorez est à Paris depuis la veille (27 octobre), mais le Parti annoncera officiellement son retour un mois plus tard. Une lutte sourde pour le pouvoir commence entre les communistes résistants et ceux qui étaient en URSS. Laurent Casanova (mari de Danielle, déportée décédée à Auschwitz en 1943) choisit de s’effacer derrière “Maurice”, alors que Charles Tillon, ministre, qui s’obstine, sera rétrogradé à la base (puis exclu). Dans la même logique, le Parti brandit les 75 000 fusillés, plutôt que de célébrer les résistants vivants pour leurs actes de courage.
Le retour légal de Thorez a une contrepartie : au cours du même conseil des ministres [où siègent Charles Tillon et François Billoux (PC)], est décrétée la dissolution des milices patriotiques. Malgré les protestations du CNR, influencé par le PC, la majorité rendra les armes...
Dès l’automne 1944, revenue vivre à Paris, DD travaille à Action et à Résistance (qui deviendra bientôt La Voix de Paris-Résistance). L’”hebdo tabloïd encadré de rouge”, Action, est l’enfant terrible du Parti (mais “Maurice3” le soutenait). Le journal organisait des rencontres avec des intellectuels et des artistes à Saint-Germain-des-Prés, ce qui déplaisait au Bureau politique. Ses directeurs sont Maurice Kriegel-Valrimont et Victor Leduc ; les rédacteurs en chef sont Pierre Hervé et Pierre Courtade, amis de Desanti à l’ENS. Action, étant une feuille issue des Mouvements unis de résistance (MUR), tous les rédacteurs sont d’anciens résistants ; tous, à l’exception de Courtade, sont encartés au Parti : Jeanne Modigliani, J.-P. Vernant, Roger Vailland, Claude Roy, Francis Ponge, etc.
A Résistance (organe de francs-maçons universitaires), Dominique est une des premières femmes correspondante de guerre. Entre le 15 et le 20 mai 1945, elle est un(e) des quatre journalistes qui visitent le camp de concentration de Bergen-Belsen (libéré par les Britanniques le 15 avril). Puis, de septembre à novembre 1945, elle couvre le procès du commandant du camp, Josef Kramer qui a lieu sur place dans des baraquements militaires... Comme “correspondante des ruines”, elle couvre toute l’Europe de l’Est, puis la reconstruction, les grèves de 1947 en France, le Congrès du mouvement pour la paix à Wroclaw (fin août 1948), etc. En 1947, les ministres communistes sont évincés dans tous les gouvernements occidentaux. Cette année-là, en décembre, la CGT implose : Léon Jouhaux, financé en sous-main par la CIA, crée Force ouvrière...

L’affaire Tito

A l’automne 1947, Tito lance la création d’une Fédération des Etats balkaniques et danubiens. Les Bulgares signent l’accord à Bled. D’autres pays allaient suivre, lorsque Moscou intervient. Depuis la conférence de Yalta (4-11 février 1945), Staline, Winston Churchill et F.D. Roosevelt s’étaient entendus sur un partage de l’Europe de l’Est en “zones d’influence”. Si la Yougoslavie se trouvait derrière le rideau de fer, la Grèce restait dans la sphère occidentale. L’entente entre les Etats balkaniques suscitée par Tito ne pouvait dès lors que déplaire à Moscou. En février 1948, Staline somme le dirigeant yougoslave de cesser de soutenir les partisans grecs, la Grèce ne valant pas une querelle avec l’Occident. L’été suivant (juin 1949), Tito est exclu du Kominform4. L’homme qui avait recruté les Brigades internationales d’Espagne et libéré la Yougoslavie sans attendre l’Armée rouge, devient, dès lors, un “traître à la solde des services secrets occidentaux”, un ”agent de l’impérialisme”. S’ensuivent des procès contre certains dirigeants des pays membres du Kominform. Les accusés présentent tous le même profil : ils ont été de grands résistants dans leur pays (ou tel Arthur London, dans un pays capitaliste), ils ont rencontré Tito, ils prisent les traditions nationales de leur peuple et ont tenté de discuter les tarifs de vente des marchandises destinées à l’URSS. Les procès sont conçus sur le modèle de ceux de Moscou (à partir de 1936), avec production de “preuves” et mise en scène d’aveux...
DD, qui couvrait les pays de l’Est, depuis fin 1944, connaissait certains accusés. Un jour de septembre 1949, elle est convoquée au “44” (rue Le Peletier, alors siège du PC). On lui demande de produire une brochure sur le titisme et les “traîtres en action”, s’appuyant sur aveux et témoignages... Une tâche de parti - qu’elle accepte sans trop d’états d’âme. Masques et visages de Tito et des siens sera traduit dans tous les pays du bloc de l’Est, en Italie, etc.
Pierre Courtade était revenu troublé du procès de Rakj en Hongrie. DD et Pierre Hervé5 sont dépêchés à Sofia, fin 1949, au procès de Kostov, Stefanov... Alors que les autres accusés supplient qu’on leur “permette de se laver de la rouille de leur crime”, Traïcho Kostov, apparatchik formé dans les écoles du Parti, soudain se lève, tourne le dos aux juges et s’adressant aux représentants de la presse internationale, dit haut et fort : “Je veux dire que je suis innocent...” “Il a enlevé ses lunettes et nous avons vu ses larmes.” Il sera exécuté le lendemain.
L’article destiné à Démocratie nouvelle (mensuel politique fondé par Jacques Duclos) ne paraîtra pas, DD ayant perdu connaissance dans la cabine au moment de dicter son texte. Toutefois, celui de Pierre Hervé, qui s’en tient aux faits et relate que l’accusé principal a protesté de son innocence, paraît dans L’Humanité.
Dorénavant, Tito, occupe la place du traître, laissée vacante par Trotski. Lorsque DD rentre à Paris, une épuration d’une autre sorte a commencé, dans les cellules du Parti. Certains intellectuels n’ayant pas l’esprit maison sont exclus pour “hitléro-trotskisme” ou “titisme” : Edith Thomas, Jean Duvignaud (compagnon de Clara Malraux restée sympathisante), Marguerite Duras, Robert Antelme, Dionys Mascolo, ainsi qu’Edgar Morin. Blâme, comparution devant les cadres, puis exclusion. Leur tort ? S’ils n’ont pas rencontré Tito, ils ont demandé des discussions sur la Yougoslavie au sein de leurs cellules respectives. On a pu lire cet hiver, dans l’exposition “Intelligentsia6”, les lettres d’autocritique et de protestation de leur bonne foi que Marguerite Duras et son mari Robert Antelme ont adressées en haut lieu. Chacun d’eux reconnaît avoir ironisé sur des propos tenus par Aragon, en prenant un verre dans un café après une réunion de cellule, et accusent Jorge Semprun d’avoir “rapporté”. La chose leur paraît d’autant plus absurde que Semprun et Robert Antelme étaient compagnons de déportation à Buchenwald. Exclure Robert Antelme est un acte particulièrement cruel. Ramené mourant à Paris, après avoir été enlevé par deux faux officiers au camp de Dachau, il doit sa survie à un spécialiste des carences dues à la famine qui avait vécu en Inde. A l’instar de nombreux déportés, il avait un tel besoin de croire à un monde meilleur qu’il avait adhéré au PC. Pierre Daix intercédera, en vain, pour sa réintégration.
Quant à Edgar Morin7, les discussions qui se tenaient dans sa cellule, plus vives qu’ailleurs, inquiétaient le Parti. Le philosophe, que ses camarades trouvaient fin et spirituel, voulait une analyse de fond, un débat “marxiste”. Déjà, avant-guerre, le Parti avait exclu Pierre Herbart, “conscience communiste” de Gide, qui n’avait pas su empêcher l’écrivain de publier Retour d’URSS...
DD reconnaît avoir vécu au premier degré jusqu’en 1949 son “voyage au pays du stalinisme”. “Avant le procès bulgare, écrit-elle, j’usais rarement de la double pensée. Désormais, pendant six ans, je pourrais rarement m’en passer.” Désormais, elle est devenue une vraie stal. Mais être une militante modèle dans une telle structure a un prix, la perte de ses amis. “Agissant sur ordre du parti, elle trahit son amitié envers Marguerite Duras8.” L’auteur du Barrage contre le Pacifique ne lui pardonna pas et ne la reverra jamais.

1950-1953 : les directives de Jdanov appliquées aux intellectuels français

L’exclusion de ces intellectuels a aussi une autre cause. Un vent mauvais, provenant également de Moscou, agitait en sourdine les crânes de la direction du PCF. Déjà, dans l’immédiat après-guerre, le Parti, s’opposant aux existentialistes et à ceux qui fréquentaient les caves de Saint-Germain9 [dont beaucoup, comme les Desanti, étaient aussi au PC], avait déclaré révolutionnaires les valeurs traditionnelles... A partir de 1948, il fallait amener les intellectuels à renoncer à l’existentialo-marxisme (que la droite reprochait aussi à la gauche)...
Pour gagner la “bataille de classe”, il va falloir niveler les esprits, car seule la classe ouvrière et son avant-garde, le Parti, peuvent concevoir des stratégies et assurer la direction. Membre du Bureau politique, proche d’Aragon, Laurent Casanova va s’efforcer de faire appliquer les oukases du maître Jdanov10 (décédé en 1948) dans les diverses sections auxquelles se rattachaient les intellectuels. Jugeant trop mesurés les textes que des universitaires prestigieux signaient dans la revue La Pensée, il fonde, en 1948, La Nouvelle Critique, revue du marxisme militant et place à sa tête le philosophe, Jean Kanapa. Parallèlement, dès 1948, sous l’impulsion d’Aragon, via Les Lettres françaises, le réalisme soviétique devient un dogme dans les arts et la littérature. “Dès 1948, nous avons compris que le Parti exigeait de nous autre chose que la probité intellectuelle.”, résume DD. Pourtant, ils se sont “alignés”. Surtout, ne pas être d’”incurables petits bourgeois”...
Laurent Casanova fait appel à Jean-Toussaint Desanti (J-TD) pour mener l’offensive contre l’”idéalisme des sciences”. Il doit rédiger un rapport sur les sciences qu’il lira au cours d’une rencontre organisée sur le thème, où on aura convié les scientifiques. Sont présents J.-P. Vernant et son maître, Ignace Meyerson, Henri Wallon, psychologue de l’enfance, Lentin, le mathématicien, etc. A la fin de l’intervention de J-TD, les apparatchiks délégués par le Bureau politique se lèvent : “Ce rapport comporte une lacune inadmissible, qui caractérise l’état de nos intellectuels...”. Devant un auditoire pétrifié, ils assènent : “Pas une fois n’a été prononcé le nom du plus grand savant de notre temps, etc., le nom du grand Staline.” Le ton est donné ! Ce qui n’empêchera pas J-TD d’écrire pour La Nouvelle Critique un article, dont le titre choc, “Science bourgeoise et science prolétarienne”, fut trouvé par Kanapa et approuvé par L. Casanova...
L’offensive suivante est dirigée contre la psychanalyse. La Nouvelle Critique fustige l’”idéalisme” de Freud. En conséquence, un freudien ne pouvait être un bon marxiste. Après quelques assemblées houleuses, les psy, sommés de choisir entre leur profession et leur appartenance au Parti, optent pour leur métier et rendent leur carte. DD commente : “Ces luttes se répercutaient sur nos vies par de nouvelles pertes d’amitiés.” Si la journaliste consentait à immoler ses amitiés sur l’autel du Parti, on s’étonne néanmoins qu’elle ne s’interroge pas sur ce que furent ces fractures, aggravées de rancunes, injures, pour les exclus.
Louis Aragon, proche du Bureau politique et maître en matière de double langage, se charge du domaine des arts. En réaction contre la grande exposition surréaliste, qui avait eu lieu à Paris, en 1947, il va lancer la peinture figurative et, plus précisément, le style réaliste soviétique. L’ex-surréaliste, ami de Picasso11 (qui est une vitrine du PC qu’on ménage) et de Matisse, choisit de propulser André Fougeron chef de file du réalisme socialiste (mars 1951). Dès lors, le peintre a sa chronique (“Le peintre à son créneau”) dans La Nouvelle Critique. Auguste Lecoeur12, qui assure l’intérim pendant la maladie de “Maurice”, lui commande une grande série de toiles sur le pays minier. Seulement, il omet d’en informer Aragon. L’exposition a lieu (en 1952), dans une galerie du Faubourg-Saint-Honoré, puis migre dans un local syndical, rue de la Grange-aux-Belles. Lecoeur convoque le ban et l’arrière-ban des “responsables intellectuels”. Les “vrais intellectuels”, ceux des Lettres françaises, de l’entourage d’Aragon, Aragon lui même, boycottent l’invitation. Le poète présidera néanmoins l’inauguration officielle de l’exposition. Mais bientôt l’affaire dérape. L’année suivante (1953), en effet, Fougeron, participe à la campagne menée contre le portrait de Staline par Picasso, paru dans Les Lettres françaises...
Un petit personnage revient dans tout le récit comme un diable farceur : Benoît Frachon. Il est vrai que DD, qui agit d’abord et réfléchit (des années) après, qui ne trichait pas avec l’ex-secrétaire de la CGTU, qu’elle avait rencontré dans la Résistance, avait de quoi l’amuser. Ayant du mal à déchiffrer le “sous-texte” sous les formules du Bureau politique, elle allait interroger ce taiseux, dont les quelques mots gouailleurs tombaient comme l’oracle...

Pour conclure...

En mai-juin 1954, les militants assistent, incrédules, au retour de Tito dans le camp socialiste. Khrouchtchev, premier secrétaire du PC (depuis sept 1953), se rend en personne à Belgrade, puis à Sofia, signifier à Tito et au PC bulgare la normalisation des relations avec la Yougoslavie. “La rupture de 1948 ? C’était la faute à Béria !” (arrêté, puis exécuté en décembre 1954)...
Le revirement sur Tito, qui s’accompagnait de la reconnaissance d’”accusations fabriquées” lors des procès récents, venait raviver des dilemmes obsédants chez les militants... DD aurait pu quitter le PC avec fracas après le procès de Kostov comme le lui suggéra alors un journaliste américain, en dénonçant l’imposture de sa brochure sur Tito, écrite sur commande. Elle partira sept ans plus tard sur la pointe des pieds, après l’entrée des chars russes à Budapest (1956). Pourquoi ces intellectuels, anciens résistants pour la plupart, sont-ils restés dans un Parti, dont DD dit, après coup, qu’il était, “toute idéologie mise à part”, une “structure machiavélique et corporalisée” ? “Les communistes ne sont pas à gauche, ils sont à l’Est.”, avait dit Guy Mollet au Palais-Bourbon. DD attendra les années 70 pour publier une série de livres sur cette expérience vécue qui fut la grande affaire de sa vie.

Anne Dourneau.



1. Le PC, réuni pour son 36e congrès (février 2013), vient de supprimer la faucille et le marteau sur les cartes d’adhérents, désormais “revêtues du sigle de la gauche européenne”.
2. Persky est tué par un Allemand, au camp de Compiègne en août 1944, au moment d’être embarqué dans un convoi de déportés. Il avait fait des montages financiers assurant la vente d’entreprises juives importantes convoitées par les Allemands.
3. Maurice Thorez (1900-1964) a été premier secrétaire du PCF de 1930 à 1964, ministre de la Fonction publique de 1945 à 1947 et vice-président du Conseil le 22 janvier 1947. Mobilisé en 1939, il ne tarde pas à déserter et à se rendre à Moscou (octobre 1939-octobre 1944). Frappé d’hémiplégie, il part se soigner en URSS (1950-1953).
4. Le Bureau d’information communiste ou Kominform, chambre d’enregistrement des décisions soviétiques concernant les démocraties populaires, est créé en septembre 1947. Il va au cours de l’automne 1947 répandre sur le monde communiste la doctrine Jdanov.
5. Pierre Hervé sera exclu du PC en 1954, pour avoir attaqué le culte de la personnalité dans un de ses livres.
6. “Intelligentsia. - Entre France et Russie, archives inédites du XXe siècle”, Ecole supérieure des Beaux-Arts, 28 novembre 2012 – 11 janvier 2013.
7. Dans son livre Mon Paris, ma mémoire (Fayard, 2013), Edgar Morin affirme que Semprun a répété à Martinet... Le concernant, il dit que Pierre Courtade l’a catégorisé comme titiste... Paix à leurs mânes.
8. Laure Adler, Marguerite Duras, Gallimard, 1998.
9. On se souvient que les autorités allemandes avaient interdit les bals.
10. Andrei Jdanov (1896-1948), membre du Bureau politique soviétique, prononce, le 21 août 1946, son fameux discours sur les arts et la littérature. Il oriente l’art vers le “réalisme soviétique”. En 1947, il est coordonnateur du Kominform.
11. En 1950, Louis Aragon a rédigé la préface du livre Picasso, sculpture et dessins.
12. Originaire du Nord, comme Thorez et sa femme, Jeannette Vermeersch, Auguste Lecoeur fut maire de Lens. Il sera démis de ses fonctions de premier secrétaire en 1954.